• La télécratie qui règne désormais en France comme dans la plupart des pays industriels ruine la démocratie : elle remplace l'opinion publique par les audiences, court-circuite les appareils politiques et détruit la citoyenneté. La télévision et l'appareil technologique qui la prolonge à travers les réseaux numériques de télécommunication sont en cela devenus le premier enjeu politique. À travers ce que l'on appelle les industries de programmes, c'est la relation politique elle-même qui est devenue un nouveau marché, et ce marketing confine aujourd'hui à la misère politique : au cours de la dernière décennie, l'appareil télécratique a développé un populisme industriel qui engendre à droite comme à gauche une politique pulsionnelle, et qui semble conduire inéluctablement au pire. Ce devenir infernal n'est pourtant pas une fatalité. La philosophie se constitua à son origine même contre la sophistique : celle-ci, par une appropriation abusive de l'écriture, développait une gangrène qui menaçait de guerre civile la cité athénienne. De cette lutte contre les tendances démagogiques de la démocratie grecque résultèrent les formes de savoirs qui caractérisent l'Occident. Prônant un nouveau modèle de civilisation industrielle, cet ouvrage affi rme qu'un sursaut démocratique contre les abus de la télécratie est possible, et appelle l'opinion publique française et européenne à se mobiliser contre la dictature des audiences.

  • Depuis leur création, la radio et la télévision de service public ont connu de nombreux changements consécutifs aux innovations technologiques, aux réorientations politiques ou réglementaires, à l'évolution des conditions économiques et à l'émergence de nouvelles pratiques socioculturelles. Plus récemment, ces médias, à l'instar de l'ensemble des industries médiatiques et culturelles, ont été rudement secoués par la rapide expansion des réseaux numériques et par l'apparition des appareils permettant cette dernière. La « révolution du numérique » entraîne en effet d'énormes défis pour les gens oeuvrant dans toutes les sphères de la production et de la diffusion culturelles et médiatiques, mais aussi pour les usagers des médias. La Canadian Broadcasting Corporation (CBC)/ Société Radio-Canada (SRC), la British Broadcasting Corporation (BBC) et France Télévisions (FTV) bougent devant ces importantes mutations. Elles réagissent, autant que leurs ressources humaines et financières le permettent, en adoptant - sous pression extérieure ou de leur propre initiative - des stratégies pour relever les considérables défis imposés par leur environnement changeant.

    Le présent ouvrage présente et analyse, en fonction de quatre grands thèmes (créativité, accessibilité, coopération et financement), les actions de ces géants médiatiques. Il s'adresse à ceux et celles qui travaillent dans les médias publics et à toutes les personnes qui, plus largement, veulent comprendre l'évolution du service public et le rôle de la culture et des médias en démocratie. La voie vers l'avenir médiatique sera certainement tracée à la fois par les artisans du service public, par les acteurs politiques responsables et par les citoyens qui s'en préoccupent.

    Gaëtan Tremblay est professeur retraité de l'École des médias de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et chercheur au Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l'information et la société (CRICIS).

    Aimé-Jules Bizimana est professeur agrégé au Département des sciences sociales à l'Université du Québec en Outaouais et chercheur régulier au CRICIS.

    Oumar Kane est professeur titulaire au Département de communication sociale et publique de l'UQAM et chercheur au CRICIS.

  • « Je me promène dans la rue, casque audio vissé sur les oreilles; j'écoute une téléconférence préalablement téléchargée en jetant un oeil sur l'écran de mon portable. Je saute dans un bus ; je consulte ma boîte mail et un site de veille qui m'adresse l'actualité professionnelle. Me voilà en salle de réunion. J'allume mon ordinateur portable, et en même temps qu'un exposé se déroule, je garde un oeil sur la progression du travail de l'équipe. Mon attention se partage entre plusieurs temporalités. Et ma journée se poursuit ainsi glissant de connexion en connexion, de groupes présents à groupes distants. » La transformation des rapports sociaux liée à l'impact numérique conduit à une plus grande variété dans les façons d'apprendre et d'enseigner, laissant la place à plus d'apprentissages informels et d'innovation pédagogique. L'ouvrage montre comment les modalités classiques de la formation se transforment et obligent les organisateurs de formation à changer la façon d'imaginer l'apprentissage.

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