• La fabrication du mythe Céline, qui s'est nourrie de toutes les lectures d'allégeance et de célébration, a fait oublier les lectures à rebours. Par un curieux retournement, le scandale aujourd'hui, ce serait d'oser rappeler les enjeux historiques et politiques d'une oeuvre pourtant tellement ancrée dans l'histoire. Cela fut fait dès 1938 par H.-E Kaminski, Juif allemand en exil, qui livre avec ce texte antidote, la première analyse lucide de celui qui "voulait être le plus nazi des collaborateurs".

  • Wagner est célébré pour le génie de sa musique. Le Festival de Bayreuth est de renommée mondiale et réunit chaque année toujours autant de mélomanes. Ce que l'on refuse pourtant souvent d'analyser, à propos de l'auteur de L'Anneau du Nibelung, ce sont ses textes et essais polémiques et profondément antisémites. Or cette oeuvre en prose est considérable : pas moins de dix volumes de textes esthétiques ou philosophiques et politiques, que Wagner lui-même a pris soin de rassembler dans ses OEuvres complètes.

    La force du propos de Fanny Chassain-Pichon est de montrer l'influence du compositeur sur l'idéologie nazie et, plus précisément, sur la personne d'Adolf Hitler. En croisant les parcours de deux hommes au coeur de l'histoire allemande, elle analyse les profonds liens entre Hitler et la vie et l'oeuvre de Wagner. Ce livre se place donc dans le sillage des analyses selon lesquelles l'histoire allemande a pris « un chemin particulier » entre 1850 et 1950, au sein de la modernité occidentale : être Allemand impliquait de défendre la Kultur, fondée sur l'inégalité entre les hommes et le culte des valeurs terriennes ancestrales. Wagner et Hitler en furent des acteurs essentiels.

  • Un voisin durable, c'est un voisin qui trie ses déchets et me surveille pour que j'en fasse autant.
    Une amitié durable, c'est une amitié où l'on ne met pas en danger l'avenir de la planète, même en paroles. On évite d'aborder les sujets qui fâchent. On gobe le discours moralisateur avec le sourire. On accepte l'opportunisme marchand en ouvrant son portefeuille. On se garde de penser sans gourou, sans nounou. On se retient. Ce livre raconte comment je ne me suis pas retenu.

  • Il n'y a pas si longtemps, Européens et Américains s'enorgueillissaient de leur attitude éclairée, faite de tolérance et de compréhension, à l'égard des religions. Aujourd'hui, il semble que les choses aient changé, singulièrement à propos de l'islam. De nombreux pays d'Europe ont éprouvé le besoin de légiférer le port du foulard islamique. En France, depuis 2004, les filles n'ont pas le droit de porter le foulard à l'école. Au Kosovo, où la popu¬lation musulmane est importante, la même interdiction prévaut. Dans certaines régions d'Allemagne, de Hollande, d'Espagne et de Belgique, les enseignantes dans l'exercice de leur fonction ne sont pas autorisées à porter le voile, alors que les religieuses et les prêtres ont la permission d'enseigner en habit.
    Cinq arguments sont au coeur de tous les débats sur l'interdiction de la burqa. Tous reposent sur des contradictions qui favorisent, tacitement, les pratiques majoritaires et sont discriminatoires à l'égard des minorités. Au terme d'une analyse exemplaire de clarté et de rigueur, ce livre nous invite à dépasser la peur des religions et à interroger nos propres préjugés - même lorsqu'ils empruntent les habits flatteurs de l'exception française.

  • L'usage de la science-fiction comme un laboratoire pour comprendre le monde est de plus en plus fréquent pour les scientifiques de différentes disciplines, notamment des sciences humaines et sociales. Cette pratique a fait ses preuves à maintes reprises au cours des dernières années. Voilà pourquoi, au moment où les médias ont ramené à l'avant-scène l'oeuvre phare de Frank Herbert, Dune, quelques-uns se sont sentis interpellés. Voilà un terrain riche pour étudier des phénomènes contemporains et en tirer des enseignements!

    Regroupant les textes de chercheuses et de chercheurs provenant de divers champs d'études - politique, physique, philosophie, génie, religion, environnement, sociologie -, le présent ouvrage a comme objectifs de faire «parler» le plus possible l'oeuvre littéraire, d'établir des ponts concrets et directs entre elle et les débats de société d'aujourd'hui, de même que de donner un nouvel éclairage aux problèmes auxquels les humains sont confrontés ou auxquels ils auront à faire face dans un avenir proche. Y sont abordés en complémentarité le déni et les dépendances technologiques, la place de la religion dans la gouverne des sociétés, l'évolution du pouvoir des femmes, l'interdépendance entre les humains et leur environnement, de même que l'évolution des régimes politiques et leur influence sur les communautés qui les voient naître et mourir. Les autrices et auteurs s'interrogent, à partir d'angles variés, sur ce que l'univers de Dune peut nous enseigner sur notre propre devenir.

    Cet ouvrage s'adresse tant aux spécialistes de l'analyse des représentations dans la science-fiction qu'aux amateurs du genre et aux grands admirateurs de Dune. Nous croyons qu'en plus d'en tirer des enseignements pour approfondir leur compréhension de notre monde, les lecteurs et les lectrices pourront découvrir - ou redécouvrir - la richesse de l'oeuvre de Frank Herbert.

    Isabelle Lacroix est professeure agrégée à l'Université de Sherbrooke et directrice de l'École de politique appliquée depuis 2015. Elle est aussi la codirectrice de l'axe Impacts, usages et société de l'Unité mixte internationale - Laboratoire nanotechnologies et nanosystèmes. Elle a codirigé en 2016 D'Asimov à Star Wars: représentations politiques dans la science-fiction.

  • De 1939 à 1945, le monde entier s'embrase, des neiges de Finlande aux sables du désert de Libye, des îles du Pacifique aux plages normandes, des hauts plateaux d'Éthiopie aux mornes steppes russes. Une guerre totale menée sur terre, sur mer et dans les airs, qui n'épargna pas les populations civiles bousculées, déplacées, contraintes au travail forcé, pillées, bombardées, massacrées, exterminées.
    Cette histoire de la Seconde Guerre mondiale est à la fois une explication et un récit.
    Sans négliger la narration des combats, elle accorde une large place aux enjeux idéologiques, politiques et stratégiques, à la propagande, et souligne le poids déterminant de l'économie ou des technologies, en évoquant la mobilisation des sociétés en guerre et les affres de la vie quotidienne. Des états-majors aux champs de bataille, des témoignages des principaux acteurs aux souvenirs des plus humbles victimes, ce livre nous entraîne au coeur du drame, à jamais gravé dans les mémoires, qui coûta la vie à 60 millions d'êtres humains.

  • 6 avril 1917. Le Président Wilson signe la déclaration de guerre contre l'Allemagne et rejoint les pays de l'Entente. Malgré cette entrée tardive dans la Première Guerre mondiale - 32 mois après la France et l'Allemagne - et contrairement aux idées reçues, les États-Unis ne sont pas un acteur passif du conflit entre 1914 et 1917. Mais le sacrifice américain paraît modeste vu de ce côté de l'Atlantique : tandis que les Alliés ont perdu des millions d'hommes au combat, les Américains déplorent à peine 116 000 tués. Dès lors, comment aborder l'histoire des États-Unis dans la Première Guerre mondiale ? Comment les Américains vivent-ils la neutralité au milieu d'un monde en guerre et pourquoi abandonnent-ils cet état au printemps 1917 ? Comment s'organise la mobilisation du pays à une époque où la guerre se fait aussi idéologique ? Dans quelle mesure cette guerre transforme la société américaine ? Pourquoi la participation américaine est-elle considérée en France comme importante mais pas nécessairement déterminante ? Un siècle après l'entrée en guerre des États-Unis, Hélène Harter démontre son rôle majeur dans la victoire alliée. Elle revient à la fois sur le corps expéditionnaire en France, sur le rôle de figures militaires comme Pershing et MacArthur, mais montre également comment la Première Guerre mondiale pose le premier jalon d'un « xxe siècle américain » où les États-Unis deviennent les acteurs incontournables du système international.

  • Red pill Nouv.

    Un écrivain américain se rend en résidence dans une prestigieuse institution artistique de la banlieue de Berlin où il croit pouvoir se consacrer sereinement à l'écriture. Mais très vite, une angoisse sourde s'empare de lui : dans ce centre où la transparence est le maître mot, son esprit vacille, d'autant plus qu'il se met à regarder Blue Lives, une série policière ultra-violente qui l'obsède de plus en plus...
    Le jour où il rencontre Anton, le créateur de Blue Lives, il découvre sur quelle idéologie elle se fonde et le but recherché par cet homme énigmatique : imprégner ses spectateurs d'une vision du monde d'extrême-droite...Ou bien le narrateur est-il simplement paranoïaque ?

    Hari Kunzru a enfermé dans Red Pill tous les cauchemars de notre époque où la propagande et l'inversion des valeurs sont reines. Où la vérité, même, n'existe plus. C'est un grand roman politique par un auteur au sommet de son art.

  • Best-seller international, le petit livre rouge a été imprimé à plus d'un milliard d'exemplaires. Ce recueil de citations de Mao est rapidement devenu le manifeste de la Révolution culturelle et un objet de culte aussi bien en Chine que pour les maoïstes occidentaux. Apparu en 1964, les Citations du président Mao Tsé-toung, bréviaire inspiré des discours ou des oeuvres du fondateur de la République populaire, est d'abord conçu comme un outil d'éducation politique pour l'armée, puis devient l'« arme spirituelle » des gardes rouges et le manuel de vie de 700 millions de Chinois. En Europe, il séduit une partie des intellectuels, les « maos » français de Mai 68, qui le rebaptisent « petit livre rouge » et en font le talisman de leur propre « révolution », ignorants les atrocités commises par le régime chinois. Cinquante ans après le début de la Grande Révolution culturelle prolétarienne et quarante ans après la mort de Mao Zedong, la journaliste Pascale Nivelle raconte l'épopée de cette petite bible en vinyle rouge vif qui a été, de Pékin à Paris, le coeur d'une immense et folle passion collective.

  • L'election d'Emmanuel Macron n'est-elle qu'un accident de l'histoire, un simple concours de circonstances favorables? Symbolise-t-elle la manifestation d'un profond desir de change- ment des pratiques et des comportements democratiques? La Republique En Marche sera-t-elle une rupture historique ou une simple parenthese dans l'histoire politique francaise ?

    Le Vice-President de l'Assemblee nationale Hugues Renson apporte a ces questions une reponse audacieuse. Loin de toute fiction politique, il explore de l'interieur les mecanismes qui ont permis un tel bouleversement historique au sein de la Ve Republique. Pour la premiere fois, un depute de LaREM decrypte les forces et les fragilites du seisme qu'a represente l'election d'Emmanuel Macron.

    La Republique En Marche ne doit pas etre une parenthese. Pour rester une rupture historique, le mouvement doit se doter d'une ideologie capable de donner corps et coeur au «progressisme». Il en va de la poursuite de l'elan necessaire a la transformation de la France.

    Le Refus de la parenthese s'adresse a tous les citoyens, engages ou non. Hugues Renson appelle a renouer avec les grands principes de notre devise republicaine, socle de notre societe qu'il souhaite plus inclusive. 

  • Langue. Identité. Souveraineté. Indépendance. Pays. 

    Voilà des mots gommés du vocabulaire alors que les partis s'affrontent pour le pouvoir et l'avenir du Québec.

    Pourquoi l'idée de l'indépendance du Québec a-t-elle été
    progressivement rejetée de notre vie politique ?

    Les Québécois se sont-ils réellement affranchis de la question nationale afin de s'attacher à d'autres thèmes de la vie en société pour devenir davantage des usagers que des citoyens, transformant au passage l'État en succursale rendant des services ? Le Québec ne rêve plus et ne prend plus de risques.

    Le détachement face à la question nationale ne serait-il pas plutôt le symptôme de l'engourdissement/l'affaissement/l'endormissement global de la société québécoise ou de son anesthésie générale ? Désormais incapable d'imaginer son destin, l'État québécois est condamné à la gestion efficace de l'existence quotidienne. Est-ce le prélude à une triste dissolution tranquille ?

    Voilà l'hypothèse que formule l'auteur David Leroux dans ANESTHÉSIE GÉNÉRALE, un premier essai aussi courageux que percutant, qui vient briser mille tabous, en nous proposant de réfléchir plus librement que jamais sur le Québec.

    L'essayiste inscrit sa pensée sur la question nationale dans une exploration plus large des grands courants qui traversent la vie occidentale et qui partout suscitent un malaise démocratique croissant et un désir de révolte.

    La mondialisation libérale-libertaire, qui agit comme un agent paralysant lorsqu'il est question de réfléchir autrement, est en crise. C'est en misant sur le pouvoir de désobéissance des peuples et des nations qu'il sera possible de donner un nouveau souffle à la démocratie.

    À l'ère de l'ultramondialisme, l'expérience du Québec au sein des nations est inédite. Se pourrait-il que le combat des Québécois devienne le symbole de la capacité des peuples à résister à l'esprit du temps et à se dresser contre les forces qui les écrasent ?

  • Nihil

    Yoram Walfisch

    Nihil est un essai philosophique court et accessible. Il est philosophique mais rassurez-vous, il est tout à fait lisible.
    C'est un essai qui aborde les thèmes de la religion, de l'utopie et de l'idéologie, autour d'une réflexion sur la lucidité et le mensonge à soi-même.

  • Foncé de souche Nouv.

    Foncé de souche

    Daren

    Qu'est-ce qui m'a pris d'écrire cet essai ? L'envie de sauver ma peau tout simplement même si certains trouveront anachronique ce genre de propos dans une époque actuelle aussi « collectif métissé » soit-elle. Car il est tout à fait possible de croiser à présent des gens de sensibilité d'extrême-droite amateur de « rap français anti-blanc » ou de l'autre côté des fils d'immigrés de tempérament plus xénophobe que le xénophobe de souche lui-même. Et justement, je comprends parfaitement ces derniers. C'est pour cette raison que je souhaite également une nouvelle arrivée massive d'immigrés dans ce beau pays pour pouvoir témoigner à mon tour du délitement de la France éternelle. Oui, tous les jours je prie pour que cela se produise afin de me faire oublier de leur radar identitaire au plus vite. Sauf qu'en attendant je ne suis pas tranquille. La racaille me fait du mal. Oh oui ! Elle me tue dans l'oeuf. Non seulement je la côtoie tous les jours en allant acheter ma baguette de pain sans gluten, mon saucisson halal  et mon pinard casher mais en plus on me confond sans arrêt avec elle ! Je ne sais plus quoi faire... Alors j'ai écrit ce livre pour me dédouaner de toute responsabilité.
    Car le ciel bleu, blanc, rouge commence à devenir couleur cigarette et la terrible crise économique qui nous guette réclamera à tout prix de couper des têtes. Et comme le Roi est déjà mort et que les banquiers du haut de leurs tours nous sont tous inaccessibles : la victime sera le peuple.

  • Champ de la persuasion politique - Histoire de persuasion politique (le Parti communiste chinois de 1962 à 1969, l'Organisation de libération de la Palestine de 1964 à 1974, le Parti québécois de 1968 à 1976 et la Conscience noire de 1969 à 1976) - Dialectique du persuadeur et du destinataire. Idéologie et démographie - Limites de la persuasion politique.

  • C'est le « paradis pour ainsi dire dispersé dans la terre entière » dont parla Novalis, qui est décliné dans ce livre comme une image du sens : image pulvérisée, qui évoque une ramification d'échos, une pluie battante, quelque chose d'illimité et d'errant. Mais cette image ne vient ici que pour s'opposer , aussi bien sur le plan des lectures qu'à celui du mode de vie intellectuelle, à l'idéologie que le livre, qui est polémique, dénonce : soit tout un ensemble de textes et de pratiques qui tendent à replier l'illimité dans le giron des valeurs, que celles-ci soient nationales, européennes ou religieuses, soit tout ce qui prétend à la juridiction du « clerc », là où l'on n'a jamais besoin de scribes. Collection « Détroits » fondée par Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch et Philippe Lacoue-Labarthe

  • Il n'y a pas eu qu'une Révolution tranquille... Les années 1960 ont bouleversé et transformé la société québécoise de fond en comble. Ces changements dans les domaines politiques, sociaux et administratifs eurent un écho au Manitoba français, alors qu'une longue période de réflexion et de débats vigoureux vint opérer des changements tout aussi profonds dans cette petite société apparemment isolée du Québec, mais soumise aux mêmes pressions démographiques et idéologiques. Le mouvement vers le renouveau du leadership de la communauté franco-manitobaine et surtout la laïcisation de ses institutions y furent particulièrement prononcés. Le présent essai trace l'histoire transformatrice de cette période.

  • Les médias sont un lieu de transit de nos visions du monde. Leurs discours et leurs contenus sont autant de traces des mondes sociaux des acteurs qui les produisent, les coconstruisent, les font circuler: journalistes, relationnistes, publics citoyens, etc. Dans cette perspective, nous considérons les discours médiatiques comme des archives sociales permettant à la fois d'étudier les marques de coopération de ces sources d'information et les représentations qu'elles véhiculent. Proposer une analyse de cette problématique, c'est aussi démonter la jurisprudence médiatique qui conditionne, accompagne, influence nos perceptions du sens des événements ainsi filtrés et de notre environnement. C'est donc fouiller les représentations pour en comprendre les dynamiques.

    Le présent ouvrage propose une voie d'analyse des représentations médiatiques en considérant celles-ci comme concept à part entière. Il établit notamment des ponts théoriques, épistémologiques et méthodologiques entre les études du discours des médias et celles du discours argumentatif. Son objectif est de présenter une approche qui permet de comprendre et d'analyser l'évolution des débats publics médiatisés. Une étude de cas illustre la thèse par une analyse des relations entre Cuba et les États-Unis dans la presse américaine.

  • La thèse est audacieuse : le nazisme était un projet utopique au sens fort du terme. Elle est audacieuse parce nous avons tendance à exonérer l'utopie pour n'en conserver que la dimension émancipatrice, en minorant les dérives, les erreurs, les meurtres qu'elle a aussi produits.
    À présent, mettons face à face la rhétorique nazie et les caractéristiques fondamentales de l'utopie : refaire l'homme par l'éducation, le travail et le sport ; bâtir une cité réconciliée, unie et heureuse, tenter de la rendre éternelle... Point par point, Frédéric Rouvillois démontre un emboîtement presque parfait - et mortifère. La volonté nazie de refaçonner le monde avait beau être délirante, elle était strictement réglée et se voulait rationnelle. L'idéologie national-socialiste était paranoïaque, théoriquement indigente, c'est vrai, mais elle aussi promettait l'épanouissement d'un peuple élu. Sinon, comment expliquer l'engouement des Allemands pour un projet aussi monstrueux ?
    Envisager le nazisme sous l'angle de l'utopie permet deux choses. De souligner le parallèle avec l'autre totalitarisme du XXe siècle, le communisme : il n'y a pas d'utopie innocente. De comprendre le « judéocide », massacre conçu et organisé comme la condition et l'une des finalités de cette utopie criminelle. Le premier rapprochement est admis par beaucoup. Le second est plus inédit, mais l'idée de l'utopie comme intrinsèquement porteuse de génocide s'impose à nous à la lecture de cet essai.

  • Le développement a servi pendant cinq décennies légitimer d'innombrables politiques économiques et sociales, au Nord comme au Sud, et fait croire l'avnement du bien-tre pour tous. La mondialisation a ensuite pris le relais : oubliant de promettre le développement, on s'est contenté de lutter contre la pauvreté. Pourquoi alors, s'il a largement échoué, le développement est-il encore aujourd'hui au centre d'un débat passionné ? Sans doute parce qu'il repose sur une croyance profondément ancrée dans l'imaginaire occidental. Le besoin de croire est plus fort que les doutes que l'on peut avoir sur le contenu de la croyance. Remontant le cours de l'histoire, ce livre fait le point sur les théories et les stratégies qui, depuis la fin des années 1940, ont prétendu transformer le monde et mettre un terme la maladie, la misre et la faim.
    Cette troisime édition actualisée et augmentée présente la controverse qui oppose aujourd'hui ceux qui rvent d'affranchir le développement de ses dérives capitalistes et ceux qui estiment que la décroissance ouvre la voie l'aprs-développement. Et s'il fallait remettre en cause les catégories économiques qui nous empchent de penser ensemble la nature et la société ?

  • Les partis, les groupes, la démocratie : ces thèmes centraux de la science politique sont aussi et d'abord au coeur de la conception de la Cité. Il n'est donc pas étonnant que Georges Lavau ait organisé ses recherches autour des problèmes qui lui paraissaient cruciaux aussi bien pour l'universitaire que pour le citoyen engagé. Cet ouvrage, qui rassemble les contributions de trente politistes français ou étrangers, s'inscrit dans cette perspective et s'interroge sur les mutations au sein des systèmes politiques. Il analyse en particulier les changements idéologiques, l'adaptation des mythes et l'évolution des principes qui fondent la démocratie mais aussi les transformations structurelles qui affectent les partis, les groupes sociaux et leurs relations avec le pouvoir.

  • Faut-il voir en Machiavel un apôtre du mal, un patriote républicain, l'inventeur d'une science du politique ou une sorte de proto-fasciste ? Locke est-il le prophète de l'accumulation capitaliste illimitée, le père du constitutionnalisme libéral ou un révolutionnaire motivé par ses convictions religieuses ? Montesquieu, l'avocat d'un retour à l'ordre féodal ou un critique radical de l'absolutisme ? L'histoire des idées politiques nous confronte du même coup à la complexité des textes et à la diversité des interprétations qui en sont offertes. Ce petit ouvrage veut en quelque sorte cartographier ce champ, en présentant succinctement les principales écoles de pensée en étude des idées politiques.

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