• "Premier des romanciers modernes, Fiodor Dostoïevski est parmi les plus grands écrivains russes du XIXe siècle. Dans « Les Carnets du sous-sol », il fait le récit d'un homme reclus qui depuis son sous-sol observe le monde en contre-plongée. Le narrateur crache ses mots avec aigreur, son refus obstiné du bonheur, déverse ses angoisses et sa haine envers l'humanité. Ecrit en 1864, on y retrouve un condensé de la fureur barbare qui fait l'oeuvre de l'auteur et les bases des grands romans à venir : « Crimes et châtiments », « Le Joueur », ou « Les Frères Karamazov ». Produit par Mâya Heuse des Éditions Thélème, Hubert-Félix Thiéfaine, avec sa diction émue et mordante, à la fois constante et solennelle, arrive à transmettre à l'auditeur toute la mélancolie, la sincérité et la violence du roman. Il met à nue toute la poésie de cette oeuvre que l'on se prêterait à qualifier de proto-punk, par sa désillusion, sa vision désenchantée du monde et qui comme l'indiquait l'auteur, se voulait le récit « d'une génération en survie".
    Patrick FRÉMEAUX

  • "J'avais tout perdu, tout... Je sors du casino, je regarde... un florin se promenait encore dans la poche de mon gilet : «Ah ! j'ai encore de quoi dîner !» me dis-je. Mais après avoir fait une centaine de pas, je me ravisai et rebroussai chemin. Je mis ce florin sur manque (cette fois, c'était sur manque) et, vraiment, l'on éprouve une sensation particulière lorsque, seul, en un pays étranger, loin de sa patrie, de ses amis, et ne sachant pas qu'on va manger le jour même, on risque son dernier florin, le dernier, le dernier ! Je gagnais, et, vingt minutes plus tard, je sortis du casino avec cent soixante-dix florins en poche. C'est un fait. Voilà ce que peut parfois signifier le dernier florin! Et si je m'étais laissé abattre, et si je n'avais pas eu le courage de me décider ?... Demain, demain, tout sera fini !..."
    Dostoïevski, Le Joueur.
    "Entendre Le Joueur, c'est entendre une confession, c'est entendre une désespérance, mais c'est aussi entendre un chant d'amour. C'est entendre ce qu'Anna Grigorievna Snitkine a entendu pour la première fois, des mots qui lentement deviennent pour elle... Mais c'est encore entendre le mensonge, la duperie du moins. C'est croire avec Dostoïevski que l'aveu peut être une voie de rédemption. Mais c'est aussi une voie de leurre. Trop tôt peut-être a-t-il clamé son désir de changement, son repentir, sa volonté de sortir du coeur de la chute, dans cet enfer du jeu, dans ce Roullettenbourg, qui pour lui n'avait rien d'un lieu romanesque mais avait des couleurs infernales. Trop tôt peut-être encore a-t-il désespéré de lui. Trop tôt ? Ou trop peu sincèrement. Car ces mots mêmes qui sont les mots qui humilient, ne sont-ils pas aussi les mots qui procurent l'ivresse vertigineuse "d'une délectation morose"?..."

  • ´C'était surtout en hiver qu'on nous enfermait de bonne heure; il fallait attendre quatre heures au moins avant que tout le monde fût endormi, aussi était-ce un tumulte, un vacarme de rires, de jurons, de chaînes qui sonnaient, une vapeur infecte, une fumée épaisse, un brouhaha de têtes rasées, de fronts stigmatisés, d'habits en lambeaux, tout cela encanaillé, dégoûtant; oui, l'homme est un animal vivace! on pourrait le définir: un être qui s'habitue à tout, et ce serait peut-être là la meilleure définition qu'on en ait donnée.`



    Souvenirs de la maison des morts (1862) est un roman concentrationnaire de Fiodor Dostoïevski, se déroulant dans un goulag en Sibérie. Ce fut le premier récit publié à ce sujet et sinspire des quatre années de travail forcé que Dostoïevski lui-même a passé dans un bagne à Omsk.



    Ce récit se centre sur Alexandre, un gentleman envoyé au goulag, qui peine à sacclimater à son nouvel environnement. Ses camarades de prison, issus dune autre classe sociale, sen prennent à lui et le révulsent, mais avec le temps, les choses changent, et lui aussi.

  • ´Je n`avais pas encore onze ans, lorsqu`au mois de juillet on m`envoya passer quelque temps aux environs de Moscou, dans une terre appartenant à un de mes parents.`



    ´Le Petit Héros` est une nouvelle de Fiodor Dostoïevski publiée pour la première fois en 1857 dans la revue Les Annales de la Patrie. Un petit garçon est envoyé chez un parent pour le mois de juillet. Ce dernier est riche et a toujours beaucoup dinvités, mais il est aussi la victime dune belle blonde irrésistible. Il y aussi une autre invitée: Nathalie, une jolie brune dont le petit garçon séprend.

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