• L'histoire de la nouvelle indépendance de l'Algérie s'écrit sous nos yeux, depuis ce 22 février 2019 où des foules de femmes et d'hommes ont exigé dans tout le pays de reprendre en main leur destin. Cette contestation populaire continue depuis de se mobiliser chaque vendredi, après avoir obtenu la démission du président Bouteflika, en poste depuis vingt ans, et le report d'une élection vidée de sens. Car elle aspire, au-delà de la sanction de tel ou tel dirigeant, à la refonte sur des bases enfin démocratiques du système en place depuis la fin, en 1962, de la domination française.
    Cet essai, où la réflexion historique se nourrit de l'expérience de terrain, replace les événements en cours en Algérie dans la longue durée de son mouvement national. Il offre, pour la première fois, un cadre d'interprétation à une actualité foisonnante, s'interrogeant sur la portée stratégique de la non-violence, sur la place réelle des jeunes ou des femmes dans cette protestation, sur le poids d'une économie de rente, mais aussi sur le rôle central des supporters de football ou les tactiques des groupes islamistes. Il montre comment la hiérarchie militaire, jusqu'alors protégée dans son arbitraire par un pouvoir civil de façade, est contrainte de gérer ouvertement cette crise, avec une brutalité de plus en plus affichée.
    Un livre indispensable pour comprendre la vague de fond qui traverse l'Algérie et qui aura des retombées durables dans ce pays et bien au-delà.
    Jean-Pierre Filiu, historien et arabisant, est professeur des universités à Sciences Po (Paris), après avoir été professeur invité dans les universités de Columbia (New York) et de Georgetown (Washington). Ses ouvrages, diffusés dans plus de quinze langues, ont été régulièrement primés en France et à l'étranger.

  • Alep est devenue, depuis le rapt en juin 2013 de deux journalistes d'Europe 1, une zone 'interdite' à la presse internationale. Cette enquête, réalisée après un tel enlèvement, représente donc un des derniers témoignages sur la 'capitale' de la révolution syrienne, où un million de personnes vivent depuis un an sous contrôle de l'opposition. Alep n'est pas seulement un laboratoire de l'après-Bachar al-Assad, c'est aussi le lieu où se lisent les trajectoires possibles de la révolution syrienne, depuis la plus respectueuse jusqu'à la plus sectaire. Alep, c'est la Syrie d'aujourd'hui et le Moyen-Orient de demain. Jean-Pierre Filiu a longtemps vécu en Syrie, dont il parle couramment la langue. Il a pu ainsi s'immerger dans une réalité complexe, où le courage de la résistance civile côtoie les pires débordements jihadistes. Son premier séjour à Alep remonte à 1980, ce qui lui permet de replacer la révolution actuelle dans la perspective historique qui manque souvent aux analyses 'à chaud'.

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