• De Montaigne à Lewis Carroll en passant par Saint-Simon et Flaubert, le philosophe Ali Benmakhlouf explore le statut multiséculaire de la conversation, ce lien humain qui nous fait tenir les uns aux autres par la parole. La littérature est le miroir de nos vies en conversation, surtout quand celle-ci se fait l'écho de l'oralité. Ce qui importe, c'est la manière de dire : le rythme, la voix, le souffle, le silence et les gestes : autant de riches matériaux qui éveillent les esprits. La conversation n'est pas une sagesse toute faite, elle est plutôt une manière de vivre.

  • Certaines questions parmi les plus contemporaines - comme celle du « projet parental » pour inscrire l'embryon in vitro dans une lignée humaine, ou celle d'une activité cérébrale détectée par imagerie cérébrale fonctionnelle dans le cas des comas avancés - sont à la fois médicales, existentielles et logiques. Pour les aborder et défaire ainsi les crampes mentales, la conscience apeurée d'un monde livré aux technologies et l'inflation de la parole des experts, il faut procéder à une révision des schèmes conceptuels. Ali Benmakhlouf, philosophe logicien, ancien membre du Comité consultatif national d'éthique, grand lecteur de Montaigne et de Lewis Carroll, promeut les deux concepts de compréhension et d'énumération comme permettant d'éviter la double réduction du concept au récit, et de l'éthique à de la technique.
    La démarche défendue dans ce livre assume que l'éthique n'est pas un savoir, bien qu'elle repose sur un savoir. C'est une éthique intégrative de la science, une éthique relative parce que procédurale, mais non relativiste car elle repose sur des raisons et des alternatives sans cesse évaluées et discutées  ; une éthique qui prend le chemin des aventures conceptuelles de la science, non pour se faire science elle-même, mais pour être suffisamment informée en vue de décrire les dilemmes que les choix humains affrontent tous les jours.
     
    Ali Benmakhlouf, agrégé de philosophie, est professeur à l'Université Paris-Est Créteil et membre senior de l'Institut universitaire de France. Le fil directeur de ses recherches est la logique  ; il est notamment spécialiste de G. Frege et B. Russell, auxquels il a consacré de nombreux ouvrages. Il est actuellement engagé dans les débats sur la bioéthique, notamment dans l'Académie nationale de pharmacie dont il est membre correspondant.

  • Ali Benmakhlouf, professeur de philosophie à l'université de Paris-Est, retrace ici le sens de l'engagement des philosophes arabes dans la recherche de la vérité.Lire les philosophes arabes médiévaux avec l'oeil de la philosophie contemporaine pour y trouver des affinités de méthode et de doctrine : tel est le parti pris de ce livre.Lire ces philosophes arabes, c'est aussi les inscrire dans la tradition et le patrimoine de l'humanité, car ils ont su ménager des accès multiples à la vérité où religion et philosophie sont pensées de manière conjointe. Leurs travaux dans de nombreux domaines, comme la médecine, la logique ou l'histoire continuent de nous interpeller comme ils ont contribué à la formation de la pensée européenne.Le médiéval rejoint alors le contemporain dans cette riche histoire qui est celle de l'humain et de l'intellect.

  • Cette philosophie de la connaissance qui s'inspire du développement des mathématiques et de la logique de la fin du XIXe siècle fut élaborée entre 1910 et 1920. Elle renoue avec la tradition empiriste anglaise (Locke, Berkeley, Hume) en dérivant la connaissance humaine des données de la perception et en fournissant un style à la philosophie anglo-saxonne contemporaine.

  • Retrace le parcours de ce logicien philosophe, de l'Idéographie (1879) aux Ecrits posthumes. L'invention d'une écriture conceptuelle, la définition logique du nombre ainsi que la croyance en un monde de pensées, objectives, communicables et éternelles sont les trois volets présentés.

  • Les textes réunis ici présentent l´art sous l´angle de la connaissance.
    Il est de coutume de n´associer l´art qu´à des manifestations expressives ou émotives. Mais l´art a des fonctions multiples et aucun art n´indique sa propre limite. La complexité du réel qu´il permet de simuler fait qu´il est aussi porteur d´un véritable projet de connaissance. Quand il voit, l´oeil n´est pas innocent. Il est porté par tout ce qu´il a déjà vu et à l´aide de quoi il interprète ce qu´il voit de « nouveau ». Il y a bien sûr le regard de celui qui est exercé, artiste ou critique d´art, mais il y a aussi le regard du spectateur qui s´instruit de façon profane et qui refuse que lui soit confisqué le droit d´interpréter à son tour les images qui se déploient devant lui, pour la simple raison qu´elles entrent en composition, dans sa vie, avec celles qui l´ont déjà constitué.
    C´est que l´art s´apprécie dans l´exacte mesure où il s´ajuste à nous : notre appréciation de l´art est comme l´essai que nous faisons d´un vêtement qui nous va à merveille. Plus même, l´art nous est donné pour mieux accepter la vérité, ou encore, l´art nous est donné pour exprimer de façon acceptable une vérité qui, autrement, nous serait insupportable.
    À PROPOS DE L'AUTEUR Agrégé de philosophie, Ali Benmakhlouf est professeur des universités à Paris 12 Créteil Val-de-Marne, membre du comité consultatif national d´éthique et président du comité consultatif de déontologie et d´éthique de l´Institut de Recherches pour le Développement (IRD). Il compte aujourd'hui plusieurs publications à son actif, parmi lesquelles L'identité, une fable philosophique et Montaigne .

  • Les textes ici rassemblés ont été prononcés à la Villa des Arts de Rabat et de Casablanca durant les années 2007/2011 Ils ont tous l´unité thématique d´interroger la place de l´homme dans la société. Certains textes se répondent. La vie, la dignité et les droits humains font partie intégrante de l´exigence démocratique. Dans un monde où la liberté semble reculer devant les craintes sécuritaires, il convient de rappeler que la liberté demeure un droit premier qui ne se déduit d´aucun autre. C´est là un des questionnements citoyens sur le printemps arabe. D´autres textes interrogent la notion de civilisation, de civilité et de justice sociale. Une troisième série de textes interroge les questions connexes de la solidarité et de la responsabilité en faisant une large part aux problèmes philosophiques que pose la jeunesse. Enfin, une réflexion historique sur « le miroir des princes » donne une indication sur les manières de gouverner en mettant au coeur de ce problème la question de la bonne foi, c´est-à-dire de la confiance. La bonne foi appelle la bonne foi, sans elle, il est difficile aux hommes d´oeuvrer collectivement.
    À PROPOS DE L'AUTEUR Agrégé de philosophie, Ali Benmakhlouf est professeur des universités à Paris 12 Créteil Val-de-Marne, membre du comité consultatif national d´éthique et président du comité consultatif de déontologie et d´éthique de l´Institut de Recherches pour le Développement (IRD). Il compte aujourd'hui plusieurs publications à son actif, parmi lesquelles L'identité, une fable philosophique et Montaigne .

  • Bien que ces chroniques soient autonomes, elles sont reliées par une même thématique : celle qui est relative au "pouvoir de connaître" et au "droit de savoir".  Le droit passe par le droit de savoir : si l'on veut combattre les injustices, il importe de les reconnaître, de les connaître, de hisser l'information au niveau de l'enquête, d'ouvrir le gouvernement sur la discussion pour éviter le populisme. La manière dont on déclare le droit est une façon d'aménager un cadre où la déclaration devient une réalité.
    Informer, enquêter suppose observer et lire. Mais lire sans relire n'est qu'une façon de trouver ce que l'on cherchait déjà. Relire, c'est se donner le pouvoir de connaître qui va de pair avec le droit de savoir. Le monde de la littérature est un monde qui accueille toutes les réalités, car il n'abstrait pas, il ne soustrait pas, même quand il traite d'abstractions comme le grand âge et la vieillesse avec lesquels nous entretenons un rapport abstrait. Le monde de la philosophie n'est pas celui des valeurs, mais celui de leur évaluation constante : comment évaluer la valeur ? Comment conduire une pensée jusqu'à ses impasses ou ses apories ? Ces questions sont au coeur de la réflexion philosophique qui est une réflexion critique animée par le doute, un doute qui ne clôt pas les débats. La ruse d'un Socrate fut toujours d'amener son interlocuteur à savoir de lui-même ce qui ne peut être déposé de l'extérieur dans les yeux de son esprit : c'est là une vraie autorité dont l'autre mot est l'amitié.
    À PROPOS DE L'AUTEUR Agrégé de philosophie, Ali Benmakhlouf est professeur des universités à Paris 12 Créteil Val-de-Marne, membre du comité consultatif national d´éthique et président du comité consultatif de déontologie et d´éthique de l´Institut de Recherches pour le Développement (IRD). Il compte aujourd'hui plusieurs publications à son actif, parmi lesquelles L'identité, une fable philosophique et Montaigne .

  • Un recueil de textes sur le printemps arabe Si la démocratie est, entre autres caractéristiques, un "gouvernement par la discussion", elle fut le fil directeur de ces rencontres, créant ce que l'on peut appeler "une atmosphère" de débat public, du village situé à la périphérie de Marrakech aux grandes villes que sont Rabat, Fès, Paris, ou des villes de moyenne taille comme Essaouira ou Tétouan. Cet ensemble de textes fait une large part à l'expérience tunisienne qui a mis fin au règne d'une dictature. Cette expérience est décrite ici comme un diagnostic : les moments marquants des premiers soulèvements, des premières prises de décision, des premières illusions aussi. La puisssance des énoncés qui ne sont ni de simples phrases grammaticales, ni de simples propositions déclaratives de la logique, est une des parties prenantes des révoltes que le monde arabe connaît depuis trois ans. Cette puissance situe ces révoltes dans l'horizon de l'insurrection aussi bien que dans celui de la révolution. Les manières de dire, qu'elles soient philosophiques ou littéraires, furent souvent des manières obliques par lesquelles le cycle de ces rencontres intitulées "éclats du printemps arabe" a abordé les soulèvements politiques. Décrire et traduire, c'est aussi changer les versions du monde empruntes de servitude dans lesquelles la grammaire de l'émancipation ne parvient pas à dire ses règles. Ce sont des actes philosophiques et politiques. À PROPOS DE L'AUTEUR Agrégé de philosophie, Ali Benmakhlouf est professeur des universités à Paris 12 Créteil Val-de-Marne, membre du comité consultatif national d'éthique et président du comité consultatif de déontologie et d'éthique de l'Institut de Recherches pour le Développement (IRD). Il compte aujourd'hui plusieurs publications à son actif, parmi lesquelles L'identité, une fable philosophique et Montaigne .

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