Calmann-Lévy (réédition numérique FeniXX)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • La société de cette fin de siècle a été chargée de malédictions. Sachant tout produire, en abondance, excepté la satisfaction, elle consomme éperdument, y compris son patrimoine. La terre tourne plus vite, quoi qu'en pensent les physiciens et astronomes ; elle tourne plus vite, par le rythme des événements qui s'y déroulent. Depuis la parution de la première édition de Croissance Zéro ?, nous avons vu le « coup d'État » des Arabes, l'accélération de l'inflation, la conférence mondiale de Bucarest sur la population, le second rapport au Club de Rome, la montée de la pénurie alimentaire, etc. ; bien d'autres événements sont survenus et parfois ont jailli. Cette seconde édition a été révisée et mise à jour au début de 1975, pour tenir compte de ces changements, dont certains étaient « dans l'ordre », mais dont d'autres peuvent être considérés comme participants d'un certain « désordre mondial ». Dans Croissance Zéro ?, les conclusions du professeur Sauvy diffèrent de l'opinion courante et entretenue. Elles disculpent, les principaux accusés, c'est-à-dire les pays pauvres, auxquels les pays riches reprochent leur exubérance pour cacher leurs propres méfaits, en venant presque à leur contester le droit de vivre. Dans cet océan de cruautés se diffusent avec difficulté les vérités cruelles, parmi lesquelles le fait que les machines et les moteurs se multiplient plus vite que les hommes et consomment déjà dans le monde vingt fois plus d'oxygène que les quatre milliards d'êtres humains. Ainsi le problème de population le cède en importance à celui de l'inégalité meurtrière. Les solutions absurdes proposées, comme la croissance zéro, pour l'économie cette fois, n'ont pour objet, par leur outrance même, que de détourner des infléchissements économiques, devenus de plus en plus nécessaires, vers une vie moins mortelle.

  • Les mois passent et puis les années. Attachés aux événements au jour le jour, nous ne distinguons pas bien les grands mouvements de fond. La petite aiguille de la montre est la plus importante, mais nous ne la voyons pas bouger. Avec La montée des jeunes, Alfred Sauvy nous plonge au sein même de l'histoire de France, telle qu'elle se dessine, mais telle qu'on ne la voit pas encore. Cette poussée de jeunes rameaux sur le vieil arbre, après un siècle et demi de vieillissement, c'est-à-dire de dessèchement, est un signe extraordinaire de renouveau, dont les conséquences se feront peu à peu sentir. Les cinquante années qui viennent de s'écouler, l'auteur nous les retrace, pour la France, d'une façon bien peu conforme à ce qu'on peut lire dans les manuels. Mais cette vue saisissante nous permet de mieux nous projeter en avant, à la recherche de notre destin. La montée des jeunes n'est cependant pas le talisman magique qui, par sa propre vertu, ranime tout autour de lui. Elle impose à la France une charge sérieuse, les douleurs d'un immense et glorieux enfantement. La nécessité de cet « accueil » aux jeunes amène l'auteur à décrire les conditions de l'économie française, à déraciner les vieilles idées économiques sur le développement et à montrer une doctrine neuve. Le chemin de la France nous apparaît alors clair et prometteur. Un véritable rebondissement dans l'histoire.

  • Souffrant d'une sévère crise économique, le monde occidental pratique la politique de l'autruche, et son corollaire : prévoir pour ne pas voir. La futurologie fleurit mais les économistes délaissent une réalité par trop morose pour céder aux charmes de l'abstraction. Or, l'heure n'est plus au rêve. Des millions d'hommes ont, eux, les yeux bien ouverts. Ce sont les habitants de ce que l'on appelait le Tiers Monde, un monde aujourd'hui tellement disparate que le terme est périmé. Le Tiers Monde, c'est tout un monde, et même plusieurs. La poussée démographique - pourtant à peine naissante - des peuples démunis plonge dans l'angoisse les pays riches, dont les monopoles vacillent et qui se sentent peu enclins à abandonner leurs privilèges au profit d'une aide efficace. Pour eux, richesse rime avec vieillesse. La natalité y baisse, l'espérance de vie y augmente. Désormais, il faudra poser les rapports du monde capitaliste et des pays peu développés en termes de peuples vieux et de peuples jeunes, et non en termes de riches et de pauvres. Les pays occidentaux sortiront-ils de leur léthargie ? Le livre d'Alfred Sauvy est un cri d'alarme. Puisse-t-il être entendu.

  • Ce n'est plus d'une crise que les économies occidentales sont victimes, mais de la crise. Le chômage et l'inflation, considérés naguère comme antidotes l'un de l'autre, cumulent dramatiquement leurs effets. Quelle est la cause de ces maux ? Le mauvais sort ? La fin des ressources du monde ? Non, il s'agit d'un contresens fondamental, d'un refus de créer, d'un refus de voir, et même de penser. Tournant le dos à la création de richesses, refusant aussi la création d'hommes pour survivre, les Européens et notamment les Français en sont venus à considérer l'emploi, le travail, comme un but en soi, alors qu'il n'est que le moyen. Recherchant éperdument l'improductivité, après avoir chanté pendant deux siècles les mérites de l'efficience et en avoir bénéficié, ils sont tout étonnés de trouver comme résultat la pauvreté. C'est l'économie du diable. Des solutions réalistes, fondées sur un examen approfondi de la situation actuelle en fonction de l'avenir, l'auteur de Croissance zéro ? et de la Fin des riches en suggère plusieurs dans ce nouvel et brillant ouvrage. Pour éviter la pauvreté et le recul économique, il faut, dit-il, donner toutes ses chances à la production de richesses, abandonner les pratiques malthusiennes, cesser d'encourager l'improductivité, et modifier l'enseignement afin de réduire les écarts tragiques entre les besoins des hommes et leur formation. Il faut par-dessus tout combattre le vieillissement sous toutes ses formes. L'Europe aspire, en fait, à la retraite. Mais à la différence des personnes, un pays peut revenir à la jeunesse.

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