• Petit paysan illyrien, Pierre Sabbatius fut, à la fin du Ve siècle, adopté par son oncle Justin, lui-même ancien berger qui avait fait carrière dans la Garde impériale de Constantinople. L'oncle illettré fit de son fils adoptif, devenu Justinien, un savant puis, parvenu miraculeusement au trône, l'associa au pouvoir. Consul, César puis Auguste à son tour, Justinien, nostalgique du vieil Empire romain tombé sous les coups des Barbares, travailla sans désemparer à reconquérir l'Occident. En un quart de siècle, avec l'aide de généraux prestigieux comme Bélisaire ou Narsès, il récupéra l'Afrique sur les Vandales, l'Italie sur les Ostrogoths et une partie de l'Espagne sur les Wisigoths. Conquérant, législateur, bâtisseur, théologien, ce monarque ultra-catholique épousa une actrice hérétique, Théodora, qui fut peut-être prostituée. Ayant élevé cette femme superbe, intelligente et cruelle jusqu'au trône, il forma avec elle l'un des couples les plus célèbres et les plus stupéfiants de l'Histoire. La mort de Justinien en 565 marqua la fin du rêve impérial et la consommation du divorce entre l'Orient et l'Occident.

  • Le monde s'apprête à fêter le deux millième anniversaire de la naissance du Christ et l'entrée de la chrétienté dans le troisième millénaire. Pourtant, beaucoup ignorent que la merveilleuse histoire commencée dans une crèche de Palestine aurait pu s'achever tragiquement au début du IVe siècle. À cette époque, en effet, l'Empire romain décida d'éliminer une bonne fois pour toutes la religion chrétienne qui, venue de Judée, menaçait d'investir l'ensemble de la Romanité. Pendant près de dix ans, les empereurs Dioclétien, Maximien, Galère et Maximin II Daïa s'acharnèrent à détruire le christianisme par une persécution effroyable et jusqu'alors inégalée. Crucifixions, décapitations, noyades, lapidations, pendaisons, tortures de toutes sortes devaient éradiquer la pernicieuse doctrine. En 312, le miracle se produisit. Constantin, Auguste de la Gaule, décida de réunifier l'Empire en s'emparant d'abord de l'Italie. Peu de temps avant la décisive bataille du pont Milvius qui devait l'opposer à son rival le plus dangereux, l'empereur païen Maxence, Constantin vit un phénomène étrange dans le ciel. Il crut d'abord à une manifestation d'Apollon, le dieu protecteur de sa famille, mais fut bientôt persuadé que c'était le Christ qui, en réalité, soutenait son combat. Vainqueur au pont Milvius, Constantin entra dans Rome. Reconnaissant, il fit quérir le chef de la communauté chrétienne, le pape Miltiade, à peine sorti de la clandestinité des catacombes, et l'installa solennellement au palais impérial du Latran. L'aventure fabuleuse de l'Église catholique commençait. Seize siècles après, elle dure toujours, et le pape Jean-Paul II, glorieusement régnant, est le successeur direct de ce Miltiade, transi et en haillons, que Constantin promut au rang d'interlocuteur privilégié du pouvoir impérial.

  • Il y a cent ans, le 22 janvier 1901, s'éteignait Alexandrina Victoria de Grande-Bretagne, plus connue sous le nom de Victoria Ire. Au cours d'un règne qui fut le plus long de la monarchie britannique, l'Angleterre se hissa au premier rang des nations par sa puissance économique et l'étendue d'un empire que seul Rome, avant elle, avait égalé. Dans le même temps, alors que l'Europe était en proie aux convulsions et que la France s'épuisait à changer de régimes politiques, les Anglais, pragmatiques, conservaient la monarchie en lui ôtant tout pouvoir de nuisance et bâtissaient une démocratie parlementaire exemplaire. Bien que de tempérament autoritaire et capricieux, Victoria fut convaincue par le prince Albert, son mari, que la royauté, s'appuyant sur les classes moyennes entreprenantes, devait accompagner l'évolution démocratique et non la freiner. Elle devint ainsi le symbole vivant - et presque divinisé à la fin de son règne - d'une nation britannique persuadée que Dieu lui avait donné mission de dominer le monde. Follement amoureuse de son mari mais indifférente à ses enfants, imbue de son rang mais très critique à l'égard de l'aristocratie, incarnant la morale bourgeoise mais s'affichant elle-même avec un valet d'écurie puis avec un domestique indien, méfiante à l'égard du cosmopolitisme mais faisant d'un Juif son Premier ministre adulé, patriote jusqu'au chauvinisme mais conservant une étrange tendresse pour la France, Victoria fut pétrie de contradictions. Cette personnalité complexe, moderne par bien des aspects, justifie l'intérêt du biographe et la curiosité du public.

  • De Georges 1er de Grèce qui régna cinquante ans sans jamais intervenir dans les affaires intérieures à Tomislav II de Croatie qui, refusant de collaborer avec le fascisme, déposa la couronne au bout de cinq jours, les Balkans offrent un tableau saisissant de monarques hauts en couleur s'efforçant par des moyens divers et souvent contradictoires d'établir la royauté dans une région terriblement mouvante de l'Europe. Ils eurent leurs heures de gloire et de douleur et furent longtemps injustement oubliés. L'effondrement du mur de Berlin et la libération de l'Europe orientale ont suscité un nouvel intérêt pour leur histoire qui fut aussi, et surtout, celle de nations s'affranchissant au XIXe siècle de la tutelle ottomane pour tomber au XXe siècle sous le joug hitlérien ou stalinien. Ce livre, qui s'adresse à tous les démocrates sincères, monarchistes ou républicains, n'est pas un ouvrage polémique ou de propagande. Il n'a pour ambition que de montrer, pour que les peuples puissent enfin juger avec sérénité. Il s'adresse bien sûr au public occidental qui redécouvre aujourd'hui cette partie du continent, mais peut-être plus encore à la jeunesse balkanique qui, rejetant les préjugés imbéciles, les querelles partisanes stériles et les haines ethniques inacceptables, construira avec nous l'Europe de demain, c'est-à-dire une Europe fraternelle, démocratique et sociale.

  • Retrouvez dans ce dossier gratuit les premiers chapitres de 15 titres incontournables recommandés par l'Éducation nationale :

    Ali Baba et les quarante voleurs ; La farce de maître Pathelin ; Artemis Fowl - Tome 1 (Eoin Colfer) ; Moi, Boy (Roald Dahl) ; Tobie Lolness - Tome 1 (Timothée de Fombelle) ; L'innocent de Palerme (Silvana Gandolfi) ; Le capitaine Fracasse (Théophile Gautier) ; L'Iliade (Homère) ; Phaenomen - Tome 1 (Erik L'Homme) ; La parure et autres contes cruels (Guy de Maupassant) ; Le Petit Prince (Antoine de Saint-Exupéry) ; Vendredi ou la vie sauvage (Michel Tournier)

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