• Sans le savoir, nous sommes déjà entrés dans un nouveau monde. La rupture que nous vivons est si radicale que les changements vont, cette fois, bien plus vite que les idées. Nous avons du mal à penser véritablement la prodigieuse mutation anthropologique

  • Poser clairement la question de la morale sexuelle - c'est-à-dire de la place de l'interdit - dans une société moderne, telle est l'ambition de ce livre. Depuis près d'une génération, nous vivions dans l'illusion que cette question ne se posait plus. Aujourd'hui, l'illusion se dissipe, mais un étrange et tumultueux désarroi la remplace.

    Nos débats, à ce sujet, s'enferment dans une alternative que je refuse : permissivité claironnante ou moralisme nostalgique. Je voudrais, pour ma part, mettre à plat les principales données, tout en rectifiant les mille contrevérités qui sont souvent répandues dès qu'il s'agit de sexe.

    J'ai donc pris le pari de revisiter les différents savoirs ayant trait à cette question, avec le maximum d'attention et le souci constant de «produire mes preuves».

    J.-C. G.

  • Nous sommes au commencement d'un monde. Vécu dans la crainte, ce prodigieux surgissement signe la disparition de l'ancien monde, celui dans lequel nous sommes nés. Pourtant, la sourde inquiétude qui habite nos sociétés doit être dépassée. Le monde ' nouveau ' qui naît sous nos yeux est sans doute porteur de menaces mais plus encore de promesses. Il correspond à l'émergence d'une modernité radicalement ' autre '. Elle ne se confond plus avec l'Occident comme ce fut le cas pendant quatre siècles. Une longue séquence historique s'achève et la stricte hégémonie occidentale prend fin. Nous sommes en marche vers une modernité métisse. Deux malentendus nous empêchent de prendre la vraie mesure de l'événement. On annonce un ' choc ' des civilisations, alors même que c'est d'une rencontre progressive qu'il s'agit. On s'inquiète d'une aggravation des différences entre les peuples, quand les influences réciproques n'ont jamais été aussi fortes. Le discours dominant est trompeur. En réalité, au-delà des apparences, les ' civilisations ' se rapprochent les unes des autres. De l'Afrique à la Chine et de l'Inde à l'Amérique latine, Jean-Claude Guillebaud examine posément l'état des grandes cultures en mouvement, pour décrire l'avènement prometteur ' et périlleux - d'une véritable modernité planétaire. Ce rendez-vous pourrait connaître des revers et engendrer des violences. Il est pourtant inéluctable et sans équivalent dans l'histoire humaine.

  • Il nous arrive quelque chose d'incroyable : les deux valeurs que nous célébrons et convoquons sans relâche, les deux principes que nous mettons constamment en avant, l'humanité et l'homme lui-même, sont aujourd'hui minés et menacés dans leurs fondements.

  • Un deuxième déluge ! " Ainsi l'essayiste américain Roy Ascott qualifie-t-il les milliards d'informations qui, chaque jour, nous assaillent. Au risque de nous engloutir sous un torrent d'images, de sons et de rumeurs. Internet, télévision, radio, presse écrite, téléphonie mobile, satellites... De 1994 à 2010, Jean-Claude Guillebaud s'est plongé dans ce déluge en assurant pour le supplément " Télé-Obs " du Nouvel Observateur une critique de l'actualité audiovisuelle. Cette patiente immersion, reprise ici, lui a permis de scruter la médiasphère, de critiquer ses dérives, ses emballements, son rapport précipité aux événements, ses silences aussi... " La rumeur du monde est parfois trompeuse, incomplète ou menteuse, écrit-il. Elle peut même devenir manipulatrice. En restant attentif, on peut espérer débusquer les conformismes, les "modes", les ruses médiatiques ou langagières qui donnent parfois une image distordue de la réalité. " En vérité, ce nouveau déluge risque d'emporter la démocratie. À nous d'entrer en résistance.".

  • Tous les voyages, au bout du compte, ramènent le voyageur chez lui. Il faudrait cultiver l'art du retour. On ne reconnaît plus tout à fait la France mais, pour elle, une passion neuve nous habite. On ne sait plus le nom des ministres ni celui des gloires du moment. On a oublié quelques rites essentiels de sa tribu d'origine. Mais on est curieux de tout, naturellement respectueux, pressé de mesurer l'ampleur des changements et la fatalité des provincialismes. On ne revient jamais chez soi impunément ; l'oeil neuf, l'appétit retrouvé, une curiosité pour les choses et l'air du temps... De quoi étaient donc faits cette « odeur de la France » et cet accent du pays que l'on transportait avec soi sans toujours s'en rendre compte ?On trouvera notamment dans ce livre, qui est le journal d'un retour, un portrait de la France étalé sur un millier de jours : d'avril 1986 à septembre 1989. Il est dédié à Jean-Paul Kauffmann qui, comme on le sait, fut absent du pays un peu plus de mille jours.J.-C. G.

  • "On dévore ce portrait d'un petit-bourgeois semi-provincial, guetté par les tentations progressistes... La fin du livre n'est pas loin de ces grands fouilleurs de chair moite que sont Bernanos et Mauriac quand ils trempent leur stylo dans le souffre."le Point"Un livre féroce et passionnant"Le Figaro Magazine" L'Ancienne Comédie laisse au coeur un goût amer, une sensation de rupture sanglante, la saveur forte d'un livre né au plus profond."La Croix"jean-Claude Guillebaud met ici tant d'intelligence et de lucidité à la fois rigoureuse et comme distanciées dans l'analyse de son misérable petit tas de secrets qu'il atteint l'universel."Les échos.

  • Dans l'air du temps, quelque chose sonne faux et nous alarme. Faut-il nous résigner à la fin des pensées universalistes, au règne versatile de la démocratie d'opinion, au nouveau dogmatisme du tout-marché ou de la technoscience, à l'évanouissement définitif des utopies et de l'espérance ? Derrière ce discours, nous devinons des formes nouvelles de domination, des inégalités accentuées, un principe d'humanité qui fait naufrage. Mais ces périls nous trouvent étrangement désarmés. Après un siècle marqué par les tyrannies, les folies et les ruines, nous ne savons plus comment faire face. Nous sommes " revenus de tout " et trop vite désabusés. Rarement, il nous avait semblé plus urgent de retrouver un peu de terre ferme.
    C'est à cette nécessaire refondation que nous convie Jean-Claude Guillebaud. Le goût de l'avenir, l'égalité, la raison, l'universel, la liberté, la justice : chacune de ces valeurs est le fruit d'une histoire particulière, enracinée dans la pensée grecque, le judaïsme et le christianisme. Seule la claire conscience de cette histoire permet de comprendre pourquoi ces valeurs sont à la fois plus essentielles et plus fragiles que jamais. Refonder le monde, ce n'est pas seulement résister à la barbarie, c'est redéfinir loyalement ce qui nous rassemble et vers quel futur nous voulons marcher.

  • La force de conviction. Nul ne peut vivre sans croyance. Aucune société humaine ne peut survivre sans une conviction minimale qui la maintienne debout. Or, en ce début de millénaire, une violence nouvelle semble avoir envahi le monde. Un peu partout, des fanatismes se déchaînent, des assassins tuent et terrorisent au nom de Dieu. Hier, c'est au nom de l'idéologie qu'ils le faisaient. Une folie paraît s'attacher, décidément, à toutes les croyances. Elle nous fait horreur. Dans le même temps, nous sentons rôder autour de nous le désabusement général. Nous errons entre intolérance et désenchantement, crédulité et cynisme. Quelque chose paraît s'être détraqué dans notre capacité de conviction. Ainsi la grande question devient-elle aujourd'hui celle du croire, et de ses diverses pathologies. Cette question déborde largement le cadre du religieux et de son prétendu " retour ". Ailleurs aussi, des dogmatismes et des cléricalismes menacent, d'autant plus redoutables qu'ils se présentent comme des savoirs. En politique ou en économie, dans la science ou dans la religion, il nous faut réapprendre à distinguer la croyance aveugle de la conviction raisonnable, la pure crédulité de la détermination réfléchie. C'est à cette patiente et minutieuse interrogation que nous invite ce livre : à quoi pouvons-nous croire ? Prix Siloë et Prix humanisme de la Franc-maçonnerie française.

  • "John Kennedy, Martin Luther King, Aldo Moro, Anouar el-Sadate, Indira Gandhi, Yitzhak Rabin, mais aussi Lord Mountbatten ou Thomas Sankara, et bien d´autres : l´assassinat politique a pris depuis un demi-siècle une place majeure dans les relations internationales. Soulevant des flots d´émotion, nourrissant l´inquiétude, ces meurtres n´ont pas seulement transformé la plupart de leurs victimes en icônes. Ils ont, chaque fois, constitué un défi à la paix et à l´harmonie sociale.
    Les auteurs de ce livre ne proposent pas d´apporter de nouvelles révélations sur les crimes de cette nature commis durant le dernier demi-siècle - ni d´établir une corrélation entre la justesse éventuelle d´une cause et la haine meurtrière qu´elle engendre. Le poignard de Brutus ne fait pas de César un « juste ».
    Outre une reconstitution minutieuse des faits, cas par cas, la question posée sera surtout celle de l´efficacité, on n´ose pas dire du « rendement » historique du forfait, en tant que donnée de la vie publique, nationale ou internationale.
    Au fil du récit, Jean Lacouture et Jean-Claude Guillebaud reconstituent les scénarios - souvent rocambolesques - qui mènent à la scène du crime, soulignent les zones d´ombre et croisent les hypothèses à la lumière des informations les plus récentes."

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