• Notre héritage culturel regorge d'idées à propos de l'économie et, aujourd'hui encore, les débats font rage sur le rôle et les mérites respectifs de l'argent et de la richesse, sur la justice et l'égalité des échanges, sur l'importance du travail, l'inéluctabilité de la pauvreté. On n'en finit pas de se questionner sur la nature du monde capitaliste, sur le pouvoir du système mondial, sur l'avenir de la croissance économique - ou sur la pertinence même du concept de croissance.

    Comment les grands penseurs, d'Aristote à David Ricardo et à Karl Marx, ont-ils abordé ces idées ? Cet ouvrage - une analyse croisée entre économie et philosophie - veut donner au lecteur contemporain un accès à la pensée de ces auteurs. Cette riche introduction est une contribution importante à la vulgarisation et à la transmission des idées en histoire de la pensée économique et donne à tous l'occasion de réfléchir à notre sens commun économique. Elle offre notamment aux économistes les outils pour élaborer une conscience historique et un « intellectualisme » loin de toute technocratie.

  • Petites et grandes histoires des monnaies Quelques grandes décisions monétaires ont changé notre histoire. Certaines furent géniales, d'autres se terminèrent mal. Elles ont toutes un dénominateur commun, impalpable, qui se donne ou se refuse : la confiance.

    Cet ouvrage re-visite les moments clés, les grandes avancées et les ruptures de l'histoire monétaire. On se souvient peut-être de Franklin Roosevelt, qui décida de dévaluer massivement le dollar en 1933, contre l'avis de tous ses conseillers, avec un plein succès. Sans doute aussi de la réussite inouïe du franc germinal de Napoléon. Mais que reste-t-il du grand Solon, qui effaça la dette grecque et créa la première grande monnaie en 594 av. J.-C. ? Qui est donc Félix de Parieu, concepteur prémonitoire de l'ancêtre de l'euro, l'Union latine, au XIXe siècle ? A-t-on bien saisi les fulgurances de Jean de Médicis au xive siècle ou de John Law au XVIIIe ?

    De la nomisma au florin ou au franc, du mark au yuan ou à l'euro, c'est un voyage au fil de l'histoire en 20 portraits que propose ce livre pour tenter d'éclairer nos décideurs actuels.

  • Septembre 1715. Louis XIV meurt. Ses guerres interminables ont laissé les caisses vides et un endettement public record. L'économie est en récession. Les impôts sont lourds et écrasent les producteurs. Le régent Philippe d'Orléans succède au grand roi. Il mène une politique de rigueur, impopulaire et inefficace. Philippe se laisse alors convaincre par un financier écossais du nom de Law, personnage romanesque fuyant la justice anglaise. Ce Law a sillonné l'Europe et assimilé toutes les techniques bancaires et financières modernes. Il propose de remplacer intégralement la monnaie d'or et d'argent par du papier ! Séduit, le Régent laisse carte blanche à l'Écossais : création d'une banque - une première en France -, gonflement de la masse monétaire, rachat de la Compagnie du Mississippi. L'économie se redresse, la confiance revient, les taux d'intérêt sont au plus bas. Fin 1719, les titres de la dette publique sont échangés contre des actions de la compagnie qui devient à cette occasion collectrice des impôts. Le « Système » est né. Début 1720, Law est contrôleur général des finances. Plus puissant que le grand Colbert, il manipule la monnaie, contrôle la banque, la fiscalité et le commerce extérieur. Pour soutenir les actions de la Compagnie du Mississippi, il invente un mécanisme de type subprimes. C'est le règne de l'argent fou. Le système va s'effondrer en quelques mois. L'avertissement que nous lance la faillite spectaculaire de John Law, c'est qu'une monnaie qui n'est plus étalonnée sur le métal précieux voit son sort fondamentalement lié à celui de l'endettement public. C'est pour ne pas l'avoir compris que la zone euro est aujourd'hui en danger.

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