• La fille du bois

    Anne Maurel

    Rien ne destinait mon grand-père à se survivre. Blessé dans les tranchées en 1918, il est mort cinquante-cinq ans plus tard sans rien laisser derrière lui si ce n'est une présence énigmatique au travers d'appels intermittents et ténus que je tente ici de saisir dans leur innocente nudité, leur supposée insignifiance.

  • Pour les hommes du 231e régiment d'infanterie, les différences d'âge et de condition sociale n'importent plus. Tous sont venus s'enterrer dans les tranchées boueuses de Crouy, sous la pluie et le feu de la mitraille allemande. Leur seule certitude face aux armées ennemies : « I' faut t'nir. » Barbusse fut l'un des leurs. Tiré de ses carnets de guerre, ce roman, prix Goncourt 1916, révéla à ceux de l'arrière le quotidien des poilus : leur courage, leur camaraderie, leur argot, mais aussi la saleté, l'attente et l'ennui. Cette guerre, l'état-major, le gouvernement et la presse patriotique la censurent. Il faudra un roman comme Le Feu pour en dire toute la barbarie mécanique, mais aussi l'espoir : celui d'en sortir vivant... Couverture Virginie Berthemet © Flammarion

  • «C'est le propre des grands livres, dit-on, de faire peu à peu leur chemin, de toucher des générations successives. Au combat est incontestablement de ceux-là. Alors que tant de témoignages ont été publiés sur la Seconde Guerre mondiale, pourquoi ce livre est-il un «grand livre»? Pourquoi faut-il absolument le lire? Sans doute, justement, parce qu'il ne s'agit pas d'un simple livre de témoignage, mais d'une tentative de penser la guerre, de penser en temps de guerre, malgré la mort qui rôde, malgré la peur.

    Pour Jesse Glenn Gray, comme pour la plupart des Américains de sa génération, la Seconde Guerre mondiale fut un rite d'initiation, un moment fondateur.

    Durant ses quatre années de guerre, Gray n'a pas cessé de consigner ses impressions dans des carnets qu'il portait sur lui : l'expérience des combats, la libération de l'Europe, la dénazification.

    De sa belle écriture poétique, Gray sait rendre ce qui est au coeur de l'expérience quotidienne d'un soldat : le passage progressif de l'état de civil à celui de combattant, la loyauté à l'égard des compagnons d'armes, la tendance constante à déshumaniser l'ennemi, la blessure morale qui est au coeur des combats, et cette forme d'exaltation que le philosophe explique par la dimension érotique de la guerre.» B. Cabanes

  • Emilie

    Aïssa Lacheb

    Nauroy, 1917, les Allemands occupent les restes du village de?truit, le Cornillet et les monts de Champagne. La guerre fait rage sur le front ouest. De la mer du nord a? la frontie?re suisse, tout n'est que ruines. Dans cette de?solation, E?milie, une orpheline de dix ans, se?me des fleurs sur les tombes des soldats...

  • Traitant le conflit dans sa totalité, ce dictionnaire présente à travers près de 2 000 entrées :
    O Les faits politiques, pactes, traités, ententes, conférences...
    O Les événements militaires, batailles sur terre, sur mer et déjà dans le ciel...
    O Les hommes, responsables politiques, chefs militaires, combattants...
    O Les matériels et les armements...
    O Les conséquences humaines, matérielles et politiques...

  • "Jeune fille de bonne famille promise à un beau mariage, Suzie a 16 ans lorsque éclate la Première Guerre mondiale. Son destin bascule. Livrée à elle-même et brûlant de se rendre utile, elle participe aux travaux agricoles, soigne un blessé et tombe amoureuse d'un jeune homme inconnu de ses parents. Elle découvre l'horreur des tranchées, mais aussi la difficulté d'être libre quand on est une femme.

    En 1916, pour supporter l'attente de celui qu'elle aime, elle intègre l'équipe de manipulatrices radio formée par Marie Curie et part en mission sur le front. Mais la chercheuse qu'elle admire est soupçonnée de trahison par les services du contre-espionnage français. Tour à tour révoltée et troublée, Suzie part en quête de la vérité, aidée par des femmes d'exception, pacifistes et féministes.

    Au lendemain de l'armistice, malgré leur travail acharné à l'arrière, les femmes sont renvoyées dans leurs foyers. Toujours rebelle, Suzie s'engage dans la recherche autour de la radioactivité. Alors qu'elle travaille à l'Institut du radium auprès d'Irène Curie, elle est approchée par un espion russe qui menace son fiancé, vulnérable et marqué par les combats."

  • « Partout des morts, à moitié pourris, couverts de vers rongeurs; avec cela une odeur atroce, épouvantable [...] Pendant deux nuits j'ai couché sur un mort, c'est vous dire le peu de cas que l'on fait, et l'habitude que l'on a de fréquenter la mort; [...] L'on ne mange pas là-dedans, l'on n'a pas faim, l'odeur nous dégoûte et l'on répugne tout, surtout la viande... » Sur le front, 5 juin 1915 - Lucien Kern à sa mère. Lucien, Eugène et Aimé Kern sont établis au Canada depuis à peine huit années lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Les trois frères répondent à l'appel de la France, leur pays de naissance, laissant derrière eux leur ferme et leur famille. Dès leur départ, ils écrivent à leur mère et à leur soeur demeurées au Manitoba, partageant avec elles leurs inquiétudes, leur ennui, leur tristesse d'être loin de celles et de ceux qu'ils aiment. Cette correspondance de guerre, choisie et présentée par Claude de Moissac, décrit la Première Guerre mondiale telle qu'elle fut vécue par ces trois soldats manitobains. Ces quelque 90 lettres écrites du front brossent un portrait fidèle de la vie dans les tranchées. Elles décrivent de façon éloquente la violence brutale, l'abrutissement et l'horreur de la vie journalière qu'a connus toute une génération d'hommes perdue dans les champs de bataille de l'Europe.

  • « L'assassinat de François Ferdinand a déclenché le début des hostilités », « La guerre devait être courte », « Ce fut principalement une guerre des tranchées », « Verdun, la boucherie », « Sans les États-Unis, la guerre aurait été perdue », « Toute une génération a été inutilement sacrifiée »... Dépassant le cliché d'une Grande Guerre patriotique sacrifiant ses soldats à la gloire militaire de quelques chefs irresponsables, l'auteur revient sur ce conflit à l'origine de profonds bouleversements politiques, économiques et sociaux au XXe siècle.

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