Flammarion

  • Dans le 95, qui va de la place Clichy à la porte de Vanves, je me suis souvenue de ce qui m'avait enchaînée à Igor Lorrain. Non pas l'amour, ou n'importe lequel des noms qu'on donne au sentiment, mais la sauvagerie. Il s'est penché et il a dit, tu me reconnais ? J'ai dit, oui et non. Il a souri. Je me suis souvenue aussi qu'autrefois je n'arrivais jamais à lui répondre avec netteté. ? Tu t'appelles toujours Hélène Barnèche ? ? Oui. ? Tu es toujours mariée avec Raoul Barnèche ? ? Oui. J'aurais voulu faire une phrase plus longue, mais je n'étais pas capable de le tutoyer. Il avait des cheveux longs poivre et sel, mis en arrière d'une curieuse façon, et un cou empâté. Dans ses yeux, je retrouvais la graine de folie sombre qui m'avait aspirée. Je me suis passée en revue mentalement. Ma coiffure, ma robe et mon gilet, mes mains. Il s'est penché encore pour dire, tu es heureuse ? J'ai dit, oui, et j'ai pensé, quel culot. Il a hoché la tête et pris un petit air attendri, tu es heureuse, bravo.

    Portrait de Yasmina Reza © Pascal Victor/ArtComArt

  • Sylvie

    Gérard de Nerval

    Au sortir dun théâtre, un Parisien épris dune actrice, en lisant un entrefilet dans la presse, est rattrapé par ses souvenirs de jeunesse. Il entreprend de se rendre dans le Valois de son enfance, pour y retrouver Sylvie, son premier amour... Dans ce récit poétique ondoyant entre un passé incertain et un présent irrésolu, temps vécu et temps rêvé se mêlent. Au crépuscule de son existence, Nerval, avec Sylvie (1853), donne une forme littéraire achevée à la part la plus insondable de lhomme : le mystère des songes, la magie de la mémoire.

  • Dans sa jeunesse, Simon Leys passa deux ans dans une « cahute » de Hong Kong avec trois amis étudiants - période bénie où « l'étude et la vie ne formaient plus qu'une seule et même entreprise ». C'est en souvenir de ce foyer régi par l'échange et l'émulation, surnommé le « studio de l'inutilité », qu'il a ainsi intitulé le présent recueil d'essais. Tous regardent ses trois domaines de prédilection : la littérature, la Chine, la mer.
    Simon Leys s'y laisse aller à la jouissance désintéressée de la littérature. Libre de tout carcan, il partage amours et désamours en matière de lettres, mais toujours en attaquant son sujet par un biais inattendu.
    Il y éclaire tour à tour la « belgitude » d'Henri Michaux, la vie personnelle de George Orwell, la genèse de L'Agent secret de Joseph Conrad, ou encore l'amitié entre Albert Camus et Czeslaw Milosz, brosse les portraits de personnalités remarquables et parfois méconnues - du prince de Ligne, « incarnation du xviiie siècle » à Soon Mayling, la femme de Chang-Kai-Shek -, revisite les heures les plus terribles du génocide cambodgien, dont il décrypte chaque rouage, quand il n'épingle pas, en faisant montre d'une réjouissante causticité, les considérations de Barthes sur son voyage en Chine en plein maoïsme triomphant.

  • Satoshi, bientôt trentenaire, est propriétaire d'une boutique de plantes aquatiques. Il peine à trouver le grand amour et reste hanté par le souvenir de ses deux amis d'enfance qu'il n'a pas revus depuis quinze ans. Un jour, une actrice et mannequin reconnue sonne à la porte : elle cherche un petit boulot et un toit pour la nuit. Satoshi est troublé : pourquoi cette jeune femme s'intéresse-t-elle à lui ? Et pourquoi ne la voit-il jamais dormir ? Quels secrets la belle peut-elle bien cacher ?
    Avec Takuji Ichikawa, les souvenirs remontent à la surface et viennent bouleverser le quotidien. Il dépeint des histoires d'amour et d'amitié avec humour et délicatesse dans ce roman poétique et plein de fantaisie.

  • Premier pas les plaies sont ouvertes sur le côté les fleurs sont autour :

    Septembre 2005 je regarde le bassin les morceaux de verre dans le noir quelqu'un porte des entrailles à pleine main je repars en arrière

  • « L'été n'en finissait pas de détremper les corps. Je rêvais souvent que je frappais un homme. » Il y a vingt ans, la soeur d'Hadrien Verneuil est morte. Et toute la famille a fait semblant. Dans un Bangkok méconnu, où il a refait sa vie, son passé ressurgit. Les souvenirs interdits se mêlent à la violence d'une Thaïlande aussi accueillante que tourmentée. Certaines fables gouvernent des existences entières. Certains silences font crever.

    Portrait de Pierre Stasse par David Ignaszewski / Koboy © Flammarion

  • Mondes Miroirs Magies : trois parties de sept nouvelles chacune.
    Mondes se déplace en divers points du globe : France, États-Unis, Moyen-Orient... Miroirs, partant de souvenirs réels, parfois ténus, se métamorphose en histoire autonomes. Souvent les protagonistes s'y renvoient leur propre visage. Magies se sert du quotidien comme tremplin pour nous projeter dans le fantastique.
    Compose d'actualités, de mémoires, de faits divers, de rêves, ce livre tente aussi d'offrir une une certaine unité. Celle qui fait que, partout, les hommes portent l'estampille de la mort; que la tragédie se double de joies; inversement, le rire de larmes.
    Qu'enfin le présent contient, toujours, quelque chose de durable et de partagé.

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