• Novembre 1989... Le mur de Berlin tombe, le passé resurgit, une jeune femme s'interroge sur son enfance : une communauté comme il en exista des centaines, peut-être des milliers en France, au début des années 70. Celle où vécut sa mère s'appelait La grande verrière, un ancien atelier vitré transformé en salle commune, dans un immeuble pittoresque de Besançon : sous la bulle de verre : Didier, Claire, Éric, Joëlle, Le Filou, Laure, Marie-Pascale, un couple d'établis, et quelques autres, tentent de vivre autrement ; conscients de ce qu'ils refusent ; hésitants sur ce qu'ils désirent. La Grande Verrière est traversée des regards fascinés, ou critiques, de l'entourage. Vont-ils réussir à inventer de nouveaux modes de vie, repenser l'amour, le couple, le partage, l'éducation des enfants ? Tant de rêves les habitent. Rêves que croisent les appels à l'autogestion des ouvriers de Lip, les luttes des femmes pour leurs libertés, souvenirs qui hantent la cité utopique toute proche d'Arc-et-Senans. Deux ans de recherches et d'espoirs...

  • Casque d'or, Thérèse Raquin, Les Diaboliques, Les Chemins de la haute ville, L'Armée des ombres, Le Chat, La Veuve Couderc, Les Granges brûlées, La Vie devant soi, L'Etoile du Nord...

    La liste des grands rôles de Simone Signoret est longue, ponctuée de chefs-d'oeuvre, et raconte aussi bien le parcours d'une femme de son temps que l'histoire d'un pays. Pendant près de quarante ans, depuis l'immédiat après-guerre jusqu'à sa disparition prématurée en 1985, Simone Signoret a régné sur le cinéma français. De ses premiers grands rôles, où sa beauté atypique enflamme les écrans de l'hexagone, avant de conquérir le monde et le coeur d'Yves Montand, jusqu'aux dernières années, où elle fait du temps qui passe sa marque de fabrique, la star, qui était tout le contraire d'une star, a laissé une trace indélébile dans la légende du septième art.

    Femme de combats, l'actrice, auréolée d'un Oscar à Hollywood en 1960, a également participé de toute sa foi à ce qui justifiait aussi sa vie. A son aise sous les projecteurs comme dans les manifestations, elle était de toutes les croisades, contre la guerre et la bombe atomique, contre le racisme et l'intolérance... De ses origines juives, de ses histoires d'amour, de sa famille ; de son espoir toujours renouvelé d'une société meilleure, elle livrera quelques clés dans ses deux livres, La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était et Adieu Volodia, mais sans véritablement lever le voile sur celle qui restera à jamais une figure mythique du XXe siècle.

    Une vérité que révèle cette biographie intime et documentée.

  • Musset, Chopin furent ses amants célèbres, mais savait-on l'ardente passion de George pour l'avocat républicain Michel de Bourges, sa longue liaison avec le graveur Manceau, sa tendre aventure épistolière avec l'auteur de Madame Bovary, Gustave Flaubert ? Elle fut l'amie des plus illustres créateurs, se trouva mêlée aux trois grands soubresauts de la politique au XIXe 1830, 1848, 1871, hésitant en politique entre enthousiasme passionné et prudence paysanne. Travailleuse acharnée, femme de tête si souvent traitée de "bas-bleu", George ne dédaignait pourtant ni la cuisine, ni la couture, n la broderie, ni la confection des marionnettes, ni les soins d'éducation à ses enfants, puis à ses petites-filles. L'amante échevelée de Venise, la fumeuse de houka, l'avocate de l'égalité des droits des femmes dans le mariage fut une femme avant tout généreuse et humaine. Il fallait le regard d'une autre femme, généreuse et humaine elle aussi Huguette Bouchardeau, pour expliquer les doutes de l'adolescente, l'étroitesse de sa vie de femme mariée, la culpabilité de ses amours vagabondes pour comprendre que l'envie et le bonheur d'exister ont toujours été plus forts chez George Sand que le désir de gloire ou l'amour du pouvoir.

  • Ministre de l'environnement pendant trois ans, l'auteur nous donne, ici, des mémoires d'exercices ministériels.

  • Le bonheur est une idée neuve, proclamait Saint-Just en 1793. Cette recherche-là est devenue urgence. Quelle nuit du 4 août balaiera les privilèges - anciens et nouveaux - d'une société crispée, hiérarchisée, patriarcale, policière, nucléaire, militariste, obéissante et exploiteuse ? L'alternative au « tout-nucléaire », la semaine de trente heures, la ville reconstruite, les hiérarchies cassées : pour Huguette Bouchardeau, le futur est le contraire d'un rapiéçage de ce présent qui nous échappe. Utopies que tout cela, clament en choeur tous les pouvoirs. Comme la semaine de quarante heures et les congés payés en 1936 ! Une priorité : que les femmes (un homme sur deux est une femme) et le Tiers-Monde (plus de la moitié du globe) fassent entendre leurs voix, qu'on se souvienne du sens concret de ce mot usé sans avoir servi : égalité.

  • Les femmes ont besoin de retrouver et d'écrire leur propre histoire, trop souvent oubliée par « l'histoire au masculin ». Trop souvent caricaturée aussi, comme si elle n'avait existé qu'à travers quelques épisodes héroïques de la lutte révolutionnaire et quelques personnages hauts en couleur. Dernier aspect cette méconnaissance : l'idée, courante aujourd'hui, que le féminisme, fort du XIXe siècle, ne serait sorti de ses cendres que vers 1970. C'est contre cette vision simpliste de l'histoire des femmes, et de leurs luttes, que s'élève Huguette Bouchardeau. Souvent piégées dans les rôles qu'on leur assigne, les femmes sauront aussi en tirer des moyens pour leur libération. Réflexions sur le passé et analyses sur le mouvement actuel des femmes se répondent et font de ce livre bien autre chose qu'un aperçu sur des années mortes : des voies pour comprendre les aspects dispersés et divers des luttes de femmes d'aujourd'hui.

  • Mais surtout une question, obstinée et fondamentale : y a-t-il convergence ou opposition entre mouvement des femmes et parti politique autogestionnaire ? Dans ces hiérarchies qui excluent ou filtrent les femmes, ces rites, ces codes, ces conduites faites par des hommes et pour des hommes, Huguette Bouchardeau enfonce des coins. Un combat contre l'accueil aimable et la bonne conscience de ces hommes rencontrés partout et qui vous invitent en politique - comme ailleurs : « Entrez, Mesdames, faites comme chez nous. »

  • Trois voyages, trois hommes, trois amours, trois villes qui n'en sont pourtant qu'une. Chaque fois Prague, que l'amour colore...

  • Dix jours dans la vie d'une femme ministre. Dix jours entre une hémorragie en pleine réception officielle et une visite importante chez le médecin. Dix jours pendant lesquels la vie continue : Conseil des ministres, cortèges officiels, séances de travail, réunions... Dix jours pendant lesquels la vie change : un amour naît, un bateau explose à l'autre bout du monde, des amies se retrouvent... Huguette Bouchardeau, à travers l'héroïne de son roman, porte un témoignage intimiste et unique sur ce qu'est la vie d'un ministre au quotidien - le travail, les tracasseries, le protocole, les risques d'erreur ; mais aussi les rencontres, les sympathies, le confort, l'efficacité, le pouvoir. Le témoignage est fait avec des mots directs et jamais avec la langue de bois du ministre ou l'argumentation obligée de la militante. L'émotion naît de la simplicité même du ton, de sa force et du bonheur que nous avons à découvrir une femme derrière le costume de circonstance, une femme qui souffre, une femme heureuse, une femme qui se pose des questions là où ses illustres confrères moulinent des certitudes.

  • Simone de Beauvoir a marqué le XXe siècle, et singulièrement les femmes, par les livres qu'elle a écrits.
    Depuis l'adolescence, en effet, le désir d'être un " grand écrivain " a orienté sa vie. Mais elle est au moins aussi exemplaire par le couple qu'elle a formé avec Jean-Paul Sartre : couple amoureux, couple inventant de nouvelles formes familiales, morales et sociales, couple engagé dans l'histoire française et internationale, offrant l'image d'intellectuels impliqués dans les combats de l'époque. En filigrane de cette union, on peut lire les efforts d'une jeune bourgeoise, celle des Mémoires d'une jeune fille rangée, pour échapper à l'étroitesse de son milieu et s'affranchir des tabous.

    Une personnalité qui vivait avec avidité ses passions : les voyages et les découvertes de toute sorte, les rencontres bien sûr mais aussi les livres, le cinéma, le théâtre, la peinture, et plus encore la musique dont elle était devenue avec Sartre une véritable " connaisseuse ". Tout ceci joint à une autre passion qui peut paraître contradictoire des précédentes, celle de tout maîtriser avec une rigueur absolue : le temps accordé à chacune et à chacun, les textes à comprendre et à retravailler, les budgets, le rythme des vacances...
    Ce dernier caractère (sa " schizophrénie ", disait Sartre) lui donnant cet aspect un peu austère qui fut souvent interprété comme de la rigidité. Alors qu'elle sut être, de manière discrète, généreuse avec des inconnus, et adorée de ses amis. Tout l'intérêt de cette biographie passionnante que propose Huguette Bouchardeau est justement de rendre sensible la complexité de l'auteur du Deuxième Sexe et des Mandarins, et d'approcher au plus près sa profonde humanité.

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