• " Je n'aime pas beaucoup les lettres, ni en recevoir ni en envoyer. Sauf de toi et à toi - et quelques autres. C'est ce qu'on doit appeler l'amitié"
    Tout en prenant un malin plaisir à se déclarer réticent à ce genre d'exercice, Jean d'Ormesson déploie dans l'art épistolaire autant de brio et de virtuosité que de talents de stratège et de séducteur. Il laisse libre cours, dans cette version la moins " autorisée " de son autobiographie, à son franc-parler, sa malice, son goût de l'ironie et de la facétie.
    C'est tout l'arrière-plan de son parcours dans le siècle que l'on voit se dessiner au fil de ces échanges multiples, sous l'effet révélateur des relations qui ont le plus compté dans son existence. Le meilleur de sa correspondance, en dehors de ses grandes amitiés littéraires, gravite autour de quelques figures clés. De Raymond Aron ou Roger Caillois à Claude Lévi-Strauss, tous ont agi sur Jean d'Ormesson comme autant de maîtres et d'inspirateurs dans sa réflexion intellectuelle et philosophique et l'évolution de son oeuvre.
    " Les amitiés qui commencent par les livres sont peut-être les plus fortes ", écrivait-il à José Cabanis. Cet ensemble de " messages portés par les nuages ", selon la formule de Jean-Marie Rouart, en offre une vivante et savoureuse illustration. C'est le même amour fou de la littérature qui explique l'amitié paradoxale de Jean d'Ormesson avec des auteurs aussi distincts de lui que Michel Déon ou François Nourissier. À travers eux on découvre ici son autoportrait le plus inattendu.
    Jean-Luc Barré

  • Le monde de Sophie

    Jostein Gaarder

    • Lizzie
    • 11 Février 2021

    En compagnie de Sophie Amundsen, le lecteur est initié par le détour de la fiction romanesque aux grands événements et figures de la pensée occidentale : Socrate, Platon, Aristote, le Moyen Age, la Renaissance, Spinoza, Hegel, Marx, Freud, le post-modernisme, entre autres.
    "Qu'est-ce qu'il y a de plus important dans la vie ?
    Tous les hommes ont évidemment besoin de nourriture. Et aussi d'amour et de tendresse. Mais il y a autre chose dont nous avons tous besoin : c'est de savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons."
    Tout commence le jour où Sophie Amundsen, une jeune fille de quinze ans, trouve dans sa boîte une lettre qui lui est adressée, et sur laquelle n'est inscrite qu'une seule phrase : "Qui es-tu ?". Une seconde enveloppe lui parvient, et à l'intérieur un nouveau petit mot : " D'où vient le monde ?". L'expéditeur de ces lettres reste un mystère, mais les questions posées intriguent Sophie. C'est le début d'une étrange correspondance qui va plonger la jeune fille en quête de réponses dans une longue visite des principales figures de la philosophie...
    Ce roman initiatique a conquis des millions de lecteurs à travers le monde. Sans doute parce que
    Le monde de Sophie ne donne pas de réponses pré-fabriquées mais parce qu'il pose des questions, de vraies questions.
    "Jostein Gaarder réussit à maintenir le suspense d'un bout à l'autre et à concilier, avec art, intrigue romanesque et initiation philosophique"
    Lire
    Table des matières :

    Le jardin d'Eden
    Le chapeau haut-de-forme
    Les mythes
    Les philosophes de la nature
    Démocrite
    Le destin
    Socrate
    Athènes
    Platon
    Le chalet du major
    Aristote
    L'héllénisme
    Les cartes postales
    Deux cultures
    Le Moyen Age
    La Renaissance
    Le baroque
    Descartes
    Locke
    Hume
    Berkeley
    Bjerkely
    Le siècle des Lumières
    Kant
    Le romantisme
    Hegel
    Kierkegaard
    Marx
    Darwin
    Freud
    L'époque contemporaine
    La réception en plein air
    Contrepoint
    Le big bang

  • Il va de soi aujourd'hui que Montaigne est notre ami. Il nous captive, nous émeut, nous persuade. Pourtant, Montaigne nous trompe. Il nous conduit par le bout du nez
    Échapper à son charme pour saisir ce qu'il a vraiment voulu dire, pénétrer dans l'atelier pour découvrir ce que son entreprise comporte d'audace et de ruse, de vertu et de vice, de vérité et de mensonge : tel est le but de cet ouvrage. En comprenant le philosophe comme il s'est compris lui-même, nous verrons plus clair dans ce que nous sommes devenus après lui et, pour une part, à cause de lui.
    Dans cet essai magistral, Pierre Manent ne se contente pas de présenter à nouveaux frais l'oeuvre d'un auteur décisif de notre modernité : ce sont les valeurs de l'homme moderne qu'il interroge à travers lui.

  • Lettres persanes

    Montesquieu

    L'édition de référence des Lettres persanes pour réussir l'ORAL du bac de français 2021 : explication des textes essentiels au fil de l'oeuvre, les points de grammaire entièrement traités, les mots importants du texte et les exercices d'appropriation pour préparer l'entretien avec l'examinateur.

    Qui mieux que deux étrangers pour rendre extravagant ce qui paraît familier? Voici donc deux voyageurs persans à l'assaut de la France, de Paris, de la cour ! Ils regardent, ils s'étonnent, et écrivent à leurs amis ce qu'ils voient, ce qui les surprend. Par le biais du «regard éloigné», la critique prend toute sa place et toute sa saveur.

    Au fil du recueil :
    o 2 analyses de textes
    o 1 commentaire de texte

    Le dossier est composé de 8 chapitres :
    1 - Histoire littéraire : Un peu d'Orient dans nos Lumières
    2 - Montesquieu et son temps
    3 - Présentation des Lettres persanes
    4 - Les mots importants des Lettres persanes (Orient / Occident ; barbarie / humanité ; despotisme / liberté)
    5 - Préparation à la dissertation
    6 - La grammaire
    7 - Groupement de textes : Le regard éloigné
    Fénelon, Les Aventures de Télémaque
    Françoise de Graffigny, Les Lettres d'une Péruvienne
    Voltaire, Traité sur la tolérance
    Voltaire, L'Ingénu
    Nicolas Bouvier, Le vide et le plein
    8 - Exercices d'appropriation.

  • Le travail est ce que l'homme a trouvé de mieux pour ne rien faire de sa vie.Raoul VaneigemCelui qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il le croit.François de la RochefoucauldUn style brillant et concis, un extraordinaire condensé de réflexion pour s'interroger sur le monde et sur soi-même... utiliser les mots des plus grands philosophes est un autre moyen d'élever le débat.
    Piochez parmi les 150 citations de ce livre, commentées et classées par thèmes (le bonheur, autrui, la religion, l'art, le travail...), pour enrichir vos écrits, passer votre bac ou pimenter vos soirées mondaines. Vous serez ainsi toujours sûrs d'avoir le dernier mot !

  • Cent-cinquante ans après sa mort, Alexis de Tocqueville reste un mystère. Trop libéral pour la droite, trop aristocrate pour la gauche, il est un démocrate de raison et non de coeur.

    Son génie est d'avoir pensé la démocratie dans toutes ses dimensions, notamment sa face sombre - la tyrannie de la majorité et sa passion pour l'égalité - qui peut la faire basculer dans le despotisme. Voilà pourquoi il est d'une actualité saisissante au moment où les nations libres traversent une crise sans précédent depuis les années 1930. Nul mieux que lui n'a montré que la démocratie peut s'effondrer de l'intérieur, sous l'effet de l'individualisme, des émotions collectives et de la fascination pour la violence. Nul mieux que lui n'a souligné qu'elle dispose de formidables ressources pour relever les défi s nés des transformations du capitalisme, des régimes ou des idéologies qui entendent la détruire. Car Tocqueville est aussi un combattant de la liberté, qui a lutté pour l'abolition de l'esclavage, la réforme du système pénitentiaire et l'enracinement de la République. Un combattant de la liberté qui nous rappelle qu'elle dépend de l'engagement de chacun à la défendre.

  • Que cherchons-nous dans les jardins, ceux que nous cultivons jour après jour de nos propres mains, ceux où nous nous promenons pour en apprécier les beautés et nous y ressourcer ? Que retirer de l'humilité, la dévotion, la culture du soin du jardinier ? Pour y répondre, Robert Harrison nous fait cheminer dans des jardins anglais, zen ou secrets ; déambuler dans les compositions de Le Nôtre comme dans les jardins transitoires des sans-abris new-yorkais ; et emprunter en imagination bien d'autres contre-allées fantasmées. De L'Épopée de Gilgamesh aux poètes américains contemporains, en passant par Platon, la Bible et le Coran, nous y croisons Homère, Dante et Voltaire mais aussi Rilke, Hannah Arendt, Thoreau et Mallarmé. Autant de parcours buissonniers qui élèvent le jardin au rang d'objet philosophique, tout à la fois antidote et refuge par temps de crise et emblème de la condition humaine.    

  • En 399 av. J.-C., Socrate est condamné à mort par la respectable cité d'Athènes. Comment ce modèle démocratique en est-il venu à exécuter « le meilleur, et aussi le plus sensé et le plus juste » des hommes (Phédon) ? Épisode fameux de l'Athènes classique, la condamnation du philosophe devient le péché originel de la démocratie et donne naissance à la figure de l'intellectuel victime de l'obscurantisme.
    Paulin Ismard mène une enquête fouillée et captivante sur l'événement qu'a constitué le procès de Socrate, et sur l'écho ininterrompu qui l'a suivi. Éclairant avec rigueur les raisons historiques de sa condamnation - la subversion socratique résidait tant dans les positions politiques du philosophe que dans son mode de vie et sa pédagogie -, l'auteur scrute ensuite les multiples lectures qui l'accompagnent : des Pères de l'Église aux sans-culottes, de Diderot à Maurras, tous, jusqu'à nos jours, ont observé leur époque au prisme de Socrate.
    Prix du Sénat du livre d'histoire 2014.

  • Car c'est précisément ce que chacun est qui est son pourquoi, disait Plotin. Ce livre est le portrait, l'autoportrait d'un tel pourquoi. A-t-on une raison d'être ? Comme écrivain et comme poussière d'humanité. La question se pose, elle se pose toujours. On ne peut pas y répondre par des déclarations ou des professions de foi. Mais par des souvenirs, des images de ce qu'on a traversé. Images qui disent je fus et qui sont la matière par laquelle on vérifie qu'on a existé. Mais cette vérification est sans preuves, mais cette matière en même temps se dérobe : le mouvement est sans fin. De ce mouvement ce livre est une esquisse. Jeu de marelle où l'on saute d'une case à une autre, ou toit qui ne se ferme pas, toit d'air, aux tuiles détachées.

  • « Citoyens !... » L'orateur Jaurès, debout face à l'assistance, marque une courte pause puis s'élance. Sa voix, capable d'emplir les plus vastes édifices, épouse chaque nuance de sa pensée. L'effet d'entraînement sur l'auditoire est immédiat : les témoignages abondent, qui décrivent son incomparable éloquence. Mais s'il fut un maître reconnu de la parole, l'élu de Carmaux, fondateur de la SFIO, demeure aussi et surtout, Léon Blum l'a souligné, l'« un des plus hauts penseurs et un des plus grands écrivains dont la France ait pu s'honorer ».
    Qu'il s'agisse de l'homme politique, farouche défenseur de la République et socialiste convaincu, du militant pacifiste, du philosophe ou du poète, ce recueil de discours et de conférences constitue la meilleure approche du « tribun extraordinaire ».

  • La Terre est ronde : tout le monde le sait. Pourtant, pour nos ancêtres, elle était plate. Leur savoir était-il inférieur au nôtre? Et aujourd'hui encore, que savons-nous véritablement? Dans notre monde rationnel, peut-on s'affranchir des croyances?
    De la science à la religion ou aux mythes, de l'horoscope à la superstition ou aux sondages, Henri Atlan décline les mille facettes des croyances : elles demeurent un rouage essentiel de notre rapport au monde, une articulation fondamentale de la pensée, indispensables à la connaissance, à l'intelligence et à la liberté.

  • Voyages

    Jean Potocki

    Grand seigneur polonais, Jean Potocki (1761-1815) est surtout connu pour avoir écrit, à la fin de sa vie, un roman devenu mythique, le Manuscrit trouvé à Saragosse. On sait moins que cet original à l'érudition vertigineuse, passionné de sciences et d'histoire, et diplomate à ses heures, a passé sa vie à arpenter le monde pour en rapporter des récits : le présent volume invite à découvrir son oeuvre immense d'écrivain voyageur.Rédigés d'une plume allègre, empruntant tantôt la forme d'une série de lettres fictives, tantôt celle d'un journal, d'un reportage ou d'un conte à la manière des Mille et Une Nuits, ces écrits nous conduisent de l'Empire ottoman aux déserts d'Égypte, de la Hollande en proie à la guerre civile au Maroc, des steppes du Caucase à la frontière mongole de la Chine. Modes de vie, traditions, langues, costumes, monuments, paysages, situations politiques, anecdotes glanées dans les cafés : rien n'échappe au regard acéré de ce fils des Lumières qui, entre distance critique et abandon, analyse et rêverie, savoir et sensations, rend compte de l'infinie variété du monde et des hommes.

  • « Père moderne des études sur la mémoire », Maurice Halbwachs est désormais un classique pour la sociologie et pour l'ensemble des sciences humaines. Philosophe de formation, passé à la sociologie en même temps qu'il ralliait les causes dreyfusarde et socialiste, il s'est imposé, dans l'entre-deux-guerres, comme une des principales figures de l'école sociologique française fondée par Émile Durkheim, avec en point d'orgue son élection au Collège de France en 1944 dans une chaire de « psychologie collective ».
    On attendait de son enseignement dans la prestigieuse institution qu'il apporte la touche finale à une oeuvre protéiforme. Mais, déporté à Buchenwald où il mourut le 16 mars 1945, Maurice Halbwachs n'eut pas même l'occasion de prononcer sa leçon inaugurale. Cette ultime synthèse existe pourtant bel et bien, dans un cours de psychologie collective donné en Sorbonne au tournant des années 1940, dont il n'existait jusque-là que quelques copies ronéotypées.
    Pensé comme une introduction générale à la sociologie, ce cours, dans lequel, préfigurant la démarche de Pierre Bourdieu, il se confronte à la question de la singularité individuelle, se trouve ici édité pour la première fois.

  • La mode est à Montaigne - un certain Montaigne du moins, délicat, aux moeurs et aux lumières exquises, avec lequel il ferait bon passer l'été. Mais il en existe un autre, à qui il faut rendre sa violence, sa vivacité, son impatience, ses passions et ses colères sanguines, pour tout dire sa démesure.C'est ce qu'entreprend ici Christophe Bardyn qui, tout en brossant le tableau édifiant d'un xvie siècle embrasé par les guerres de religion, se laisse guider par l'oeuvre du moraliste pour y déceler les indices qu'il y a sciemment dissimulés. Cela donne un portrait audacieux, fourmillant d'hypothèses inédites, hardies et volontiers polémiques. Où l'on découvre que Michel de Montaigne ne serait pas de noble naissance, mais fils de palefrenier ; qu'il n'avait pas tous les atouts de la virilité, mais assez d'esprit pour devenir un amant infatigable, notamment de Marguerite de Valois ; que sa passion pour La Boétie - dont les oeuvres sont ici complètement revisitées - eut sur sa pensée philosophique, politique et religieuse une influence insoupçonnée ; qu'il se cache dans les Essais d'étranges crypto¬grammes qui semblent nous inviter à d'infinies spéculations...C'est un tout autre Montaigne qui surgit alors, plus complexe, plus humain, moins sage, et dont on savoure page après page la vraie religion, en dépit des jugements moraux, sociaux et religieux de son temps : celle de la liberté.

  • Écrire la vie de Jacques Derrida (1930-2004), c'est raconter l'histoire d'un petit Juif d'Alger, exclu de l'école à douze ans, qui devint le philosophe français le plus traduit dans le monde, l'histoire d'un homme fragile et tourmenté qui, jusqu'au bout,



  • Accessible, précis et complet, ce livre propose 100 citations extraites de l'oeuvre de Baruch Spinoza.

    Organisées par thèmes, elles abordent successivement la joie, Dieu, le désir, la liberté... Pour chacune vous trouverez :


  • Passionné par les affaires du monde, comme par celles de l'esprit, Leibniz pratique la philosophie en homme qui veut tout comprendre, tout concilier, élaborant, au fil de ses découvertes, d'ambitieuses synthèses. Ce livre permet d'entrer dans cette saga du savoir, pour en repérer les enjeux théologiques, scientifiques et philosophiques.

  • Militante, philosophe, mystique, insoumise absolue, guerrière sans concession de la liberté d'esprit. Un modèle ? Non, mais pour chacun de nous un défi.

  • Il y a plus de vingt ans disparaissait Guy Debord, l'un des derniers grands intellectuels français, figure mythique des mouvements d'avant-garde de la seconde moitié du xxe siècle. Écrivain, cinéaste, penseur révolutionnaire, autodésigné « ennemi de son siècle », il a été le chef de file de l'Internationale lettriste (1953-1957) puis de l'Internationale situationniste (1957-1972), et, à partir de son oeuvre majeure, La Société du spectacle (1967), l'infatigable pourfendeur de la société de consommation. Mais Debord était également, selon ses mots et comme le révèlent ses archives, « un déclassé conspi¬rateur, un aventurier ne respec¬tant rien parce que n'ayant rien à perdre », un « enfant gâté, qui a toujours cru que le monde était fait pour lui faire plaisir et n'a jamais été capable de ressentir les choses au-delà de cet infantilisme affectif », un « Capricorne patient comme le grisou qui s'accumule dans les galeries de mines de la société ». C'est qu'il était bien placé pour connaître l'homme qui se cachait derrière le mythe qu'il s'était forgé, et cette part d'ombre que l'impressionnant travail d'investigation de Jean-Marie Apostolidès met enfin au jour. Une biographie intime et sans concession où l'on découvre un homme qui construisit sa vie comme une oeuvre d'art, en se rêvant tour à tour bandit, chef de bande, agitateur, général d'armée, empereur et philosophe.

  • Descartes n'invente pas la prééminence du sujet humain - déjà affirmée dans « l'humain mesure de toutes choses » de Protagoras ; il n'est pas non plus le premier à mettre au premier rang la rationalité - l'ontologie mathématique de Pythagore le précède en cela. Son originalité est de les poser ensemble. Étudier comment il a tenté d'accorder ces deux positions adverses conduit à faire ce constat : Descartes est moins le créateur du rationalisme que celui qui plonge le rationalisme dans une crise profonde, caractéristique de la pensée moderne.

  • La philosophie de Wittgenstein est une philosophie des chemins : chemins depuis une première philosophie fascinée par la pureté de la logique, vers une seconde philosophie du retour à l'ordinaire - tentatives répétées de s'orienter dans le labyrinthe du langage. Ces parcours sont aussi ceux par lesquels le philosophe entreprend de déchiffrer l'intériorité de l'esprit. Ce sont enfin des sentiers par où l'on apprend progressivement à voir le monde autrement, pour parvenir à être un homme digne.

  • Mettez du Aristote dans votre vie !

    Nous avons tous le sentiment d'avoir en nous des potentialités à accomplir, des richesses à révéler. Nous aimerions pouvoir nous réaliser concrètement et agissons beaucoup en ce sens. Mais nos actions nous laissent souvent un goût d'inachevé. Comment faire quelque chose de notre vie qui nous ressemble et dont nous puissions être fiers ?

    La philosophie d'Aristote se situe aux antipodes des médications amères prescrites par les stoïciens, qui prônent une existence ascétique. Aristote nous apprend à éprouver la joie d'une action réussie où quelque chose de nous se libère. En nous contentant par exemple des choses que nous faisons, indépendamment des buts qu'elles poursuivent, en composant avec la réalité "ici et maintenant", en accueillant l'incertitude et en développant notre sens de l'improvisation...

  • Depuis quelques décennies, un nombre grandissant de philosophes ont manifesté un intérêt accru pour la question du don. D'abord pour mettre en cause la toute puissance du marché qui étend son emprise. Mais au-delà de cette inquiétude liée à une situation historique, nombre de penseurs ont construit une réflexion sur le monde - sur l'être - comme donné. On tend alors à rattacher cette " donation originaire " à une éthique de la gratuité. Gratuité pure, geste unilatéral : telle est la pensée du don qui, selon des styles et des arguments propres, domine chez J. Derrida, E. Levinas, J.-L. Marion et bien d'autres. Il était sans doute temps de se défaire de toutes les pensées du don un peu trop pieuses, devenues envahissantes dans la philosophie française de tradition phénoménologique. Confrontant le travail de ces philosophes au célèbre Essai sur le don de Marcel Mauss, Marcel Hénaff montre que le don est d'abord et avant tout une procédure de reconnaissance publique entre groupes au moyen de ces biens compris comme symboles d'une alliance.

  • Raison Les dieux ont donné aux hommes la raison qui est, pour tous, tant que nous sommes, la richesse la plus précieuse.
    Sophocle, Antigone, 683-684 Si la raison était le seul guide de l'homme Il trouverait la suprême richesse à vivre content de peu :
    Car de ce peu jamais il n'y a disette.
    Lucrèce, De la nature des choses, V, vers 1117-1119 En près de 300 entrées, voici un large éventail de concepts permettant de définir la manière dont les Anciens (Grecs et Latins) percevaient l'existence en général ainsi que le bonheur et les moyens d'y parvenir par ce qu'on appelle "la sagesse" en particulier.

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