• L'idiot t.1

    Fiodor Dostoïevski

    « Il n'y a pas d'erreur, c'est un roi, d'une essence et d'une qualité telles que seul Shakespeare pourrait, chez les modernes, lui être comparé... Peut-être est-il, après Eschyle et Shakespeare, l'humain qui est descendu le plus profondément, le plus âprement dans l'abîme des coeurs et des corps... »
    Léon Daudet

  • L'idiot t.2

    Fiodor Dostoïevski

    - Écoutez ! Je sais que parler n'est pas bien : mieux vaut tout bonnement l'exemple, mieux vaut tout simplement commencer... j'ai déjà commencé... et - est-ce que réellement on peut être malheureux ? Oh, qu'est-ce que mon chagrin ou mon malheur, si j'ai la force d'être heureux ? Vous savez, je ne comprends pas comment on peut passer à côté d'un arbre, et ne pas être heureux de le voir, parler avec un homme, et ne pas être heureux de l'aimer ! Oh, seulement je ne sais pas m'exprimer..., mais combien il y a à chaque pas de choses si belles, que même l'homme le plus désemparé trouve belles ! Regardez l'enfant, regardez l'aurore du bon Dieu, regardez le brin d'herbe grandir, regardez les yeux qui vous regardent et qui vous aiment...
    Il était depuis longtemps déjà debout, parlant toujours. Le petit vieux le regardait maintenant avec épouvante. Elisabeth Procofievna poussa un cri : " Ah, mon Dieu " ayant deviné avant les autres, et joignit les mains. Aglaé courut vivement à lui, eut le temps de la recevoir dans ses bras et avec effroi, le visage déformé par la douleur, elle entendit l'esprit sauvage de " l'esprit qui avait secoué et terrassé " le malheureux.

  • Débarrasser l'humanité d'un « pou » malfaisant, satisfaire son idéal de justice et s'illustrer par un geste sublime : tels sont les motifs qui poussent Raskolnikov à tuer une vieille usurière. Mais sitôt que la hache s'abat sur sa victime, l'étudiant perd la raison... Nul mieux que Dostoïevski n'a peint la déchéance d'un homme : terrifié à l'idée qu'on découvre son crime, en proie au remords, au délire et à la paranoïa, le coupable erre dans les bas-fonds de Saint-Pétersbourg, rongé par cet insoutenable secret.
    Histoire d'une plongée en enfer, Crime et châtiment (1866), qui tient à la fois du roman policier, de la fresque sociale et du récit psychologique, est l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature russe.

  • "J'ai déjà dit que les blâmables assiduités de la perfide blonde me faisaient honte, me froissaient, me blessaient jusqu'au fond du coeur. Mais il y avait à cela une cause secrète, étrange, sotte, que je dissimulais, qui me faisait trembler comme un avare sur son trésor, et à la seule pensée de laquelle - seul à seul avec ma tête chavirée, caché dans quelque coin bien sombre où ne pouvait atteindre le regard inquisiteur et moqueur d'aucune friponne aux yeux bleus -, à la seule pensée de laquelle j'avais le souffle coupé de confusion, de honte et d'effroi... Disons le mot : j'étais amoureux."

    Dans ce récit écrit en prison, Dostoïevski décrit l'éveil au monde d'un enfant qu'agitent les troubles d'un premier amour.

  • Persuadé que sa femme le trompe, Ivan Andréiévitch est prêt à tout pour confondre l'infidèle. Il la suit et la guette pendant des heures, il l'espionne et ouvre son courrier à la recherche d'une preuve, il se cache et se ridiculise... Une nouvelle légère et burlesque qui révèle l'humour grinçant de Dostoïevski.

  • En 1849, Dostoïevski est condamné au bagne pour ses idées. Déporté au sud-ouest de la Sibérie, dans la forteresse d'Omsk, où il passe cinq ans, il y côtoie des criminels et des hommes du peuple, des voleurs aussi bien que des condamnés politiques. De cette expérience douloureuse, où l'impossibilité d'être seul rivalise en cruauté avec les sévices et le travail forcé, l'auteur tire les Récits de la maison des morts.
    Dans ce roman largement autobiographique, qu'il fait passer pour des notes retrouvées chez un ancien forçat, Goriantchikov, Dostoïevski déploie une galerie de portraits où sont anticipés les personnages les plus marquants de ses oeuvres majeures. Son humanisme et son sens de l'observation font de ces récits consacrés au système pénitentiaire du temps des tsars un témoignage de première importance sur l'expérience concentrationnaire.

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