• L'oeuvre d'Héraclite est perdue et ne peut être retrouvée qu'à travers les citations les plus diverses, d'Aristote ou des Pères de l'Église. Dès le début du XIXe siècle, dans l'esprit nostalgique du romantisme, on a constitué des recueils qui devaient faire surgir l'original de ses débris. La nature fragmentaire ajoutait à la fascination des origines, mais on se trompait en même temps sur les véritables difficultés, et le personnage obscur et sibyllin que l'on se figurait cachait en fait l'emprise que la tradition conservait sur les restaurations les plus scientifiques en apparence. Les fausses évidences, qui n'ont jamais été mises en question, ont hypothéqué le texte établi par la science philologique, et, partant, les questions que lui posaient les philosophes ne pouvaient être bien posées. C'est qu'elles succombaient à la fois, et sans le savoir, aux préjugés hérités et à leur fixation dans la lettre.

  • POÈME PIERRE PRIÈRE. « Parfois prier est seule parole » nous dit un vers du recueil. Dans une langue sobre, essentielle, ces poèmes sont une réflexion sur le sens fondamental de la vie. Leur écriture passe par l'esprit de grands mystiques, de moines zen iconoclastes, de la pensée présocratique et d'une grande jouisseuse du début de la Renaissance. Pierre et prière constituant une anagramme, comment passe-t-on de la matérialité à la spiritualité ? Par le poème, par le dire, par la parole.

    DESS(E)IN regroupe l'ensemble reconfiguré des textes que l'auteur a écrit autour de l'oeuvre de l'artiste Tony Tascona. Par la voix du dit et du non-dit, la voie du plein et du vide, les traces de la plume et celles du pinceau émergent de la grande mer de l'encre, pour donner forme au chaos. L'intention du dessin serait, à l'origine, semblable au dessein de la poésie.

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