• Moi, violent ?

    Nous sommes collectivement de plus en plus conscients de la violence du monde : on parle de discriminations raciales, de violences sexistes, de crimes incestueux... pour ne citer que quelques-unes des violences ordinaires. Mais toujours, le violent, c'est l'autre ! Et dans nos relations, c'est justement cette peur de l'autre qui est source de violence. Cet ouvrage explore les différents aspects de cette violence interpersonnelle : la séduction, l'emprise, la jalousie, la médisance, l'indifférence, l'idéalisation...

    Pour chacun de ces poisons relationnels, il met en regard la lecture psychanalytique et le point de vue des trois religions abrahamiques - le judaïsme, le christianisme et l'islam - car dans leur quête d'Absolu, les religions sont les premières concernées par ces formes de violence. Accessible, précis et vivant, ce livre essentiel vient éclairer ce qui constitue le coeur du fanatisme en s'appuyant sur des exemples de la littérature, d'une part et sur des extraits des textes fondateurs (la Bible et le Coran), d'autre part.

    Tarik Abou Nour est imam, professeur, théologien, président de l'IESIP (Institut d'enseignement supérieur islamique de Paris) et responsable du premier site français de droit musulman malikite.

    Philippe Haddad est diplômé du séminaire israélite de France. Rabbin de l'Union libérale israélite de France (ULIF), il enseigne, il écrit et il est l'un des principaux contributeurs d'Akadem.

    Nicole Jeammet est psychanalyste et maître de conférences honoraire en psychopathologie à l'université René Descartes-Paris V. Elle est déjà l'auteure de plusieurs ouvrages.

    Gilles-Hervé Masson, prêtre depuis 1990, devient dominicain en 1999 et développe le département de théologie des éditions du Cerf. Il est actuellement vicaire à la paroisse Saint-Eustache de Paris.

  • Dans l'incapacité pécuniaire d'effectuer un pèlerinage à La Mecque, l'imam Galouwa craint d'être remplacé par un jeune hadji qui convoite sa place et ses privilèges. Un octogénaire lui propose le prix d'un billet d'avion en échange de sa fille Hèra, âgée de treize ans. Vendre la chair de sa chair au diable pour conserver sa religieuse fonction ? Ce marché horrible ne plonge pas du tout Galouwa dans les affres d'un choix impossible. Un imam doit-il tout accepter pour mériter d'Allah ? Que vaut une fille pour son père quand la passion et l'ambition religieuses s'en mêlent ? Et l'amour ne peut-il être alors qu'un rêve sur de la chair meurtrie ? Peut-il toucher à une diabolique rédemption ?
    Le diable dévot est un roman d'une rare et cruelle lucidité, une tranche de vie vraie dans la peau d'une jeune fille pour la plus grande gloire de Dieu, diraient d'autres religieux dans une autre religion. Un déchirant sacrifice, une passion portée par une écriture cristalline à en émouvoir jusqu'à la pierre carrée de La Mecque.

  • L'islam des jeunes fait peur. Tantôt perçu comme un dangereux repli communautaire favorisant un machisme rétrograde, tantôt comme l'antichambre du terrorisme, son retour serait lié la situation internationale et la présence d'imams recruteurs en banlieue. Mais que sait-on vraiment des moteurs de cette demande d'islam par les jeunes ?
    Au terme d'une longue enqute, Nathalie Kakpo montre la diversité des trajectoires individuelles au sein de la société française et donne en portrait des jeunes loin des préoccupations du Moyen-Orient : garçons et filles recourent différemment l'islam, selon leurs expériences familiales, scolaires, leurs échecs ou réussites malaisées, leurs rapports aux institutions locales et aux discriminations.
    Revers de la démocratisation de l'enseignement et du défaut d'intégration sociale et professionnelle, l'islam est utilisé comme tentative de requalification symbolique, dynamique d'apprentissage valorisante et inscription dans une généalogie prestigieuse ; mais aussi comme réarrangement de rapports déstabilisés entre sexes, ou argument identitaire lors de difficultés avec des collgues et de négociations avec les institutions locales.
    L'auteur montre des élus et des travailleurs sociaux emptrés dans les grilles de lecture postcoloniales, souvent sourds ces demandes de reconnaissance sociale, face des jeunes qui souffrent de la stigmatisation et renversent le stigmate par l'affirmation de la religion musulmane.

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