Littérature générale

  • «Lucie Miller a quitté le collège une année et demie avant le bac. Disparue sans laisser d'adresse. Du jour au lendemain. Je n'ai pas fait d'enquête, ni cherché à retrouver sa trace. Disparaître, c'était ce qu'elle faisait de mieux dans la vie.
    Pendant longtemps, j'ai murmuré son prénom à mi-voix, comme une obscénité joyeuse. C'était une sorte de mantra, de sésame aux souvenirs. Une boîte de Pandore. J'aimais cette vibration dans mes mâchoires, ces deux syllabes lumineuses et liquides entre mes dents serrées:  Lu-cie» (Jean-Michel Olivier.)

  • " Son secret, c'est d'avoir toujours voulu aimer. Elle n'a jamais rien souhaité d'autre. Elle n'a jamais rien tenté d'autre. Elle est devenue une spécialiste, une professionnelle de l'amour. Elle a compris qu'aimer n'est pas d'ordre sentimental, cette cho

  • Cet ouvrage poétique puise son inspiration à la naissance de notre humanité. Il explore la vie des origines, celle dont nous sommes issus et dont nous voudrions nous extraire, mais qui continue de teinter nos comportements. Mais cette force atavique qui sommeille en nous n'est pas le seul sujet de réflexion car le fleuve endormi, c'est aussi le flot pulsionnel qui se retrouve en nous, comme individu, nous pousse à agir et à nous transformer, au fil du temps et des expériences.

    Jean-Guy Olivier prend tour à tour dans les idées des romantiques et des parnassiens pour proposer à la lecture les thèmes qui lui sont chers : la dignité et l'autonomie de l'art, l'adoration de la beauté et la saine nécessité du travail impeccable. Mais l'originalité du texte réside sans doute dans l'idée que pour son développement, l'être humain doive demeurer en lien avec l'autre et avec son environnement.

    Et comme le dit si justement Nicolas Sarrasin dans sa préface : « ce recueil constitue un hommage à la beauté et à la simplicité devant les plus spectaculaires et les plus obscures facettes de la vie. C'est une vaste fresque d'où surgissent les allégories d'une humanité s'abreuvant à la lumière du monde? »

  • Le hanneton ne connaît pas l'histoire naturelle. Il ne tient pas compte de l'expérience et c'est pitié que de le voir reproduire les mêmes erreurs de vol sans se lasser. Il n'est certes pas le seul. L'homme aussi peine à sortir des sentiers battus. Ce roman nous emmène dans la France des années 1950 sur les traces d'un héros à la famille chaotique qui profite pourtant des joies simples d'un milieu à la risticité chaleureuse de Haute-Saône. Privé de sa mère, repris en main par un père à éclipses, le jeune garçon traversera les épreuves pour parvenir au même résultat que tout un chacun...

  • Ibrahim, vieux tirailleur sénégalais, est le premier immigré d'une commune de banlieue parisienne. Nous sommes en 1947. Vieillard fatigué et infirme, il rêve de sa terre natale. Dans sa commune d'adoption, une jeune fille disparaît. Ibrahim est soupçonné. Une bande de gamins des rues se porte à son secours, aidés par le double spirituel d'Ibrahim : l'énigmatique crabe de Foundiougne, village du nord du Sénégal.

  • Cet ouvrage est l'histoire d'un homme du XXe siècle, son siècle. Une vie anonyme et exemplaire révélée grâce à une profonde amitié qui a offert la plume de l'un à la mémoire de l'autre pour évoquer le passé d'un enfant de l'Assistance mis au service des paysans meusiens.

  • " La première bataille d´un chasseur de virus est celle qu´il doit mener contre le temps. Il ne faut pas être trop en retard pour pouvoir sauver le plus grand nombre, mais pour des raisons qui sont moins bonnes, il ne faut pas non plus être trop en avance..." Lorsqu´il écrit ces mots, il y a vingt-cinq ans, le Pr Jean Claude Chermann vient de découvrir, avec son équipe de l´Institut Pasteur, le virus du Sida. Après une incroyable traque digne d´une enquête de polar, il est enfin parvenu à identifier le plus grand tueur en série de tous les temps.
    Cette découverte, qui aurait dû être pour lui une consécration, marque le début d´un parcours du combattant, semé de pièges et d´embûches. Car si les lois de la science sont immuables, elles ne rejoignent pas toujours celles de l´argent et des hommes.

    Au travers de ses entretiens avec Olivier Galzi, Jean-Claude Chermann revient sur le parcours atypique d´un homme qui s´est construit à coup d´intuitions, sortant des sentiers battus par les autres, une attitude qui lui a souvent valu l´inimitié de ceux qui n´aiment pas que l´on s´écarte du troupeau : son premier poste à l´Inserm, son entrée à Pasteur, ses recherches, la querelle avec le Pr Gallo pour la paternité de la découverte du VIH, ses déceptions, ses coups de gueule - il démissionne de l´Institut Pasteur - et jusqu´à ce qu´il est convenu d´appeler " l´affaire Nobel " qui le voit écarté d´un prix récompensant une découverte effectuée dans son propre laboratoire, sous sa direction.

    Jean-Claude Chermann n´a aujourd´hui aucune amertume, aucun regret, mais un espoir, celui de trouver un vaccin. Après vingt ans de recherches et neuf études cliniques totalisant 2 515 patients, il a compris pourquoi 30 % des patients infectés par le VIH sont naturellement protégés et ne développent pas la maladie. C´est sur ces dernières découvertes qu´il s´appuie pour l´élaboration d´un vaccin, découvertes qui semblent intéresser de plus en plus de scientifiques, en particulier aux Etats-Unis. Nul n´est prophète en son pays...

  • Les événements du dernier demi-siècle et le changement rapide de nos sociétés ont modifié notre rapport au temps, et en particulier la référence à un avenir qui paraissait devoir être toujours meilleur. L´espérance de l´individu face à sa mort, les représentations dont la société pare son futur, le discours politique en sont profondément affectés. La promesse se raréfie. Lorsqu´elle perdure sous une forme ou une autre, elle perd de sa crédibilité et de sa superbe. A-t-on cru naïvement aux promesses d´avenir jusqu´alors ? Prend-on la mesure d´un temps plus « raisonnable », à hauteur d´homme, butant sur la finitude ?

    L´ouvrage étudie cette évolution de notre rapport à l´avenir, à partir des fondements bibliques et de leurs actualisations dans le salut chrétien, de leurs réinterprétations modernes par l´optimisme des Lumières, jusqu´aux développements contemporains qui semblent nous introduire dans un rapport au temps inédit.

    L´enjeu ici, pour des approches de différentes disciplines, est de donner de l´intelligibilité à ce qui paraît en détruire, et de tracer une histoire alors même qu´elle semble s´achever : sommes-nous à la fin des temps, au bout de l´histoire, ou bien en transition dans notre conception de la temporalité ? Dans quelle sorte de récit pouvons-nous aujourd´hui entrer qui puisse intégrer ce soudain obscurcissement de l´avenir ?

  • Au début du XVIIIe siècle, un singulier concours de circonstances précipite un jeune musicien au coeur d'une énigme qui, pour être résolue, devra tenir compte de trois indices : un tableau du Caravage dont tous les personnages, sauf un - Judas -, proviennent mystérieusement d'un autre tableau représentant une bande de brigands... Un "Stabat Mater", dont l'auteur, en mourant, confie l'achèvement à son disciple... Le récit d'un certain Timon où l'on pourrait déchiffrer l'histoire d'une cité qui n'a peut-être pas existé. Un roman en trompe-l'oeil, qu'une géométrie secrète gouverne et propulse vers des paysages où l'auteur se retrouve en compagnie de Jorge Luis Borges.
    Jean-Olivier Tedesco est né en 1955. Enarque, mélomane, italien par l'esprit et par le coeur, il signe ici son premier roman.

  • ... On prétendit alors qu'Angelo avait été assassiné, un matin, à la terrasse d'un café de Saint-Germain-des-Prés. Mais comment se fait-il que certains témoins affirment l'avoir rencontré par la suite ? Et comment expliquer l'étrange concordance de ces témoignages avec les rêves de l'ethnologue Louis Desjardins ? On pourrait, sur ce sujet, broder bien des histoires. L'on s'en gardera car il n'est pas sûr que, dans cette affaire, la vérité soit taillée dans le vraisemblable. D'ailleurs, un très inquiétant homme d'influence - qui s'est mis en tête, allez savoir pourquoi, de faire coucher sa femme avec l'ethnologue - a son idée sur la question. Une idée perverse, plausible. A moins, bien sûr, que Louis Desjardins ne soit fou depuis longtemps. A moins qu'Angelo ne soit pas vraiment mort. A moins que Desjardins et Angelo...

  • Voici l'histoire très picaresque du voyage entrepris par Brunelleschi et Donatello au printemps 1401 pour aller de Florence à Rome. Les deux artistes ont décidé de quitter leur cité natale - où leur génie n'est pas reconnu -, pour découvrir une nouvelle forme d'esthétique dont ils ne savent pas encore que ce sera l'esthétique de la Renaissance. En chemin, ils rencontrent des démons, des moines, des brigands, des chimères..., chacune de ces créatures illustrant un aspect ténébreux du Moyen Age dont ils veulent, confusément, prendre congé... Ils rencontrent surtout le Diable qui, sous des formes diverses, vient les tenter. Car le Diable, lui, sait que Brunelleschi et Donatello vont "inventer" la Renaissance, et cela lui déplaît. Car, avec la Renaissance, adviendront les découvertes et la pensée scientifique qui, à terme, ruineront l'enfer... Bientôt, nos héros arrivent donc à Rome : on est passé du Moyen Age à la Renaissance, des Ténèbres aux Lumières, de l'initiatique au baroque, de la drôlerie au flamboyant.

  • L'un s'appelle Martin. Il est né à Lima en 1569, des coupables amours d'un chevalier, Juan de Porrès, et d'Anna Velasquez, son esclave noire.
    L'autre s'appelle Jean-Olivier. Il est né en 1938 dans une petite ville du Maine-et-Loire. L'un est saint et l'autre, c'est l'auteur... Entre l'un et l'autre, un abîme, et le pont merveilleux d'une amitié lancée par-dessus l'espace, le temps et les cultures. C'est l'histoire de deux vies mêlées qu'entreprend de raconter l'auteur, la vie comme elle va sur une île, quand on choisit d'y être éditeur, et la vie, à Lima, d'un frère aux dons fort encombrants. Deux vies, quand Dieu s'en mêle.

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