• Cinq destins subtilement liés s'organisent en un implacable crescendo jusqu'à un final spectaculaire où s'entrechoquent Albert Camus et Jérôme Bosch.

    Avec un puissant sens du détail et une empathie qui frappe en plein coeur, Aïssa Lacheb décrit le chemin de croix et la chute d'individus victimes de déterminismes dont ils ne savent pas s'extraire.

    Aïssa Lacheb nous donne à regarder des réalités brutales mais, traversée de poignants éclats de poésie, sa langue éclaire par contraste la beauté tragique de l'âme humaine. Érostrate for ever montre la souffrance et aiguise notre compassion pour les damnés et notre révolte face à l'inacceptable.

  • Emilie

    Aïssa Lacheb

    Nauroy, 1917, les Allemands occupent les restes du village de?truit, le Cornillet et les monts de Champagne. La guerre fait rage sur le front ouest. De la mer du nord a? la frontie?re suisse, tout n'est que ruines. Dans cette de?solation, E?milie, une orpheline de dix ans, se?me des fleurs sur les tombes des soldats...

  • Treize ans après le Plaidoyer pour les justes, Aïssa Lacheb revient enfin sur cette période de sa vie pour raconter ces histoires, ces destins croisés dans la dureté de la prison.
    Treize années, c'est le temps qu'il lui aura fallu pour pouvoir raconter ce qu'il y a derrière les murs, et nous livrer son expérience de la réclusion et de la détention.

    C'est le quotidien de ces hommes, leurs histoires, leurs crimes et leurs sentiments, leur folie, leur désespoir, mais aussi les fous rires, les amitiés nouées et l'amour pour les livres et la littérature.

    J'écris la taule en la nommant une. J'ai fait le tour de la France carcérale. La prison, c'est le même principe partout : l'enfermement par des murs concrets de pierre et de béton. Inutile de préciser où cela se passait. C'était la taule, simplement. Ici, ailleurs, n'importe... Le temps n'a aucune importance. Aucune unité ni de temps ni de lieu dans ce qui m'est revenu en mémoire et que je relate ici.

  • Après les attentats de Paris, Aïssa Lacheb interroge la nature des terroristes, français d'origine arabe, le racisme et la fabrique de misère qu'est l'exclusion sociale. Désignant le coupable de ces rapports de domination et d'exploitation de l'un par l'autre, le capitalisme, il en appelle à ses concitoyens, au peuple de France et à l'État : assez d'hypocrisie ! choisissez le monde dans lequel vous souhaitez vivre !

  • Dans la vie

    Aïssa Lacheb

    Découvert par Jean Rouaud, remarqué et soutenu par Virginie Despentes, le Plaidoyer pour les justes, premier roman d'Aïssa Lacheb et très grand texte, un choc littéraire et politique toujours aussi fort, révéla en 2001 un écrivain autodidacte exceptionnel, doté d´un lyrisme vernaculaire aux accents hugoliens.
    Après deux livres qui reprenaient ses écrits de prison et précisaient un univers centré autour du crime et de la compassion, c´est un auteur apaisé, sûr de lui et maître de ses procédés narratifs et de son style, qui nous revient.
    Avec un roman noir qui expose un drame de fait divers, puissant, classique, construit en trois parties, trois actes, qui, ensemble, dessinent ce qui veut rester ignoré mais se produit pourtant chaque jour, en silence, dans la vie.
    Notre auteur, récipiendaire du carnet d´un assassin que ses parents retrouvent, est narrateur de l´histoire relatée. Procédé classique, qui permet la mise en abyme du roman en trois récits distincts, et autant de points de vue différents sur le drame humain qui se joue ici, un drame simple.
    Il y a d´abord un homme solitaire devenu assassin par rectitude humaine.
    « C´est bon, ma claque ! 40 ans, je vais les régler ces comptes ! C´est comme ça que je vois les choses maintenant, pas autrement. C´est par elle que je vais commencer, que je me suis dit, elle m´a trop fait mal, trop rendu amoureux comme un chien qu´on veut pas, j´avais 18 ans à cette époque, je me souviens bien, je foutais rien, j´étais dans le quartier, c´étaient des blocs, des blocs, des blocs et puis les champs ; elle 16 ans, j´ai pas oublié, j´oublierai jamais, on peut pas oublier ça. » Puis le quotidien d´un infirmier dans un mouroir ordinaire, révolté par les souffrances muettes qui y sont infligées et les destins qui s´y brisent.
    « Monsieur Rodrigue n´avait pas toute sa tête mais souvent il exprimait des choses sensées. La première chose qu´il dit quand il vit le nouvel infirmier fut : « Ah c´est vous qui allez remplacer l´infirmière malade ! » « Oui », avait-il répondu en faisant son plus beau sourire. « C´est bien, c´est très très bien », avait ajouté monsieur Rodrigue en s´en allant lentement vers le second ascenseur. Il dodelinait légèrement de la tête et tirait sa canne de bois derrière lui plus qu´il ne s´en servait pour s´appuyer dessus. On était à l´entrée, près du bureau des secrétaires. » Le roman s´achève quand toutes ces vies souterraines se rencontrent et se révèlent, sur un dernier récit retrouvé, le conte parallèle d´un témoin muet, qui clôt en forme de parabole un roman que l´on referme différent. "

  • « Depuis le cinquième étage de notre appartement, par la fenêtre de la chambre de ma mère, je regardais avec des yeux étonnés le cadavre pâle de la femme en chemise de nuit blanche, presque transparente, qui gisait recroquevillé en bas, sur le gazon humide. C'était l'aube dans notre quartier de la périphérie rémoise. Il faisait froid. Je restais accroché à la fenêtre, je regardais sans pouvoir détacher mes yeux de ce cadavre que la bise froide du petit matin semblait caresser doucement et faire se remuer ses longs cheveux blancs. J'avais l'étonnement et la curiosité des enfants de mon âge. »C'est par ces mots que commence le récit d'une enfance, celle d'Aïssa, celle de bien d'autres, dans les faubourgs d'une ville dont la devise est « Dieu en soit garde ».

  • "J´ai écrit mon manuscrit en quelques jours, sur un coup d´immense colère, mais je l´ai longuement porté en moi. Ne croyez pas que ce qui y est dit l´est à la légère ; vous vous tromperiez. Chaque mot, chaque phrase y a son importance. (...) Ce livre n´est pas comme les autres. Il interpellera d´abord tous les miens: ma race infâme déchue de toute considération par les administrations françaises et en premier lieu par l´administration judiciaire. Il sera aussi lu par d´autres, je n´en doute pas car j´ai, malgré tout, à ce jour encore l´intuition de l´intelligence des hommes." A. L-B

  • Dans une tour en banlieue, un écrivain solitaire en mal d´inspiration vit reclus, s´ennuie, lit, au rythme des allées et venues de sa voisine de palier, Carmen. La nuit, il fréquente un forum de drague féminin en se faisant passer pour une fillette victime d´abus.
    Epuisé par une hépatite C, il doit suivre un traitement. C´est le prétexte pour rencontrer Carmen, qui est infirmière. Bientôt, ils se confient l´un à l´autre et la jeune femme s´intéresse au texte que l´écrivain est en train d´achever : l´histoire d´un tueur en série qui choisit ses victimes sur le net, par le biais d´un forum réservé aux femmes...
    Il lui confie son manuscrit et elle commence sa lecture, auprès de l´écrivain qui s´endort.
    Une nouvelle narration débute alors, seconde fiction en abyme, en un troublant parallèle, jeu de miroirs entre réalité et fiction, identités du tueur et de l´écrivain, qui interroge le lecteur sur la réalité de la fiction et de l´auteur...

empty