• Véritable hommage à la mémoire de Paul Émile Savard, ami disparu, Toots fait la Shiva, avenue Minto d'Erín Moure dépasse la simple étude. Livre émouvant s'il en est, cet essai, dont on a dit qu'il constituait «un beau témoignage d'une vie courageusement vécue aux confins des valeurs contemporaines», fait ressurgir l'existence d'un homme n'ayant laissé aucune trace, si ce n'est qu'en cette femme qu'il surnommait Toots. «Ce sont mes souvenirs, et le souvenir est un travail d'imagination», écrit Moure. De l'Abitibi aux quartiers pauvres de Vancouver, en passant par Montréal et l'avenue Minto près de la Cour de triage Glen à N.-D.-G., à travers des souvenirs et des recherches Google, des citations de Rilke et des allusions aux recettes de Madame Jehane Benoît, l'autrice honore la dignité de cet être cher, dignité dont elle seule, au fond, pouvait rendre compte.

  • Comment laltérité se manifeste-t-elle dans les romans canadiens dexpression française ? Louvrage de Kenneth Meadwell apporte une réponse diachronique à cette question en analysant non seulement des classiques (Menaud, maître-draveur, Bonheur doccasion, La Belle Bête, LAvalée des avalés), mais des uvres qui nont pas encore reçu cette consécration (Le Passager, La Mémoire de leau, Cantique des plaines, Le Soleil du lac qui se couche). Il montre que les figurations identitaires illustrent lévolution narrative et discursive des personnages féminins et masculins, depuis le roman du terroir et le roman urbain, jusquau roman issu de lécriture migrante et celui, contemporain, ancré dans lactualité des réalités canadiennes et mondiales.

  • Dans les littératures francophones du Canada, l'espace - que ce soit la ville, la campagne, la banlieue, la forêt, le Nord - a été depuis longtemps étudié et le temps a lui aussi récemment été traité. En revanche, alors que les travaux de Mikhaïl Bakthine montrent combien l'espace et le temps sont interdépendants, les rapports que les dimensions spatiale et temporelle entretiennent entre elles restent négligés. Les études réunies dans ce collectif visent à combler cette lacune en analysant la représentation de l'espace-temps dans les littératures périphériques du Canada, c'est-à-dire au sein d'oeuvres franco-canadiennes qui sont spatialement minoritaires, mais qui répondent aussi, y compris au Québec, à des pratiques d'écriture plus marginales, comme c'est le cas de la science-fiction ainsi que des littératures lesbienne et autochtone.

    Ce volume comporte les contributions suivantes :
    Sophie Beaulé (Université Saint Mary's)
    Ariane Brun Del Re (Université d'Ottawa)
    Tara Collington (Université de Waterloo)
    Julien Defraeye (Université de Waterloo)
    Isabelle Kirouac-Massicotte (Université de Moncton)
    Zishad Lak (Université d'Ottawa)
    Élise Lepage (Université de Waterloo)
    Mariève Maréchale (Université d'Ottawa)
    Martine Noël (Université d'Ottawa)
    François Paré (Université de Waterloo)
    Mathieu Simard (Université d'Ottawa)

  • Dirigé par Clara Dupuis-Morency et Gabrielle Giasson-Dulude, l'édition automnale de la revue Moebius « Cet animal m'a donné la vie » (Le feu de mon père, Michael Delisle) propose des textes d'Anne-Marie Alonzo (rubrique du fonds Moebius), Simon Brousseau (résidence d'écriture), Anne-Renée Caillé, Jean-Philippe Chabot, Marie-Hélène Constant, Marilou Craft (lettre à une écrivaine vivante), Marie-Ève Fleury, Kristina G. Landry, Catherine Lemieux, Catherine Morency, Camille Readman Prud'homme et Martin Tailly. « Ce pourrait être un animal impossible à reconnaître. [...] Ce pourrait être une colère, ou une joie, dont on survivrait, à répétition. [...] Ce pourrait être une personne venue de nulle part qui aurait échappé à l'une ou à l'autre de ses prisons de chair. Ou encore, un être qui doucement ou dangereusement s'approcherait. Peut-être, plusieurs fois dans une vie, l'étrangeté même et le miracle de vivre ou de revivre, peaux de serpent ou peaux d'âne, membranes, parures, tout ce que l'on emprunte pour fuir ou pour survivre. » (extrait de la présentation)

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