• Fils de pape, cardinal à dix-sept ans, capitaine général de l'Église, duc de Valentinois en 1498, puis duc de Romagne en 1501, César Borgia (1475-1507) fut l'incarnation pour Machiavel du prince idéal de la Renaissance, dissimulant avec art ses desseins, mais ne craignant jamais de fouler aux pieds tout ce qui s'opposait à lui. Des plaisirs de la chair dans l'enceinte même du Vatican à ceux de la chasse, des actes de gouvernement réfléchis aux pires exactions sur les populations, des alliances monnayées avec le corps de sa soeur Lucrèce aux assassinats des proches encombrants, cette vie ne fut qu'excès. Sa mort fut misérable. Pourchassé par ses ennemis après la disparition de son père et protecteur, abandonné par ses anciens alliés, César s'éteint piteusement lors d'un siège en Espagne. Il a trente-deux ans. À travers la vie mouvementée du Valentinois, c'est toute la Rome des Borgia qui revit sous nos yeux, cette Rome licencieuse où les princes de l'Église s'abandonnent à la luxure et à la dépravation, pendant que le Tibre vomit les cadavres des gêneurs. Un enivrant parfum de scandale et de poison.

  • Catherine de Médicis

    Ivan Cloulas

    Le 28 juillet 1533, Catherine de Médicis épouse Henri de Valois, le second fils de François Ier. La petite princesse italienne embrasse sans le savoir un destin de femme d'État : de 1547 à 1589, elle sera reine et mère de trois rois. Mécène fastueux qui égalera les plus grands princes de la Renaissance, elle sut faire face au défi des guerres de religion et se dévouera corps et âme à la cause de la paix. Décriée, dès son temps, comme la « massacreuse de la Saint-Barthélemy », ou la maîtresse des complots et de l'assassinat, elle a surtout défendu, au milieu de la tourmente civile, une famille, un pays et un peuple qui ne l'ont guère payée de retour. À travers un destin d'exception, la France brillante et troublée du XVIe siècle resurgit sous nos yeux.

  • Diane de Poitiers

    Ivan Cloulas

    • Fayard
    • 5 Février 1997

    Parmi les personnages historiques de la Renaissance, Diane de Poitiers symbolise le triomphe du pouvoir féminin. Son mariage avec un grand dignitaire de quarante ans son aîné semble la cantonner dans un rôle honorifique mais sans éclat. Elle en sort avec panache lorsqu'elle obtient de François Ier la grâce de son père condamné à mort pour trahison: elle révèle alors la puissance de sa personnalité et subjugue le dauphin Henri. Sous le règne d'Henri II, elle occupe la première place, laissant dans l'ombre Catherine de Médicis, la jeune reine. Anet et Chenonceau sont tour à tour le théâtre de sa grandeur. Artistes et poètes la célèbrent à l'égal de l'antique déesse, maîtresse de l'astre des nuits qu'elle a pris, comme son amant, pour emblème. Mais cette réussite l'oblige à mener une bataille continuelle dans l'univers impitoyable de la cour. Aux armes de la séduction Diane ajoute celles de l'intelligence et se transforme en conseillère politique. Les alliances qu'elle a su se ménager avec les plus puissantes familles du royaume lui permettent d'échapper aux vengeances lorsque survient la mort accidentelle du roi. Son image exemplaire demeure celle d'une femme qui sut, par son propre génie, accéder à la plus haute destinée. Ivan Cloulas, conservateur général de la Section ancienne des Archives nationales, est l'auteur de nombreuses études consacrées à l'époque de la Renaissance. Ses ouvrages, qui tiennent compte des apports les plus récents de la recherche, s'attachent à donner au lecteur une vision claire de l'évolution sociale et culturelle qui marqua, en France et en Europe, aux XVe et XVIe siècles, l'avènement du monde moderne.

  • Algérie 1962. En pleine guerre, un jeune appelé français est chargé d'une mission archéologique qui se révèlera aussi être un enjeu historique et militaire. Premier roman d'aventure d'un historien érudit et passionné.

  • A peine sortie de la guerre de Cent Ans, une France médiévale et chevaleresque se lance, bardée de fer, sur les chemins de l'Italie : le roi Charles VIII part à la conquête de Naples. Des chroniques colorées nous le montrent bousculant tout sur son passage : Ludovic le More, les Florentins et les Vénitiens, les Borgia et les rois aragonais. Cynisme, lâcheté, tromperie sèment des embûches sous les pas des Français pendant que Savonarole, le moine visionnaire, les invite à brandir un glaive vengeur.

    Le tableau change sous le ciel éclatant de Naples. L'Italie déploie ses mille séductions. Elle initie ses vainqueurs au plaisir. Ils succombent au charme des palais, des jardins et des femmes incomparables. Mais la vision idyllique n'est qu'un mirage : de nouveau il faut se battre. La victoire sera belle et sanglante... Nourries de ce souvenir grandiose, trois générations viendront chercher fortune sur le sol italien. Elles en rapporteront une moisson de trophées et les germes d'une mutation décisive, sociale et culturelle : la France fait peau neuve et aborde résolument l'une des périodes les plus brillantes de son histoire, la Renaissance.

    Auteur de grandes biographies - Catherine de Médicis, Laurent le Magnifique, Henri II -, Ivan Cloulas anime la collection "L'Homme et l'Evénement". Conservateur en chef aux Archives nationales, après avoir assumé la responsabilité de l'informatisation, il dirige la Section ancienne qui conserve les fonds prestigieux de l'Ancien Régime : il est dans cette fonction l'un des successeurs de l'historien Michelet, le chantre éloquent du "mirage italien" de la Renaissance.

  • Pape de 1458 à 1464 sous le nom de Pie II, Enea Silvio Piccolomini a laissé une des oeuvres les plus fascinantes de la Renaissance : ses Mémoires ou Commentaires en latin. Ce noble Siennois mena une brillante carrière d'homme de lettres et de diplomate, accédant aux plus hautes fonctions : secrétaire du pape et de l'empereur, évêque, cardinal, pape enfin. Il favorisa sa famille et fit de son village natal de Corsignano la ville nouvelle de Pienza. Il consacra son pontificat, tout entier marqué par son projet de croisade contre les Turcs, à la préservation de la concorde entre les souverains de l'Europe chrétienne et au rétablissement de l'ordre dans l'Italie des princes et des condottieri. Vito Castiglione Minischetti et Ivan Cloudas présentent ici la première traduction abrégée en français de ce chef-d'oeuvre. Le lecteur en goûtera les morceaux de bravoure (le conclave de 1458, le congrès de Mantoue, la proclamation de la croisade), les portraits féroces (Sigismondo Malatesta, le cardinal d'Arras), les descriptions de solennités (la translation du chef de saint André, la Fête-Dieu à Viterbe), mais aussi les admirables récits d'excursions, expressions d'une sensibilité nouvelle pour la nature et les ruines.

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