• Peut-on prévoir ou prédire le développement de l'enfant ? En choisissant de parler de « destins » ou d'« avenirs » d'enfance, Bernard Golse s'oppose très clairement à cette assertion dont il dénonce les nombreuses dérives, scientifiques, épistémologiques, éthiques et politiques.

    Le développement de l'enfant et ses destins se jouent à l'entrecroisement de la part personnelle de l'enfant (déterminants internes) et de l'influence de son environnement (déterminants externes) : c'est tout l'enjeu éthique de la qualité des soins précoces qui lui sont apportés. Ainsi la place, le rôle et les fonctions de ceux qui prennent soin du bébé et de l'enfant par leur présence, leur attention, leurs gestes, et finalement leur travail psychique, sont essentiels dans le développement.

    Dans cette nouvelle édition actualisée, il a souhaité privilégier trois domaines où la question des liens primitifs se trouve posée - le développement précoce, l'autisme et les troubles qui s'y rattachent, l'adoption enfin - pour réaffirmer que l'avenir de nos positions infantiles demeure indéfiniment ouvert, ménageant un espace de liberté pour la prévention, aux antipodes de la prédiction.

  • Lire l'entretien de l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    La psychanalyse peut-elle se transposer sur un divan chinois ? La formation psychanalytique qui suppose un temps long et de la disponibilité est-elle accessible à des personnes prises dans la rapidité du XXIe siècle et celle de la transformation de la société chinoise ? Comment transmettre ce qui fait l'essence de la psychanalyse, produire du sujet divisé, dans un contexte totalement différent ordonné par une « pensée » de l'harmonie ?

    De 2003 à 2016, Pascale Hassoun conduit à Chengdu (Sichuan) des séminaires,  supervisions, entretiens, afin de former des psychanalystes chinois et contribuer ainsi à l'émergence de la psychanalyse en Chine.

    Le récit de son expérience de femme psychanalyste, engagée dans un pays qu'elle ne connaît pas, fait acte de transmission.  L'auteur rend compte de situations cliniques concrètes où l'on croise les questions de la famille, l'enfant unique, la piété filiale, la femme, et de réflexions sur la pratique des psychanalystes. Elle propose une clinique psychanalytique que ses interlocuteurs chinois adaptent à leur culture et à leur vision du monde. A travers des rencontres humaines singulières, ce livre offre un cheminement inédit et personnel vers « l'autre » chinois.

  • Ce livre est le fruit d'une rencontre entre un psychanalyste concerné par l'évolution de la société et les accueillants de la structure Dolto, « Le Jardin Couvert », qui fonctionne à Lyon depuis plus de trente ans dans l'esprit de la psychanalyse.

     

    L'enfant vient au Jardin Couvert avec son père, sa mère ou tout autre adulte proche pour rencontrer les autres et apprendre à vivre avec eux dans la sécurité d'une présence familière. Parfois, les familles, préoccupées par des difficultés minimes ou plus sérieuses, viennent y chercher des repères, un éclairage neuf, une direction à inventer. Elles sont assurées d'être entendues dans leur singularité. La demande d'aide, de conseils peut constituer un évitement à s'engager dans ce que, comme parents, ils savent déjà. Les accueillants s'attachent à leur faire découvrir qu'ils ont en eux les possibilités de trouver des solutions adéquates et de s'occuper d'une façon juste de leur enfant.

    Des moments vécus au Jardin Couvert constituent la matière de ce livre. Ils font entendre combien pour grandir, il est important que enfants, parents et accueillants se laissent guider par la parole et par ce que parler implique.

    Dans sa postface « OEdipe empêché », Jean-Pierre Lebrun rend compte conceptuellement, mais de manière accessible à tous, du quotidien au Jardin Couvert, à savoir les effets actuels du néolibéralisme qui modifie en profondeur les liens sociaux et par conséquent les rapports parents-enfants.

  • Une psychanalyste de terrain nous conte son expérience (dans des conditions excessivement dangereuses) avec des patients (enfants, adolescents et adultes) ayant vécu ainsi que leur famille parfois sur plusieurs générations des violences sociales extrêmes. Elle met sa clinique singulière au service des cures dites classiques : réflexion sur l'écoute, le cadre et le type d'intervention.

    Cet essai psychanalytique qui nous emmène au Liban déchiré par la guerre - mais cela pourrait être en Syrie, en Afghanistan, ou dans tout autre pays dont nous accueillons les réfugiés - part à la recherche du fil rouge qui mène au cri muet des enfants polytraumatisés par les violences sociales. À la manière des matriochkas, un chapelet d'énigmes et de rébus, emboîtés les uns dans les autres, nous permet de suivre le cri muet de l'épicentre du traumatisme dans une trajectoire qui transperce les générations. Cette expérience professionnelle atypique déclenche deux questionnements majeurs : Comment entendre la parole ? Comment travailler en tant que psychanalyste en dehors du cadre d'une cure type ? Comment travailler également avec ce qui n'est pas mentionné verbalement en séance ?

  • Pour aider un enfant autiste à se développer au milieu des autres, il est essentiel que parents et professionnels mettent en commun leurs réflexions, observations et objectifs. Ils doivent apprendre à se comprendre, à déjouer les quiproquos dus au jargon technique et à échanger sur les situations vécues avec leur enfant.

    Avec cet ouvrage, fruit d'une vie consacrée à l'autisme, Marie Dominique Amy s'adresse aux familles et à tous ceux qui essaient de ne pas se perdre dans le labyrinthe de l'autisme ou dans le mirage de certitudes infondées. Elle propose un véritable manuel de survie en milieu professionnel à destination des parents des enfants autistes.

  • De la destruction de l'objet à l'exaltation dans la haine, dix-sept psychanalystes explorent cette problématique en parcourant la riche clinique du bébé et de l'adolescent. 

    Confrontés à la destructivité des uns, à l'exaltation des autres, à l'association des deux chez de nombreux sujets, ils s'interrogent en effet, individuellement ou en groupe, sur leur capacité d'empathie ainsi que sur leurs contre-attitudes ou leurs contre-transferts. Comment « faire face » aux phobies d'impulsion en périnatalité ou à la destructivité et à la radicalité meurtrière de l'adolescent ? De Prométhée à Frankenstein en passant par Francis Bacon, la culture nous éclaire-t-elle ? La destructivité surgirait-elle lorsque l'exaltation devient trop forte ? Quelles formes prend la destructivité dans la rencontre psychanalytique ? Telles sont quelques-unes des questions que les auteurs abordent en mobilisant leur sublimation personnelle et culturelle.

  • La parole oubliée

    Karima Lazali

    Cet ouvrage explore les différentes modalités d'un nouage, entre corps, parole et inconscient, dans la cure analytique mais aussi dans le champ social.

    Une même question insiste tout au long de l'ouvrage : comment et surtout à quelles conditions opère une cure analytique ? En d'autres termes, qu'est-ce que parler pour la psychanalyse (et en psychanalyse) et par quels tours et détours dans le trajet du parlant se produit la transmission du savoir inconscient vers le réel du corps ? Et, partant de là, comment penser le potentiel politique de la parole et ses effets au un par un et dans le lieu social ? Pour y répondre, l'auteur visite l'envers de ce décor, à savoir les lieux de panne de la parole qui ouvrent à différentes formes de ravages, meurtres et autres destructions à l'échelle du psychisme singulier et du collectif.

  • L'expression « Entretiens préliminaires » peut induire en erreur. La qualification de « préliminaire » pourrait signifier qu'il s'agit d'une préparation à une autre chose considérée comme plus importante. Il n'en est rien. Au contraire, nous avons là le marchepied qui permet de pénétrer dans la cure analytique. C'est souvent l'échec ou le succès de ce premier temps qui va conditionner l'entrée dans le discours analytique.

    À quel moment peut-on se dispenser de la position de face à face pour passer sur le divan ? Quelles sont les conditions de ce passage du langage commun à la situation analytique, où ce n'est plus à l'alter ego que l'on s'adresse mais à un lieu Autre qui peut devenir constituant ?

    Les auteurs, psychanalystes confirmés, apportent leurs témoignages et leurs élaborations sur ce premier temps délicat où se décident les indications et les contre-indications à la psychanalyse. Ils montrent en quoi ces entretiens, qui se différencient des entretiens médicaux, des psychothérapies, des approches psychologiques, constituent une introduction à la logique de l'inconscient.

  • Ancien chef de clinique, responsable de l'unité de biopsychopathologie de l'enfant de l'hôpital Sainte-Anne à Paris et psychanalyste, Jean Bergès, à travers son parcours original, n'a cessé de questionner la place du corps dans la clinique. Dans la tradition francophone qui, avec Piaget, Wallon, Ajuriaguerra, Lézine, s'est intéressée au développement de l'enfant, ses travaux apportent un éclairage utile aussi bien à la neurologie et à la pédopsychiatrie qu'à la psychomotricité, l'orthophonie, la pédagogie et la psychanalyse. Ils s'inscrivent dans le débat actuel ouvert par les neurosciences.

    Cette nouvelle édition enrichie de quelques textes constitue une véritable somme théorique et clinique pour penser le corps de l'enfant, ses symptômes, dans son environnement familial et social, et dans ses articulations entre l'organique, le signifiant et le désir. Au fil des textes, sont finement interrogés l'érotisation de l'activité motrice et ses éventuels débordements, déjà chez le nouveau-né, ou dans l'hyperkinésie et la dyspraxie ; le corps engagé dans la parole et pris dans les lois du langage ; la difficile question des apprentissages comme le « forçage corporel » de la lecture, de l'écriture et du jeu de la lettre dans les embarras du savoir sexuel vis-à-vis de la connaissance ; en somme, ce que Jean Bergès appelle la « compétence du corps à soutenir du signifiant ».

  • Cet ouvrage a pour ambition d'apporter sa contribution aux débats actuels autour de la pertinence des différentes modalités de prise en charge des troubles du spectre autistique. Dans le contexte actuel polémique et fortement médiatisé, ce livre apporte un éclairage sur les différents enjeux, divergences et convergences entre les formations d'origine de nos équipes pédopsychiatriques et médico-sociales sur le terrain, qui se réfèrent essentiellement à l'enseignement psychanalytique, et les nouvelles approches issues d'autres champs de la connaissance. Ce livre s'adresse aussi aux parents, actuellement très informés, mais pas toujours avec l'indépendance, la rigueur et la clarté que requiert un sujet aussi grave que le devenir de leur enfant.

  • Dans le contexte politique actuel, qui dénie au psychisme toute participation aux difficultés autistiques, les auteurs réunis par la CIPPA rendent compte de leur pratique clinique, institutionnelle et de leurs recherches auprès d'enfants autistes et de leur famille. Cet ouvrage ne cherche pas à être exclusivement une « défense et illustration de la psychanalyse ». Au contraire, il se situe constamment dans une perspective d'ouverture et de jonction avec les disciplines cognitives et les recherches scientifiques qui sont à y associer. À l'orée des restrictions théorico-cliniques mises en perspective par le 3e plan autisme (2013/2017), il défend la richesse des complémentarités et des atouts que proposent, dans le respect d'un cadre consensuel, l'imagination, la créativité, le plaisir partagé et les vertus essentielles d'une observation fine et continue. S'inscrivant dans un partenariat constant avec les parents, il se désolidarise complètement d'une psychanalyse qui accuse ou met à distance toute articulation avec le milieu familial.

  • Concrètement, qu'est-ce qu'une psychanalyse avec un enfant ? Existe-t-il une différence entre une psychothérapie et une psychanalyse ? Comment organiser les entretiens lorsqu'on doit travailler à la fois avec les parents et un enfant ? De l'enfant à l'adulte, s'agit-il de la même cure analytique ? Existe-t-il un âge limite pour entrer en analyse ? Faut-il dire la « vérité » aux enfants ? Le père doit-il obligatoirement venir en consultation ? Un analyste peut-il donner un conseil ?

    Loin des recettes toutes faites et des solutions clef en main, ce dialogue entre deux praticiens d'expérience différente est en permanence vectorisé par la place de l'inconscient, et donc de l'équivoque dont est porteuse la parole des enfants autant que celle des adultes. Dans un langage accessible à tous, mais avec la rigueur requise, ils répondent aux questions que se posent les parents, comme les professionnels, sur les modalités et les objectifs de la cure aux différents âges, depuis les tout-petits jusqu'aux adolescents.

    Nouvelle édition actualisée de Malaise dans la famille (érès, 2006)

  • Que se passe-t-il dans une séance psychanalytique avec un enfant, avec la famille ? L'auteur développe ses outils de travail que sont les concepts et les modes d'écriture (transcription des séances notamment) pour répondre à cette question. Les concepts sont définis dans leur contexte théorique et appliqués à la pratique dans la séance et dans l'écriture de la séance. Comment les utiliser ? En séance même, leur connaissance donne à la fois les moyens différentiels de situer la (les) structure(s) de l'enfant en jeu (psychotique, névrotique...) et d'en tenir compte dans le maniement du transfert. Les modalités spécifiques de la structuration de l'enfant apparaissent dans l'écriture de la séance qui pointe les accidents du discours comme éléments cliniques et trans-férentiels significatifs.

  • Le monde interne des adultes imprègne les interactions qui vont aider le bébé à organiser progressivement son propre monde interne. Le rythme partagé entre le bébé et l'adulte est simultanément dialogue des corps et des comportements et dialogue des psychés, dialogues mutuels, bien que dissymétriques.

    Ainsi le rythme et l'intersubjectivité constituent les fondations de la subjectivité de l'être humain. Victor Guerra s'attache à le montrer, en présentant notamment une grille de onze indicateurs observables d'intersubjectivité chez les bébés, de la naissance jusqu'à leur un an. Ce tableau, élaboré à partir de son expérience clinique, de recherche et de formation, a une valeur inestimable pour les professionnels qui travaillent en périnatalité.

    Victor Guerra développe deux notions qui lui sont propres - l'objet tuteur et le faux self moteur - et propose une réflexion approfondie du complexe de l'archaïque dans l'abord des pathologies contemporaines et des troubles du spectre autistique.

    L'ouvrage est parsemé et nourri d'observations de bébés, de séquences cliniques auprès d'enfants et de leurs parents dans un dialogue vivant avec des artistes, peintres, poètes, écrivains et danseurs.

  • L'ouvrage rapporte l'expérience pratique et théorique d'une femme clinicienne, accessible à tous ceux, jeunes ou moins jeunes, qui s'interrogent sur les fondements Dans cette lettre adressée aux jeunes cliniciens, quel que soit leur âge, l'auteure raconte ce que représente la clinique contem-poraine à la lumière de l'enseignement dispensé dans les formations. De nombreuses vignettes cliniques sont confrontées à la pensée de la clinique, non sans effet de surprise. L'entreprise est pleine d'humour mais ne cède en rien sur le sérieux des questions contemporaines : mot d'esprit, transfert, psychose, travail de l'inconscient et son invention nécessaire.

  • Ces textes rassemblés pour la première fois montrent l'oeuvre pionnière et trop peu connue de Myriam David (1917-2004), « grande dame » de la pédopsychiatrie française. Son apport constitue le socle de nombreuses pratiques professionnelles dans le champ de l'enfance, du travail social et de la recherche clinique. Ce recueil de textes frappe par le caractère novateur des contributions de Myriam David lorsqu'elles furent publiées et plus encore par leur étonnante actualité aujourd'hui, ce que soulignent, dans chaque domaine exploré, des spécialistes, amis et élèves. à l'heure où beaucoup de pratiques dans le champ du social, de l'enfance et de la petite enfance sont ébranlées, ce regard porté du côté de leurs fondations est salutaire.

  • Les prises en charge institutionnelles actuelles, volontiers séquentielles et multifocales, multiplient, pour les patients comme pour les professionnels, les occasions d'être confrontés au début et à la fin d'une démarche soignante. Cet ouvrage propose une réflexion sur la manière dont sont pensées les modalités d'entrée et de sortie dans les divers dispositifs soignants proposés aujourd'hui en psychiatrie : prise en charge individuelle, groupe, centre de jour, appartement ou communauté thérapeutique, centre de crise ou service hospitalier. Il suscite la question des relations avec les professionnels qui sont au-delà des portes de la psychiatrie, dans les structures sociales notamment.

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