• Une démocratie sans autorité ?

    Alain Eraly

    • Eres
    • 5 Septembre 2019

    De la famille à la politique, la crise de l'autorité touche à peu près tous les responsables dans toutes les institutions. La perte de légitimité du politique et la crise des Gilets jaunes offrent une illustration frappante des raisonnements développés dans cet ouvrage. L'enjeu n'est pas d'apprendre à vivre sans autorité, mais d'engendrer des formes d'autorité plus respectueuses des valeurs de notre temps.

    Pour l'essentiel, la crise de l'autorité est une bonne nouvelle, son érosion engage toute notre modernité et rien ne saurait justifier de faire machine arrière. Il reste que ce déclin affecte en profondeur nos formes de vie et nos institutions. Partout, le besoin d'autorité se fait sentir, mais une autorité au service de la démocratie, du débat public, des droits et des devoirs, de la justice et l'équité, de la transmission des valeurs fondamentales, de la défense du commun contre l'emprise des intérêts privés, de l'adaptation des modes de vie à l'urgence écologique. Tout retour en arrière est proscrit : l'autorité est donc à réinventer.

  • Les formes d'autorité varient à l'infini selon les sociétés et les époques.
    Qu'est-ce donc que l'autorité ? demandait Hannah Arendt voici un demi-siècle. Alain Eraly avance sur cette question un point de vue renouvelé.

    Si l'on réduit l'autorité à une relation d'obéissance, on perd de vue sa fonction première : celle d'inscrire la vie sociale dans l'imaginaire d'une communauté et ainsi de construire un « nous », une identité commune. On a coutume d'associer la crise de l'autorité au grand mouvement d'émancipation des individus propre à notre modernité, or, l'auteur soutient qu'en réalité, cette crise renvoie d'abord à une crise du collectif.

     

  • Trois destins ordinaires, trois contes cruels sur l'art délicat de manquer sa vie avant même d'avoir perdu l'espoir.

  • Le langage n'est pas un code mais un ensemble de comportements sonores inscrits dans des formes de vie sociale. La parole ne traduit pas des contenus psychiques, elle construit des objets sociaux et nos pensées les plus intimes, les plus secrètes, n'en restent pas moins des intentions de parole à l'adresse de partenaires potentiels. Une théorie de l'esprit renvoie donc nécessairement à une théorie sociale de la communication. Ainsi cet ouvrage apparaît-il comme une sorte de manifeste anti-cognitiviste.

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