• Le rideau s'ouvre en 1788 : une nouvelle supérieure vient d'être élue au monastère du Saint-Sacrement de Bollène. Madeleine de la Fare, en religion soeur du Coeur du Marie, est une femme de caractère. Et il en faudra pour mener la communauté à travers la tourmente révolutionnaire qui s'annonce...Bientôt rattachées à la France, les terres pontificales du Comtat Venaissin sont touchées par les lois qui persécutent l'Église, et somment les religieuses d'apostasier. Mais celles-ci répondent : « La loi humaine ne peut me commander des choses opposées à la loi divine.» En refusant de prêter le serment de « liberté-égalité » devant la commission populaire d'Orange, elles savent leur mort certaine. Cependant, aucune des détenues n'hésite et leur courage édifie jusque sur l'échafaud.Les 32 martyres d'Orange ont été béatifiées en 1925. Alors que s'ouvre leur procès de canonisation, ces religieuses témoignent de la fécondité de l'attachement au Christ envers et contre tout. Disposant de sources parfois inédites, Alexis Neviaski nous entraîne dans une fresque historique captivante, qui fera référence sur ces héroïnes de la Révolution.
    Conservateur général du patrimoine, Alexis Neviaski est docteur en histoire. Son dernier livre, Le père Jacques. Carme, éducateur, résistant, est paru chez Tallandier en 2015.

  • « Au revoir, les enfants. » Ces paroles, immortalisées par le ­ film de Louis Malle, sont les dernières que le père Jacques, directeur du Petit Collège d'Avon, adressa à ses élèves. Arrêté par la Gestapo le 15 janvier 1944 pour actes de résistance, il est déporté à Mauthausen. « Juste parmi les Nations », son procès de béati­fication est en cours. Lucien Bunel entre au petit séminaire de Rouen à l'âge de douze ans. Ordonné prêtre en 1925, il intègre l'ordre des Carmes à Lille six ans plus tard, où il devient le père Jacques de Jésus. Épris d'absolu et de vérité, pédagogue et éducateur hors pair, il fonde et dirige à partir de 1934 le Petit Collège d'Avon, près de Fontainebleau. Pendant l'Occupation, membre d'un réseau de résistance, il cache de nombreux proscrits, dont des enfants juifs, avant d'être déporté au camp de Mauthausen, et de mourir d'épuisement peu de temps après sa libération. « L'enfant est devenu prêtre, le prêtre s'est fait carme et le carme s'est transformé en résistant. » En le suivant dans son milieu familial, puis au séminaire et dans ses premiers apostolats, de l'ambiance feutrée du couvent à l'horreur des prisons et des camps, Alexis Neviaski, avec beaucoup de finesse et de compréhension, fait revivre cette grande figure religieuse et de la Résistance. Le père Jacques est celui que le poète Jean Cayrol, l'un de ses compagnons d'infortune à Mauthausen, célébra par ces vers : « Père Jacques, tu es le feu qui va nous éclairer le visage encore obscur de Dieu. » Une leçon d'humanité, de courage et d'espoir.

  • Cet ouvrage est le premier à montrer comment la Légion étrangère a été l´enjeu d´une attention féroce de la part de l´Allemagne dans l´entre-deux-guerres. D´abord parce qu´au lendemain de la Grande Guerre et en pleine guerre du Rif, cette force stratégique a recruté de nombreux anciens militaires germaniques qui lui ont permis d´assurer sa domination coloniale, et de libérer des effectifs pour occuper la rive gauche du Rhin. Ensuite, parce qu´en son sein des agents de renseignements allemands ont travaillé à affaiblir l´esprit de corps en diffusant successivement des idées nationalistes, communistes et nazies. Enfin parce que la mythologie de cette troupe remettait en cause l´idée d´une supériorité des armes allemandes. Alexis Neviaski montre aussi comment des rituels et des comportements empruntés de cette époque ont façonnés les hommes et continuent, encore de nos jours, d´exercer une influence dérangeante. À l´aide d´archives inédites, parfois revenues de Moscou et d´autres fois conservées dans des fonds privés, l´auteur reconstitue les campagnes de propagande, les filières d´espionnage et les réactions de l´armée française. Surtout, ce sont des visages de légionnaires qui s´animent sous nos yeux. Certains mourront pour défendre la France, d´autres agiront pour la détruire. Tous auront participé à la trouble épopée de la Légion étrangère.

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