• Engagées en première ligne dans la politique de contrôle et d'exclusion du gouvernement de Vichy entre 1940 et 1944, la gendarmerie et la police françaises ont, plus que toute autre institution, dû affronter le dilemme  : «  servir face à l'ennemi ou servir l'ennemi  ». Car désobéir à ses supérieurs, pour un gendarme ou un policier, c'est aller à l'encontre de l'essence même de sa formation.Mais si une partie d'entre eux ont appliqué les ordres par discipline, par antisémitisme, par peur ou par intérêt, nombreux sont ceux qui ont aidé à faire passer la ligne de démarcation ou la frontière à des Juifs, à cacher des résistants, à dissimuler des armes... Même s'ils n'ont pas rejoint un réseau ou un mouvement de résistance, leur action a permis de sauver de nombreuses vies. Or cette histoire-là est totalement ignorée.Face à un discours traditionnel qui met en avant l'activité des policiers ou des gendarmes ayant appliqué avec zèle les lois et les ordonnances en vigueur pendant l'Occupation, cette fresque sans concession ni faux-semblant, basée sur de nombreux documents d'archives étudiés par l'auteure depuis une dizaine d'années, met à mal nombre d'idées reçues et montre que, même au coeur du système vichyssois, il était possible de contrevenir aux ordres.  Limore Yagil est professeure habilitée à diriger des recherches d'histoire contemporaine et chercheuse à la Sorbonne. Spécialiste de l'histoire culturelle et politique de la France sous l'Occupation,  elle a publié une dizaine d'ouvrages, parmi lesquels Chrétiens et Juifs sous Vichy (Cerf 2005) et Au nom de l'art 1933-1945 (Fayard, 2015). 

  • « Je vous demande de réfléchir à qui je suis et à ce qu'a été ma carrière  », lâchait Nicolas Sarkozy à ses interrogateurs dans les locaux de la police judiciaire en 2014. Une menace à peine masquée qui n'a pas empêché l'ancien président de la République de se retrouver en garde à vue quatre ans plus tard pour une autre affaire.L'audition et la garde à vue des hommes politiques sont souvent dignes des meilleures fictions. Parce que pendant ces vingt-quatre ou quarante-huit heures en vase clos, ils jouent leur peau. Depuis quelques années, le nombre d'élus placés en garde à vue augmente de façon spectaculaire. Pourtant, ils avouent rarement. Ils esquivent, s'emportent... et quand ils cèdent, comme le député européen Robert Rochefort, pris en flagrant délit d'exhibition sexuelle dans un magasin de bricolage, c'est pour se rétracter le lendemain.De Georges Tron à François Fillon en passant par Denis Baupin, Jean-Vincent Placé et Claude Guéant, pour la première fois, ce livre analyse ces moments à part que sont les confrontations entre politiques et policiers. L'auteur a eu accès à nombre de procès-verbaux et a pu s'entretenir avec des protagonistes des deux camps. Au-delà des scènes d'anthologie qu'il dévoile dans cet ouvrage, il met en question la validité d'une procédure le plus souvent à usage médiatique. 

empty