Philippe Rey

  • Ils étaient cinq. Ivres, camés. L'ordinaire de leurs samedis soirs, quoi Peut-être encore plus excités ce samedi-là, au soir du 4 juillet. Et, vers minuit, la belle Tina Maguire, après avoir célébré la fête nationale chez des amis, a eu le tort de couper court à travers le parc pour rentrer plus vite chez elle avec sa gamine Bethie, 12 ans. Ils l'ont laissée pour morte dans le hangar à bateaux. Une tournante comme on nose pas en imaginer. Une abomination à laquelle a assisté, réfugiée derrière un tas de vieux canoës, la petite fille. Qui a pu finalement se traîner jusquà la route pour appeler au secours, et a ainsi sauvé sa mère.Sauvé ? En fait, dès lavant-procès, lattitude du juge et les propos de lavocat des voyous ont pratiquement massacré Tina une seconde fois. Un avocat de haut vol, payé à prix dor, qui, malgré des preuves contraires accablantes, a brandi largument qui fait mouche, clamant haut et fort ce que certaines bonnes âmes pensaient tout bas : elle la bien cherché... en fait elle la cherché tout court. Ça lui pendait au nez...Elle risque désormais de mourir pour de bon, Tina. Et Bethie, face à létat de sa mère et aux menaces des voyous furieux davoir été reconnus , ne peut que prier pour lintervention miraculeuse dun ange vengeur. Or il est là, dans lombre. Un flic épris de justice. Épris tout court. Le héros silencieux dune histoire damour peu banale, racontée avec une éblouissante violence par une Joyce Carol Oates à son meilleur.

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