Littérature générale

  • Que s'est-il passé cette nuit-là à Purgatoire ? Dans ce petit village niché à la croisée des sommets vosgiens, les habitants s'interrogent et la rumeur enfle. Maxime aurait assassiné sa femme avant de se suicider. Mais Lorena, leur petite-fille, n'y croit pas un instant et entend bien le prouver. Auprès de Simon, dépositaire de la mémoire des lieux, elle espère lever le voile sur l'histoire de la famille Bansher et les sombres secrets qui hantent leur vallée depuis près de cent ans.
    Braves gens du Purgatoire nous embarque sur les sentiers sinueux d'une enquête envoûtante, où le lecteur découvre le portrait brut de ceux dont ne nous parviennent que de lointains échos. Ultime roman de Pierre Pelot, on se laisse traverser, égarer et bousculer par son écriture charnelle, vibrante et profondément humaine.

  • Météorologie intime
    Douze nouvelles et autant d'univers, de suites, de fins ou de commencements imaginés par Pierre Pelot. C'est l'hiver dans les Vosges comme ailleurs et le noir s'installe, s'instille dans chacun des personnages. Victimes comme bourreaux ils s'animent avec une grande intensité et entraînent le lecteur dans leurs vérités, leurs angoisses, leurs souffrances ou leur folie. Entre nouvelles intimistes et fresques rurales, de nouveaux personnages prennent vie et côtoient ceux que nous retrouvons avec délice.
    Dans ce recueil qui mêle inédits et des textes parus dans divers journaux (notamment Fluide Glacial), la plume de Pelot est reconnaissable, toujours musicale, mais plus acérée. Il s'agit bien d'une plongée dans l'obscurité, une variation d'" outrenoir " qui ravira ses lecteurs des premières heures.
    Autobiographie en creux, ce livre remonte des sous-sols de l'oeuvre de Pierre et puise aux racines de son imaginaire.

  • Cette histoire vole et tourne en rond au-dessus des bayous. Elle ne parvient pas à s'échapper, à rompre ses racines.
    1778. Au coeur des années troubles qui précèdent la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique, la rousse Emeline, quinze ans, découvre le journal de sa grand-mère, Esdeline, née aux Ordons, en vieille France. S'ouvre alors devant elle la véritable histoire de Magnolias, la plantation de cannes à sucre où elle a grandi, et de sa conquête par son tuteur M. Forestier. C'est aussi l'histoire de la soif de vivre de cette adolescente flamboyante, de son amour ardent pour Vicente Ruz de la Torre, jusqu'au tonnerre final dans la foudre et le feu, sur ce coin de Louisiane, dont Dieu a détourné les yeux.
    Fille farouche du même sang bouillonnant que son ancêtre, la chevrière lorraine, Emeline est lancée dans une quête de mémoire sur sa vie et celle de sa famille d'adoption, sur les péripéties qui ont structuré la plantation.
    Emeline la sauvage, la douce, qui incarnera sans regret ni hésitation, un jour venu, l'orage et la tempête à la Grande Maison au bord du Mississippi.

  • Une fresque historique monumentale sur deux époques, au coeur des Vosges. Le chef-d'oeuvre de Pierre Pelot. 1999. Lazare Grosdemange, écrivain, revient dans son village natal vosgien. Il cherche à retrouver des fragments de sa mémoire, perdue à la suite d'un étrange accident. Dans ce même village, au XVIIe siècle, Dolat apprend le secret de ses origines : il est le fils d'une paysanne brûlée vive pour sorcellerie. Amoureux fou, pour son plus grand malheur, de la noble dame Apolline, le jeune homme doit fuir avec elle et sombre bientôt dans l'enfer de la guerre de Trente Ans. Comment, défiant quatre siècles d'histoire, les chemins de Lazare Grosdemange, l'écrivain, et de Dolat, le " fils du diable ", se retrouveront-ils ?

  • La Ville où les morts dansent toute leur vie est un road-movie obsédant, d´une poésie folle : à l´Est règne la dévastation, la terre n´est plus que cendres. Arrachée à ces racines par le désastre, Léonore, une jeune schizophrène, est confiée à Grange, un dessinateur solitaire qui pourrait bien être son père. Mais l´homme refuse d´assumer cette enfant dont le corps de femme et l´originalité le troublent. Alors il décide de tout braver, quitte à tout perdre, pour la rendre à son pays imaginaire. Construit à partir d´un flash-back initial, l´exode à rebours de Grange et Léo nous offre une galerie de « freaks », gitans et circassiens, bandits ou fuyards. Autant de personnages attachants, sensibles et sincères. L´Est retrouvé, sorte de néo-moyen-âge où toute vie humaine semble avoir disparu, est l´aboutissement d´une quête ponctuée par la lecture du journal de Grange que Léo trimballe avec elle.
    Décors d´apocalypse, déluge, incendie... ce paysage de mort est pourtant bien vivant, et au fil de la perception distordue de Léo (exercice brillant et troublant), les valeurs s´inversent. Grange raccompagne la jeune fille vers la mort, et c´est pourtant là qu´est sa vie. En voulant préserver sa solitude, il se lie...
    La Ville où les morts dansent toute leur vie marque le sommet de l´art de Pelot. Emprunt d'un profond humanisme, il y croise toutes ses passions : fantastique, « western » moderne, roman familial et d´amour. Son écriture, comme diffractée par la maladie de Léo, en est extrêmement visuelle et sensible, rythmée comme un film d'action.

  • Des malades arrivent régulièrement dans la cour de la maison d'une campagne reculée. Ils viennent se faire guérir par Georges, qui sait enlever le mal, ignorant qu'il est mort subitement à l'été. Reste sa fille, Mique, qui aurait également reçu le don. Mais elle a toujours nié. Il ne lui a pas transmis le secret. Elle se tient en retrait, en lisière de sa famille. Gussa, le fils aîné, doit éconduire les candidats au miracle bien malgré lui, car le miracle rapportait gros. D'ailleurs, il n'a de cesse de chercher le butin accumulé toutes ces années, fouillant la maison jour et nuit. Le jour où un homme désespéré vient chercher la guérison pour sa femme condamnée, n'y tenant plus, Gussa assomme sa soeur et l'installe dans la voiture du visiteur. Mique finira par utiliser le don et tentera d'accomplir le pèlerinage qui pourrait sauver la vie de la moribonde.
    Un roman dense, tellurique, avec des accents de Faulkner dans la polyphonie et la restitution des patois, ou bien de Sand pour ces paysages d'une France rurale, ancestrale, où rode une magie dont on ne sait si elle ne porte pas en fait le nom de la folie. Les personnages mâchonnent sans fin leur " rengaine ", tandis que le lecteur est pris dans le tourbillon qui avance en cercles concentriques et répétitifs, dans une incantation hypnotique.

  • Et Pierrot s'en va dans la vie, Pierrot s'en va-t-en guerre... Il va leur montrer qu'il est aussi costaud et capable que n'importe qui. Il va jouer à être un homme, comme les autres, dans cet univers-là. Il va enfiler la panoplie et s'intéresser à tout ce qui passionne les hommes, les forts, les durs : le foot, le tiercé, la télé, les femmes, les cigarettes, la politique. Premier exploit : trente-deux pastis avalés dans une soirée. Ivre mort. Et le lendemain...

  • C´est la fin d´une histoire, celle d´une famille de riches industriels ruinés.
    Restent le domaine, la maison familiale et son parc, dans les Vosges, et les derniers représentants de la famille: Maman Jojo, son fils Babar, surdoué et obèse, et Marie-McDo, d´humeur sombre et de moeurs légères. Marie exerce ses talents le long de la Voie Verte, auprès des hommes en mal de tendresse. Babar, lui, s´est cloîtré dans l´ancienne chapelle, pour mettre au point Madame Wells, la machine qui lui permettra de corriger le destin familial.

    Or, voilà qu´un jour on dit que Marie fait des miracles. On le dit, et elle ne dément pas. L´idée se répand même qu´elle serait la réincarnation de Marie- Madeleine, la sainte putain des Écritures. Le genre de choses qui draine à grande vitesse tous les branques du secteur. Parmi lesquels un certain Ange, que la nouvelle, dans le journal, a fait bondir de sa chaise...

    L'ange étrange et Marie McDo marque un sommet dans l´oeuvre de Pierre Pelot, écrivain prolifique à l´imaginaire aussi envoûtant qu´inépuisable. Émouvant et drôle, glaçant aussi parfois, il dissimule derrière les apparences des secrets qu´on ne saurait soupçonner, jusqu´à la dernière page.

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