• Un singulier regard Nouv.

    Fernando Pessoa a beaucoup écrit sur lui-même. Un singulier regard peut être vu comme un prélude à son oeuvre et le complément de son chef-d'oeuvre et livre total, Le Livre de l'intranquillité. Les textes qui composent le présent volume révèlent en effet des aspects méconnus de l'auteur à travers des textes et correspondances. Ils constituent un journal de sa vie intérieure, tout entière tournée vers l'auto-analyse.
    On trouvera dans cet autoportrait passionnant, souvent impitoyable, la lente progression d'une personnalité en pleine gestation, depuis une adolescence chaotique jusqu'à une maturité magistrale. Les écrits très intimes rassemblés ici montrent l'angoisse, la solitude et la lucidité de l'écrivain et la genèse de sa personnalité.

  • « On hérite une fortune. Ou une entreprise. Ou une maison. Ou une maladie. Ou une ethnie avec sa charge historique et mentale. C'est ce qu'illustrent les habitants qui pendant un siècle se succèdent et se côtoient dans la villa Séléné, hantée par son premier propriétaire, le pendu. Ce sont, pour n'en citer que quelques-uns, Félix Méry-Chandeau, bibliophile et joueur de roulette russe ; Constance Azaïs, belle dévote torturée par le doute ; Claire Pons qui peint ses visions ; le sordide couple Vandelieu ; l'inspecteur Mausoléo et Andrée, sa femme qui selon le mot d'Oscar Wilde, tue ce qu'elle aime ; ce sont les émigrés juifs réfugiés dans les caves du sous-sol ; le fossoyeur Jérôme Labille et l'évocatrice des morts ; Hugo, le déserteur allemand et sa compagne Antoinette cachés dans les combles ; Mauricette la Martiniquaise ; les soeurs féministes et leur duel d'araignées ; Joseph, le pharmacien exhibitionniste ; l'égyptologue James Marshall Wilton ; Cédric le sidéen et son seul ami, le rat Astérix... Cent ans et deux guerres. Cent ans et quelques destinées dans la vie d'une maison. »
    G.W.

  • Dans La Soirée avec Monsieur Teste, Valéry explique pourquoi, à la recherche du succès littéraire, auquel il aurait pu légitimement aspirer suivant le voeu de ses amis, il a préféré autre chose. La recherche du succès entraîne nécessairement une perte de temps : "Chaque esprit qu'on trouve puissant commence par la faute qui le fait connaître. En échange du pourboire public, il donne le temps qu'il faut pour se rendre perceptible..." M. Teste est un homme qui a mieux employé son temps : "J'ai fini par croire que M. Teste était arrivé à découvrir des lois de l'esprit que nous ignorons. Sûrement, il avait dû consacrer des années à cette recherche : plus sûrement, des années encore, et beaucoup d'autres années avaient été disposées pour mûrir ses inventions et pour en faire ses instincts. Trouver n'est rien. Le difficile est de s'ajouter ce que l'on trouve." Tel était bien sans doute le programme ambitieux que s'était assigné Valéry lui-même à l'époque où il rédigeait cette fameuse Soirée avec Monsieur Teste.

  • Les chutes

    Melchior

    « Quand je parle d'amour, je parle de toi. Quand je parle de moi, je parle de toi. J'e?cris ce livre pour me vider de l'amour. Viser les chutes. Re?apprendre a? tomber, faire d'une chute une robe et de la robe une insulte. Les chutes comme autant d'insolences. Je t'offre ici les mots pour dire ce que nous sommes : des enfants de la solitude. Nous marchons serre?s les uns contre les autres les yeux rive?s sur l'ailleurs, le plus loin, le plus tard, le plus mieux. Tomber pour s'arre?ter. Mourir de s'e?tre e?crase? sur le pre?sent. Les chutes comme autant d'insolences. »

  • Le bonheur est devenu la grande illusion de la philosophie. Aujourd'hui, de nombreux philosophes - et non des moindres - célèbrent sans fin plaisir, vie bonne ou joie d'une vie philosophique. Ils promettent, à tous ceux qui veulent les croire, que la philosophie va changer leur existence, pacifier leur vie, leur garantir la sérénité. En un mot : les rendre heureux.
    Ce vieux rêve, né dans l'Antiquité, avait pourtant été radicalement abandonné. Il revient en force. Or ce mirage est néfaste, car la philosophie n'est ni un ouvre-bonheur, ni une machine à rendre heureux, mais une école de lucidité, de critique et d'ironie. Au risque de se perdre, si elle l'oublie.
    En confondant la liberté du sage antique et le bonheur formaté, la philo-bonheur contribue en réalité au maintien de l'ordre et de la servitude. Critiquer une à une ses prétendues évidences, démonter ses subterfuges sont des tâches urgentes. C'est ce que propose Roger-Pol Droit dans cet essai incisif, polémique, pédagogue et solidement argumenté.

  • D'amour et de haine Nouv.

    L'amour et la haine ne sont pas si éloignés. Il arrive même qu'on en vienne à aimer ses bourreaux et tourmenter ceux qu'on aime.
    L'interdépendance de ces deux sentiments, la porosité entre désir et destruction sont au coeur de ce recueil de nouvelles et d'essais : qu'il nous conte l'histoire d'un vol aérien qui tourne au cauchemar, la dissolution d'un couple qui se défie dans une dernière course effrénée à travers New York, ou qu'il aborde l'immigration et le racisme, l'imagination et la créativité, Hanif Kureishi nous éblouit une fois encore par sa capacité à scruter avec lucidité les contradictions au sein de la famille, de la politique ou de nos relations sentimentales. Et nous livre un recueil étonnant, où textes de fiction et essais s'enrichissent les uns au contact des autres.

  • Nihil

    Yoram Walfisch

    Nihil est un essai philosophique court et accessible. Il est philosophique mais rassurez-vous, il est tout à fait lisible.
    C'est un essai qui aborde les thèmes de la religion, de l'utopie et de l'idéologie, autour d'une réflexion sur la lucidité et le mensonge à soi-même.

  • L a biographie est l'un des genres littéraires les plus prisés. Les gens adorent se faire raconter des histoires basées sur des faits réels. L'auteure utilise cette forme, dans le présent ouvrage, pour nous présenter cinq leaders hors du commun. S'inspirant des histoires de vie et de réussite de ces personnalités de renommée internationale, l'auteure révèle cinq clés qui permettent de décortiquer le leadership.

    Ces leaders au parcours exceptionnel sont René Angélil (imprésario et mari de la chanteuse Céline Dion), Katharine Graham (éditrice du Washington Post à l'époque du scandale du Watergate), Ève-Lyne Biron (golfeuse de calibre international et ancienne présidente de Biron Groupe Santé), Glenn Lowry (directeur du MoMA, le prestigieux Museum of Modern Art de New York) et Gerard Mortier (directeur de l'Opéra national de Paris). Si tous sont des leaders, ils le sont toutefois dans des domaines et des milieux sociaux, économiques et politiques forts différents. Pourquoi et comment ces différents styles de leadership se sont-ils forgés ? En quoi sont-ils semblables et en quoi se distinguent-ils ? Comment s'inspirer d'histoires de leaders renommés ?

    Le lecteur apprivoisera diverses dimensions du leadership par la découverte des parcours de ces personnages connus. Il explorera ainsi cinq clés du leadership, clés qu'il pourra appliquer à sa propre réalité afin de découvrir ses potentialités de leader et de déceler le leadership chez les autres.

  • Mary-Jane évolue dans un univers que la folie altère. En une suite d´esquisses troublantes, chacune semblant cerner l´essentiel, on saura plus ou moins clairement des choses à son sujet. Elle est « extra-terrestre du sexe », voyageuse astrale, dyslexique, hallucinée... Elle habite un immeuble douteux, erre dans les rues, fréquente un petit resto préféré. Elle a grandi dans la misère. Elle aurait connu, semble-t-il, une période de normalité : une carrière d´infirmière, un mari médecin, des enfants. Mais elle est maintenant tout et trop ce qu´elle est : aguichante et grotesque, solitaire et sociable, sereine et suicidaire. « La tueuse » sera son ultime particularité. Mais son acte fatal n´est pas plus sensé que tous les autres.

    Porté par une authentique voix d´auteure, ce roman se tient en équilibre précaire entre un surréalisme poétique et un réalisme cru. Kaléidoscopique, indécent, déconcertant, ce récit singulier donne à la démence un air de familiarité inquiétant.

  • L'être s'avère un trop-plein d'émotions, de réactions, de confusion. De fait, si l'on pouvait tout comprendre, à quoi servirait la poésie? C'est ni plus, ni moins un clystère auquel se soumet Éric Charlebois dans ce deuxième recueil. En privilégiant le symbole percutant, la candeur paronymique, puis l'illumination caustique, le poète nous convie à assister, avec un dégoût envoûtant, au processus de la digestion ontologique qui broie ses tripes. Il tente ainsi de livrer en toute humilité des impressions sur sa propre existence: la mauvaise conscience mondiale, les rapports sociaux étriqués, la relation amoureuse, l'unicité de l'être.
    Il présente son isotropie. Entre l'astronomie et la biologie humaine, entre la physique nucléaire et la chimie atomique, gravite, tournoie, s'étourdit le poète. Il se contracte de tout son corps et en émanent des effluves d'images qui s'entrechoquent littéralement dans une arythmie déroutante.

  • Gilles et Laurianne vivent ensemble depuis trente ans, lorsqu'une rupture inattendue brise le couple, qui semble pourtant si solide. Laurianne n'a pas le choix, son mari l'ayant laissée pour Christine, elle doit se refaire une nouvelle vie. Commence alors une remise en question totale, non seulement d'elle-même en tant que mère et épouse, mais de sa vie de couple tout entière. Car au fil des ans, elle s'est souvent oubliée pour les siens. Désormais seule, Laurianne ne se connaît plus, ne sait plus se faire plaisir; elle se questionne, elle doute...

    Gilles a-t-il eu raison de croire que l'herbe serait plus verte chez le voisin? À cinquante ans, pourra-t-elle s'abandonner à un nouveau partenaire, après trois décennies d'une fidélité à toute épreuve? Saura-t-elle encore plaire à son âge, surtout que beaucoup d'hommes de sa génération, selon elle, préfèrent les femmes plus jeunes?

    Mais au fait, que pense Gilles de tout ceci?

    Roman au style solide et juste, Hier et Aujourd'hui nous fait entrer intimement dans la nouvelle vie d'une femme dont les observations, toujours teintées d'humour et d'autodérision, sont lucides et réalistes. Ce texte offre en arrière-plan un examen détaillé de notre société et de ce que sont devenues les relations entre les hommes et les femmes. Un bon roman, sans prétention, de lecture agréable!

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