• Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Économiste, démographe, sociologue de réputation mondiale, Alfred Sauvy prend aujourd'hui le temps de se souvenir. Au cours d'une longue carrière, qui débute sous la IIIe République, l'auteur de l'Histoire économique de la France entre les deux guerres (parmi beaucoup d'autres ouvrages) a connu ou rencontré les personnalités les plus importantes chargées du gouvernement de la France. Il fut le collaborateur de Paul Reynaud, dont il trace un portrait lucide et tout en finesse, celui de Jean Monnet ; ses conseils aux moments les plus dramatiques de notre histoire - le Front populaire, Munich, la guerre 1934-1945, l'occupation allemande, l'après-guerre - furent sollicités par des hommes aussi éminents qu'Édouard Daladier ou Pierre Mendès-France. Certes, son action auprès des gouvernements et des ministères se situe-t-elle surtout dans les coulisses. Mais, à travers le récit de ces entretiens, de ces scènes vécues dont beaucoup sont révélées pour la première fois au public, c'est un peu le tableau des mutations que la France a connues depuis 1934 à nos jours qui se déroule sous nos yeux. En homme de science et de raison, Alfred Sauvy constate que le pouvoir économique est une notion récente et qu'en tout état de cause il doit s'effacer devant le pouvoir politique. Ces souvenirs contribueront à éclairer d'un jour nouveau ces questions fondamentales. À ce niveau, la « petite histoire » devient une leçon d'histoire.

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  • Dans les pays européens développés se poursuit le vieillissement de la population qui pose et va, de plus en plus, poser des problèmes inédits, trop peu étudiés jusqu'ici. À l'inverse, dans le Tiers Monde, une exubérance excessive (eu égard à la mortalité en recul) pose des problèmes de croissance et parfois de subsistance. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, le Français s'intéressait peu à la démographie ; les faits les plus vitaux n'étaient pas assez étudiés ou étaient commentés suivant des préjugés tenaces. Dans cette 9e édition parue en 1968, Alfred Sauvy, Président honoraire de l'Union Internationale pour l'Étude Scientifique de la Population, nous explique tout ce qu'il convient de connaître en matière de population et de démographie.

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  • La guerre 1939-1945 est fort loin et tout près de nous. Sur elle, existe une abondante littérature tournée vers l'épique plus que vers le matériel, vers le spirituel plus que vers le temporel, vers la politique plus que vers la vie des hommes. A l'aide de documents en partie inédits, a été reconstituée la façon dont les Français ont vécu pendant la « drôle de guerre », pendant l'Occupation et après. Les événements ne se sont pas toujours passés comme il a été dit, ni moins encore comme le présentent tant de souvenirs. Dissipant de nombreux préjugés et légendes, cette histoire économique, qui déborde parfois sur d'autres pays, permet de dégager de ces six années de nombreux enseignements de poids, vus sous un angle nouveau : celui des documents mis pour la première fois au jour par Alfred Sauvy.

  • La société de cette fin de siècle a été chargée de malédictions. Sachant tout produire, en abondance, excepté la satisfaction, elle consomme éperdument, y compris son patrimoine. La terre tourne plus vite, quoi qu'en pensent les physiciens et astronomes ; elle tourne plus vite, par le rythme des événements qui s'y déroulent. Depuis la parution de la première édition de Croissance Zéro ?, nous avons vu le « coup d'État » des Arabes, l'accélération de l'inflation, la conférence mondiale de Bucarest sur la population, le second rapport au Club de Rome, la montée de la pénurie alimentaire, etc. ; bien d'autres événements sont survenus et parfois ont jailli. Cette seconde édition a été révisée et mise à jour au début de 1975, pour tenir compte de ces changements, dont certains étaient « dans l'ordre », mais dont d'autres peuvent être considérés comme participants d'un certain « désordre mondial ». Dans Croissance Zéro ?, les conclusions du professeur Sauvy diffèrent de l'opinion courante et entretenue. Elles disculpent, les principaux accusés, c'est-à-dire les pays pauvres, auxquels les pays riches reprochent leur exubérance pour cacher leurs propres méfaits, en venant presque à leur contester le droit de vivre. Dans cet océan de cruautés se diffusent avec difficulté les vérités cruelles, parmi lesquelles le fait que les machines et les moteurs se multiplient plus vite que les hommes et consomment déjà dans le monde vingt fois plus d'oxygène que les quatre milliards d'êtres humains. Ainsi le problème de population le cède en importance à celui de l'inégalité meurtrière. Les solutions absurdes proposées, comme la croissance zéro, pour l'économie cette fois, n'ont pour objet, par leur outrance même, que de détourner des infléchissements économiques, devenus de plus en plus nécessaires, vers une vie moins mortelle.

  • Les mois passent et puis les années. Attachés aux événements au jour le jour, nous ne distinguons pas bien les grands mouvements de fond. La petite aiguille de la montre est la plus importante, mais nous ne la voyons pas bouger. Avec La montée des jeunes, Alfred Sauvy nous plonge au sein même de l'histoire de France, telle qu'elle se dessine, mais telle qu'on ne la voit pas encore. Cette poussée de jeunes rameaux sur le vieil arbre, après un siècle et demi de vieillissement, c'est-à-dire de dessèchement, est un signe extraordinaire de renouveau, dont les conséquences se feront peu à peu sentir. Les cinquante années qui viennent de s'écouler, l'auteur nous les retrace, pour la France, d'une façon bien peu conforme à ce qu'on peut lire dans les manuels. Mais cette vue saisissante nous permet de mieux nous projeter en avant, à la recherche de notre destin. La montée des jeunes n'est cependant pas le talisman magique qui, par sa propre vertu, ranime tout autour de lui. Elle impose à la France une charge sérieuse, les douleurs d'un immense et glorieux enfantement. La nécessité de cet « accueil » aux jeunes amène l'auteur à décrire les conditions de l'économie française, à déraciner les vieilles idées économiques sur le développement et à montrer une doctrine neuve. Le chemin de la France nous apparaît alors clair et prometteur. Un véritable rebondissement dans l'histoire.

  • Souffrant d'une sévère crise économique, le monde occidental pratique la politique de l'autruche, et son corollaire : prévoir pour ne pas voir. La futurologie fleurit mais les économistes délaissent une réalité par trop morose pour céder aux charmes de l'abstraction. Or, l'heure n'est plus au rêve. Des millions d'hommes ont, eux, les yeux bien ouverts. Ce sont les habitants de ce que l'on appelait le Tiers Monde, un monde aujourd'hui tellement disparate que le terme est périmé. Le Tiers Monde, c'est tout un monde, et même plusieurs. La poussée démographique - pourtant à peine naissante - des peuples démunis plonge dans l'angoisse les pays riches, dont les monopoles vacillent et qui se sentent peu enclins à abandonner leurs privilèges au profit d'une aide efficace. Pour eux, richesse rime avec vieillesse. La natalité y baisse, l'espérance de vie y augmente. Désormais, il faudra poser les rapports du monde capitaliste et des pays peu développés en termes de peuples vieux et de peuples jeunes, et non en termes de riches et de pauvres. Les pays occidentaux sortiront-ils de leur léthargie ? Le livre d'Alfred Sauvy est un cri d'alarme. Puisse-t-il être entendu.

  • Ce n'est plus d'une crise que les économies occidentales sont victimes, mais de la crise. Le chômage et l'inflation, considérés naguère comme antidotes l'un de l'autre, cumulent dramatiquement leurs effets. Quelle est la cause de ces maux ? Le mauvais sort ? La fin des ressources du monde ? Non, il s'agit d'un contresens fondamental, d'un refus de créer, d'un refus de voir, et même de penser. Tournant le dos à la création de richesses, refusant aussi la création d'hommes pour survivre, les Européens et notamment les Français en sont venus à considérer l'emploi, le travail, comme un but en soi, alors qu'il n'est que le moyen. Recherchant éperdument l'improductivité, après avoir chanté pendant deux siècles les mérites de l'efficience et en avoir bénéficié, ils sont tout étonnés de trouver comme résultat la pauvreté. C'est l'économie du diable. Des solutions réalistes, fondées sur un examen approfondi de la situation actuelle en fonction de l'avenir, l'auteur de Croissance zéro ? et de la Fin des riches en suggère plusieurs dans ce nouvel et brillant ouvrage. Pour éviter la pauvreté et le recul économique, il faut, dit-il, donner toutes ses chances à la production de richesses, abandonner les pratiques malthusiennes, cesser d'encourager l'improductivité, et modifier l'enseignement afin de réduire les écarts tragiques entre les besoins des hommes et leur formation. Il faut par-dessus tout combattre le vieillissement sous toutes ses formes. L'Europe aspire, en fait, à la retraite. Mais à la différence des personnes, un pays peut revenir à la jeunesse.

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