Fayard

  • La Ville où les morts dansent toute leur vie est un road-movie obsédant, d´une poésie folle : à l´Est règne la dévastation, la terre n´est plus que cendres. Arrachée à ces racines par le désastre, Léonore, une jeune schizophrène, est confiée à Grange, un dessinateur solitaire qui pourrait bien être son père. Mais l´homme refuse d´assumer cette enfant dont le corps de femme et l´originalité le troublent. Alors il décide de tout braver, quitte à tout perdre, pour la rendre à son pays imaginaire. Construit à partir d´un flash-back initial, l´exode à rebours de Grange et Léo nous offre une galerie de « freaks », gitans et circassiens, bandits ou fuyards. Autant de personnages attachants, sensibles et sincères. L´Est retrouvé, sorte de néo-moyen-âge où toute vie humaine semble avoir disparu, est l´aboutissement d´une quête ponctuée par la lecture du journal de Grange que Léo trimballe avec elle.
    Décors d´apocalypse, déluge, incendie... ce paysage de mort est pourtant bien vivant, et au fil de la perception distordue de Léo (exercice brillant et troublant), les valeurs s´inversent. Grange raccompagne la jeune fille vers la mort, et c´est pourtant là qu´est sa vie. En voulant préserver sa solitude, il se lie...
    La Ville où les morts dansent toute leur vie marque le sommet de l´art de Pelot. Emprunt d'un profond humanisme, il y croise toutes ses passions : fantastique, « western » moderne, roman familial et d´amour. Son écriture, comme diffractée par la maladie de Léo, en est extrêmement visuelle et sensible, rythmée comme un film d'action.

  • C´est la fin d´une histoire, celle d´une famille de riches industriels ruinés.
    Restent le domaine, la maison familiale et son parc, dans les Vosges, et les derniers représentants de la famille: Maman Jojo, son fils Babar, surdoué et obèse, et Marie-McDo, d´humeur sombre et de moeurs légères. Marie exerce ses talents le long de la Voie Verte, auprès des hommes en mal de tendresse. Babar, lui, s´est cloîtré dans l´ancienne chapelle, pour mettre au point Madame Wells, la machine qui lui permettra de corriger le destin familial.

    Or, voilà qu´un jour on dit que Marie fait des miracles. On le dit, et elle ne dément pas. L´idée se répand même qu´elle serait la réincarnation de Marie- Madeleine, la sainte putain des Écritures. Le genre de choses qui draine à grande vitesse tous les branques du secteur. Parmi lesquels un certain Ange, que la nouvelle, dans le journal, a fait bondir de sa chaise...

    L'ange étrange et Marie McDo marque un sommet dans l´oeuvre de Pierre Pelot, écrivain prolifique à l´imaginaire aussi envoûtant qu´inépuisable. Émouvant et drôle, glaçant aussi parfois, il dissimule derrière les apparences des secrets qu´on ne saurait soupçonner, jusqu´à la dernière page.

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