JC Lattès

  • Je crains que tout cela n'ait rien à voir avec moi décortique un chagrin d´amour, selon une méthode relevant de la fantaisie, de la poésie et de la science. Il se présente comme un traité académique, dont l´auteur serait à la fois le sujet et l´objet (dispositif qui révèle ses limites, ne nous le cachons pas). Alternant observations cliniques et textes lyriques, photos et correspondance, ce roman-collage est à la fois une enquête de police (les objets du quotidien sont présentés comme de pièces à conviction) et une fiction, drôle, folle, déchirante. C´est aussi le témoignage d´une obsession, le récit d´un gouffre qui se dévoile. Doucement une réalité archaïque affleure, et l´auteur glisse, comme malgré elle, vers une autre blessure pour remonter doucement vers les racines du mal. Que nous transmettent nos parents ? Leurs chagrins s´impriment-ils dans nos cellules comme une mémoire fatale ? Sommes-nous voués à revivre, encore et encore, des émotions encodées dans une région fossile de notre cerveau ? Un texte aussi gracieux que bouleversant qui inaugure peut-être un nouveau genre romanesque.

  • Les choix secrets

    Hervé Bel

    « Il n´y a plus que la cuisine et le mari, le ciel gris derrière la mousseline des rideaux, et ce présent dont il faut bien se contenter. Ce présent est sa prison. Plus jeune, elle l´a supporté parce que, concevant l´avenir comme un espace vierge, un monde à lui tout seul, elle a cru que celui-ci prendrait un jour la place de celui-là et changerait le goût de sa vie. Mais le temps n´a fait que traverser son corps. Il est passé, la laissant là, inchangée avec sa façon d´appréhender les choses et les gens. L´avenir s´est rétréci tellement qu´il s´est confondu avec le présent et empêche désormais toute espérance de se déployer.»  Chaque soir, Marie commence sa ronde : il faut être certain que tout est bien fermé, chaque volet, chaque fenêtre, que l´on n´a surtout pas oublié d´éteindre la lumière. Marie est une vieille femme : elle ne veut pas être dérangée. Elle veut que chaque chose soit à sa place, que chaque jour s´écoule comme la veille, sans imprévu, sans douleur, qu´elle puisse contempler tout ce que la vie lui a permis de rassembler et d´accumuler : les objets, les photos, les souvenirs.  Aujourd´hui cette vie sans histoires lui convient. Mais, avant, elle voulait vivre, elle cherchait la passion et les drames, la souffrance, la sienne et celle des autres, de tous ceux qui l´entouraient.  Elle s´est mariée, a eu deux enfants, elle a hérité de la maison de ses parents, mais a-t-elle vécu ? Et comment a-t-elle vécu ?

  • Janvier 1861, université de Pétersbourg : la jeune Apollinaria Souslova, fille d´un serf émancipé et qui rêve d´écrire, s´éprend de Fédor Dostoïevski. S´ensuit une passion charnelle et orageuse. L´écrivain est marié et Apollinaria part seule pour Paris.  Mais n´étreint-on pas toujours ceux qui nous échappent ?  Des cafés de la bohème parisienne aux villes d´eau allemandes, voici le roman aussi envoûtant que méconnu de celle qui inspira les plus grandes héroïnes de Dostoïevski, et qui dessine le portrait intime et ambigu de l´auteur de Crime et châtiment.

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