• Dans ses langes, la poésie canadienne est médiatique ou vocale; elle a pour support le journal ou la voix. Dans le premier cas, elle partage l'espace de la page avec la chronique, l'entrefilet, le fait divers, la nouvelle, le roman-feuilleton; dans le second, elle s'énonce dans le brouhaha de la cité, au coin des rues et dans les théâtres, dans les mansardes et les cafés, et le dispute aux débats de l'Assemblée, aux harangues, aux sermons, aux éloges, à toutes les déclinaisons de la parole vive qui remplissaient l'environnement sonore des hommes et des femmes du XIXe siècle. De même que l'étude de la presse comme matrice littéraire a ouvert un nouveau continent à la recherche, celle de l'inscription de la littérature dans la cité, hors l'imprimé, appelle de nouveaux travaux. En proposant quelques études ciblées sur la poésie en voix au Québec, le dossier de ce numéro voudrait offrir une contribution à cette histoire encore à écrire.

  • Les narrateurs atypiques sont des gens de parole sans domicile fixe, leurs histoires enjambent différentes formes d'oralité. Ils surfent constamment sur l'inusité, actualisant ainsi les arcannes abyssales de la tradition orale. Mathieu Lippé, Yvan Bienvenue par France Arbour, Nathalie Derome, Arleen Thibault, Dany L. Boucher, Franck Sylvestre, Marie-France Bancel, Simon Gauthier, Éric Michaud et Nadine Walsh, tous sous l'égide de Jean-Marc Massie, ne sont que la pointe de l'iceberg du phénomène.

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