Littérature traduite

  • Les Carnets du sous-sol (Mémoires écrits dans un souterrain), publiés en 1864 et présentés comme deux fragments des mémoires d'un homme reclus, coupé d'un monde qu'il hait et qui l'humilie, dans lesquels il expose sa conception du monde et quelques épisodes de sa vie, sont en quelque sorte le prélude et la matrice des grands romans de Dostoïevski.
    « Je suis malade... Je suis méchant. [...] J'avais alors vingt-quatre ans. Ma vie était déjà morne, déréglée, farouchement solitaire. Je ne fréquentais personne, évitais même les conversations et me blottissais toujours davantage dans mon coin. »
    Traduction intégrale d'Henri Mongault, 1926.
    EXTRAIT
    Je suis malade... Je suis méchant. Je n'ai rien d'attrayant. Je crois avoir une maladie de foie. Au reste, je n'entends rien à ma maladie et ignore sa nature. Je ne me soigne pas et ne me suis jamais soigné, malgré l'estime que je professe pour la médecine et les médecins. De plus, je suis fort superstitieux, ou du moins suffisamment pour estimer la médecine. (Mon instruction ne m'empêche pas d'être superstitieux.) Non, je ne veux pas me soigner, par méchanceté. Vous ne comprenez sûrement pas. Mais moi je comprends. Bien entendu, je ne saurais vous expliquer qui pâtira de ma méchanceté?; je sais parfaitement que je ne puis « faire une crasse » aux médecins en ne recourant pas à leurs soins?; je n'ignore point qu'en agissant de la sorte, je ne cause du tort qu'à moi seul. Pourtant, si je ne me soigne pas, c'est par méchanceté. Je souffre du foie : eh bien, qu'il souffre encore davantage?!
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski est un écrivain russe, né à Moscou le 30 octobre 1821 et mort à Saint-Pétersbourg le 28 janvier 1881. Considéré comme l'un des plus grands romanciers russes, il a influencé de nombreux écrivains et philosophes.

  • Accusé de subversion politique, Dostoïevski fut à l'âge de vingt-huit ans condamné aux travaux forcés dans un bagne de Sibérie. Il fit dans ces Souvenirs le récit de cette terrible expérience dans la maison des morts qui allait transformer sa vision du monde et du peuple russe et le « ressusciter ».

    « Je me sentais un peu souffrant ces jours-ci, et je lisais la Maison des morts. Je n'en avais gardé qu'un souvenir incertain et j'ai relu le roman : je ne connais pas de meilleur livre dans toute la littérature moderne, y compris Pouchkine. » (Léon Tolstoï) « Dostoïevski a fait de sa description de la vie dans une prison de Sibérie une fresque dans l'esprit de Michel-Ange. » (Alexandre Herzen) Traduction intégrale d'Henri Mongault, 1956.

  • "J'ai déjà dit que les blâmables assiduités de la perfide blonde me faisaient honte, me froissaient, me blessaient jusqu'au fond du coeur. Mais il y avait à cela une cause secrète, étrange, sotte, que je dissimulais, qui me faisait trembler comme un avare sur son trésor, et à la seule pensée de laquelle - seul à seul avec ma tête chavirée, caché dans quelque coin bien sombre où ne pouvait atteindre le regard inquisiteur et moqueur d'aucune friponne aux yeux bleus -, à la seule pensée de laquelle j'avais le souffle coupé de confusion, de honte et d'effroi... Disons le mot : j'étais amoureux."

    Dans ce récit écrit en prison, Dostoïevski décrit l'éveil au monde d'un enfant qu'agitent les troubles d'un premier amour.

  • Persuadé que sa femme le trompe, Ivan Andréiévitch est prêt à tout pour confondre l'infidèle. Il la suit et la guette pendant des heures, il l'espionne et ouvre son courrier à la recherche d'une preuve, il se cache et se ridiculise... Une nouvelle légère et burlesque qui révèle l'humour grinçant de Dostoïevski.

  • Extraite des Frères Karamazov, la Légende du Grand Inquisiteur - précédée ici de la Révolte d'Ivan - constitue l'un des passages majeurs de l'oeuvre romanesque de Dostoïevski. À travers une mise en scène saisissante, elle oppose la douce figure du Christ de l'Évangile à celle de l'Inquisiteur médiéval, symbole d'un pouvoir absolu sur les corps et les âmes que l'écrivain russe ne cesse de dénoncer.Guerres, totalitarismes, intégrismes... cette parabole n'a pas fini de hanter la conscience moderne par sa force et son actualité. Comme le souligne Michel del Castillo dans sa présentation, elle « ne montre rien d'autre qu'un pari désespéré, proprement insensé, contre l'absurdité du monde, contre le mal, contre le réalisme froid des Églises, contre la tiédeur et le conformisme ».

  • En 1849, Dostoïevski est condamné au bagne pour ses idées. Déporté au sud-ouest de la Sibérie, dans la forteresse d'Omsk, où il passe cinq ans, il y côtoie des criminels et des hommes du peuple, des voleurs aussi bien que des condamnés politiques. De cette expérience douloureuse, où l'impossibilité d'être seul rivalise en cruauté avec les sévices et le travail forcé, l'auteur tire les Récits de la maison des morts.
    Dans ce roman largement autobiographique, qu'il fait passer pour des notes retrouvées chez un ancien forçat, Goriantchikov, Dostoïevski déploie une galerie de portraits où sont anticipés les personnages les plus marquants de ses oeuvres majeures. Son humanisme et son sens de l'observation font de ces récits consacrés au système pénitentiaire du temps des tsars un témoignage de première importance sur l'expérience concentrationnaire.

  • Les lettres des années 1869, 1870 et 1871 marquent la fin de l'exil de Dostoïevski en Occident. C'est une période entre toutes difficile. Sa trop longue absence a distendu les liens entre l'écrivain, ses correspondants littéraires et les revues qui le publient. Mais surtout, ce qui lui manque, ce n'est pas le mouvement des idées, qu'il suit attentivement, mais « la chair vivante » de la réalité russe, matière même du roman. « Sans la Russie, je perdrai mes forces et mes dons ! » s'écrie-t-il douloureusement.
    Le contact avec la terre natale lui est d'autant plus indispensable que l'écrivain est obsédé par l'idée d'un « roman définitif » où il s'exprimerait tout entier ; « Si je ne l'écris pas, il me torturera à mort ! » ; et qui mettrait en scène les errements d'une âme de grand pécheur. Mais de pressants besoins matériels l'obligent à entreprendre un ouvrage plus « commercial ». A contre-coeur, il esquisse un roman satirique visant les « socialistes-nihilistes ». Le travail avance difficilement jusqu'au jour où, dans un éblouissement, Dostoïevski découvre que le politique seul ne peut le satisfaire s'il ne s'imbrique dans les « thèmes éternels ». A côté des « nihilistes », apparaît un premier avatar du « grand pécheur » : Stavroguine, le véritable héros des Possédés, et le roman le plus hallucinant et le plus actuel de Dostoïevski commence à vivre.
    Ce sont les secrets de cette élaboration que le présent volume de Correspondance livre au lecteur.

  • À Roulettenbourg, ville d'eau imaginaire d'Allemagne au casino réputé, le jeune Alexeï est dévoré par son amour pour Pauline, la belle-fille d'un général dont il est l'employé.

    Ce livre, écrit et dicté par Dostoïevski en moins d'un mois pendant la rédaction de Crime et châtiment, décrit les tourments d'un homme plongé dans la passion insurmontable d'une femme et du jeu, qu'il a lui-même vécus.

    Traduction intégrale d'Henri Mongault, 1928.

  • Le narrateur, jeune étudiant de Saint-Pétersbourg, est appelé par son oncle dans sa propriété du village de Stépantchikovo. Toute la maisonnée semble sens dessus dessous et ne plus tourner qu'autour d'un nouveau venu : l'inénarrable Foma Fomitch.
    Ce roman comique et satirique publié en 1859 est le premier de Dostoïevski après ses dix années de bagne et d'exil.

    Traduction intégrale d'Henri Mongault, 1947.

  • A plus d'un titre, les lettres contenues dans ce IIIe tome de la Correspondance de Dostoïevski présentent un profond intérêt. Les années 1866, 67 et 68 auxquelles elles se rapportent, marquent une époque décisive dans la vie personnelle et littéraire de l'écrivain. Avec Crime et Châtiment, il entre dans la voie du grand roman philosophique qui a fait sa gloire.
    Ecrites à partir du printemps de 1867, de l'étranger où il s'est enfui pour éviter la prison pour dettes, ces lettres étalent, plus crûment et plus désespérément qu'à aucune autre période de sa vie, sa misère matérielle et physique, tout en permettant de mesurer la puissance de son génie. Nous voyons Dostoïevski toucher le fond d'un dénuement sans cesse aggravé par ses pertes à la roulette dont la passion le dévore ; ses crises d'épilepsie se rapprochent au point de devenir quotidiennes ; tout ce qu'il possède est mis en gage, jusqu'au dernier pardessus, jusqu'aux robes de sa jeune femme qu'il vient d'épouser, en secondes noces. L'enfant qui leur naît à Genève, ne survit pas. Ce sera un des plus grands chagrins qu'ait connus Dostoïevski. Harassé, épuisé, rongé par la nostalgie de la lointaine patrie, affreusement seul dans cet Occident hostile, il atteint cependant les sommets de son art. Au plus profond de cette détresse, nous le voyons composer le roman qui, de toute son oeuvre, lui tient le plus à coeur : l'Idiot. A travers l'image radieuse de son héros, reflet du Christ, c'est le déchirement passionné de l'âme russe écartelée entre les forces du bien et du mal.

  • Les Mémoires écrits dans un souterrain, publiés en 1864 et présentés comme deux fragments des mémoires d'un homme reclus, coupé d'un monde qu'il hait et qui l'humilie et dans lesquels il expose sa conception du monde et quelques épisodes de sa vie, sont en quelque sorte le prélude et la matrice des grands romans de Dostoïevski.

    « Je suis malade... Je suis méchant. [...] J'avais alors vingt-quatre ans. Ma vie était déjà morne, déréglée, farouchement solitaire. Je ne fréquentais personne, évitais même les conversations et me blottissais toujours davantage dans mon coin. » Traduction d'Henri Mongault, 1926.

  • Une fabuleuse adaptation manga du grand classique Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski ! À cause de la situation de pauvreté dans laquelle il vit, l'étudiant Raskolnikov finit par assassiner une vieille usurière pour lui voler son argent. Brillant, il est convaincu que sa théorie du génie lui permettra d'atteindre des sommets. Mais c'était sans compter sur les soupçons du juge d'instruction à son encontre, sa rencontre avec Sonia et ses propre remords...

  • Une fabuleuse adaptation manga du grand classique Les frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski ! L'exubérant et avide Fiodor Karamazov a été assassiné. La disparition de ce chef plonge le reste de la famille dans un combat de coq. Quel sens donner à l'existence de Dieu ? À ce qui est admissible ou pardonnable ? Et qui est l'assassin ?
    Les Frères Karamazov, l'un des pilliers de l'oeuvre de Dostoïevski, est superbement adapté dans un manga au trait puissant.

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