Langue française

  • « Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après. »Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts...Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l'abomination érigée en vertu.Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

  • Le quatrième mur

    Sorj Chalandon

    • Grasset
    • 21 Août 2013

    L´idée de Sam était folle. Georges l´a suivie.Réfugié grec, metteur en scène, juif en secret, Sam rêvait de monter l´Antigone d´Anouilh sur un champ de bataille au Liban.1976. Dans ce pays, des hommes en massacraient d´autres. Georges a décidé que le pays du cèdre serait son théâtre. Il a fait le voyage. Contacté les milices, les combattants, tous ceux qui s´affrontaient. Son idée ? Jouer Anouilh sur la ligne de front. Créon serait chrétien. Antigone serait palestinienne. Hémon serait Druze. Les Chiites seraient là aussi, et les Chaldéens, et les Arméniens. Il ne demandait à tous qu´une heure de répit, une seule. Ce ne serait pas la paix, juste un instant de grâce. Un accroc dans la guerre. Un éclat de poésie et de fusils baissés. Tous ont accepté. C´était impensable.Et puis Sam est tombé malade. Sur son lit d´agonie, il a fait jurer à Georges de prendre sa suite, d´aller à Beyrouth, de rassembler les acteurs un à un, de les arracher au front et de jouer cette unique représentation.Georges a juré à Sam, son ami, son frère.Il avait fait du théâtre de rue, il allait faire du théâtre de ruines. C´était bouleversant, exaltant, immense, mortel, la guerre. La guerre lui a sauté à la gorge.L´idée de Sam était folle. Et Georges l´a suivie.

  • Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fée. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d´une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui tendre la main. Emu par leur situation, un homme généreux les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. La chance serait-elle enfin en train de tourner pour Julie ?Agnès Ledig, auteur de Marie d´en haut, Coup de coeur du grand prix des lectrices de Femme Actuelle, possède un talent singulier : celui de mêler aux épisodes les plus dramatiques de l´existence optimisme, humour et tendresse. Dans ce roman où l´émotion est présente à chaque page, elle nous fait passer avec une énergie communicative des larmes au rire, elle nous réconcilie avec la vie.Juste avant le bonheur fait partie de ces (trop) rares livres qu´on a envie de rouvrir à peine refermés, tout simplement parce qu´ils font du bien !

  • Faillir être flingué de Céline Minard Éditions Rivages Un souffle parcourt les prairies du Far West, aux abords d´une ville naissante vers laquelle toutes les pistes convergent. C´est celui d´Eau-qui-court-sur-la plaine, une Indienne dont le clan a été décimé, et qui, depuis, exerce ses talents de guérisseuse au gré de ses déplacements. Elle rencontrera les frères McPherson, Jeff et Brad, traversant les grands espaces avec leur vieille mère mourante dans un chariot brinquebalant tiré par deux boeufs opiniâtres ; Xiao Niù, qui comprend le chant du coyote ; Gifford à demi enterré dans un nid de poussière ; Elie poursuivi par Bird Boisverd ; Arcadia Craig, la contrebassiste, qui s´est fait voler son archet par la bande de Quibble. Et tant d´autres dont les destins singuliers se dévident en une fresque sauvage où le mythe de l´Ouest américain, revisité avec audace et brio, s´offre comme un espace de partage encore poreux, ouvert à tous les trafics, à tous les transits, à toutes les itinérances. Car ce western des origines, véritable épopée fondatrice, tantôt lyrique, dramatique ou burlesque, est d´abord une vibrante célébration des frontières mouvantes de l´imaginaire. Céline Minard est l'auteur de plusieurs romans, dont Le Dernier Monde (2007), Bastard Battle (2008), et So long, Luise (2011). Elle est considérée aujourd´hui comme l´une des voix les plus originales de la littérature contemporaine.

  • À 90 ans, Octave anticipe. Il organise le découpage de ses jours et de ses nuits en quatre temps, confiés à quatre «accompagnateurs» choisis avec soin. Chacun est porteur d'un élan de vie aussi fort que le sien, et pourtant retenu par des blessures anciennes. C'est l'histoire de ces cinq vies qui se croisent, se confient et se mêlent, irrésistiblement attirées par la maison d'Octave Lassalle et le secret qu'elle renferme.

  • Avril 2001. Dans la cave d'une ferme miteuse, au creux d'une vallée isolée couverte d'une forêt noire et dense, un homme est enchaîné. Il s'appelle Théo, il a quarante ans, il a été capturé par deux vieillards qui veulent faire de lui leur esclave.
    Comment Théo a-t-il basculé dans cet univers au bord de la démence ? Il n'a pourtant rien d'une proie facile : athlétique et brutal, il sortait de prison quand ces deux vieux fous l'ont piégé au fond des bois. Les ennuis, il en a vu d'autres. Alors, allongé contre les pierres suintantes de la cave, battu, privé d'eau et de nourriture, il refuse de croire à ce cauchemar. Il a résisté à la prison, il se jure d'échapper à ses geôliers.
    Mais qui pourrait sortir de ce huis clos sauvage d'où toute humanité a disparu ?

  • Sombre dimanche

    Alice Zeniter

    Les Mandy habitent de génération en génération la même maison en bois posée au bord des rails près de la gare Nyugati à Budapest. Le jeune Imre grandit dans un univers mélancolique de non-dits et de secrets où Staline est toujours tenu pour responsable des malheurs de la famille. Même après l´effondrement de l´URSS, qui fait entrer dans la vie d´Imre les sex shops, une jeune Allemande et une certaine idée de l´Ouest et d´un bonheur qui n´est pas pour lui.
    Roman à la poétique singulière, tout en dégradés de lumière et de nostalgie, Sombre dimanche confirme le talent d´Alice Zeniter, révélée par Jusque dans nos bras.

  • Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. Il se trouve que lhomme est noir. « Cest quoi, un Noir ? Et dabord, cest de quelle couleur ? » La question que pose Jean Genet dans Les Nègres, cette femme va y être confrontée comme par surprise. Et cest quoi, lAfrique ? Elle essaie de se renseigner. Elle lit, elle pose des questions. Cest la Solange du précédent roman de Marie Darrieussecq, Clèves, elle a fait du chemin depuis son village natal, dans sa « tribu » à elle, où tout le monde était blanc.

    Lhomme quelle aime est habité par une grande idée : il veut tourner un film adapté dAu cur des ténèbres de Conrad, sur place, au Congo. Solange va le suivre dans cette aventure, jusquau bout du monde : à la frontière du Cameroun et de la Guinée Équatoriale, au bord du fleuve Ntem, dans une sorte de « je ntem moi non plus ».

    Tous les romans de Marie Darrieussecq travaillent les stéréotypes : ce quon attend dune femme, par exemple ou les phrases toutes faites autour du deuil, de la maternité, de la virginité... Dans Il faut beaucoup aimer les hommes cet homme noir et cette femme blanche se débattent dans lavalanche de clichés qui entoure les couples quon dit « mixtes ». Le roman se passe aussi dans les milieux du cinéma, et sur les lieux dun tournage chaotique, peut-être parce quon demande à un homme noir de jouer un certain rôle : dêtre noir. Et on demande à une femme de se comporter de telle ou telle façon : dêtre une femme.

  • Kim, la narratrice, grandit dans le sud de la France, au bord de la mer ? qu'on voit danser de temps en temps dans ce roman. Elle est entourée d'adultes immatures, cruels et déraisonnables : affligée d'un bec-de-lièvre, sa mère se lance sur le tard dans une carrière de stripteaseuse ; son père, qui a tatoué ses cinq enfants d'une étoile bleue sur l'occiput, brille par sa faiblesse et son insignifiance ; son grand-père est un insupportable fanfaron, et sa grand-mère sombre peu à peu dans la folie avant de regagner l'Algérie fantasmatique de son enfance.
    Heureusement, pour l'aider à survivre à une enfance calamiteuse, Kim a l'amour inconditionnel de ses petits frères, la gymnastique rythmique, la lecture de Baudelaire, et ses nuits fauves avec son prince ardent. Sans compter qu'elle ne va pas tarder à rencontrer sa sorcière bien-aimée en la personne d'une sage-femme à la retraite ? à moins qu'il ne s'agisse d'une vieille pute sur le retour ? En fait de retour, on assiste aussi à celui de Charonne (déjà présente dans Hymen et surtout dans Une fille du feu) qui fait basculer (in extremis) cette histoire du côté de la beauté et de l'énergie vitale.

    Comme les précédents livres d'Emmanuelle Bayamack-Tam, celui-ci se propose d'illustrer quelques unes des lois ineptes de l'existence. Le titre est emprunté aux Métamorphoses d'Ovide : comme Philomèle, Kim survit aux outrages, mais contrairement à elle, on ne lui a pas coupé la langue, ce qui fait qu'elle raconte, dans une langue qu'Emmanuelle Bayamack-Tam a voulue à la fois triviale et sophistiquée, comment l'esprit vient aux filles. Or, on sait depuis longtemps qu'il leur vient par les chemins à la fois balisés et inextricables du désir charnel. Pour Kim, il empruntera aussi ceux de la poésie du XIXe, ce qui fait que Si tout n'a pas péri avec mon innocence se veut aussi récit d'une vocation d'écrivain.

  • C'est au fin fond de la contrée d'Atôra, au nord-est de l'île de Honshu, que Matabei se retire pour échapper à la fureur du monde. Dans cet endroit perdu entre montagnes et Pacifique, se cache la paisible pension de Dame Hison dont Matabei apprend à connaître les habitués, tous personnages singuliers et fantasques.
    Attenant à l'auberge, avec en surplomb la forêt de bambous et le lac Duji, se déploie un jardin hors du temps. Insensiblement, Matabei s'attache au vieux jardinier et découvre en lui un extraordinaire peintre d'éventail et un subtil haïkiste. Il devient peu à peu le disciple dévoué de maître Osaki.
    Fabuleux labyrinthe aux perspectives trompeuses, le jardin de maître Osaki est aussi le cadre de déchirements et de passions, bien loin de la voie du Zen, en attendant d'autres bouleversements...
    Avec le Peintre d'éventail, Hubert Haddad nous offre un roman d'initiation inoubliable, époustouflant de maîtrise et de grâce. Sublime Japon !
    Pour prolonger la lecture du roman, comme une oeuvre dans l'oeuvre, un jardin dans le jardin, retrouvez les Haïkus du peintre d'éventail, du même auteur.
    Tout à la fois poète, romancier, historien d'art, dramaturge et essayiste, Hubert Haddad, né à Tunis en 1947, est l'auteur d'une oeuvre vaste et diverse, d'une forte unité d'inspiration, portée par une attention de tous les instants aux ressources prodigieuses de l'imaginaire. Depuis Un rêve de glace, jusqu'aux interventions borgésiennes de l'Univers, premier roman-dictionnaire, et l'onirisme échevelé de Géométrie d'un rêve ou les rivières d'histoires de ses Nouvelles du jour et de la nuit, Hubert Haddad nous implique magnifiquement dans son engagement d'artiste et d'homme libre.

  • La saison de l'ombre

    Léonora Miano

    • Grasset
    • 28 Août 2013

    « Si leurs fils ne sont jamais retrouvés, si le ngambi ne révèle pas ce qui leur est arrivé, on ne racontera pas le chagrin de ces mères. La communauté oubliera les dix jeunes initiés, les deux hommes d'âge mûr, évaporés dans l'air au cours du grand incendie. Du feu lui-même, on ne dira plus rien. Qui goûte le souvenir des défaites ? »Nous sommes en Afrique sub-saharienne, quelque part à l'intérieur des terres, dans le clan Mulungo. Les fils aînés ont disparu, leurs mères sont regroupées à l'écart. Quel malheur vient de s'abattre sur le village ? Où sont les garçons ? Au cours d'une quête initiatique et périlleuse, les émissaire du clan, le chef Mukano, et trois mères courageuses, vont comprendre que leurs voisins, les BWele, les ont capturés et vendus aux étrangers venus du Nord par les eaux.Dans ce roman puissant, Léonora Miano revient sur la traite négrière pour faire entendre la voix de celles et ceux à qui elle a volé un être cher. L'histoire de l'Afrique sub-saharienne s'y drape dans une prose magnifique et mystérieuse, imprégnée du mysticisme, de croyances, et de « l'obligation d'inventer pour survivre. »

  • Pour chaque " entrée ", les auteurs ont également pris le parti de ne pas revenir sur les aspects classiques du proustisme (il existe de nombreux dictionnaires qui s'acquittent déjà, et admirablement, de cette mission), mais de pointer des bizarreries, des " angles ", des " curiosa " inédites : de " A " comme Agonie, à " Z " comme " Zinedine de Guermantes ", de " Datura " à " Rhinogoménol ", de " Kabbale " à " Asperge ", de " Plotin " à " Schopenhauer " ou " Walter Benjamin ", ils se sont ainsi amusés à parler du Proust qu'ils vénèrent depuis toujours, de sa biographie autant que de son génie d'écrivain, veillant chaque fois à apporter de la " valeur ajoutée " à leur texte. Les proustiens de coeur y trouveront leur compte, ainsi que les proustologues de tête. De nombreux extraits de correspondance et de l'oeuvre elle-même sont reproduits dans ce " D.A " volontairement facétieux, érudit et, espérons-le, aussi savant que divertissant.

  • "A douze ans, je perds toute ma famille en quelques semaines. Mon grand frère, parti seul à pied vers notre maison de Phnom Penh. Mon beau-frère médecin, exécuté au bord de la route. Mon père, qui décide de ne plus s'alimenter. Ma mère, qui s'allonge à l'hôpital de Mong, dans le lit où vient de mourir une de ses filles. Mes nièces et mes neveux. Tous emportés par la cruauté et la folie khmère rouge. J'étais sans famille. J'étais sans nom. J'étais sans visage. Ainsi je suis resté vivant, car je n'étais plus rien."Trente ans après la fin du régime de Pol Pot, qui fit 1.7 millions de morts, l'enfant est devenu un cinéaste réputé. Il décide de questionner un des grands responsables de ce génocide : Duch, qui n'est ni un homme banal ni un démon, mais un organisateur éduqué, un bourreau qui parle, oublie, ment, explique, travaille sa légende.L'élimination est le récit de cette confrontation hors du commun. Un grand livre sur notre histoire, sur la question du mal, dans la lignée de Si c'est un homme de Primo Levi, et de La nuit d'Elie Wiesel.

  • Les apparences

    Gillian Flynn

    • Audiolib
    • 13 Février 2013

    Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Nick, propriétaire d'un bar, forment, selon toutes apparences, un couple parfait. Ils coulent des jours paisibles dans la petite ville des bords du Mississipi où Nick a grandi.
    Jusqu'au jour où Charlie, en rentrant du travail, découvre dans leur maison un chaos indescriptible...
    Et aucune trace de sa femme.
    Quelque chose de grave est arrivé. Après qu'il a appelé les forces de l'ordre pour signaler la disparition d'Amy, la situation prend une tournure inattendue.
    Si leur mariage n'était pas aussi parfait qu'il le paraissait, Nick est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple n'était qu'une illusion.
    Odile Cohen et Julien Chatelet modulent avec subtilité le passage de la banalité du quotidien aux plus angoissantes découvertes.
    Durée : 18 h

  • L'hiver des hommes

    Lionel Duroy

    Pourquoi la fille du général Mladic, commandant en chef des forces serbes durant le siège de Sarajevo, accusé de génocide, s´est-elle tirée une balle dans la tête avec le revolver préféré de son père ? C´est pour tenter de répondre à cette question que Marc, écrivain, passionné depuis toujours par le destin des enfants de criminels de guerre, s´envole pour Belgrade en novembre 2010 alors que rien ne va plus dans sa propre vie. À Belgrade, il est amené par d´étonnants hasards, ou malentendus, à rencontrer quelques-uns des plus proches lieutenants du général Mladic, des hommes pour la plupart recherchés pour crimes de guerre. Ce sont eux qui l´encouragent à partir pour la petite République serbe de Bosnie où, disent-ils, il rencontrera le véritable peuple serbe, celui qui a gagné la guerre et continue de se battre aujourd´hui contre les Musulmans.



    Arrivéà Pale, la capitale historique des Serbes de Bosnie, un ancien village de montagne devenu une ville de trente mille habitants prise sous un mètre de neige, Marc découvre une population emmurée dans le désespoir, abandonnée de tous, mais cependant persuadée d´avoir mené une guerre juste. Les ex-officiers ne nient pas avoir commis les crimes les plus épouvantables contre leurs anciens voisins musulmans et croates, mais ils estiment avoir agi en état de légitime défense et avoir été trahis par leurs anciens alliés français. Pour se justifier, ils font à Marc le récit de leur guerre, ne cachant rien des atrocités qu´ils ont commises, ou qu´ils ont subies. Marc ne les juge pas - des jours et des nuits durant il les écoute. Ce sont pour la plupart des hommes attachants, exceptionnels parfois, qui luttent aujourd´hui contre leur propre conscience, contre leurs cauchemars aussi, enfermés dans une prison dont ils sont les geôliers. L´écrivain éprouve à leur endroit une curieuse empathie, comme si cet enfer dans lequel ils se sont enfermés faisait écho à son propre désarroi.
    « Nous croyons qu´à rompre avec la source du mal nous allons pouvoir inventer notre propre vie et apporter le bonheur à nos enfants », écrit-il, « alors que nous sommes faits de ce mal et qu´ainsi il continue de nous habiter et de nous ronger quoi que nous décidions, et quel que soit l´endroit du monde où nous allions nous réfugier. » Ce que vivent ces hommes est finalement pour Marc l´écho le plus exacerbé, le plus terrifiant, de ce que nous sommes nombreux à vivre chacun silencieusement au fil de notre propre destin.

  • L'invisible

    Clément Rosset

    Réflexions sur la faculté humaine de voir ce qui est invisible, d'entendre ce qui est inaudible, et de réaliser cet exploit, apparemment contradictoire, qui consiste à ne penser à rien.

  • Je crains que tout cela n'ait rien à voir avec moi décortique un chagrin d´amour, selon une méthode relevant de la fantaisie, de la poésie et de la science. Il se présente comme un traité académique, dont l´auteur serait à la fois le sujet et l´objet (dispositif qui révèle ses limites, ne nous le cachons pas). Alternant observations cliniques et textes lyriques, photos et correspondance, ce roman-collage est à la fois une enquête de police (les objets du quotidien sont présentés comme de pièces à conviction) et une fiction, drôle, folle, déchirante. C´est aussi le témoignage d´une obsession, le récit d´un gouffre qui se dévoile. Doucement une réalité archaïque affleure, et l´auteur glisse, comme malgré elle, vers une autre blessure pour remonter doucement vers les racines du mal. Que nous transmettent nos parents ? Leurs chagrins s´impriment-ils dans nos cellules comme une mémoire fatale ? Sommes-nous voués à revivre, encore et encore, des émotions encodées dans une région fossile de notre cerveau ? Un texte aussi gracieux que bouleversant qui inaugure peut-être un nouveau genre romanesque.

  • Saint-Malo, 1922. Sous la brume de guerre qui recouvre l'Europe depuis la fin de la Grande Guerre, Judicaël, seize ans, tente de gagner sa vie en vendant des illustrés. Mais, pour survivre et subvenir aux besoins de son grand-père, il lui arrive de franchir légèrement les bornes de la légalité. Jusqu'au jour où il rencontre la belle Mädchen. Et lorsque celle-ci disparaîtra, Judicaël fera tout pour la retrouver, en espérant qu'elle n'ait pas croisé la route d'un énigmatique tueur d'enfants surnommé le Rémouleur.

    Thomas Day livre avec Du sel sous les paupières une fresque mêlant uchronie, steampunk et fantasy mythologique. Une bouleversante histoire d'amour et d'amitié, un conte de fées qui nous entraîne des remparts de Saint-Malo à la mythique forêt de Killarney, en passant par Cork et Guernesey.

  • Le sang de la trahison

    Hervé Jourdain

    • Fayard
    • 13 Novembre 2013

    "Tueurs en série de génération en génération, ça reste une drôle de vocation ! Mais toujours au service de l'État. Fallait pas toucher à l'honneur de mes ancêtres...J'aime voir les flics s'agiter à cause de moi, voir leurs gyrophares bleuter les façades du Palais de Justice. Qui éliminera les traîtres à sa mémoire ?" Ces menaces hantent dramatiquement le "36", au moment où une jeune policière rejoint les "seigneurs" de la Crim', au risque d'assumer une filiation singulière et de se trouver confrontée à une hécatombe dans les rangs du monde judiciaire.

  • Naissance

    Yann Moix

    • Grasset
    • 28 Août 2013

    La naissance ne saurait être biologique : on choisit toujours ses parents. Naître, c'est semer ses géniteurs. Non pas tuer le père, mais tuer en nous le fils. Laisser son sang derrière, s'affranchir de ses gènes. Chercher, trouver d'autres parents : spirituels. Ce qui compte, ce n'est pas la mise au monde, mais la mise en monde. Naître biologiquement, c'est à la portée du premier chiot venu, des grenouilles, des mulots, des huîtres. Naître spirituellement, naître à soi-même, se déspermatozoïder, c'est à la portée de ceux-là seuls qui préfèrent les orphelins aux fils de famille, les adoptés aux programmés, les fugueurs aux successeurs, les déviances aux descendances. Toute naissance est devant soi. C'est la mort qui est derrière. Les parents nous ont donné la vie ? A nous de la leur reprendre. Le plus tôt possible.

  • Bienvenue dans la bibliothèque loufoque de Pierre Gould. Le dandy provocateur des Contes carnivores est de retour dans ce recueil de nouvelles aux allures fantastiques. Sur ses étagères, on trouve des livres qui ont sauvé des vies, tué leur possesseur ou bien continuent de s'écrire après la mort de leur auteur. Le tout forme une collection unique au monde, et un hommage grandeur nature à la folie littéraire sous toutes ses formes.

  • Venu à Bruxelles pour acheter au meilleur prix du blé européen dont son pays a grand besoin, ce jeune fonctionnaire marocain se retrouve fort démuni quand des malhonnêtes volent dans sa chambre d´hôtel son unique pantalon. Que faire ? Où acheter, à l´aube de cette rencontre décisive, un pantalon décent ? C´est parce qu´il se présentera devant la Commission européenne, sanglé dans une défroque qui ferait honte à un clown, qu´il réussira sa mission. La métaphore est saisissante. Nous vivons une époque déraisonnable où l´image mal interprétée des choses prend immanquablement le pas sur l´implacable réalité qui nous conditionne et que personne ne veut voir.

    Avec cet humour décapant qui est le sien, Fouad Laroui brode sur ce thème et met en scène des personnages et des situations étonnantes. L´histoire de ce malheureux garçon qui, voulant se faire délivrer un passeport, s´aperçoit que le village où il a passé son enfance n´existe pas aux yeux de l´administration et que, du même coup, n´étant jamais né, il n´existe pas... Ou comment un édile marocain n´ayant pas réussi à construire dans son village la piscine qu´il avait promise à ses concitoyens en vient à créer le concept de « natation sèche »...

  • Le 1er mai 1990, Jean-Louis Gouraud quitte la région parisienne avec deux chevaux et entame un voyage qui va l'amener jusqu'à la Moscou soviétique après avoir parcouru 3333 kilomètres en 75 jours. Récit d'un exploit équestre, réflexion sur le temps et l'espace et portrait d'un empire où en chaque homme sommeille un cosaque.

  • NOUVELLES INÉDITESPluies sombres, de Thierry DI ROLLOLa Petite déesse, de Ian McDONALDRUBRIQUES ET MAGAZINEObjectif Runes : les bouquins, critiques & dossiersLe coin des revues, par Thomas DayA la chandelle de maître Doc'Stolze : du mordbide américain et du mystique nippon, par Pierre StolzeParoles de Libraire : Omerveilles ouvre son coffre par Hervé Le RouxPetite conversation avec Sébastien Doubinsky, par Xavier MauméjeanAU TRAVERS DU PRISME : IAN McDONALDIan McDonald : le nouvel ordre mondial de la SF, par Thomas DayA la source du Fleuve des dieux, par Patrice LajoyeFuturoscopie : cartographie critique de l'oeuvre de Ian McDonaldBibliographie de Ian McDonald, par Alains SprauelSCIENTIFICTIONA quoi sert le boson de Higgs ? par Roland LehoucqINFODÉFONCE ET VRACANEWSParoles de Nornes : pour quelques news de plus, par Org

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