• Un génie littéraire aux multiples facettes.

    Ecrivain, voyageur, opposant de marque, ambassadeur, ministre, polémiste, oracle, amant ou idole des femmes en vue, pilier de la foi, toute sa vie Chateaubriand a occupé la scène. Romancier inégal, historien novateur, pamphlétaire étincelant, il déploiera tout son génie dans l'art de conter son existence pour la rendre conforme à l'idée qu'il s'en était faite. Sur le plan politique, traditionnaliste et moderniste, conservateur et libéral, il incarne et annonce tous les courants qui auront agité et façonné la société du XIXe siècle.
    Chateaubriand apparaît dans la présente biographie pleinement comme celui qu'il a été : farouchement indépendant, admettant mal d'obéir à un souverain à moins d'être son mentor, assoiffé de reconnaissance et d'applaudissements, bardé d'orgueil et de susceptibilité, toujours à court d'argent, croyant une grande carrière politique indispensable à la consécration de son talent, " se créant des obstacles, disait Mme de Boigne, pour avoir l'amusement de les franchir ", aimé des femmes plus qu'il ne les aimait, inventeur d'un " mal du siècle " qu'il ne ressentait pas, obligé par le succès du Génie du christianisme d'assumer une foi qui n'était guère ardente. Bien qu'il soit célébré dès le début du siècle comme le premier écrivain de son temps, bien qu'il ait obtenu ministère, ambassade et pairie, son appétit de gloire ne sera jamais assouvi. Il augmentera avec l'âge, au point de fournir à Talleyrand l'un de ses plus jolis traits : " Chateaubriand se croit sourd depuis qu'il n'entend plus parler de sa gloire. " Pour son biographe, Chateaubriand eût été plus admirable encore s'il avait écouté Louis XVIII : " Qu'il est grand quand il ne se met pas devant lui. "

  • La vie passionnée et tumultueuse de celle qui incarne presque à elle seule l'opposition à Napoléon. Digne héritière des Lumières, croyant au progrès indéfini du genre humain grâce à la pratique de la raison et de la liberté, Madame de Staël défend pendant la Révolution les idées libérales, prenant le parti des constitutionnels. Avec De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations, elle est la première à donner au mot " romantisme " sa signification nouvelle. De 1794 à 1808, sa liaison orageuse avec Benjamin Constant, chef de file des libéraux, la fait entrer dans l'histoire, tout comme sa farouche opposition à Napoléon dont elle a tenté d'être un moment l'égérie. Contrainte par ce dernier de " résider au moins à quarante lieues de Paris ", elle voyage à travers l'Europe, dont elle rapporte plusieurs ouvrages, notamment son célèbre De l'Allemagne qui permit à la France de mieux comprendre ce pays. De retour en France en 1814 après une longue période d'exil, elle meurt à Paris en 1817. Par la hardiesse de sa pensée, par son esprit d'indépendance, l'auteur des Considérations sur les principaux événements de la Révolution française semble aujourd'hui étonnamment moderne, et son génie singulier plus brillant encore qu'il ne le paraissait à ses contemporains. Avec le talent d'écriture et l'érudition qu'on lui connaît, Ghislain de Diesbach trace le portrait exhaustif d'une femme à la sensibilité rare, exigeante et tourmentée, disant d'elle-même : " Je suis une personne avec laquelle et sans laquelle on ne peut vivre. "


  • Le père du libéralisme français.

    Précurseur de Guizot en politique et de Chateaubriand en matière religieuse, inspirateur de certaines des plus fameuses doctrines économiques du XIXe siècle, considéré comme le père du libéralisme français, ce Genevois amoureux de la France apparaît, au crépuscule d'une société et d'une époque, comme un homme des temps nouveaux s'efforçant, au début de la Révolution, de défendre l'Ancien Régime contre les privilèges, les jacobins et Louis XVI lui-même.
    L'auteur trace ici un portrait de Necker plus plaisant que celui de l'histoire officielle et montre, sous l'étoffe un peu rêche du financier habile, de l'écrivain moralisateur, le ministre éclairé, l'homme d'esprit, mais aussi le père étonné et ravi de Mme de Staël. Une biographie magistrale portée de bout en bout par une plume inspirée.

  • La vie d'un prêtre, figure du milieu littéraire de la IIIe République ayant su allier un authentique apostolat à son amour pour l'art et les oeuvres de l'esprit. L'abbé Mugnier (1853-1944) a hanté sa vie durant le faubourg de Saint-Germain, pénétrant là où Proust rêvait d'être reçu, directeur de conscience des grands de ce monde, ami intime d'écrivains, d'artistes, de poètes, qui se confiaient d'autant plus volontiers à lui qu'il comprenait tout, excusait tout et pardonnait tout. Il a laissé un Journal vite devenu célèbre dans lequel il tient la chronique d'un monde aujourd'hui disparu. Cette première biographie, parsemée de nombreux portraits de personnalités littéraires et artistiques, raconte sa double ascension vers l'Olympe aristocratique et le Parnasse des lettres, animé qu'il fut jusqu'à la fin par cet enthousiasme en lequel il voyait le plus beau don de Dieu. Ghislain de Diesbach est l'auteur de nombreuses biographies à succès dont Chateaubriand, Ferdinand de Lesseps, Madame de Staël, et, bien sûr, Proust.

  • Le Gotha raconté par un homme d'esprit et un grand écrivain d'histoire: Une histoire dynastique de l'Europe. L'Almanach de Gotha, appelé simplement le Gotha, fut, entre 1763 et 1944, le guide de référence de la haute noblesse et des familles royales européennes. A partir de cette nomenclature, Ghislain de Diesbach brosse avec verve et finesse l'histoire de dix-sept maisons royales, princières ou ducales, qui ont régné sur une vingtaine de pays européens. En biographe accompli, il privilégie les portraits, raconte les secrets, rivalités, grandeurs et petitesses des souverains et des familles illustres ou oubliées qui ont fait l'Europe. L'humour, omniprésent, se conjugue avec la richesse des informations et la saveur des anecdotes pour offrir une histoire dynastique du Vieux Continent.

  • Monsieur de Diesbach nous montre ces princes, ces grandes duchesses, livrés à leurs instincts, raffinés et pervers. Toute une galerie de personnages étonnants passe sous notre regard. Chaque fois, Monsieur de Diesbach nous captive par un don d'évocation souligné d'une ironie sans méchanceté ; chaque fois, il nous laisse en suspens sur une moralité secrète. On le lit avec une satisfaction sans cesse renouvelée... Monsieur de Diesbach est tout à la fois un conteur classique français et un fabulateur à la manière d'Hoffmann.

  • Que les gens sont mal élevés ! Un rappel de savoir-vivre.
    Il faut considérer aujourd'hui le savoir-vivre comme un chef d'oeuvre en péril, car la politesse est mal vue aujourd'hui, voire condamnée au nom d'une certaine morale, issue de mai 1968. Ne dit-on pas d'ailleurs " Trop poli pour être honnête " ? Depuis le fameux slogan " Il est interdit d'interdire ", la politesse est considérée non seulement comme surannée, mais immorale en ce sens qu'elle est faite d'interdictions destinées à discipliner chez l'homme sa sauvagerie primitive. Elle apparaît non seulement comme un effet de l'éducation, mais aussi de l'intelligence et du raisonnement, en vertu de ce principe évangélique : " Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse à toi. " C'est d'ailleurs un conseil de prudence et le fondement de toute morale, païenne ou chrétienne. Et c'est également, si l'on peut dire, un bon placement, ainsi que l'écrivait Mme de Saint-Lambert, amie des philosophes : " Il faut se sacrifier au bonheur des autres pour que les autres se sacrifient à nous. Tout est fondé sur une réciprocité. On fait un prêt, dont on perçoit les intérêts. C'est la banque du bonheur, mais il y de a l'agiotage ! " Dès que cèdent les barrières patiemment édifiées au cours des siècles, déferle une barbarie à laquelle on veut chercher d'autres causes. Lorsque des Anglais, dits " les monstres de Chester ", avaient filmé les tortures infligées jusqu'à ce que mort s'ensuive à des adolescents, bien des gens s'étaient indignés d'une telle sauvagerie, et Philippe Jullian, au lieu de se joindre au choeur des lamentations, s'était contenté d'observer : " Ce ne sont pas des monstres, ce sont seulement des gens qui n'ont pas été élevés, on ne leur a jamais dit que cela ne se faisait pas... " C'est le même qui devait d'ailleurs observer un autre jour : " Tous les gens sont mal élevés, mais les gens du monde, au moins, savent qu'ils le sont... "

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Fille unique du célèbre Necker, Germaine de Staël, née en 1766, est élevée dans le respect des principes de l'Emile de Jean-Jacques Rousseau dont elle défendra fidèlement la mémoire. Elle côtoie très jeune, dans le salon de sa mère, les hommes les plus illustres de son temps auprès desquels elle développera une intelligence exceptionnelle : Marmontel, d'Alembert, Diderot, Grimm, Buffon. En 1786, elle épouse le baron de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède à Paris et protestant comme elle. Elle en aura trois enfants mais s'en séparera en 1796. Lorsque éclate la Révolution, et alors que son père se réfugie dans son château de Coppet en Suisse, Mme de Staël défend dans son salon parisien les idées libérales, prenant le parti des monarchiens ou constitutionnels. Lors de la chute de la royauté, elle s'installe à Coppet. De 1794 à 1808, sa liaison orageuse avec Benjamin Constant, chef de file des libéraux, la fait entrer dans l'histoire, tout comme sa farouche opposition à Napoléon dont elle a tenté d'être un moment l'égérie. Mais l'Empereur ne pouvait avoir que de la répugnance pour une femme s'occupant de politique, qui plus est s'étant rangée dans le camp des idéologues. Sommée par lui dès le début de l'Empire de « résider au moins à quarante lieues de Paris », elle se fixe à Coppet tout en entreprenant de nombreux voyages en Italie, qui lui inspirera Corinne, ou en Allemagne, d'où elle rapportera De l'Allemagne. Les allusions dont fourmille le livre déplaisent à Napoléon qui fait piloner l'ouvrage et lui intime l'ordre de ne plus quitter la Suisse. Passant outre, elle parcourt l'Europe en tout sens et, partout, travaille à la coalition contre l'Empire. Son livre le plus célèbre, Considérations sur les principaux événements de la Révolution française, sera publié à titre posthume. Avec la sûreté de jugement et l'érudition qu'on lui connaît, l'auteur trace le portrait exhaustif d'une femme à la sensibilité rare, passionnée, ombrageuse, exigeante et tourmentée, disant d'elle-même : « Je suis une personne avec laquelle et sans laquelle on ne peut vivre. » Mme de Staël incarne avec Chateaubriand l'un des deux tempéraments d'écrivains les plus personnels du siècle. Digne héritière du siècle des Lumières, elle fut la première à donner au mot romantisme sa signification nouvelle. Par la hardiesse de sa pensée, par son esprit d'indépendance, Mme de Staël, à deux siècles de distance, semble étonnamment moderne, et son génie singulier plus brillant encore qu'il ne paraissait à ses contemporains.

  • La vie de Chateaubriand (1768-1848) justifie le mot de Lamennais : "Il est à lui seul toute une comédie." Et celui de Lamartine : "C'était un génie, mais c'était aussi un rôle plus qu'un homme. Il lui fallait plusieurs costumes devant la postérité." Ecrivain, voyageur, opposant de marque, ambassadeur, ministre, polémiste, oracle, amant ou idole des femmes en vue, pilier de la foi, il a constamment occupé la scène. Romancier inégal, historien novateur, pamphlétaire étincelant, il déploiera tout son génie dans l'art de conter sa vie pour la rendre conforme à l'idée qu'il s'en était faite. "Bourbonien par honneur, dit-il de lui-même, monarchiste de raison, républicain par goût et par caractère", traditionnaliste et moderniste, conservateur et libéral, il incarne et annonce tous les courants qui auront agité et façonné la société du XIXe siècle. Cette existence multiple, cet "enchanteur" pétri de contradictions, Ghislain de Diesbach les raconte et les dissèque en écrivain de race, avec l'élégance de style et l'esprit savoureux qui imprègnent ses biographies, en historien rigoureux, en scrutateur subtil et incisif des grandeurs et des faiblesses de son héros. De son enfance à Combourg à sa mort rue du Bac, à travers ses pérégrinations, ses écrits, ses états d'âme, ses actes et ses postures, Ghislain de Diesbach met à nu l'homme et l'écrivain. Il le dépeint farouchement indépendant, admettant mal d'obéir à un souverain à moins d'être son mentor, assoiffé de reconnaissance et d'applaudissements, bardé d'orgueil et de susceptibilité, toujours à court d'argent, croyant une grande carrière politique indispensable à la consécration de son talent, "se créant des obstacles, disait Mme de Boigne, pour avoir l'amusement de les franchir", aimé des femmes plus qu'il ne les aimait, inventeur d'un "mal du siècle" qu'il ne ressentait pas, obligé par le succès du Génie du Cristianisme d'assumer une foi qui n'était guère ardente. Bien qu'il soit célébré dès le début du siècle comme le premier écrivain de son temps, bien qu'il ait obtenu ministère, ambassade et pairie, son appétit de gloire ne sera jamais assouvi. Il augmentera avec l'âge, au point de fournir à Talleyrand l'un de ses plus jolis traits : "Chateaubriand se croit sourd depuis qu'il n'entend plus parler de sa gloire." Pour son biographe, Chateaubriand eût été plus admirable encore s'il avait écouté Louis XVIII : "Qu'il est grand quand il ne se met pas devant lui." Ghislain de Diesbach, salué comme un des meilleurs biographes actuels, est l'auteur chez Perrin de L'Histoire de l'émigration, Madame de Staël, Necker, La princesse Bibesco, La Double Vie de la duchesse Colona, Un esthète aux enfers : Philippe Jullian et L'Abbé Mugnier. Son Proust a obtenu le Grand Prix de la biographie de l'Académie française.

  • Tel Saint-Germain ou Cagliostro, ces illustres illusionnistes qui ont enchanté les derniers beaux jours du XVIIIe siècle, Favre de Thierrens laisserait volontiers croire qu'il n'a pas d'âge, que sa vaste érudition n'est qu'une sorte de mémoire séculaire, que ses fabuleuses collections sont le fruit de voyages à travers les cours d'Europe, cadeaux de souverains qu'il a charmés, et que son talent lui-même n'est qu'un jeu, une fantaisie, un caprice de grand seigneur qui, par curiosité, de Mécène s'est fait artiste et, à la surprise générale, s'est révélé un maître... Il a pourtant une date de naissance, des aïeux, une carrière militaire glorieuse : né à la fin d'une époque qui fut belle, dans une ville qui se souvient encore de Rome ; il est l'héritier d'une antique civilisation, à laquelle son extraordinaire vitalité donne un lustre nouveau. Patricien romain, formé à l'école du XVIIIe siècle, il a su traverser le XXe avec la sérénité d'un épicurien du temps d'Auguste, l'éclectisme d'un esprit de la Renaissance, et la fougue d'un cavalier de l'épopée impériale. Héros, que son invulnérabilité quasi miraculeuse fit sortir vainqueur de vingt combats, il y a en lui quelque chose de magique, qui le place en dehors des voies ordinaires de la destinée humaine : il passe, tour à tour, de l'Aviation de chasse pendant la Première Guerre, aux services secrets de l'Armée pendant la Seconde, du métier des armes à celui des arts, et qu'il soit peintre, poète ou collectionneur, gentleman farmer ou cinéaste, il excelle dans tous les domaines où il s'aventure, et sa réussite exceptionnelle en tant que peintre lui vaut désormais une réputation qui dépasse peut-être ses autres titres de gloire. Ayant vécu ce que d'autres n'ont même pas rêvé, Favre de Thierrens peut se vanter d'avoir tout fait dans son existence, sauf un roman, mais sa vie n'en est-elle pas un ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Tel Saint-Germain ou Cagliostro, ces illustres illusionnistes qui ont enchanté les derniers beaux jours du XVIIIe siècle, Favre de Thierrens laisserait volontiers croire qu'il n'a pas d'âge, que sa vaste érudition n'est qu'une sorte de mémoire séculaire, que ses fabuleuses collections sont le fruit de voyages à travers les cours d'Europe, cadeaux de souverains qu'il a charmés, et que son talent lui-même n'est qu'un jeu, une fantaisie, un caprice de grand seigneur qui, par curiosité, de Mécène s'est fait artiste et, à la surprise générale, s'est révélé un maître... Il a pourtant une date de naissance, des aïeux, une carrière militaire glorieuse : né à la fin d'une époque qui fut belle, dans une ville qui se souvient encore de Rome ; il est l'héritier d'une antique civilisation, à laquelle son extraordinaire vitalité donne un lustre nouveau. Patricien romain, formé à l'école du XVIIIe siècle, il a su traverser le XXe avec la sérénité d'un épicurien du temps d'Auguste, l'éclectisme d'un esprit de la Renaissance, et la fougue d'un cavalier de l'épopée impériale. Héros, que son invulnérabilité quasi miraculeuse fit sortir vainqueur de vingt combats, il y a en lui quelque chose de magique, qui le place en dehors des voies ordinaires de la destinée humaine : il passe, tour à tour, de l'Aviation de chasse pendant la Première Guerre, aux services secrets de l'Armée pendant la Seconde, du métier des armes à celui des arts, et qu'il soit peintre, poète ou collectionneur, gentleman farmer ou cinéaste, il excelle dans tous les domaines où il s'aventure, et sa réussite exceptionnelle en tant que peintre lui vaut désormais une réputation qui dépasse peut-être ses autres titres de gloire. Ayant vécu ce que d'autres n'ont même pas rêvé, Favre de Thierrens peut se vanter d'avoir tout fait dans son existence, sauf un roman, mais sa vie n'en est-elle pas un ?

  • Intelligence, grâce et beauté, charme et séduction, Marthe Bibesco, riche de tous ces dons, se jugeait presque trop comblée : "Je suis humiliante sans le savoir...", soupirait-elle. À travers un mariage houleux, et des liaisons illusoires, elle a cherché longtemps son égal, et n'a rencontré que des miroirs ou des masques. De tous les hommes qu'elle a cru aimer, seul l'abbé Mugnier, son confident, ne l'a pas déçue. Hantée par le souci de survivre, et de sauver de l'oubli ceux qui lui en paraissaient dignes, elle a vécu, dès son adolescence, pour écrire ses Mémoires, retrouver le temps perdu. "Je voudrais inventer une machine à imprimer la vie", aimait-elle à dire et, pendant plus de soixante ans, elle s'efforça d'immortaliser l'éphémère. Élevée sur les marches de plusieurs trônes, elle devint - à son tour - une de ces reines intemporelles, qui fascinaient Proust et enchantaient Claudel. Partagée entre Bucarest et Paris, Londres et Berlin, sa vie fut celle d'un personnage de Paul Morand, éternelle passagère de l'Orient-Express, des grands transatlantiques, et même d'un avion personnel, qui lui permit de promener sur la Terre le regard émerveillé d'un Christophe Colomb. Toujours avide d'horizons nouveaux, elle l'était aussi de grands hommes, les recherchant moins par goût du pouvoir, que par désir de savoir avant les autres, d'être à la fois le coeur et le cerveau de cette Europe dont elle se croyait l'égérie. Dans son oeuvre romanesque, comme dans son Journal inédit, une des principales sources de cette biographie, elle a su évoquer bien des figures tragiques ou pittoresques, de la famille royale de Roumanie et de Grande-Bretagne aux derniers Romanov, de Proust à Churchill, de Gorki à Mussolini, d'Anatole France à la comtesse de Noailles, en passant par Henry de Jouvenel, Goering et Ramsay MacDonald. Parmi ses contemporains, peu échappent à l'acuité de son regard, à la finesse de son jugement, et à sa verve parfois mordante. Cette biographie, qui utilise nombre d'archives ou de correspondances encore inconnues, ressuscite un personnage, et révèle maints aspects d'une époque.

  • Philippe Jullian, 1909-1977, observateur caustique de la vie provinciale, a donné son chef-d'oeuvre avec $$Café-society$$, peinture acerbe d'une coterie internationale. A partir de 1962, il commença une carrière d'historien avec une série de biographies.

  • Des situations paradoxales et des caractères bizarres, marqués souvent par la folie : une atmophère irréelle, en dépit du réalisme, parfois brutal, des événements ; des passions inassouvies menant à des crimes, ou encore la frivolité comme solution de bien des embarras, tels sont les moyens employés par Ghislain de Diesbach pour peindre, en dix nouvelles, en Europe aujourd'hui disparue. Entre 1795 et 1945, le lecteur effectue, dans le temps et dans divers pays, un voyage qui commence en France, où un jeune aristocrate ouvre, en pleine Terreur, une école de mauvaises manières pour permettre à ses semblables de s'adapter au nouveau régime. L'élégance et la rigueur du style, inspiré de celui de Candide, font oublier l'amoralité des égarements du coeur et de l'esprit qui imprégnent ces nouvelles. Original, jusque dans ses parodies et ses complicités, Ghislain de Diesbach a en effet l'art de donner, par l'humour, par l'ingéniosité des formules et la perfidie du trait, un ton délicat au scabreux, une grâce au cynisme, et de se moquer avec esprit de ce qu'il aime.

  • Le monde dans lequel mes parents s'avisèrent de me mettre, le 6 août 1931, n'était plus celui des années folles, déjà dépassées, ni celui de la crise de Wall Street - nous étions déjà ruinés depuis longtemps -, mais un monde révolu depuis la chute de l'Empire, le second, bien sûr ! Ses dernières images, affaiblies, presque effacées, furent les premières que je feuilletai en apprenant à lire dans Le Magasin pittoresque ou Le journal d'éducation et de récréation de M. Hetzel. Les fées qui se penchèrent sur mon berceau avaient été jeunes et belles sous l'Empire ; c'est dire assez qu'elles ne l'étaient plus. Leur grand âge donnait à leurs souvenirs le charme qu'elles avaient perdu. L'une avait fait le tour du monde, peu d'années avant Phileas Fogg, l'autre avait voyagé en Orient et connu mille aventures à une époque où les dames, même un peu dévergondées, restaient chez elles. À côté de ces fées, il y avait des magiciens qui racontaient leur jeunesse au Canada, vers 1880, ou leur découverte d'Angkor, au début du siècle. Lorsque toutes ces personnes étaient lasses d'égrener leurs souvenirs, elles se débarrassaient de moi en me donnant des livres de Jules Verne, où je retrouvais l'atmosphère de leurs récits. En dépit de mon admiration pour cet auteur de génie, dont l'oeuvre m'apparaissait un peu comme une immense encyclopédie, mes études furent loin d'être aussi brillantes que mes parents - dans leur naïve ambition - le souhaitaient. Je décidai de faire mon droit où j'espérais trouver des loisirs. Des loisirs à la littérature, il n'y a qu'un pas, franchi avec allégresse et qui, à travers l'Histoire ou la fantaisie, m'a ramené à l'enchanteur de mon enfance, à ce Jules Verne plus actuel que jamais, mais en qui j'ai préféré voir un poète du XIXe siècle plutôt qu'un visionnaire dont les anticipations ne laissent plus de place au rêve maintenant qu'elles sont devenues une réalité. C'est ce que j'ai essayé de montrer dans ce Tour de Jules Verne.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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