• Les études groupées dans ce recueil s'échelonnent, quant à leur date de rédaction, sur près de trente ans. Elles portent témoignage du développement et de la cohérence d'une recherche érudite et d'une réflexion critique sur la Révolution, moment fondateur de notre histoire contemporaine. Il ne suffit pas en effet de « penser la Révolution », encore faut-il la comprendre. L'histoire de la Révolution française, comme toute matière historique, est structurée et donc pensable, scientifiquement connaissable, comme toute autre réalité. Le but de l'historien est de parvenir sinon à des certitudes, du moins à des probabilités ou à des faisceaux de probabilités (Georges Lefebvre parlait de lois tendancielles). Tocqueville n'écrit-il pas dans « L'Ancien Régime et la Révolution » : « Ce n'est pas par hasard que les aristocraties naissent et se maintiennent ; elles sont soumises comme tout le reste à des lois fixes et qu'il n'est peut-être pas impossible de découvrir. » Abandonner cette ligne constante de l'historiographie révolutionnaire classique, de Mignet à Tocqueville, de Jaurès à Lefebvre, se départir de cette exigence de rationalité, réintroduire dans l'histoire révolutionnaire le contingent et l'irrationnel, ne paraît pas constituer un progrès dans le métier d'historien, mais bien un recul et comme une capitulation. À l'encontre des modes, passagères par définition, c'est la rationalité et la nécessité du mouvement révolutionnaire que nous nous sommes efforcés d'atteindre à travers le foisonnement des événements et la diversité des comportements. Comprendre la Révolution !

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Par-delà l'épisode consulaire et son dénouement impérial, la Ire République s'assigne une place singulière dans l'histoire de la France contemporaine. Sans doute a-t-elle revêtu, de 1792 à 1804, des aspects contradictoires : encore doit-on souligner la continuité logique. L'évolution vers le pouvoir personnel était en germe depuis que la Révolution avait été lancée dans la guerre ; Robespierre l'avait prédit dès janvier 1792. La guerre étrangère et la guerre civile, se perpétuant, et la bourgeoisie rejetant le recours au peuple par crainte de la démocratie sociale, une nécessité inéluctable portait la République des notables au renforcement de l'exécutif. Mais, avec le recul du temps, combien cette dernière paraît éclipsée par la grandeur tragique de la République de l'an II : au regard de l'histoire, la Ire République demeure celle de 93. Malgré l'échec final, la tentative de l'an II a revêtu, depuis cent cinquante ans et plus, une valeur prophétique d'exemple. Fille des lumières, elle apparaît comme un immense effort pour organiser la nation sur des fondements plus rationnels et plus équitables. Mais ce serait mutiler l'histoire que d'oublier que l'enthousiasme et la foi présidèrent aussi à ce douloureux enfantement d'une société nouvelle : ils animaient les combattants du 10 août, ceux de Valmy, de Jemmapes et de Fleury. 93 demeure le symbole des luttes pour la liberté et pour l'indépendance. Ainsi s'explique que se maintient toujours vivant, dans la conscience des hommes de notre siècle, le souvenir de l'Indivisible.

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  • Par-delà l'épisode consulaire et son dénouement impérial, la Ire République s'assigne une place singulière dans l'histoire de la France contemporaine. Sans doute a-t-elle revêtu, de 1792 à 1804, des aspects contradictoires : encore doit-on souligner la continuité logique. L'évolution vers le pouvoir personnel était en germe depuis que la Révolution avait été lancée dans la guerre ; Robespierre l'avait prédit dès janvier 1792. La guerre étrangère et la guerre civile, se perpétuant, et la bourgeoisie rejetant le recours au peuple par crainte de la démocratie sociale, une nécessité inéluctable portait la République des notables au renforcement de l'exécutif. Mais, avec le recul du temps, combien cette dernière paraît éclipsée par la grandeur tragique de la République de l'an II : au regard de l'histoire, la Ire République demeure celle de 93. Malgré l'échec final, la tentative de l'an II a revêtu, depuis cent cinquante ans et plus, une valeur prophétique d'exemple. Fille des lumières, elle apparaît comme un immense effort pour organiser la nation sur des fondements plus rationnels et plus équitables. Mais ce serait mutiler l'histoire que d'oublier que l'enthousiasme et la foi présidèrent aussi à ce douloureux enfantement d'une société nouvelle : ils animaient les combattants du 10 août, ceux de Valmy, de Jemmapes et de Fleury. 93 demeure le symbole des luttes pour la liberté et pour l'indépendance. Ainsi s'explique que se maintient toujours vivant, dans la conscience des hommes de notre siècle, le souvenir de l'Indivisible.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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