Sciences politiques & Politique

  • Témoignage brut sur l'institution judiciaire et ses rapports avec l'État. Antoine Comte retrace quelques unes des affaires : la défense des opposants en Afrique, des nationalistes basques et des Irlandais de Vincennes..., et met en scène avec une logique implacable la dérive de ceux qui, au pouvoir depuis 1981, ont trahi les idéaux du peuple de gauche.

  • « Apre bal, tanbou lou » : « Après la fête, les tambours sont lourds ». C'est par cette phrase chargée de menace qu'en décembre 1990 l'ambassadeur américain accueillit l'élection en Haïti de Jean-Bertrand Aristide, prêtre et théologien de la libération. Dans ce pays ravagé par des années de dictature et de misère, la voix du peuple obtenait satisfaction pour la première fois. Climat de détente internationale oblige, les États-Unis ont tout d'abord paru soutenir le processus de démocratisation. Mais la réalité, tout au long de ces années de transition difficile, est beaucoup plus complexe. De manière très fouillée et rigoureuse, mais dans un récit vivant et coloré, Pierre Mouterde et Christophe Wargny ont démêlé l'écheveau complexe des doubles jeux : celui de la CIA, des officiels américains et des organismes internationaux, mais aussi des intérêts économiques et du Vatican. Ce décalage entre discours des droits de l'homme et déstabilisation sournoise, sur fond de dénuement et de violence mais aussi d'immenses espérances, est exemplaire de la situation de bien des pays pauvres aujourd'hui.

  • « Son talent ne réside pas dans ses oeuvres mais dans le détachement qu'elles lui inspirent. » Moins il a d'usage, plus on s'y attache. C'est le sort de M. Balladur. Sa popularité célèbre son impuissance. Qu'il échoue à l'Élysée importe peu. Tant qu'on n'aura pas compris pourquoi et comment notre Premier ministre a bluffé une majorité de Français, de la droite à la gauche. Découvrant la solitude du patient qui a résisté à l'anesthésie, Titus retourne le scalpel contre le Mage de Matignon. Faux libéral, faux homme d'État, Édouard met la France en retard. « Un sot sur lequel il n'y pas de prise, c'est une cruche sans anse », disait Chamfort. Jusqu'à quand cette cruche-là aura-t-elle prise sur les Français ? Titus la réduit en morceaux. Avec une effrayante allégresse.

empty