• Faut-il voir dans l'explosion de Mai 68 un psychodrame, un mime de la révolution, ou bien l'annonce d'une ère nouvelle ? L'auteur et son équipe ont voulu se placer au coeur de cette problématique de l'imaginaire ; des rôles, des situations ont été « joués », mais ce jeu révèle un nouveau mode d'action où se projette une image sociale que la réalisation relaye et relance dans une sorte d'explosion en chaîne. On ne peut davantage séparer le politique et le culturel que le réel et l'imaginaire. L'individu cherche la « retotalisation », la libération, la communication dans le brouillage des pistes anciennes (« détournement », « collage », etc.) et dans l'anticipation instantanée du bonheur utopique. Dans ce livre, acteurs et observateurs prennent successivement la parole avant qu'intervienne le sociologue, qui réfléchit, questionne, et relie ces nouveaux phénomènes à des mouvements culturels dont la signification s'éclaire aujourd'hui : Dada et le surréalisme qui proclament le droit de l'imaginaire à devenir la réalité quotidienne, le free jazz, qui allie la spontanéité inventive à la protestation politique, le cinéma de Godard et le Living Theatre, qui mêlent vie, culture et politique en un seul et même spectacle que les spectateurs sont conviés à compléter. Dans cette perspective on comprend que ce qui échoue comme révolution politique peut devenir culture - au sens le plus large du mot : mentalités et relations nouvelles, vie inventée, vie changée.

  • L'auteur analyse les instrumentistes d'orchestres symphoniques dans leur rôle de re-créateurs de musique dite classique.
    Ils sont confrontés à l'oeuvre écrite et aux chefs d'orchestre. Ils sont à la fois exécutants et interprètes, ou, plus précisément, co-interprètes, en jeu d'ensemble et pour certains en solistes de pupitre. Traiter des instrumentistes d'orchestre, dont on a l'habitude de passer l'apport sous silence, est riche en enseignements : ils participent activement à l'interprétation; ils sont une des forces de production musicale (sous-estimée, sous-employée, voire découragée).
    Ainsi, leur position dans l'orchestre et face à la musique rappelle celle de ceux d'entre nous qui, dans nos sociétés ne sont ni acclamés comme chefs, ni comme vedettes individuelles, malgré leur compétence. Cet essai s'inspire de la pensée d'Adorno, tout en l'explicitant, relevant le défi d'une sociologie de la musique qui n'évacue pas la musique mais vise sans cesse de partir d'elle, ou d'y revenir.
    Th. W. Adorno, philosophe, musicien, sociologue, soutenait que dans les faits particuliers, ce qu'on ne peut saisir directement : la société, est sédimenté. L'auteur aborde aussi le versant des rapports de production musicale, puis il traite la formation des musiciens, la diffusion de la musique, le travail en studio d'enregistrement, et les problèmes du financement et de la réception.

  • Le présent essai explore le désir, implicite ou non, de l'improvisation. Sons librement choisis, utilisation de bruits, respect de règles ou invention totale, l'auteur interroge toutes les possibilités offertes. Le jeu à partir de musiques écrites qui requièrent une interprétation, le contexte d'exécution sont également étudiés.

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