Langue française

  • « Ce livre concis et poétique sent la morille et le bois calciné. C'est une fable transpercée par les hurlements des loups et les jappements des coyotes en délire, un hymne à l'odeur âcre des épicéas géants que des bûcherons loqueteux débitent en billes, là-bas, au fin fond de l'Ouest américain, pour construire, au péril de leur vie, des ponts de chemin de fer en équilibre au-dessus des canyons. [...] Un roman qui vous emporte loin dans le silence et dans l'azur. »
    Florence Noiville, Le Monde des livres
    Au début du XXe siècle, Robert Grainier travaille à la construction des chemins de fer qui, très vite, parcourront l'Amérique. Un combat de l'homme contre la nature dans des paysages à l'immensité sauvage. Mais ce n'est pas le seul combat que mène Grainier : ébranlé par un drame personnel, il tente de donner un sens à un monde qui en a perdu, alors que son pays connaît des années décisives qui transforment profondément son identité.

  • La femme et la nature Nouv.

    Dans cet essai provocateur de 1978, pierre angulaire de la littérature féministe et de l'écoféminisme, traduit pour la première fois en français, Susan Griffin explore une représentation traditionnelle qui a cours depuis l'Antiquité : la femme serait du côté de la nature ; l'homme du côté de la culture. Mais ce postulat essentialiste, elle le pousse jusqu'à l'absurde pour mieux en montrer le ridicule. Si un lien particulier existe entre la femme et la nature, c'est bien plutôt celui de l'oppression dont elles sont toutes deux l'objet. Usant de l'esthétique débridée du collage, portée par le souffle d'une écriture unique et qui se transforme presque en expérience physique, Susan Griffin dévoile non seulement comment, depuis la division fatidique entre l'âme et la matière chez Platon, la philosophie et la religion patriarcales ont, par le biais du langage et de la science, assis leur pouvoir sur la femme et la nature, mais aussi combien est destructrice l'impulsion qui pousse l'homme à vouloir se séparer du monde auquel il appartient.

    Polyphonie virtuose, patchwork entretissé de mille fragments, mêlant des sources allant du traité gynécologique au manuel de sylviculture en passant par les Écritures, des extraits de biographies et des essais scientifiques, ce livre est un texte dense et puissant, un poème en prose vibrant, un appel éloquent à réparer, à réunir ce qui a été séparé.

  • S/Z

    Roland Barthes

    S/Z Sous ce titre, ou ce monogramme, transparaît une nouvelle particulièrement énigmatique de Balzac : Sarrasine. Texte qui se trouve ici découpé en « lexies », stratifié comme une partition inscrite sur plusieurs registres, radiographié, « écouté » au sens freudien du mot.

    « Si l'on veut rester attentif au pluriel d'un texte, il faut bien renoncer à structurer ce texte par grandes masses, comme le faisaient la rhétorique classique et l'explication de texte : point de construction de texte: tout signifie sans cesse et plusieurs fois, mais sans délégation à un grand ensemble final, à une structure dernière. » R. B.



    Roland Barthes (1915-1980) Sémiologue, essayiste, il a élaboré une pensée critique singulière, en constant dialogue avec la pluralité des discours théoriques et des mouvements intellectuels de son époque, tout en dénonçant le pouvoir de tout langage institué. Il est notamment l'auteur du Degré zéro de l'écriture (1953) et de Fragments d'un discours amoureux (1977).

  • Les quatre conférences réunies dans ce livre, prononcées entre 1980 et 1993, sont ainsi des réécritures ultimes et marquent le point le plus abouti de considérations toujours très réfléchies à partir de quatre objets : La Recherche du temps perdu, la mémoire, la poétique et l´écriture. Entre elles, de nombreux échos ou des références récurrentes font choeur, assez pour faire entendre que leur auteur ne séparait pas des préoccupations que l´exercice de la conférence oblige à dissocier. (P. L.)

  • Ce texte, qui est la reprise et l'approfondissement de différents travaux (articles, colloques, conférences), peut être lu comme une introduction à la poésie d'Aimé Césaire. Souvent jugés hermétiques, les poèmes de Césaire se montrent à la lumière de cet essai dans ce qu'ils ont de plus déchirant, de plus profondément humain : cette part intime par où les grands textes littéraires nous arrachent, et en même temps, nous ramènent, à nous-mêmes.

  • Ce roman poétique conte l'histoire d'Alex, ermite urbain. Par une nuit d'insomnie, il découvre une étrange librairie où il fera la rencontre de plusieurs personnages originaux qui s'interrogent sur les motivations qui ont poussé Alex à abandonner sa vie d'homme en société.

  • Par délicatesses on doit entendre ici, bien entendu, subtilités, et de préférence agréables : finesses, élégances, raffinements. Mais on ne peut pas ne pas entendre aussi, et peut-être surtout, délicates questions, points sensibles, occasions de débats, peut-être même de disputes. En ce sens, c´est l´auteur d´un tel livre qui risque fort, le publiant, de se mettre en délicatesse avec ses contemporains...

  • Observée sous l'angle de la dynamique, la question des genres met de l'avant le phénomène de l'intergénéricité, c'est-à-dire les diverses formes d'interaction entre les catégories génériques, canoniques ou non, dans les écritures et les métadiscours contemporains.

    Les auteurs veulent montrer comment, dans la production postérieure au renouvellement de la rhétorique et de la poétique, la question des genres continue de travailler, de manière ouverte ou subreptice, la littérature, les arts plastiques, les pratiques cinéma¬tographiques et théâtrales, de même que leur théorie, leur critique, leur commentaire.

    Par delà les typologies, malgré les décrets de la mort du genre, il appert que la dynamique intergénérique constitue un enjeu majeur de la production et de la réflexion actuelles, qu'elles soient envisagées du point de vue de la sémiotique, de la sociocritique, de la postmodernité, du féminisme, des études culturelles et intercul¬turelles.

  • Maisons en ruine, villes labyrinthiques, hôtels miteux, squats, chantiers, baraquements et autres habitations précaires : dans de nombreux romans français et québécois du tournant du XXIe siècle, l'espace, considéré comme valeur de refuge, est remis en question. Ces fictions proposent différentes représentations d'une habitabilité malaisée de l'espace alors que leurs personnages sont tiraillés par divers désirs de retranchement, d'égarement, de fuite ou de destruction.
    Par quels procédés descriptifs et narratifs, par quelles figures et configurations se noue cette mise en scène d'un espace insaisissable où les lieux et les personnages apparaissent poreux, où les frontières sont perméables et où la perception spatiale est remise en question ? Dans cet essai, Marie-Hélène Voyer propose de définir cette poétique de l'espace incertain qui traverse les romans contemporains tant en France (Éric Chevillard, Marie NDiaye, Christian Oster, Marie Redonnet, Pierre Senges) qu'au Québec (François Blais, Nicolas Dickner, Karoline Georges, Bertrand Laverdure, Catherine Mavrikakis et Gaétan Soucy).
    Les représentations de l'espace incertain dans les romans actuels témoigneraient vraisemblablement d'un monde en déficit d'autorité, reposant sur la labilité des frontières et des cadres spatiaux-temporels, ainsi que sur la volatilité de la mémoire et de la perception.

  • Pendant la Seconde Guerre mondiale, trois familles d'origines et d'horizons différents s'exilent sur l'Isle aux abeilles noires, petite île perdue dans l'archipel des Hébrides, dont les falaises enveloppées de brouillard vibrent de la vie de millions d'abeilles et de centaines d'espèces d'oiseaux de mer. Ces lignées - française, danoise et grecque - y verront naître des enfants, porteurs d'une vision du monde hors du commun et dont les vies deviendront intimement liées.
    Parmi tous ces êtres à la créativité foisonnante et visionnaire, portés par leurs passions, un apiculteur, un souffleur de verre, une ondiste, une parfumeuse, une danseuse et un enfant magicien nous entraînent dans l'éblouissement de l'imagination, de l'amour, aux confins de la folie et de la mort.

    /> Un roman intemporel, à l'écriture fine et maîtrisée, qui laisse place à tous les sens et touche au paroxysme de l'émotion et de l'art. À travers des chapitres courts et denses, construits comme des alvéoles, Andrée Christensen explore les secrets de la ruche et les mystères de l'âme humaine.

  • Ce livre ouvre une réflexion sur le statut de l'exilé. Celui qui est banni de sa ville natale, Ovide (Rome), Dante (Florence). On l'imagine mendiant dans une autre ville, confiant dans ses carnets sa complainte. C'est un manuscrit inachevé, trouvé dans les buissons du centre-ville de Montréal. L'auteure a rêvé, imaginé ce conte poétique en faisant dialoguer la voix du narrateur avec les écrits trouvés du mendiant.

  • Cet essai peut peut être lu comme une ode à la vie et à l'histoire littéraire, à « l'autre parole », celle de la poésie québécoise actuelle, particulièrement celle des femmes poètes et de leurs thématiques. Le poème didactique est ici une dilecture (dilection et lecture), selon la
    définition du poète français Guy Goffette : la mise en abyme d'une oeuvre qu'on admire, par citations, descriptions, aspects particuliers ou essais de synthèse de l'oeuvre. Jean Royer aborde aussi dans ce livre ce qu'on appelle le poétique en général, et la mélancolie, thème fondateur des cultures, concluant avec « l'élan d'écrire » et un regard sur l'héritage de la modernité. Cet essai personnel, didactique et ludique à la fois, dédié à différents aspects et visages de la poésie, compose le 4e volume du cycle de L'arbre du veilleur.
    Comme l'ensemble de la poésie, le poème didactique a pour mission d'éclairer notre regard vers les choses et de questionner notre destin.

  • Avec ce recueil de onze nouvelles, embarquez pour un voyage littéraire sur la côte amalfitaine. S'inspirant de cette terre mythique aux falaises abruptes parsemées de plages et de villages aux couleurs pastel, l'auteur mêle dans ce livre récits poétiques et tragiques, mais aussi textes plus légers, et pousse son exploration jusqu'au genre policier ou à la légende.

    De Naples à la fabuleuse Capri, en passant par Positano ou la discrète île de Procida... Ces nouvelles amalfitaines ont été pensées comme une parenthèse, un recueil que l'on emporte avec soi en voyage ou que l'on lit pour s'évader. On sort charmé de ce dépaysement et l'on retrouve la plume de Dimitri Demont dans tout ce qu'elle a de plus riche.

  • Seize chercheurs du Québec, des États-Unis, de la Belgique, de France, du Royaume-Uni, de la Suisse et de l'Australie s'interrogent ici sur la poétique de la liste - et par extension sur l'énumération, la série, la litanie, l'inventaire, la collection, etc. - dans la littérature contemporaine française et francophone.
     
    Au programme (en vrac) : la liste et les sciences ; la liste et le doute ; la liste et l'animal ; la liste et le nom ; la liste et l'encyclopédisme ; la liste et l'écriture de soi ; la liste et le récit ; la liste et la contrainte ; la liste et la voix ; la liste et le musée ; la liste et les ruines ; la liste et l'idiotie ; la liste et le Tour de France ; la liste et le politique ; la liste et la syntaxe ; la liste et le temps ; la liste et le quotidien ; la liste et la bande dessinée ; la liste et la scène ; la liste et dada ; la liste et le réel...
     
    Des textes consacrés, en tout ou en partie, à Anne-James Chaton, Éric Chevillard, Thomas Clerc, Hergé, Édouard Levé, Gérard Macé, Michèle Métail, Henri Michaux, Fiston Mwanza Mujila, Valère Novarina, Georges Perec, Marc-Antoine K. Phaneuf, Christian Prigent, Nathalie Quintane, Pierre Senges, Daniel Spoerri, Christophe Tarkos, Jules Verne et - comme l'écrivait Charles Baudelaire - à bien d'autres encore.
     

  • Au coeur de ses limbes

    Marine Lombaert

    Une femme, un inconnu, un amour perdu...

    Dans ce court roman, nous suivons le quotidien d'une jeune femme. Chaque jour, elle se rend au square qui borde sa maison et aperçoit le même homme mystérieux, sans toutefois oser l'aborder... Mais un coup du destin va les pousser à échanger, se découvrir et s'aimer.

    Pourtant quelque chose cloche : est-ce ce bruit répétitif de vieux transistor, cette radio qui se met en marche seule, ou cette porte impénétrable ?

    S'ils ne sont pas le fruit du hasard, alors comment interpréter ces signes ?

    Entre imaginaire et réalité, Au coeur de ses limbes est un véritable récit initiatique mené par une plume nostalgique et touchante. Une histoire où la résilience est la clé du lâcher-prise.

  • La naissance d'Elliot nous immerge au sein des traditions ancestrales du petit peuple de Tiboudom, village imaginaire profondément relié à la Terre et à la voix des Sages. Le destin d'Elliot bascule le jour de ses 10 ans. À cet âge, il doit effectuer le rite de passage initié par le grand Sage. Malheureusement, le rite d'Elliot ne se clôt pas comme attendu. Cet événement précipite le garçon dans un long et profond sentiment d'injustice. Elliot décide que le temps est venu de se sortir de ce sale karma. Saura-t-il entendre les messages cryptés du monde irrationnel pour transformer cette expérience malheureuse ? D'autant plus que le temps est compté, Elliot n'a que trois jours devant lui...

    Un récit tendre et initiatique à l'attention des lecteurs aventureux ou des oreilles curieuses, de 10 à 99 ans.
    Il nous invite à nous questionner sur la notion du manque, sentiment que chacun est amené à côtoyer au gré des expériences de la vie.
    Tiboudom est aussi une merveilleuse histoire de fraternité entre deux enfants qui se découvrent et s'élèvent mutuellement vers le meilleur d'eux-mêmes.

  • Dans un monde où tout est marchandise, la poésie n'a aucune valeur marchande. On ne peut que prendre acte de son absence dans une société qui bruit de tant de rumeurs. Pourtant, la poésie persiste, comme « une transaction secrète », selon le mot de Virginia Woolf. Aussi ne lira-on pas ici un plaidoyer dont on ne voit pas quelle pourrait être la raison d'être, ni un manifeste qui ne ferait qu'ajouter à la cacophonie ambiante, ni un art poétique - toujours vain, encore moins un traité savant. Tout au plus les réponses - partielles, partiales, subjectives, incertaines, passionnées - d'un lecteur de poèmes à six questions relatives à la pratique d'un art qui refuse paradoxalement de disparaître.

  • Avez-vous déjà été victime d'un voleur de plafonds ?
    Savez-vous au juste quand les pommes ont définitivement disparu ? Et pourquoi l'heure exacte s'est évanouie ?
    Connaissez-vous la vie secrète de Che Guevara en Finlande ? Et les effets secondaires du gel à fixer le temps ?
    Sans doute pas, mais c'est déjà trop tard. Vous avez pris ce livre en main, vous l'avez retourné, vous allez plonger dans un allègre cauchemar à découvrir en 50 épisodes. D'un récit à l'autre, des personnages s'entrecroisent, des questions surgissent, quelques crevettes également. Entre fous rires et tremblements.
    Roger-Pol Droit invente ici un univers inattendu, désopilant et déglingué, inquiétant et poétique, quelque part entre polar, conte philosophique et science-fiction. Inclassable et jubilatoire.

    /> © Flammarion, 2007.
    Couverture : Virginie Berthemet © Flammarion

  • La trajectoire désabusée de Clovis des vallées perdues [peizaZ] [matal] photographe iconoclaste, paludier des mots et des images, de sa plongée en apnée est contraint dans un désarroi au rythme des arrivées en fanfare montées en épingle par des candides de pacotilles, lui a contrario se dissipe garant d'un passé qui se détourne; le doute, il augure sa langue acculée, baignée de mensonges, de misère renouvelée et la lame de fond démographique ultime tabou : « nous étions trop nombreux », la nature dans son ensemble périssait sous notre joug.
    Il poursuit ses aspirations romanesques, éclats de beautés à dessein de préserver quelques arpents vierges sans qu'ils ne soient piétinés au grand maelstrm des valises à roulettes connectées folles et hilares.
    Bien que résigné, au point mort de tout laisser à vau-l'eau, il se fait violence et voyage dans ses pensées à l'aide de cartes, celle au-dessus de lui; South-East Asia de Bartholomew qui le ramène à son vécu, les rêveurs de siècles révolus, disciple d'un monde passé imprenable, immense et aussi beau forcément que des illustrations de faune et de flore lorsque Louis-Antoine de Bougainville débarqua à Tahiti en 1768.
    Avec ce quatrième opuscule, François Montagnon creuse ses interrogations liées à l'enfance à coup sûr magique; de ne pas omettre nos embrasements de vingt ans; la belle décennie et du désenchantement qui surgit sans crier gare.

  • De l'île de Lesbos au fjord du Saguenay, en passant par les rues de Montréal, nous traversons l'ébranlement d'un cri irréductible. Les migrants naufragés en Méditerranée, les femmes et filles autochtones assassinées ou disparues; la vérité crue des visages creuse un chemin hanté. Et la mémoire se lève, des êtres nous guident, porteurs de gestes inespérés illuminant le prochain pas.
    La deuxième partie de l'ouvrage donne à lire et à écouter le choix de la fulgurance. Cent cinquante aphorismes forment le souffle d'une parole oeuvrant avec force et délicatesse sa pensée, ses contemplations, ses gestes. La voie improbable de la transfiguration résiste face à la rugosité de l'époque.

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