Les Éditions L'Interligne

  • Plusieurs associeront le o majuscule de la page couverture à l'ovulation. Il s'agit en réalité de l'oeil de l'auteur qui se pose, scrute et dévisage en voyeur des personnages qui attendaient ses mots pour prendre forme. Le lecteur devient témoin de ces sortilèges dont le mot-piège par excellence est « rouge », qu'il s'agisse de la tuque du père Noël, des premières menstruations ou de la froidure sur la peau nue d'un enfant qui a besogné toute la nuit.

    Pour son premier recueil de nouvelles, José Claer laisse des empreintes dans la neige qui se remplissent rapidement de sang, dénonçant ainsi un imaginaire de conteur à l'écriture dense, foisonnante de moments magiques in extremis. Toujours, il nous surprend et nous déstabilise par le dernier mot du texte, qui fait une pirouette et nous laisse bouche bée et amusé.

  • Jeanne est abandonnée aux portes d'un couvent; un brave chien se transforme en loup affamé la nuit venue; un cigogneau handicapé au coeur vaillant trouve sa voie; un petit garçon sans foyer est victime d'intimidation; Sam l'oiseau dans sa tête réalise son plus cher désir; de jeunes phoques se disputent la succession du roi Blanc; une grand-maman se cache dans une banque; un petit violon très orgueilleux part en vadrouille et un ange dodu apprend la gourmandise.Ces onze petites histoires sont racontées dans la lignée du conte classique. Les personnages n'ont cependant rien à voir avec des princes et des princesses. Les héros épousent différentes physionomies et personnalités. Ils se promènent dans des mondes parfois réels mais bien farfelus.Dominée par l'imaginaire, la narration demeure cependant à proximité d'une certaine réalité. On y retrouve le désir de maintenir le contact avec la nature, les belles images et les valeurs du conte traditionnel. Les personnages qui y abondent vous attendent impatiemment et frétillent d'envie de vous entraîner là où vous ne pouvez aller qu'avec eux.

  • Trois petits coups se font entendre, peut-être trois points de suspension qui trépignent d'impatience, et le rideau s'ouvre, le Théâtre au bout des sens de Daniel Paradis devient visible et lisible pour tous les amateurs de folie douce. La première constatation d'un des personnages de l'auteur, dans la nouvelle Treize, c'est que «?l'intellect demeure à la fois effrayé et attiré par le mystère?». Dans ce livre, le lecteur demeure agréablement assis sur le bout de sa chaise devant les multiples visages du style et les facettes de la beauté, ces mots qui lèvent le voile sur les sentiments humains et où gronde parfois le souffle de l'Univers. La bonne humeur et la poésie ne sont jamais très loin derrière. Divisé en trois actes, ce recueil de nouvelles et autres histoires fait penser au regard d'un tonton original et mal rasé, mais plein d'affection. Sous la patine de l'humour, une grande sagesse imprègne le livre et vise le coeur. Après avoir bien ri ou s'être étonné de l'une ou l'autre situation, on ressent une grande chaleur tapie sous les phrases.

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