• Député gaulliste à 33 ans et titulaire de plusieurs grands ministères, porte-parole du général de Gaulle pendant quelque quatre ans, Alain Peyrefitte a eu avec celui-ci, entre 1959 et 1969, trois centaines d'entretiens en tête à tête. Sans compter autant de Conseils des ministres, des dizaines de Conseils restreints, des rencontres avec des chefs d'Etat ou de gouvernement étrangers. Il a estimé qu'il était de son devoir de prendre note au jour le jour des propos tenus par le fondateur de la Ve République, pour les soustraire à l'oubli, en respectant non seulement leur teneur, mais aussi leur style et le ton des dialogues. Il s'était interdit jusqu'à présent de les publier. La transcription fidèle de ces notes produit un effet saisissant. Comme si le temps s'effaçait, le lecteur voit surgir, dans toute l'intensité de sa présence, un homme habité par une idée plus grande que lui. Nous entrons dan l'intimité du Général. Nous l'écoutons penser tout haut. C'est un de Gaulle en liberté, qui va beaucoup plus loin que dans ses textes officiels, et s'exprime avec une familiarité et une franchise surprenantes. Par la richesse et la diversité des révélations qu'il apporte, par le portrait intellectuel et moral qui s'en dégage, ce livre constitue un témoignage capital sur le dernier héros de notre Histoire.

  • " Le Printemps de Pékin sur la place Tiananmen et, surtout, la tuerie du 4 juin 1989 semblent marquer une si brutale coupure, qu'on serait tenté de tenir pour péripéties les événements qui les ont précédés, comme la Révolution culturelle, cette formidable poussée d'hystérie collective. En juillet 1973, paraissait la première édition de cet ouvrage, rapport d'enquête sur l'état de la Chine dans l'été 1971, au beau milieu de la Révolution culturelle: quelques mois pour préparer le voyage, quelques semaines pour observer, deux ans pour digérer... L'ouvrage restait-il encore valide, après si longtemps? Les événements de ces dernières années sont assurément importants; mais les structures de la vie collective et de la mentalité chinoises en ont-elles été transformées en profondeur? Ce que j'avais essayé de mettre à nu, c'étaient les ressorts fondamentaux de ce peuple et de cette révolution. Ils demeurent. Fallait-il donc republier ce livre en l'état? C'eût été possible, s'il se fût agi d'un simple récit de voyage. Toutefois, j'avais tenté d'écrire une introduction à l'intelligence de la Chine contemporaine. Pour que le livre pût encore rendre ce service, il fallait l'actualiser, sans rien toucher à son équilibre interne. Avouons-le, ces dernières années, la Chine nous a encore étonnés: plus semblable à elle-même de nous surprendre toujours, que de se conformer à l'image que nous nous en faisions. Elle nous interroge de nouveau, et sur elle, et sur nous. "

  • Alain Peyrefitte a pu mener jusqu'au terme sa tâche de mémorialiste du général de Gaulle. Il y tenait d'autant plus qu'il fut, dans ces trois années 1966-1968, personnellement impliqué. De Gaulle et Peyrefitte ont trébuché ensemble sur Mai 68 - le ministre d'une Education nationale en folie, le Président d'une République bousculée et déconcertée. Fidèle à sa méthode, plus chroniqueur qu'analyste, Alain Peyrefitte rapporte ses entretiens avec le Général, mais aussi avec tous ceux dont l'action ou l'inaction concourent à créer ce que de Gaulle appellera l'"insaisissable". Avec une simplicité de ton et une loyauté intellectuelle exemplaires, il restitue l'enchaînement des interrogations, des décisions et des réactions. Pour la première fois, chacun peut suivre du sommet de l'Etat ce drame qui a ébranlé l'Etat. Ce dernier tome ne se réduit pas à Mai 68. Sur bien d'autres sujets - la sortie de l'OTAN, le secret de la Bombe H, le Québec à libérer, une cohabitation éventuelle, la participation, la pilule, Pompidou, le dernier référendum - de Gaulle parle, provoque et agit. Il est pressé. " Pour moi, l'horizon est proche." Le sentiment presque tragique de cette hâte unifie tout le livre. Jusqu'à la fin, c'était de Gaulle en effet, rendu dans une vérité qui n'a pas besoin de légende.

  • Député gaulliste à 33 ans et titulaire de plusieurs grands ministères, porte-parole du général de Gaulle pendant quelque quatre ans, Alain Peyrefitte a eu avec celui-ci, entre 1959 et 1969, trois centaines d'entretiens en tête à tête. Sans compter autant de Conseils des ministres, des dizaines de Conseils restreints, des rencontres avec des chefs d'Etat ou de gouvernement étrangers. Il a estimé qu'il était de son devoir de prendre note au jour le jour des propos tenus par le fondateur de la Ve République, pour les soustraire à l'oubli, en respectant non seulement leur teneur, mais aussi leur style et le ton des dialogues. Il s'était interdit jusqu'à présent de les publier. La transcription fidèle de ces notes produit un effet saisissant. Comme si le temps s'effaçait, le lecteur voit surgir, dans toute l'intensité de sa présence, un homme habité par une idée plus grande que lui. Nous entrons dan l'intimité du Général. Nous l'écoutons penser tout haut. C'est un de Gaulle en liberté, qui va beaucoup plus loin que dans ses textes officiels, et s'exprime avec une familiarité et une franchise surprenantes. Par la richesse et la diversité des révélations qu'il apporte, par le portrait intellectuel et moral qui s'en dégage, ce livre constitue un témoignage capital sur le dernier héros de notre Histoire.

  • Le dénuement est le lot commun des hommes depuis les origines. Il y a seulement deux cents ans, la surmortalité, les maladies endémiques, la disette, l'analphabétisme sévissaient encore en Europe occidentale, comme aujourd'hui en Afrique, en Amérique latine ou en Asie. Pourtant, l'Europe occidentale, suivie par les États-Unis et le Japon, a su s'arracher à ces fléaux. Comment expliquer le miracle du développement ? Comment peut-il s'étendre aux trois quarts de l'humanité qui sont encore voués aux péripéties de la dictature ou de l'anarchie, de la violence et de la misère ?Alain Peyrefitte, membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques, a prononcé au Collège de France, comme professeur-invité, cette série de leçons sur le « miracle » du développement, thème qui est depuis quarante ans au centre de ses réflexions.

  • Le mal français

    Alain Peyrefitte

    • Fayard
    • 24 Mai 2006

    Plus d'un quart de siècle a passé sur Le Mal français et le mal qu'il met en évidence: est toujours avec nous, un mal venu de très loin, et qui a l'avenir devant lui. Nous pouvons nous reconnaître dans ce miroir, mais après ? « Le succès d'un livre n'est qu'une minuscule ride sur l'eau profonde d'une culture. » Le Mal français a connu le succès, il est un livre de référence, un classique de la pensée politique. Mais il n'a jamais cessé d'être un livre d'actualité, un livre d'action. « quand j'ai écritLe Mal français, j'éprouvais le besoin de faire un bilan. Je n'avais pu aboutir, par deux fois, dans une entreprise de réforme pourtant minutieusement préparée, en mai 1968 à l'Education nationale, en 2973 à la Déforme administrative. » Combien d'autres réformes, depuis, ont-elles trébuché et fait trébucher... La réflexion d'hier vaut pour les données d'aujourd'hui. « Inciter nos compatriotes à guérir le mal gui est dans nos têtes de Français : je ne prétends nullement y être parvenu. Pourra-t-on jamais y parvenir ? Le chantier reste ouvert. « C'est pourquoi, ami lecteur, ne refermez pas ce livre comme un consommateur satisfait. Ne vous repliez pas sur le plaisir éventuel d'avoir un peu mieux compris. Parlez, écrivez, agissez. »

  • Saviez-vous qu'en pleine Révolution française, les Anglais avaient envoyé une expédition de cinq voiliers et sept cents hommes dans l'Empire chinois, pour l'amener à "s'ouvrir" à eux ? Qu'ils entendaient, bien qu'ils ne fussent encore que huit millions, négocier fièrement d'égal à égal avec un pays qui en comptait déjà trois cent trente - le tiers de l'humanité ? Que la Chine, considérant qu'elle était "la seule civilisation sous le Ciel", repoussa brutalement toutes leurs demandes ? Qu'elle traita leurs envoyés comme des prisonniers de marque ? Qu'ils furent soumis - de Macao à la Tartarie, à travers les rites de la Cour et les surprises de la Ville, parmi les bureaucrates célestes et les missionnaires-otages - à un véritable voyage initiatique ? Que cette occasion historique fut un rendez-vous manqué ? C'est un double voyage initiatique que le lecteur fera en leur compagnie; au tréfonds de l'Empire du Milieu, enclos dans une perfection figée, mais aussi de l'Empire britannique, tendu dans son essor; vers l'identité de l'Extrême-Orient, comme vers celle de l'Extrême-Occident; vers l'essence du dirigisme et celle du libéralisme. La mission Macartney dans une Chine à son apogée fait retenir le heurt de deux cultures: la brillante civilisation chinoise, plus de quarante fois séculaire, et la jeune civilisation occidentale, emportée par les effets croisés des révolutions intellectuelle, scientifique, technologique, marchande, maritime, agronomique, industrielle, financière. Une seconde mission, en 1816, dirigée par lord Amherst, reçut un accueil encore plus humiliant. Pour accéder à la Chine, les Anglais décidèrent de recourir à la force: ce fut la peu honorable guerre de l'Opium. Une société raffinée s'effondrait sous le poids de son enfermement et de son immobilisme. Cet enchaînement dramatique jette une lumière nouvelle sur la double énigme du "développement" et du "sous-développement". A.P.

  • " Le Printemps de Pékin " de 1989 marque une brutale rupture: l'histoire de la Chine a paru alors aux Occidentaux prendre un tour odieux que peu d'entre eux imaginaient. Pourtant, comment ne pas repérer dans cette tragédie-là tous les ingrédients d'une constante tragédie chinoise? Et dans cette dernière, comment ne pas reconnaître un simple cas particulier _ mais significatif entre tous _ de l'universelle tragédie du tiers-monde? Cette tragédie au carré et au cube, même si elle semble sans précédent à l'observateur rapide, récapitule tous les facteurs de l'éternelle équation chinoise. Sans doute ceux-ci se retrouveront-ils longtemps dans les inévitables épisodes à venir d'un drame à rebondissements, qui bouleverse tour à tour bien des pays sous-développés et, par contrecoup, la planète entière. Le grand écrivain révolutionnaire Lu Xun, lui, ne se faisait pas d'illusions: " Pour les peuples attardés, il n'y a pas de raccourcis... Peuvent-ils se permettre la démocratie? "Le " Printemps de Pékin " a placé la Chine en face des terribles problèmes qui lui restent à résoudre. Lui en a-t-il donné la clef? Et si nous avions été victimes d'autant de "désinformation" à propos du drame chinois qu'à propos du drame roumain? Franz-Olivier Giesbert:" Alain Peyrefitte est le seul à avoir annoncé que le Printemps de Pékin se terminerait très mal... Quand l'Histoire est là, nous aussi, on doit faire preuve d'un peu plus de distance... " Alain Genestar:" Effectivement, quand Peyrefitte a dit: " Attention, vous allez voir, il va les reprendre en mains ", il était tout seul, j'étais de ceux qui disaient: " Il a une conception un peu XIXe siècle de la Chine. " Europe N° 1, (10 juin 1989).

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « Une solution généreuse du problème algérien », « une paix juste en Algérie » : telles sont les formules que, dans ses professions de foi pour les élections législatives du 23 et du 30 novembre 1958, Alain Peyrefitte s'était contenté d'inscrire à son programme. Alors que l'on embouchait la trompe, tantôt de « l'Algérie française » ou de « l'intégration », tantôt d'une « paix négociée », il ne se sentait pas en mesure d'indiquer de solution. A quoi bon couler dans le moule d'un slogan une réalité pour longtemps encore en fusion ? Aujourd'hui, la situation a mûri. Des tabous ont été levés. Des mythes se sont dégonflés. Le peuple français admet l'idée de l'indépendance de l'Algérie, comme il a admis celle de nos anciennes colonies. Il souhaite qu'on s'entende avec l'adversaire. Il est de plus en plus pressé de voir la fin. Cette fin paraît s'approcher à grands pas, mais quelle figure aura-t-elle ? Une paix négociée ? » Elle reste un idéal. Mais tant que la dispersion des Européens à travers tout le territoire, conséquence du fait colonial, transforme leur personne et leurs biens en autant d'otages virtuels entre les mains d'un gouvernement où le F.L.N. exercerait une influence prépondérante, la France se trouve potentiellement dans une situation de faiblesse qui rend la négociation difficile. Comment faire respecter la justice ? Comment fixer des garanties qui ne soient pas remises rapidement en cause ? Le F.L.N. n'a guère de raisons pour le moment de renoncer à des conceptions totalitaires auxquelles il paraît tenir autant qu'à l'indépendance elle-même. L'intégration ? Bien qu'elle soit théoriquement « généreuse », elle n'est plus une solution, si elle l'a jamais été. Elle ne mettrait pas fin à la guerre. L'association ? Ce serait une « solution juste et généreuse », mais apporterait-elle la paix ? Pour s'associer, il faut être deux. Ceux d'en face ont déclaré qu'ils repoussaient cette formule, taxée de néo-colonialisme. Alors, à moins d'une conversion miraculeuse, qu'il faut toujours souhaiter... Le départ ? C'est une solution injuste pour 2 ou 3 millions d'Européens et de Musulmans fidèles à la France, qui, faute de garanties efficaces, n'auraient le choix qu'entre l'exil et des risques de brimades ou même de massacres ; solution peu « généreuse », au demeurant, pour les autres Musulmans, qui seraient laissés aux prises avec de terribles problèmes. La partition ? Elle ne serait une « solution généreuse » et n'apporterait une « paix juste » qu'à certaines conditions très strictes, qui sont ici examinées. Cette « solution de désespoir », au fond, n'est pas si désespérante. Mais avant d'en arriver là, on devrait faire mieux...

  • « Une solution généreuse du problème algérien », « une paix juste en Algérie » : telles sont les formules que, dans ses professions de foi pour les élections législatives du 23 et du 30 novembre 1958, Alain Peyrefitte s'était contenté d'inscrire à son programme. Alors que l'on embouchait la trompe, tantôt de « l'Algérie française » ou de « l'intégration », tantôt d'une « paix négociée », il ne se sentait pas en mesure d'indiquer de solution. A quoi bon couler dans le moule d'un slogan une réalité pour longtemps encore en fusion ? Aujourd'hui, la situation a mûri. Des tabous ont été levés. Des mythes se sont dégonflés. Le peuple français admet l'idée de l'indépendance de l'Algérie, comme il a admis celle de nos anciennes colonies. Il souhaite qu'on s'entende avec l'adversaire. Il est de plus en plus pressé de voir la fin. Cette fin paraît s'approcher à grands pas, mais quelle figure aura-t-elle ? Une paix négociée ? » Elle reste un idéal. Mais tant que la dispersion des Européens à travers tout le territoire, conséquence du fait colonial, transforme leur personne et leurs biens en autant d'otages virtuels entre les mains d'un gouvernement où le F.L.N. exercerait une influence prépondérante, la France se trouve potentiellement dans une situation de faiblesse qui rend la négociation difficile. Comment faire respecter la justice ? Comment fixer des garanties qui ne soient pas remises rapidement en cause ? Le F.L.N. n'a guère de raisons pour le moment de renoncer à des conceptions totalitaires auxquelles il paraît tenir autant qu'à l'indépendance elle-même. L'intégration ? Bien qu'elle soit théoriquement « généreuse », elle n'est plus une solution, si elle l'a jamais été. Elle ne mettrait pas fin à la guerre. L'association ? Ce serait une « solution juste et généreuse », mais apporterait-elle la paix ? Pour s'associer, il faut être deux. Ceux d'en face ont déclaré qu'ils repoussaient cette formule, taxée de néo-colonialisme. Alors, à moins d'une conversion miraculeuse, qu'il faut toujours souhaiter... Le départ ? C'est une solution injuste pour 2 ou 3 millions d'Européens et de Musulmans fidèles à la France, qui, faute de garanties efficaces, n'auraient le choix qu'entre l'exil et des risques de brimades ou même de massacres ; solution peu « généreuse », au demeurant, pour les autres Musulmans, qui seraient laissés aux prises avec de terribles problèmes. La partition ? Elle ne serait une « solution généreuse » et n'apporterait une « paix juste » qu'à certaines conditions très strictes, qui sont ici examinées. Cette « solution de désespoir », au fond, n'est pas si désespérante. Mais avant d'en arriver là, on devrait faire mieux...

  • Alain Peyrefitte a partagé son temps entre la réflexion et l'action. Normalien, chargé de recherches au CNRS (anthropologie), maître de conférences à l'ENA, il s'interroge sur la dynamique des sociétés et les maladies de civilisation (Le Sentiment de Confiance, Le Mythe de Pénélope, Faut-il partager l'Algérie ? La Participation, La Drogue, Décentraliser les Responsabilités, Réponses à la violence, Quand la Chine s'éveillera).

  • Alain Peyrefitte a partagé son temps entre la réflexion et l'action. Normalien, chargé de recherches au CNRS (anthropologie), maître de conférences à l'ENA, il s'interroge sur la dynamique des sociétés et les maladies de civilisation (Le Sentiment de Confiance, Le Mythe de Pénélope, Faut-il partager l'Algérie ? La Participation, La Drogue, Décentraliser les Responsabilités, Réponses à la violence, Quand la Chine s'éveillera).

  • Ah ! Si Richelieu et Louis XIV avaient laissé les Protestants s'installer au Nouveau Monde, me déclara le Premier ministre quebécois ! Les premiers hommes sur la lune auraient parlé français, non anglais. Pour les sociétés centralisées, tout changement est agression. Hier, un roi se prenait pour l'État ; aujourd'hui, l'État se prend pour le roi. On ne peut regarder au fond de l'actualité, sans regarder d'abord au fond de l'histoire. Pendant longtemps, l'histoire de France a été une histoire parisienne - centralisée elle aussi.

  • Ah ! Si Richelieu et Louis XIV avaient laissé les Protestants s'installer au Nouveau Monde, me déclara le Premier ministre quebécois ! Les premiers hommes sur la lune auraient parlé français, non anglais. Pour les sociétés centralisées, tout changement est agression. Hier, un roi se prenait pour l'État ; aujourd'hui, l'État se prend pour le roi. On ne peut regarder au fond de l'actualité, sans regarder d'abord au fond de l'histoire. Pendant longtemps, l'histoire de France a été une histoire parisienne - centralisée elle aussi.

  • 250 à 300 images illustrant la première expédition britannique en Chine, conduite par Macartney, en 1792-1794. Pour l'essentiel, les oeuvres reproduites sont dues à William Alexander, peintre officiel de l'expédition. Elles proviennent d'estampes, d'aquarelles, de croquis, de dessins établis par l'artiste.

  • " Parlez, écrivez, agissez " sont les derniers mots de La Société de confiance, un de ces ouvrages dans lesquels Alain Peyrefitte ne se contente pas d'exposer une réflexion personnelle, mais où il s'efforce de la faire partager au plus grand nombre. Cette triple injonction, il se l'adressait à lui-même. Pour y répondre, les livres ne suffisaient pas. Un bref article dans un quotidien, une étude dans une revue, un discours, une intervention dans un colloque : autant de façons d'aller à la rencontre d'un public nouveau, de relever le défi de s'adresser à des lecteurs ou à des auditeurs pas forcément acquis d'avance. Autant d'exercices pour s'obliger à centrer sur l'essentiel, à chercher formules, images et exemples les plus efficaces, à éprouver son style et l'adapter aux circonstances. Les engagements d'Alain Peyrefitte ont multiplié les occasions d'écrire dans la presse ou de parler du haut d'une tribune. Ses responsabilités ministérielles successives l'ont amené, aux moments-clé de l'Histoire de France, à proposer et exposer analyses et réformes, de la justice à l'Éducation nationale. Enfin ont cheminé côte à côte au Figaro, à partir de 1983 et pendant les seize dernières années de sa vie, l'homme politique, l'écrivain et le journaliste, au plus près des événements. Auprès des grandes oeuvres qui font d'Alain Peyrefitte un des acteurs principaux de la scène intellectuelle française du XXe siècle, ce recueil, parce qu'il réunit des textes que la dispersion condamnait à l'oubli, a toute sa place. On y retrouve la grande curiosité et la diversité des combats d'Alain Peyrefitte, en même temps que l'unité et les axes fondateurs de sa pensée. Ce recueil illustre une dimension capitale de sa personnalité et de son influence : celle d'un homme d'État, penseur et écrivain.

  • Qu'est-ce que le développement ? Qu'est-ce qui permet la modernité, le progrès, la croissance ? Depuis Adam Smith et Karl Marx jusqu'à Max Weber et Fernand Braudel, on n'a cessé de s'interroger sur les causes de la « richesse des nations » ou de leur pauvreté. La plupart des penseurs ont privilégié les explications matérielles : capital, travail, ressources naturelles, climat. Et si les mentalités et les comportements constituaient le principal facteur du développement - ou du sous-développement ?Pour évaluer la fécondité de cette hypothèse, Alain Peyrefitte propose de revisiter l'histoire de la chrétienté occidentale, du XVe au XVIIIe siècle. Il montre en particulier que le développement en Europe trouve sa source dans ce qu'il appelle un « éthos de confiance » - disposition d'esprit qui a bousculé des tabous traditionnels et favorisé l'innovation, la mobilité, la compétition, l'initiative rationnelle et responsable.

  • L'Ecole normale supérieure a traversé deux siècles, deux empires, deux monarchies, cinq républiques. Quel est son passé récent? Son présent? A-t-elle encore un avenir?Aucun " lieu de mémoire " de l'intelligence française n'a sans doute suscité autant de littérature. Les romans, Mémoires, essais qui décrivent les moeurs de la tribu normalienne restaient dispersés. Il fallait les rassembler en florilège: ce fut l'objectif du premier Rue d'Ulm, composé en 1946. Que de changements, depuis lors! Entre-temps, appartenir à une élite était devenu un péché capital, dont on ne pouvait obtenir l'absolution qu'en se reniant. Qui rêverait d'entrer dans une institution dont les membres pratiquent l'auto-flagellation? L'Ecole a connu une longue éclipse. Il semble qu'en cette année de son bicentenaire, elle reprenne confiance en elle-même. Destinée à recruter des professeurs ou des chercheurs, elle continue à déboucher aussi sur la finance, le journalisme, l'industrie, la diplomatie ou la politique, le théâtre ou l'épiscopat... Les " archicubes " forment une pyramide à l'envers. Leur proportion parmi les licenciés est de plus en plus insignifiante; parmi les agrégés, beaucoup plus importante; parmi les énarques ou les docteurs, davantage encore. Ils détiennent le cinquième des fauteuils à l'Académie française, le quart à l'Académie des sciences morales et politiques, le tiers à l'Académie des sciences, les deux tiers à l'Académie des inscriptions et belles lettres, la moitié des chaires au Collège de France; sans compter le tiers des " prix Nobel " et les quatre cinquièmes des " Médailles Fields " vivants.On verra que les langues se sont déliées. Des zones d'ombre se sont éclairées: l'Ecole scientifique, quasi absente des précédentes éditions de l'ouvrage; la guerre, l'Occupation et la Résistance; le déferlement de la vague communiste après la Libération; le maoïsme et le gauchisme, les anathèmes, les abjurations; les mutations, les nouvelles carrières, l'ouverture au monde de l'entreprise; l'Ecole des femmes et la fusion avec Sèvres. Cette édition, où plus de la moitié des pages sont nouvelles, révélera au grand public, sous des signatures prestigieuses, la vie privée d'une grande école française, sans doute à la fois la plus illustre et la plus méconnue.

  • De Gaulle t.1

    Alain Peyrefitte

    • Fayard
    • 7 Novembre 2012

    Entre 1959 et 1969, Alain Peyrefitte, titulaire de plusieurs grands ministères et porte-parole du général de Gaulle pendant près de quatre ans, a eu avec celui-ci plus de trois cents entretiens en tête à tête. Il a pris note au jour le jour des propos tenus par le fondateur de la Ve République et livre un témoignage capital qui dresse le protrait intellectuel et moral du dernier héros de notre Histoire. Ce premier tome va de 1958 à la moitié des années 60 et raconte de l'intérieur l'instauration de la Ve République, la fin de la guerre d'Algérie, les choix de politique extérieure de la France en temps de guerre froide, d'émergence du tiers-monde et de réconciliation franco-allemande. Leur vie est un roman et ces romans ont changé le monde. Ils sont dix géants de l'Histoire qui ont fait de leur combat la plus palpitante des sagas. Ils ont façonné le XXe siècle et par là même marqué notre destin. Les éditions Fayard et le Nouvel Observateur se sont associés pour raconter leur histoire, qui a fait l'Histoire, à travers les meilleures biographies réunies dans cette collection : "les géants du XXe siècle". Essentiels pour comprendre le monde qui nous entoure, ces ouvrages de référence, très documentés, ont été écrits par des auteurs d'excellence. Ils sont présentés, à chaque fois, par un texte inédit de Laurent Joffrin.

     

  • 1792: une escadre anglaise emporte vers la Chine la première ambassade de S. M. britannique, conduite par lord Macartney. 1794: le lord est de retour. Mission accomplie? Non. Un choc de cultures s'est produit. Un choc frontal. Macartney et ses compagnons, sur la foi des témoignages jésuites, imaginaient avant leur départ un empire très évolué, sur lequel régnait le plus éclairé des despotes. Les marchands occidentaux parqués à Canton ont tenté en vain de les détromper. Une collision s'ensuivit entre la civilisation chinoise, ritualisée et immuable, et celle flexible et conquérante, des Anglais. Ses conséquences allaient lentement bouleverser les mentalités, puis la planète. La vision des Chinois (1992) a montré l'empereur Qianlong et ses mandarins recevant l'allégeance du roi d'Angleterre, puis expulsant le Barbare insoumis. Le regard des Anglais, centré sur la préparation et le déroulement de l'ambassade ainsi que sur les relations qui en furent faites, retrace, à travers des témoignages le plus souvent inédits, l'évolution de l'idée que les Britanniques se font de la Chine: leur opinion passe peu à peu de la "sinophilie utopique" à une "sinophobie méprisante" que nous ne retrouverons nullement dans L'oeil des missionnaires, dernier tome de notre trilogie. Tous ceux qui ont reconnu dans l'aventure relatée par L'Empire immobile une page prémonitoire de l'Histoire de l'humanité, trouveront dans ces trois ouvrages un complément indispensable.

  • En 1973 paraissait la première édition de Quand la Chine s'éveillera... le monde tremblera, rapport d'enquête sur l'état de la Chine dans l'été 1971, au beau milieu de la Révolution culturelle, mais après ses pires excès. En 1989, L'Empire immobile faisait revivre, d'après les sources non plus seulement anglaises mais chinoises, un rude choc culturel, survenu deux siècles plus tôt, entre la mission Macartney, envoyée par le pays alors à la pointe de la révolution industrielle, et la plus brillante des civilisations coutumières, immobile dans son enfermement; ce voyage initiatique dans la Chine de toujours montrait, par des comparaisons incessantes avec la Chine d'aujourd'hui, la stupéfiante permanence des comportements et mentalités collectifs. Ces deux livres ont connu un grand succès mondial. En 1990, La Tragédie chinoise analysait les causes, le déroulement, la répression brutale et les conséquences du " printemps de Pékin " de 1989. Voici maintenant, sept ans après cet épisode dramatique, la description de l'essor qu'annonçait Quand la Chine s'éveillera; la chronique des étapes qui y ont conduit; les carnets de route d'observations accumulées en une quinzaine de voyages _ le dernier en août-septembre 1996. Comment la Chine réussit-elle à rester elle-même tout en se modernisant et s'occidentalisant à vive allure? Elle se projette déjà dans le XXIe siècle comme la première puissance mondiale. Le monde va-t-il trembler?

  • De Gaulle t.2

    Alain Peyrefitte

    • Fayard
    • 18 Décembre 2012

    Entre 1959 et 1969, Alain Peyrefitte, titulaire de plusieurs grands ministères et porte-parole du général de Gaulle pendant près de quatre ans, a eu avec celui-ci plus de trois cents entretiens en tête à tête. Il a pris note au jour le jour des propos tenus par le fondateur de la Ve République et livre un témoignage capital qui dresse le portrait intellectuel et moral du dernier héros de notre histoire. Ce second tome part du mitan des années 1960 jusqu'à la mort du Général en 1970, et retrace notamment la politique économique de la France pendant les Trente Glorieuses, la guerre des six-jours, l'instauration du Marché commun, et la manière dont le Général a vécu Mai 68. Leur vie est un roman et ces romans ont changé le monde. Ils sont dix géants de l'Histoire qui ont fait de leur combat la plus palpitante des sagas. Ils ont façonné le XXe siècle et par là même marqué notre destin. Les éditions Fayard et le Nouvel Observateur se sont associés pour raconter leur histoire, qui a fait l'Histoire, à travers les meilleures biographies réunies dans cette collection : "les géants du XXe siècle". Essentiels pour comprendre le monde qui nous entoure, ces ouvrages de référence, très documentés, ont été écrits par des auteurs d'excellence. Ils sont présentés, à chaque fois, par un texte inédit de Laurent Joffrin.

     

empty