• Notre rapport à la médecine dépasse la réalité car cette science nous semble détenir une part de notre destin. De ce diagnostic découle l'évidence d'une « médecine imaginaire ».
    Si la pratique de cet art, la maladie et ses thérapeutiques cristallisent l'imaginaire de chacun, ces images sont étonnamment hétérogènes : la connaissance s'y mêle avec l'obscur, la raison à la folie. Chacun des noms qu'elles portent appelle ce cortège étrange aussi prompt à provoquer la gravité que le rire d'autant plus juste qu'il est grave.
    La voix d'Emmanuel Venet prend en charge cet hétéroclite par quoi nous assumons notre sort, et « s'impose la nécessité de rendre à la médecine la part de poésie qu'elle rechigne à assumer ». Alors sa langue résonne comme une évidence.
    On habite sa fiction comme une réalité qui nous appartient.
    Il n'est pas question ici de la vérité, mais des vérités de la médecine que ce texte fait vivre en creux, avec jubilation, pour notre grande guérison.

  • Les années Freud racontent l'histoire de l'introduction de la psychanalyse en France : la rencontre de Freud et de Charcot, la découverte de l'hystérie, la fondation à Vienne du premier Cercle freudien, l'essor international du mouvement et, en contrepoint, l'aventure des grands pionniers français. Les années Lacan relatent l'évolution de la psychanalyse au sein de la culture française à partir de 1925, et l'émergence de la deuxième implantation du freudisme dans ce pays autour de la personnalité de Jacques Lacan. Histoire de la psychanalyse en France, Fayard, 1994

  • Mars 1896. Entre les murs de l'asile d'aliénés Saint-Athanase de Quimper, l'interné Paul Taesch, 22 ans, rédige son autobiographie. La découverte de ce document exceptionnel et émouvant, conservé dans son dossier de patient, a été le point de départ d'une incroyable enquête dans les archives.

    Mars 1896. Entre les murs de l'asile d'aliénés Saint-Athanase de Quimper, l'interné Paul Taesch, 22 ans, rédige son autobiographie. La découverte de ce document exceptionnel et émouvant, conservé dans son dossier de patient, a été le point de départ d'une incroyable enquête dans les archives. C'est le résultat de ce travail que présente ici Anatole Le Bras, composant un récit à plusieurs voix du destin de Paul Taesch.

    Né en 1874 d'un père inconnu et d'une mère morte en couches, Paul est interné dès l'âge de 12 ans à la section pour enfants aliénés de Bicêtre.

    Diagnostiqué épileptique, débile, hystérique ou encore dégénéré, le voilà ballotté d'une institution à l'autre, entre Paris, Ville-Évrard et Quimper. Cet itinéraire de souffrance, de liberté volée, d'espoirs déçus, offre un éclairage saisissant sur la réalité asilaire à la fin du XIXe siècle.

    Tenu à distance par sa famille, cerné entre la rigueur de l'enfermement et la misère qui le guette aux portes de l'institution, Paul défie pourtant l'autorité médicale en prétendant n'être qu'un simulateur et n'avoir jamais été malade. En confrontant son discours à celui des médecins et de sa famille, Anatole Le Bras rouvre le grand dossier de l'hystérie : quelle est la nature de cette étrange pathologie, à mi-chemin entre simulation et folie, qui justifie l'internement de cet enfant ?

    En redonnant vie à la figure d'un jeune " anormal ", Anatole Le Bras signe une étude majeure sur l'enfance aliénée au xixe siècle et l'histoire de la psychiatrie du point de vue du patient.

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