• Wild

    Cheryl Strayed

    Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed boucle son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de

  • Pour la première fois, Martin de La Soudière, " ethnologue du dehors " et du temps qu'il fait, se livre à l'introspection. Essai autobiographique sur le paysage, cet ouvrage est un retour aux origines, une entrée sur le terrain pour l'ethnologue féru de géographie... Ce paysage intime a pour cadre la montagne, celle des Pyrénées.
    Sur le mode du récit, Martin de La Soudière dialogue avec ses pères et ses carnets de travail. Son corpus hors du commun rassemble des écrivains, géographes, paysagistes, peintres, botanistes, mais aussi grimpeurs, militaires, cartographes, taupiers, bergers et autres promeneurs. Tous écrivent leur paysage. Franz Schrader, Élisée Reclus ou Vidal de La Blache habitent l'imaginaire de l'auteur, au même titre que les manuels d'escalades du XIXe siècle ou les livres de géographie du jeune élève des années 1950/1960. Entrer en Pyrénées s'opère aussi à différentes échelles, la vue statique et graphique avec son cadre et sa lumière est indissociable de l'expérience de l'escalade, de la promenade en famille ou de l'expédition aventurière entre frères et soeurs. Comme Martin de La Soudière le dit, on entre en paysage avec le pied et avec la main (on empoigne la matière de la roche pour grimper aux sommets). Mais l'écriture du paysage, en plein vent et en cabinet, est aussi une affaire de rituels. L'auteur scrute les gestes de ses poètes de prédilection : Jean-Loup Trassard arpentant son bocage, Julien Gracq au volant de sa deux-chevaux sur les rives de la Loire, André Dhôtel se perdant dans la forêt des Ardennes, jusqu'à Fernando Pessoa le promeneur immobile de Lisbonne. À travers ses " devanciers " comme il les appelle, l'auteur revendique une intimité du paysage féconde pour l'imaginaire et le travail intellectuel.
    Dans cet ouvrage, Martin de La Soudière " franchit " la montagne en quelque sorte : inaugurant son récit par le souvenir de l'arrivée au seuil des Pyrénées quand il était enfant, le père de famille proclamant au volant de sa 15 chevaux " Et voici nos montagnes ", il le termine de l'autre côté du sommet, en Aragon, sur un dialogue avec son frère décédé Vincent, dialogue aux accents d'énigmes sur une vue panoramique. Le récit est accompagné de photos personnelles, d'extraits des carnets de Martin, carnets de son enfance jusqu'à aujourd'hui.

  • Un grand récit d'aventure, où tout est vrai et un un plaidoyer convaincant sur une philosophie qui fait de plus en plus d'adeptes dans le monde : la course minimaliste. Mais pourquoi Christopher McDougall a-t-il mal aux pieds à chaque fois qu'il court ? Pour répondre à cette entêtante question, l'auteur part à la recherche d'une tribu légendaire et d'un mystérieux Caballo Blanco, cachés dans les replis inaccessibles du Copper Canyon au Mexique.
    Sous la menace des narcotrafiquants, au coeur de reliefs vertigineux où se blottissent des villages invisibles, Christopher McDougall va rencontrer les Tarahumaras et découvrir un mode de vie qui révolutionnera le monde de la course à pied.
    Une galerie de portraits de coureurs " plus fous les uns que les autres ".
    Born to run nous embarque dans un tourbillon de rencontres avec des personnages capables de courir 200 kilomètres sous 50 °C dans la vallée de la Mort ou à plus de 4000 mètres sur les montagnes du Colorado.
    En racontant quelques-unes des plus incroyables courses de longue distance de la planète, l'auteur nous plonge dans un univers aux limites de l'endurance humaine.

  • Ce volume nous fait vivre le mythique voyage à Compostelle à travers les témoignages directs des pèlerins, depuis l'origine jusqu'à nos jours. C'est avec l'annonce de la découverte en Galice, au milieu du IXe siècle, du tombeau de l'apôtre Jacques, fils de Zébédée, que commença le " voyage à Compostelle ", faisant de la ville qui s'édifia peu à peu autour du sépulcre apostolique le but de l'un des trois pèlerinages majeurs de la Chrétienté, avec Rome et Jérusalem. Compostelle connut un élan renouvelé et depuis lors ininterrompu lorsque, au cours des années 1070- 1170, la cathédrale se dota d'une énorme basilique, tandis que paraissaient les premiers textes souvent enjolivés qui n'allaient cesser de nourrir l'imaginaire des pèlerins.
    Il faut attendre le milieu du XIVe siècle pour voir apparaître des itinéraires écrits, issus de l'expérience directe de leurs auteurs, anonymes, pour la plupart. Ce sont, d'une époque à l'autre, autant d'évocations originales des villes, paysages et populations traversés, des modes de vie, au sud de la France comme en Pays basque, en Galice et en Castille.
    Cet ouvrage rassemble près de soixante-dix récits de pèlerins originaires de toute l'Europe, venus de France, d'Italie, d'Angleterre, d'Allemagne, de Belgique, depuis le XIe et jusqu'au XXe siècle. Ils sont présentés par ordre chronologique, ce qui permet d'apprécier les variations, à travers le temps, dans les façons de voyager, les motivations des pèlerins, leur perception du chemin parcouru. Cet ensemble offre au lecteur d'aujourd'hui le guide sans doute le plus éclairant pour accomplir son propre voyage, sur les traces de ses devanciers.

  • Juillet 2018. Richard Gaitet, auteur et animateur sur Radio Nova, s'embarque dans une aventure menée tambour battant : 111 kilomètres à pied dans les bottines d'Arthur Rimbaud, de Charleville-Mézières à Charleroi, sur l'itinéraire supposé de sa célèbre fugue d'octobre 1870. Une drôle d'échappée aux rebondissements incessants.
    Des poèmes plein les poings : à 15 ans, Arthur Rimbaud songe à devenir journaliste et plus encore à quitter l'inqualifiable contrée ardennaise, notamment Charleville, supérieurement idiote. Punk avant l'heure, l'élève prodige conspue l'école, l'Église, les bourgeois ou les politiciens, tout en cherchant à fuir l'emprise de sa Mother qui l'étouffe. C'est au cours de sa deuxième fugue, une course énorme à travers les faubourgs et la campagne, qu'il aurait rompu avec la vie ordinaire et écrit ses vers les plus célèbres - dont Le Dormeur du val.
    Dans les bottines de l'incandescent poète adolescent, Richard Gaitet a voulu refaire ce parcours à pied, lors d'une traversée des Ardennes jusqu'en Belgique, d'abord en été au sein d'une escouade de onze vaillants " warriors ", puis seul en hiver avec la tempête Gabriel sur les talons. Une épopée débraillée menée tambour battant - avec, sur la route, des rencontres inoubliables : Patti Smith, Julie la cartomancienne gitane, un coiffeur de myrtilles ou encore l'écrivain Franz Bartelt.

  • Costa Rica, découvrez le pays, de San José aux parc nationaux, avec ce guide de voyage culturel et pratique, contenant des adresses d'hôtels et restaurants, et des circuits.
    S'il est un pays associé aux Guides de voyage Ulysse, c'est bien le Costa Rica, véritable paradis de l'écotourisme! Depuis 1990, avec la parution de son tout premier guide, Ulysse a su faire découvrir et apprécier cette magnifique destination d'Amérique centrale à des milliers de voyageurs. Encore aujourd'hui, le guide Ulysse Costa Rica, maintenant entièrement en couleurs, s'avère la meilleure référence en la matière. Il comprend un portrait géographique, historique et culturel étoffé, une description détaillée de tous les attraits dont les réserves et parcs nationaux (cotés selon un système d'étoiles), une sélection des meilleurs restaurants et hôtels dans toutes les catégories de prix, de nombreuses suggestions d'activités de plein air, un lexique français-espagnol ainsi que qu'une quarantaine de cartes et plans précis vous permettant de créer un itinéraire à votre mesure.

  • Ouest Canadien

    Collectif Ulysse

    • Ulysse
    • 15 Mars 2018

    Guide Ulysse Ouest Canadien, culturel et pratique pour découvrir tous les attraits et trouver les meilleures adresses d'hôtels et restaurants. Avec propositions de circuits et tout sur le plein air.
    Depuis la majestueuse côte Pacifique jusqu'aux vastes Prairies, en passant par les pics escarpés des Rocheuses, l'Ouest canadien inspire et étonne par l'immense beauté et la diversité de ses paysages. Ulysse vous permet avec ce guide sur l'Ouest Canadien de passer du rêve à la réalité. Muni de ce guide abondamment illustré de splendides photos en couleurs, partez à la découverte de ce territoire à la nature grandiose - vous goûterez aux joies des innombrables activités de plein air que le guide propose, vous sillonnerez les pistes et sentiers des magnifiques parcs nationaux et provinciaux qui parsèment l'Ouest canadien, et vous arpenterez les trottoirs de ses villes audacieuses et dynamiques. Ce guide comprend la description de tous les attraits de la Colombie-Britannique, de l'Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba, cotés selon un système d'étoiles; vous y trouverez aussi une section thématique pour vous aider à personnaliser votre séjour. On trouve dans ce guide Ulysse Ouest Canadien les meilleures adresses d'hôtels et de restaurants dans toutes les catégories de prix, tout ce qu'il faut savoir sur les grands parcs et les activités de plein air, et plus de 50 cartes régionales et plans de ville pour vous aider à façonner l'itinéraire qui vous convient.

  • « Il est encore temps de fuir si vous préférez la mer. » Dans ce livre-hymne à la mon¬tagne, à sa montagne, Frison-Roche nous invite à le suivre dans sa randonnée autour du mont Blanc et nous introduit à la familiarité des gens de ses sept vallées.
    Dédié

  • Nouvelle-Angleterre

    Collectif Ulysse

    • Ulysse
    • 9 Novembre 2017

    Nouvelle-Angleterre, les États du nord-est américain, du Maine au Massachussetts, guide de voyage culturel et pratique, contenant des adresses d'hôtels et restaurants, et des circuits.
    Voici le guide le plus complet sur la Nouvelle-Angleterre, cette charmante région des États-Unis où histoire, culture, mer et nature se conjuguent. Vous découvrirez, dans cet ouvrage, les attraits variés du Maine, du Vermont, du New Hampshire, du Massachu

  • L'île-montagne ; la Corse vue du GR20 Nouv.

    Un auteur d'altitude descend vers l'île-montagne, la Corse, sa passion secrète, et suit la ligne rouge et blanche tracée sur son épine dorsale qui dessine le plus beau sentier d'Europe : le GR20 de la mer à la mer.
    Une île, une montagne : double promesse. Trente ans après avoir traversé la Corse hors saison par son sentier vedette, Gilles Modica en reprend les étapes sous un soleil de sirocco. Une aventure sportive de 180 kilomètres entre deux mers. Une itinérance pour retrouver l'énergie du granit et des vents, le bonheur des sources, les bergeries oubliées ou les sangliers dans les jungles d'aulnes.
    Passionné d'histoire et des cimes insulaires, l'auteur remonte le temps et les paradoxes du plus beau sentier d'Europe. Au rythme des crêtes et des rencontres du GR20, son récit convoque l'hiver, les premiers explorateurs de sommets et les motifs de sa fascination.

  • « Il est dans lun et lautre paysages à la fois, là à la même place, sans remuer. Il les sent tous les deux, les sent bien dans son corps tous les deux, tout autour de son corps, aussi loin quil puisse appréhender le monde.

    Pour une fois !

    Lunivers soffre à lui dans une dualité insoupçonnée, séductrice, jusquà ce jour celée dans la coïncidence.

    Limpression est universelle.

    Cela dure un bon moment.

    La métamorphose se prolongeait, le randonneur se sentait pris au jeu et jouissait sans retenue de la faculté nouvelle à lui octroyée pour prix de sa disponibilité.

    De son désir derrer, sa jouissance à ségarer, se perdre.

    Est-ce là un monde ancien ? je laurai vu sur les ?gravures, songeait-il, les contes figuraient ce trouble sur les scènes lointaines où lon jouait.

    Cet éclat modulé, troublant, lintense tension de lêtre et lémerveillement.

    Cette splendeur dans lherbe.

    Ce qui aurait pu passer au regard dautrui pour une aimantation extraordinaire de la contrée sest effacé dun coup, dédoublement des lignes comme gommé dun clin dil. »

  • Ces carnets de route vers Compostelle retracent l'évolution spirituelle que seule la marche sait provoquer dans le coeur des hommes. Fait de matière et d'esprit, de descentes et d'ascensions, d'avers et de revers, le Chemin révèle la vie comme une traversée. Parti en pèlerin, c'est néanmoins en géographe de métier qu'Alain Cazenave-Piarrot a voyagé. À l'instar de son maître Élisée Reclus, il s'est voulu un « homme qui écrit la terre ». Sur les mille kilomètres qui relient les Pyrénées au Cap Finisterre, en quarante-quatre étapes, le trait de plume ne cesse, dans ce livre, de rivaliser avec le trait de crayon. Et les lieux avec les hommes, les paysages réels avec les paysages mentaux. Des montagnes verdoyantes aux plateaux pelés, des vergers aux vignobles, des champs de blé aux pâturages à vaches et moutons, des interminables banlieues industrielles aux centres historiques des cités, ce sont les visages des femmes et des hommes qui font le prix de cette odyssée, où l'émerveillement le dispute à l'endurance. Le périple vers le tombeau de saint Jacques vaut bien un tour du monde. Un récit à la fois unique et contemporain.

  • Zara est jeune et belle, pleine d'espérance. Son frère va changer sa vie sans le savoir en croisant un marchand africain. Le sorcier va lui vendre une pierre qui a le pouvoir de changer la vie de ceux qui la détiennent. L'aventure commence... À la suite d'un accident, Zara va tomber dans le coma et être transportée trente ans en arrière. Elle va rencontrer l'amour, l'amitié, la trahison. Zara sera déchirée à son réveil dans le monde réel, car elle aura tout perdu. Peut-être pas ? Pourquoi aura-t-elle fait un voyage dans le temps ? Quelle en sera la véritable raison ?

  • La Bretagne est le pays des pardons. Chaque année, les Bretons se rassemblent autour des milliers de chapelles qui maillent le paysage. Ils y célèbrent des saints dotés de pouvoirs mystérieux et se prêtent à des rites ancestraux : procession autour du sanctuaire, baiser des reliques, accolement des statues, ablution aux fontaines, embrasement des bûchers, joutes et danses...
    Ces manifestations de la piété populaire ont évolué au fil des siècles : aux pardons équestres se sont ajoutés ceux des motards ou des tracteurs, tandis que le pardon des surfeurs représente une version contemporaine du pardon de la mer. Bernard Rio, qui y assiste depuis de nombreuses années, a accompagné cette évolution. Il a également emprunté les routes de pèlerinage qui connaissent une renaissance spectaculaire. De Locronan à Sainte-Anne-d'Auray, sur les chemins de Saint-Jacques ou du Tro Breiz, il restitue d'un style alerte l'âme de cette Bretagne intérieure et nous invite à le suivre.

  • Compostelle

    Claude Bernier

    Mon ancêtre, Jacques Bernier, est né dans la baie d'Honfleur, en Basse-Normandie. Marin de métier, en 1665, il accompagne le régiment de Carignan, le premier contingent de soldats français à venir en Nouvelle-France. À la fin de son séjour, plutôt que de retourner en France, il s'installe sur l'Île d'Orléans, près de Québec. Une plaque de cuivre au fond de la baie d'Honfleur relate l'événement.
    En 1986-87, lors d'un long séjour en France, j'étais venu montrer cette plaque à ma femme et à mes enfants. J'en avais profité pour visiter le Mont-Saint-Michel. Durant mon premier chemin de Compostelle, ce souvenir est venu hanter ma mémoire. Le projet de partir du Mont-Saint-Michel, de traverser la France du nord au sud, en solitaire, à pied, sac au dos, a creusé son nid petit à petit dans mon esprit et il s'est imposé comme une obligation.
    Quelques années plus tard, avec enthousiasme, je me suis retrouvé au pied du monastère médiéval avec mon gros sac de pèlerin, prêt à commencer cette belle aventure qui m'a permis de mieux connaître la France et de découvrir tout au long de mon parcours des gens accueillants et sympathiques qui étaient toujours intéressés à partager avec le « cousin. »

  • Le Chemin de Nord est connu dès le Xe siècle. Les pèlerins qui arrivaient en bateaux d'Angleterre, de l'Irlande ou d'Écosse accostaient dans les petits ports de pêche de la côte atlantique. Les villes de San Sebastian, Santander, Laredo, Gijon et Ribadeo accueillirent les premiers visiteurs venus du Nord. Dans chacune de ces villes, se construisirent des auberges pour recevoir les pèlerins. Ceux-ci marchaient le long de la côte et entraient à l'intérieur des terres à Oviedo, au pied des montagnes des Asturies.
    Ce chemin, créé dès l'année 849 par le roi des Asturies, fut reconnu comme le premier chemin de Saint-Jacques, et devint la voie principale vers Saint-Jacques-de-Compostelle, avant l'ouverture du Camino Francés.
    Roger Thomas, mon ami belge, et moi-même, voulions absolument connaître ce chemin ancestral.Parti de Bayonne en France, nous avons suivi la côte comme les premiers pèlerins jusqu'à Ribadesella, avant de traverser les montagnes des Asturies et entrer dans la Galice.
    Ce magnifique chemin nous semblait une randonnée de rêves, malheureusement nous avons connu une période très pluvieuse, ce qui a rendu notre chemin plus difficile que prévu.
    Malgré la mauvaise température, nous conservons de cette longue randonnée les plus beaux souvenirs.

  • Ce chemin commence à Valence sur le bord de la Méditerranée, mais en cet été très chaud et sec, mon ami belge, Roger Thomas, et moi-même, avons décidé de l'entreprendre à Tolède, pour limiter la région désertique de la grande plaine qui s'étend au sud de Madrid.
    Ce chemin de Valence parcourt la province de la Mancha dans son entier, de la Méditerranée à la Navarre. Nous sommes alors dans le pays de Cerventés et nous allons marcher sur les traces de Don Quichote et de son fidèle serviteur Don Sancho.
    Tolède qui a connu ses heures de gloire à l'époque de l'Empereur Charles-Quint est demeurée l'une des plus belles villes d'Espagne. Elle nous semblait la mieux choisie pour notre départ. Malheureusement, le thermomètre indiquait 42

  • Le tracé de ce chemin suit en majeure partie celui de la Voie romaine qui partait du port de Cadix au sud de l'Espagne et montait jusqu'à la ville d'Astorga au nord du pays. Cette voie reliait quatre grandes villes de l'ancien Empire romain : Italica, Merida, Caparra et Astorga. Cette route essentielle pour le commerce était alors considérée comme l'épine dorsale de la vieille Castille.
    Tout au long de cette voie romaine, l'histoire occupe une place de choix. Parcourue par les éléphants d'Hannibal, les hordes barbares venues d'Afrique et surtout par les Arabes qui firent la conquête de l'Espagne, ce chemin a connu un passé exceptionnel.
    Partis très tôt de Séville, au mois de mars, Roger Thomas, mon ami belge, et moi-même, nous avons connu une période très pluvieuse. Ce qui a rendu notre chemin difficile.
    De plus, à l'époque, l'absence de gîte pour les pèlerins et le balisage nettement déficient ont aggravé notre situation. Aujourd'hui, ces deux aspects ayant été améliorés, La Via de la Plata est devenue un des plus beaux chemins de Compostelle, grâce à son passé historique et un tracé rectiligne sans dénivelé qui exige peu de la part du pèlerin qui entreprend cette randonnée de 1 000 kilomètres.
    Suivez le récit de nos péripéties au cours de cette randonnée.

  • Trois chemins différents permettent de traverser le Portugal du sud jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle. Le premier suit la côte de l'océan Atlantique. Un autre chemin vagabonde à travers les collines boisées à la frontière de l'Espagne. Nous avons choisi le plus connu et le plus acceptable pour nous, le chemin du centre qui suit la voie romaine numéro XIX, le plus ancien chemin tracé par les Romains dès les années 80 avant l'ère chrétienne. Cette voie reliait les grands ports de mer sur le bord de l'océan Atlantique et assurait le commerce entre Lisbonne, Coimbra, Porto et Padr

  • Les Espagnols appellent le Chemin de Compostelle qui va de Zamora à Saint-Jacques-de-Compostelle « el Camino Sanabrés », principalement à cause de la forteresse de Sanabria, construite au XVe siècle, alors que la guerre faisait rage entre le Portugal et l'Espagne.
    Le jeune roi du Portugal, Henri II, dit le Navigateur, s'était enrichi grâce au commerce avec les Indes et désirait étendre son royaume. Or, ce chemin de Compostelle était devenu très populaire auprès des pèlerins espagnols depuis la prise de Séville par les chrétiens (1248).
    Ce chemin est encore très important pour les Espagnols, car il commence généralement à Zamora, la ville sainte. C'est dans cette ville qu'a vécu El Cid Campeador, le héros national, et c'est également dans cette cité que les rois de Castille recevaient leur couronne.Durant la semaine sainte, la ville de Zamora se remplit de visiteurs et de grandes fêtes célèbrent les héros d'autrefois. Pour le pèlerin étranger, il est impossible de se trouver un logement durant cette « semana santa ».
    J'ai commencé ce chemin en solitaire. Je désirais depuis longtemps faire un chemin dans la plus grande solitude. Or, durant ce chemin, j'ai fait trois rencontres exceptionnelles : deux Allemands, Lothans et Wolfgang, et un Suédois, Erik, qui marchait avec sa femme et sa belle-soeur.
    Ces cinq personnes ont donné un souffle nouveau à mes chemins. Des rencontres extraordinaires qui transforment un pèlerin.

  • Le Chemin de la Côte (camino de la costa) commence à la ville industrielle de Guij

  • Au Moyen Âge, les pèlerins qui arrivaient par la Méditerranée utilisaient le fleuve Èbre qu'ils remontaient en barque jusqu'à Logroño où ils rejoignaient les autres pèlerins qui venaient par le Camino Francés.
    Ce fleuve, le plus long d'Espagne, qui prend sa source aux pieds des Picos d'Europa, les plus hautes montagnes du nord de l'Espagne, permettait la libre circulation des personnes et des marchandises.
    Aujourd'hui, les barrages et les canaux construits pour maîtriser ce cours d'eau dont les crues printanières étaient dévastatrices empêchent toute forme de navigation.
    Cependant, les pèlerins du Xe au XVe y ont laissé des traces indélébiles. Les hôpitaux, les couvents et les églises qui les accueillaient existent encore.
    Cette province de l'Espagne s'appelle La Mancha. Elle fut conquise à la pointe de l'épée par le héros national El Cid Compeador. C'est également le pays de Cerventés, de Don Quichote et de son fidèle serviteur, Don Sancho. C'est donc une province très riche en histoire.
    Cette vallée de verdure, arrosée par le fleuve Èbre, au milieu d'une région désertique, mérite d'être mieux connue.Roger Thomas, mon ami belge, et moi-même, nous avons parcouru ce chemin dans la plus grande solitude, n'ayant rencontré aucun autre pèlerin.
    Nous avons surtout apprécié le calme et la sérénité de ce long fleuve tranquille qui n'avait d'égal que la gentillesse des gens qui nous accueillaient.

  • Au Moyen Âge, les pèlerins qui venaient à Saint-Jacques-de-Compostelle par bateaux en provenance de l'Angleterre, de l'Écosse ou de l'Irlande, descendaient dans l'un des ports de l'océan Atlantique. En parcourant le Chemin du Nord ou celui de la Côte, nous avons pu constater ce fait. Dans les grands ports de mer comme San Sebastian, Santander ou Laredo, des hospitals étaient aménagés pour accueillir les pèlerins.
    Cependant, le chemin le plus court pour arriver à Saint-Jacques-de-Compostelle consistait à utiliser les ports d'A Coruña  ou Ferrol. C'est ainsi que s'est tracé le Chemin anglais.
    Comme la distance de ce chemin n'est que de 250 kilomètres, j'ai voulu ajouter quelques difficultés, sinon ce court trajet ne valait pas la peine de traverser l'Atlantique.
    /> C'est pourquoi je suis parti de l'aéroport de Bruxelles à pied, sac au dos, pour me rendre à la maison de mon ami belge, Roger Thomas, à Mariembourg, près de la frontière française. De plus, une fois chez lui, d'un commun accord, nous avons décidé de refaire le Chemin de la Côte, d'Avilés à Baamonde, afin de parcourir une distance d'au moins 800 kilomètres.
    Comme aucune route ne nous permettait de relier facilement Baamonde à A Coruña, un petit train qui dessert les villages va nous amener au point de départ de notre aventure.

  • La ville de Puy-en-Velay, dans le Massif Central, est célèbre pour ses monuments : la cathédrale de style mauresque, la statue de Notre-Dame de France, érigée avec la fonte des canons russes après la bataille de Sébastopol et la chapelle Saint-Michel-d'Aiguihe.
    En 950, l'évêque du lieu, Godescalc, accompagné de 500 de ses fidèles, entreprit le premier chemin français vers Saint-Jacques-de-Compostelle.Désireux de découvrir ces chemins du Moyen Âge, je croyais que Puy-en-Velay était le meilleur endroit pour commencer cette aventure. Malheureusement, les débuts furent difficiles. Après cinq jours seulement, le mauvais temps, mon manque de motivation et l'attitude de mes compagnons de marche me convainquirent de mettre fin à mon projet.
    En route de vers St-Côme-d'Olt où je me rendais pour prendre le train qui me ramènerait à Paris, j'ai rencontré par hasard une jeune handicapée espagnole. J'ai marché seulement quelques heures avec cette jeune fille de 20 ans qui avançait péniblement, cherchant à retrouver la mémoire, après un accident qui avait entraîné la mort de toute sa famille.Arrivés tous les deux à Nasbinal, après de multiples efforts, nous avons retrouvé son cousin qui devait ramener Felice à Barcelone. Malade, épuisée, cette jeune fille ne pouvait plus continuer. Je l'ai prise dans mes bras et je lui ai promis que j'allais faire le chemin pour elle. Maintenant, rien ne pourrait m'arrêter. Et j'ai tenu parole.

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