Mémoire d'encrier

  • Jambes fatiguées J'avance, j'avance, j'avance Pas lents, pas accélérés J'ai vieilli depuis Nue Tu m'offres l'horizon Ébahie, je vois Loin Joséphine Bacon, nomade de la toundra, nous fait parcourir, à la lumière du poème, des territoires inconnus. Gaston Miron, Saint-Denys Garneau et Paul Chamberland ont nommé Terre Québec ; Joséphine Bacon élargit le pays en nous initiant à la toundra et aux douces chansons de l'infini. L'horizon est offert avec tant de grâce et de naturel que nous lui sommes à jamais redevables de nous rappeler à l'essentiel : beauté, simplicité et volupté.

  • Je suis la fille du baobab brûlé. Ceci n'est pas un poème. C'est l'arbre qui cherche son visage. Je suis à la fois l'arbre, la fille et la route. J'accompagne celle qui offre à la nuit sa fable et sa voix. Je voudrais aller jusqu'au bout sans connaître le chemin. Je trébuche, dérive et délire. Qu'importe. Un oiseau bat le tambour dans ma tête, une sorcière parle par ma bouche, ou un amour chagrin me tourmente. Tempête je m'appelle tourbillon. J'ai rendez-vous avec les ombres. J'ai rendez-vous avec la première étoile qui tombe. Poussent dans mon ventre des histoires qui recommencent à l'infini. Il y a toujours une vie à faire ou à refaire. On ne sait rien de ce qui ronge ou exalte. Je scelle mon alliance avec l'exil et la folie. Je suis la fille du baobab brûlé. Pour recouvrer mon visage, je dois confier mes secrets aux vents, abandonner à l'arbre mes promesses. Je ne connais ni l'appétit ni la prison de ce qu'on appelle vivre. Je ne songe qu'à marcher dans mes songes. Si je pleure c'est pour me rappeler que j'existe et que j'aime. Je ris trop fort, parle jusqu'à épuisement afin d'aller plus loin, avec la patience de la bergère et l'angoisse des marins. Je suis belle, flamboyante et insolente. J'ai dans une main le soleil et dans l'autre la terre. C'est ma manière de guetter l'éternité. J'ai des seins qui hument poésie et mort. Je suis la fille du baobab brûlé. Je quête terre d'accueil à parole d'aube. Je hurle. Je divague. Je swingue. N'écoutez pas ma voix. C'est mon âme qui craque. Le poème, ou ce qui reste de mon identité, demeure une vérité empêchée. Consumée. Je suis la fille du baobab brûlée.

  • Un cri s'élève en moi qui me transfigure. Le monde attend que la femme revienne au monde comme elle est née telle qu'elle est: femme naissance, femme droite, femme debout, femme puissante. Femme résurgence. Renaissance. Un appel s'élève en moi et j'ai décidé de lui dire oui. Dire oui à ma naissance. Assumer en mon esprit les mémoires qui émergent en même temps que la voix des femmes autochtones se dressent au-dessus de la noirceur ambiante. Les mémoires des blessures, les mémoires de la terre, les mémoires du peuple et de ses générations précédentes. Le choc de la dépossession. Prendre la parole chacune notre tour et soulager peu à peu le fardeau de l'oppression. Le poids de la douleur. Le poids du colonialisme. J'écris pour dire oui à mon être. Dire oui à moi femme. Forcer les portes du silence. Se nommer résilience. Pour la postérité. Pour assurer notre trace. Déraciner une fois pour toutes la Colonisation. - Natasha Kanapé Fontaine

  • Cet ouvrage bilingue (français et innu-aimun) est une invitation au dialogue. Bâtons à message fait référence à un ensemble de repères qui permettent aux nomades de s'orienter à l'intérieur des terres et de retrouver leur voie/voix. Également poétique de

  • « Ces quelques poèmes ne pèsent pas lourd sur le boisseau de l'être et du néant. Ils sont pourtant ce que j'ai écrit de plus honnête. Je ne parle pas de la probité de l'épicier qui rend la monnaie, plutôt de celle du pirate qui partage le butin. Il ne faut pas être trop sérieux avec le rose. En faire un étendard, une condition, une essence. C'est une couleur qui danse. J'autorise n'importe qui à me psychanalyser en verlan. La poésie m'a appris que j'étais une lesbienne transversale, un punk métaphysique, un bluesman aveugle, un partouzeur timide et un ascète à hélices. Et que sans doute, nous nous ressemblions. » - Julien Delmaire

  • De si jolies petites plages est un récit-reportage écrit sur les premières vagues de boat-people haïtiens, qui ont atterri sur les côtes de Floride. Récits, témoignage, entretiens... On y voit l'engagement et le flair d'un écrivain respectueux de la réalité et des gens, qui documente sur le terrain pour découvrir le vrai visage de ces migrants nus, qui ont tout abandonné pour un autre destin. L'auteur Jean-Claude Charles nous dit que «De si jolies petites plages peut être lu comme un roman, parfois comme de la poésie, il y a du théâtre aussi...» Jean-Claude Charles a investigué sur le sujet de mars 1980 à août 1982. Sur une tonalité blues, qui fait la marque de cet écrivain, cette enquête rebelle, brutale, saccadée, épouse les aspérités d'une réalité qui dure. Grâce à l'analyse pertinente de Jean-Claude Charles, on comprend que les Haïtiens sont «les seuls boat-people du monde à se réfugier dans les bras des responsables directs de leur malheur» ! Les gardes états-uniens les prennent pour des enfants fautifs qu'il faut encadrer et punir au besoin. Les camps ne se trouvent pas tous aux États-Unis, certains Haïtiens échouent aux Bahamas, à Fox Hill, où la prison centrale de Nassau les attend. Les plus chanceux finiront dans le bush, au sud de New-Providence, un bidonville à l'image de la Saline de Port-au-Prince. La même misère, mais... ailleurs. Mais c'est encore pire pour ceux qui atterrissent à Porto Rico et découvrent le célèbre Fort-Allen: «Bienvenidos. Centro de Educación y Trabajo». De la peur à la révolte, c'est le désir d'évasion à n'importe quel prix qui domine. Les Haïtiens n'en finissent pas de fuir, peu importe la destination finale, même l'enfer... Et l'enfer est toujours au rendez-vous. Un livre combien actuel qui fait comprendre la situation des migrants d'aujourd'hui.

  • Alain Mabanckou a écrit des poèmes qui accompagnaient des photos sur le Congo. Les droits de ces poèmes ont été repris par Mémoire d'encrier, qui va introduire une présentation du livre (par Alain Mabanckou) à laquelle s'ajoutera d'autres poèmes qui tiendront compte de la difficile réalité politique au Congo.

  • Une enfance sénégalaise: itinéraires et personnages de la vie quotidienne défilent au gré des jours. Des villes et des quartiers s'offrent à nos yeux étonnés. Au-delà du sentiment géographique, des êtres touchent par leur vérité. Beauté, humour, tendresse, sobriété et simplicité... Comme si l'enfance était un royaume.

  • Ce livre foisonnant et passionnant associe scènes de vie, rencontres et parcours de créateurs. La quête de repères dans une ville meurtrie par le séisme : un passage saisissant au «Club des Jeunes du monde» via Gary Victor; l'atelier d'écriture de Lyonel Trouillot; un échange sur la condition homosexuelle dans la capitale avec le vidéaste Maksaens Denis; un portrait de la grande dame de la danse haïtienne, Viviane Gauthier, 97 ans; une visite chez l'homme-cri Frankétienne; des conversations avec les sculpteurs de la Grand-Rue; la poésie chantée, de Georges Castera à James Noël, par Wooly Saint Louis Jean; le théâtre courant les rues; la vie du livre avec Emmelie Prophète. Dans Chérir Port-au-Prince, Valérie Marin La Meslée partage la vision d'un monde où la beauté a, comme partout, droit de cité, salue le courage, la dignité des Haïtiens, et leur art de s'élever au-dessus du bourbier quotidien par la création.

  • À travers une poésie forte, brutale, Hyam Yared évoque la naissance, la mort, le corps dans toute sa trivialité, rejetant l'organisme lorsqu'il se fait uniquement reproducteur au profit d'une analyse du rapport aux orifices, à la chair. Une distanciation entre corps et âme qui teinte d'une froideur clinique l'évocation du vide. À travers ces cris de détresse, c'est la solitude qui se retrouve ici brandie pour exposer ce corps qui ne sert plus à rien ou qui, au contraire, est le repaire ultime d'une exploration sans bornes qui donne, peut-être, l'illusion d'exister. Les corps se cherchent sans forcément se trouver, ils s'affrontent dans une explosion des sens. Rien d'érotique ici, mais une avancée minutieuse dans les tréfonds du soi, des muscles, des os, du cerveau et donc de l'âme car, quoi que l'on fasse, tout reste indissociable.

  • Le roman du deuil. La mère accompagne son fils mourant - qu'advient-il quand une mère impuissante assiste à la mort de son enfant? Comment poursuivre la route après? Les paysages ont-ils le même goût? Pour réparer tout cela et pour traverser les routes du monde, Virginia Pésémapéo Bordeleau a décidé d'écrire ce roman avec l'aide du fils décédé, dont la douce voix habite la mère. Leurs conversations alternent entre souvenirs et histoires de vie. Les enfances se mêlent autant que les douleurs. La romancière, grâce à ce roman, rend présente et vive l'absence. Un livre puissant, tendre et lumineux.

  • Arômes. Sensualité. Mystère. Le parfum de Nour raconte la fable de l'exil, de l'amour, de la guerre. Seule la passion sauvera Nour, Leila et Bennett des fantômes qui les tourmentent. Écriture d'une rare musicalité où se jouent l'audace et la tendresse. Ce roman évoque les déchirures qui grandissent l'existence.

  • C'est l'histoire d'un homme, Waberi Abdulaziz Nuur, devenu Aziz Kassim Mohamed au fil du temps et des deuils. L'homme ne parle plus : il est mort. Il n'est plus là pour raconter les traces que la vie a laissées sur son corps, sa naissance à la frontière du Kenya et de la Somalie, l'exil, ce long et terrible voyage qui l'a mené de la Somalie à Montréal, la perte des siens, l'amour des siens. Sa fille se fait l'interprète de ses rides et de ses cicatrices. Sa voix est empreinte de tendresse pour cet homme, ce père.

  • Je suis l'Amérindienne
    Et ce fardeau
    Demeure en moi à jamais
    Poèmes narratifs, qui sont des repères sur la vie de l'auteure et sur sa condition de femme et d'amérindienne. On lit Nous sommes les rêveurs comme on lit un journal intime. On a l'impression d'entrer dans la tête de Rita Joe, de souffrir avec elle des injustices, de sentir son bébé grimper sur nous, de toucher la présence des êtres disparus. Et aussi de pouvoir changer les choses. Un livre vrai et émouvant. Rita Joe est une auteure amérindienne à découvrir pour mieux comprendre l'univers autochtone, l'histoire et la vie des Peuples des Premières Nations!

  • C'est ainsi que ma vie s'est déroulée, d'une vague à l'autre, d'un pays à l'autre ; elle a dérivé selon les courants, les vents et les humeurs. J'ai le sentiment d'avoir d'abord écrit la terre avec mes pas, en me laissant guider par une boussole intérieure.
    Quel usage peut-on faire du monde ? Naviguer de rive en rive, serrer l'Autre dans ses bras et sur son coeur : être dans cette altérité grandissant au hasard des voyages et des continents qui séduisent et qui forment notre humanité. Initier la relation. Nourrir la rencontre.
    Féconder la terre. De la Bretagne à l'Égypte, du Maroc à l'Espagne, de l'Afrique du Nord au Québec, les identités se font et se défont.
    Rachel Bouvet donne le ton, trace une route d'eau, de terre et de mots.
    Elle emprunte au passage quelques figures de l'Orient et du monde arabe.
    Elle indique sa manière de cheminer dans ce vaste monde. Quelques questions essentielles surgissent : À quel territoire appartient-on aujourd'hui ? Comment refuser cette géographie déchirée qui condamne à l'exclusion et au racisme ? Quel héritage assumeront les enfants issus de ces pérégrinations ?

  • Dix-huit romanciers déclinent le multiple visage de l'Afrique.
    Cette Afrique dont on discerne les contours dans l'intimité de sa littérature pour aller droit au coeur des mythes, des histoires coloniale et postcoloniale, des guerres, des génocides, des exils.
    Perce également, en contrepoint des clichés ordinaires, l'implacable beauté des êtres et des choses : ces mots, ces paroles qui rendent conte...

  • Cette anthologie rassemble les livres de poésie de l'énigmatique poète haïtien
    Magloire-Saint-Aude.
    Saint-Aude : c'est un regard, idéologiquement, politiquement et littérairement irrécupérable. Une haute exigence poétique. Une concentration extrême. L'image parfaite de la rupture.
    À l'occasion du 100e anniversaire de naissance de Magloire-Saint-Aude (2002-2012), Mémoire d'encrier met en circulation l'intégrale de son oeuvre poétique, avec de nouveaux éclairages dont les dessins de Davertige. L'essentiel est d'être au coeur de la poésie de Saint-Aude. Et de trouver le pacte de lecture.

  • Chantre de la négritude, Aimé Césaire est un maître de la poésie contemporaine, son oeuvre est capitale. Né en Martinique le 26 juin 1913, il est décédé le 17 avril 2008.

    Nègre fondamental, Aimé Césaire a deux patries, sa Martinique natale et la légendaire Haïti. Un séjour de six mois en 1944 au pays de Toussaint Louverture aura suffi à canaliser ses énergies cosmogoniques. Il vivra toute sa vie dans la sublime rencontre de cette terre, belle et magique, où la négritude se mit debout pour la première fois. Son oeuvre, chant ample et poignant, est marquée par cette saison en Haïti. Cet essai rend hommage à Césaire, à sa passion d'Haïti et de son peuple. Magistrale leçon de vie que cette poésie tellurique qui nomme les terres pour qu'elles soient au bout de leur matin gages de leur lumière.

  • Le roman Quartz incarne, telle la pierre, une relation au monde animée par l'instinct et les sens. Chloé et Liane, que tout semble séparer, s'attirent l'une l'autre. Méditant sur la nature, l'amour et la vie, Joanne Rochette livre cet ouvrage sensuel et dépouillé qui sonde les strates du corps et du coeur.

  • Amériquoisie

    Jean Desy

    C'est au fil de mes pérégrinations dans tout le territoire de la péninsule Québec-Labrador, dans les villes le long du Saint-Laurent, au sud, mais surtout au nord, sur la Côte-Nord / Nitassinan, à la Baie-James / Eeyou Istchee et dans le Grand Nord / Nunavik, que j'ai fini par mieux comprendre les extraordinaires qualités de la vie métisse. À n'en point douter, l'avenir harmonieux de ce pays passe par la métisserie.

    Amériquoisie rassemble des essais portant sur l'autochtonie, le nomadisme, le paysage et la nordicité. Témoin, auteur, promeneur et acteur, Jean Désy court le territoire et nous parle de cette aventure dite métisserie.

  • Les thèmes récurrents des discours et essais de Jidi Majia portent sur la poésie et son rôle social et spirituel. Ils abordent l'appartenance à une tradition et une culture, et son inscription dans la modernité. On y retrouve aussi des essais sur les écrivains qui ont influencé son travail (Leopardi, Lu Xun, Pouchkine, Ai Qing). Jidi Majia fait l'éloge de la diversité culturelle et environnementale, tandis qu'il exprime son inquiétude quant aux conséquences du processus de destruction de notre ère. Au nom de la terre et de la vie a reçu la mention China Classics International, qui est une marque de distinction décernée par la State Administration of Press and Publication (SAPP), un organisme du gouvernement chinois. Celui-ci classe les ouvrages sélectionnés comme faisant partie des classiques qui font rayonner la culture et la littérature de la Chine à l'étranger.

  • J'ai lacé des raquettes Sur une terre de babiche Ouendake J'étais chez moi J'ai lu tant de livres D'une mission étrange J'étais perdu Derrière mes raquettes J'ai beaucoup ri Derrière mon pupitre On m'a appris le silence Voici un recueil ancré dans un territoire et dans une mémoire pour nous rappeler que nous sommes d'un lieu, d'une histoire. Avec Jean Sioui, nous frappons aux portes de la vérité, la nation wendat recouvre la parole.

  • Nous sommes fiers de ce coin de pays nommé Bras-du-Nord. Nous y respirons un air pur, à la fois dense et léger. Nous marchons sur les glaces du mont Gibraltar dominant la vallée, nous canotons sur les eaux frissonnantes de la Bras-du-Nord qui rejoint la rivière Sainte-Anne, juste après Saint-Raymond, et toujours les paysages touchent au merveilleux. Miracle qui nous fait pénétrer dans les zones inhabitées de nous-mêmes. Nous devenons tous des paysages d'eau tendre, de reflets profonds, d'oiseaux qui s'évadent au ciel.

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