• « Je me proposai, pour ma thèse de doctorat, détudier les concepts fondamentaux de la mécanique. Cest ainsi que je fus conduit à moccuper de lidée de temps. Je maperçus, non sans surprise, quil nest jamais question de durée proprement dite en mécanique, ni même en physique, et que le temps dont on y parle est tout autre chose. Je me demandai alors où est la durée réelle, et ce quelle pouvait bien être, et pourquoi notre mathématique na pas de prise sur elle. De ces réflexions est sorti lEssai sur les données immédiates de la conscience où jessaie de pratiquer une introspection absolument directe et de saisir la durée pure » (Bergson, lettre à G. Papini, 21 octobre 1903).
    /> À la croisée de la psychologie et de la métaphysique, le premier ouvrage de Bergson, paru en 1889, contient en germe lensemble de sa philosophie. En nous invitant à nous déprendre de nos cadres de pensée figés, il y montre que le temps nest pas une réalité physique, mais une dimension de la conscience vivante, et, tissant un lien entre philosophie de la conscience et théorie de laction, il aborde à nouveaux frais la question de la liberté.

    Édition établie sous la direction de Paul-Antoine Miquel Présentation, notes, chronologie et bibliographie par Emmanuel Picavet Annexe sur « Bergson et linvention de la durée » par Sébastien Miravète

  • Pour son édition hivernale, la revue Esse s'intéresse aux nouveaux matérialismes. En mettant en avant l'expressivité de la matière, son dynamisme et son agentivité, les théories néomatérialistes se distinguent de la philosophie matérialiste classique, qui tend à percevoir la matière comme étant essentiellement passive et inerte. Ce dossier réfléchit à la reconfiguration de la matière à l'aune de pratiques sociales, politiques, artistiques et scientifiques qui ne sont plus enfermées dans le spectre humain, mais relèvent de la « vie » tout entière, y compris le « non-vivant». Le numéro présente aussi des portfolios des artistes Eugene Park, WhiteFeather Hunter, Maude Bernier Chabot, Susan Schuppli et Stanley Février et des comptes rendus d'expositions vues en présentiel et en virtuel. (source : Esse)

  • POÈME PIERRE PRIÈRE. « Parfois prier est seule parole » nous dit un vers du recueil. Dans une langue sobre, essentielle, ces poèmes sont une réflexion sur le sens fondamental de la vie. Leur écriture passe par l'esprit de grands mystiques, de moines zen iconoclastes, de la pensée présocratique et d'une grande jouisseuse du début de la Renaissance. Pierre et prière constituant une anagramme, comment passe-t-on de la matérialité à la spiritualité ? Par le poème, par le dire, par la parole.

    DESS(E)IN regroupe l'ensemble reconfiguré des textes que l'auteur a écrit autour de l'oeuvre de l'artiste Tony Tascona. Par la voix du dit et du non-dit, la voie du plein et du vide, les traces de la plume et celles du pinceau émergent de la grande mer de l'encre, pour donner forme au chaos. L'intention du dessin serait, à l'origine, semblable au dessein de la poésie.

empty