• Le chemin de Mai 68 est le chemin de l'Histoire avec sa part d'imprévu et de subjectivité. La rage des contestataires, joyeusement destructrice de l'ordre établi, et l'ampleur de la secousse ont tant surpris les puissants qu'ils se sont mis la tête sous le sable. Aveugles, ils ont cheminé sans vrais repères. Cet ouvrage propose de repenser le cours de l'Histoire qui a conduit aux événements de Mai 68, d'en finir avec cette cécité et ses divagations politiques.

  • La guerre civile froide

    André Fontaine

    • Fayard
    • 21 Janvier 1969

    La France n'a pas fini de subir les effets des journées de mai. C'est tout un équilibre économique, social, politique, psychologique qui a été remis en cause, comme on s'en est aperçu à l'occasion de la crise financière de novembre. De nombreux ouvrages, auxquels il peut paraître vain de prétendre ajouter, ont déjà été consacrés à ces événements. Mais la plupart du temps, ils en sont encore très proches. C'est pourquoi, à moins que leur auteur n'ait délibérément choisi de ne traiter qu'un des aspects d'un phénomène en fin de compte très complexe, ils relèvent davantage de la polémique ou du récit coloré que de l'analyse sereine. Aujourd'hui les mois ont passé. Il est possible d'aborder la révolte du printemps avec plus de sang-froid et de recul, en la replaçant dans un cadre plus vaste et en tenant compte notamment d'un contexte international, tant idéologique que stratégique, trop souvent négligé. C'est à quoi s'est employé André Fontaine. Le titre de son livre met en évidence les frappantes similitudes existant entre cette Guerre civile froide que nous venons de traverser et la guerre froide tout court dont il s'est fait depuis vingt ans le chroniqueur et tout récemment l'historien. Dans un cas comme dans l'autre, en effet, on constate le même recours à l'intimidation, à la dissuasion, les mêmes efforts de certains petits -les « groupuscules » pour mettre en mouvement des « grands » peu soucieux de se risquer à des affrontements ouverts. Il n'est pas jusqu'à l'étude des causes de cette épreuve de force qui ne fasse apparaître l'importance du rôle qu'y ont joué, comme dans la guerre froide, les malentendus, les idées préconçues, les erreurs de calcul, l'évaluation erronée des forces de l'adversaire, l'incapacité de saisir à temps la dimension des mutations en cours et, pour tout dire, la sclérose de la pensée et des appareils. Dans cette bataille comme dans celle de la guerre froide tout court, la victoire est allée au plus fort, au plus imaginatif, à celui qui avait le plus de sang-froid et de psychologie. Mais elle n'a pas fait disparaître les causes de la révolte, bien au contraire, puisqu'elle a semé dans les coeurs des vaincus une amertume dont rien de bon ne peut sortir. Existe-t-il des moyens d'y porter remède? André Fontaine qui croit qu'ils relèvent surtout d'une disponibilité de l'esprit et du coeur, s'efforce de les explorer à la fin de ce livre.

  • Pendant quarante-cinq ans, le monde a vécu sous la tutelle de deux empires aux ambitions radicalement contradictoires, encore que contraints, par leur commune peur de l'apocalypse nucléaire, à un minimum de complicité. Cette époque est révolue. Le putsch manqué de Moscou a précipité la déroute d'une Union soviétique en passe de perdre jusqu'à son nom.
    Suivant de près celle qu'il venait de remporter sur l'Irak de Saddam Hussein, c'est pour Georges Bush une formidable victoire: le voilà désormais " sans l'autre ", débarrassé de la super-puissance que ses prédécesseurs n'avait cessé, depuis 1945, de trouver en travers de leur route. S'ils conservent, avec le Japon et l'Allemagne, d'opulents rivaux commerciaux, les Etats-Unis n'ont plus pour le moment d'ennemi, et aucun de leurs partenaires ne paraît vraiment de taille à beaucoup influencer leurs décisions.
    Jamais, au cours des siècles, puissance n'a été aussi près d'exercer l'hégémonie mondiale. Il est grand temps pour l'Europe de se réveiller si elle ne veut pas que le " nouvel ordre international " en gestation consacre son effacement.

    Pendant dix-huit ans chef du service étranger, puis rédacteur en chef (1969-1985) et directeur (1985-1991), André Fontaine a consacré au Monde l'essentiel de sa carrière. On lui doit une Histoire de la Guerre froide en deux volumes et une Histoire de la Détente (Un seul lit pour deux rêves) publiées chez Fayard et rééditées l'une et l'autre au Seuil (coll. Points-Histoire), ainsi que plusieurs essais.

  • « Un livre remarquable... Le lecteur est, d'un bout à l'autre, pris par le récit. L'auteur, journaliste éminent, n'a jamais cédé à ce que les historiens universitaires appellent "le journalisme", c'est-à-dire qu'il ne cherche pas à éveiller l'intérêt par des anecdotes. L'intérêt, il a su le rendre poignant sur le fond même du sujet. » J.-B. Duroselle, Le Monde diplomatique « On est d'abord surpris. Faire commencer la guerre froide en 1917, voilà qui va contre la définition habituelle. Puis, à mesure qu'on avance dans la lecture..., on accepte de plus en plus aisément ce que l'auteur a affirmé dans son introduction - qu'il "n'existait aucune solution de continuité dans l'affrontement du pouvoir des Soviets et du monde bourgeois et qu'il était impossible de comprendre les crises qui se sont succédé au cours des vingt dernières années sans remonter à ses premières phases". »

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « Un livre remarquable... Le lecteur est, d'un bout à l'autre, pris par le récit. L'auteur, journaliste éminent, n'a jamais cédé à ce que les historiens universitaires appellent "le journalisme", c'est-à-dire qu'il ne cherche pas à éveiller l'intérêt par des anecdotes. L'intérêt, il a su le rendre poignant sur le fond même du sujet. » J.-B. Duroselle, Le Monde diplomatique « On est d'abord surpris. Faire commencer la guerre froide en 1917, voilà qui va contre la définition habituelle. Puis, à mesure qu'on avance dans la lecture..., on accepte de plus en plus aisément ce que l'auteur a affirmé dans son introduction - qu'il "n'existait aucune solution de continuité dans l'affrontement du pouvoir des Soviets et du monde bourgeois et qu'il était impossible de comprendre les crises qui se sont succédé au cours des vingt dernières années sans remonter à ses premières phases". »

  • S'inspirant de l'exemple d'un petit tailleur roumain qui avait réussi à prendre les " vraies mesures " de Krouchtchev, André Fontaine a cherché à prendre celles des géants passablement essoufflés, certes, mais encore pleins de vigueur, qui dominent la scène mondiale et vont continuer de le faire pendant le dernier quart de ce siècle. L'Europe ayant perdu la voix - pourquoi ? -, la Chine, nouvelle Sparte, n'ayant pas fini de bâtir sa puissance, l'étrange ménage soviéto-américain, tout en se chamaillant à qui mieux mieux, fait toujours plus ou moins la loi. Mais les conflits du tiers monde, comme l'instabilité en Méditerranée mettent à chaque instant la détente à l'épreuve, tandis que la course aux armements, le désordre monétaire, les pénuries énergétiques et alimentaires, l'explosion démographique, le déchaînement de la violence, la destruction de l'environnement, l'immoralité shakespearienne de la politique font planer à l'horizon de l'an 2000 des nuages encore plus sombres. L'humanité, si elle veut se tirer d'affaire, doit tourner le dos à la loi de la jungle et au gaspillage, et trouver à des problèmes qui sont de plus en plus planétaires des solutions également planétaires. La France et l'Europe ont leur rôle à jouer dans cette grande remise en cause.

    Né en 1921, André Fontaine a fait des études de droit, d'économie et d'histoire. Entré au journal Le Monde en 1947, il y est devenu chef du service étranger en 1951 et rédacteur en chef en 1969. Il a été désigné par la revue américaine Atlas comme le " rédacteur en chef international de l'année " pour 1976.

  • Ayant fait un peu trop la fête, en mai 68, et s'étant beaucoup dépensée, durant cinq ans, dans une campagne électorale quasi ininterrompue, la France, depuis que la majorité, à la surprise générale, a été reconduite, est tombée dans un assoupissement morose. Déçue par la vanité du discours politique, commençant à douter de la valeur des idéologies dont elle s'est longtemps nourrie, elle est bien entendue courtisée par toutes sortes de faiseurs de miracles, qui chantent chacun à sa manière la vieille chanson du " n'y a qu'à ". Mais, à la différence de la Belle au Bois Dormant, elle ne sera pas réveillée par quelque prince charmant. Personne, dans le monde dur où nous vivons, ne fait de cadeaux à qui que ce soit. La France n'échappera à l'assujettissement qui la menace que si elle ouvre les yeux sur les grands défis de l'époque et s'emploie à y répondre.
    Déçue, courtisée, réveillée: ce sont les trois parties de ce survol, vif et serein à la fois, de la France d'aujourd'hui.

  • Le pacte atlantique a dix ans. Conçu aux pires moments de la guerre froide pour protéger l'Europe occidentale contre la menace d'une agression soviétique, a-t-il encore un sens aujourd'hui, alors que l'on parle un peu partout de « détente » ? Plus personne, de toute façon, ne croit que notre continent constitue l'objet essentiel de la pression soviétique, ni que la guerre soit la carte essentielle sur laquelle le Kremlin compte pour faire avancer ses pions. Cette double constatation a été faite depuis un certain temps déjà, et par les voix les plus autorisées. Il a fallu cependant l'avènement de la Ve République pour que l'un des pays membres de l'O.T.A.N. pose ouvertement, et l'on peut dire brutalement, la question de l'adaptation du système défensif occidental aux nécessités nouvelles. Que vaut aujourd'hui, sur le plan militaire, politique, économique, l'alliance atlantique ? Quelles sont ses perspectives d'avenir ? Quelles sont les solutions préconisées par le général de Gaulle et leurs chances d'être prises en considération ? Telles sont les principales questions auxquelles s'efforce de répondre l'étude d'André Fontaine. Jusqu'à présent, l'O.T.A.N. a répondu aux buts essentiels qui lui avaient été assignés ; elle a su préserver l'intégrité territoriale et les libertés politiques de ses membres. Mais elle ne saurait se contenter de cette tâche de simple conservation. Il lui faut ressaisir l'initiative. Il lui faut imaginer les solutions constructives qui lui vaudront seules l'appui de l'opinion mondiale. C'est ainsi seulement, qu'elle a une chance de réussir assez pour devenir tout à fait inutile.

  • Le pacte atlantique a dix ans. Conçu aux pires moments de la guerre froide pour protéger l'Europe occidentale contre la menace d'une agression soviétique, a-t-il encore un sens aujourd'hui, alors que l'on parle un peu partout de « détente » ? Plus personne, de toute façon, ne croit que notre continent constitue l'objet essentiel de la pression soviétique, ni que la guerre soit la carte essentielle sur laquelle le Kremlin compte pour faire avancer ses pions. Cette double constatation a été faite depuis un certain temps déjà, et par les voix les plus autorisées. Il a fallu cependant l'avènement de la Ve République pour que l'un des pays membres de l'O.T.A.N. pose ouvertement, et l'on peut dire brutalement, la question de l'adaptation du système défensif occidental aux nécessités nouvelles. Que vaut aujourd'hui, sur le plan militaire, politique, économique, l'alliance atlantique ? Quelles sont ses perspectives d'avenir ? Quelles sont les solutions préconisées par le général de Gaulle et leurs chances d'être prises en considération ? Telles sont les principales questions auxquelles s'efforce de répondre l'étude d'André Fontaine. Jusqu'à présent, l'O.T.A.N. a répondu aux buts essentiels qui lui avaient été assignés ; elle a su préserver l'intégrité territoriale et les libertés politiques de ses membres. Mais elle ne saurait se contenter de cette tâche de simple conservation. Il lui faut ressaisir l'initiative. Il lui faut imaginer les solutions constructives qui lui vaudront seules l'appui de l'opinion mondiale. C'est ainsi seulement, qu'elle a une chance de réussir assez pour devenir tout à fait inutile.

  • Ce livre est l'histoire du camp d'internement des Milles, où l'on détient systématiquement à la déclaration de guerre tous les Allemands, Autrichiens, Tchèques réfugiés : deux Prix Nobel, de nombreux savants, près d'une centaine d'hommes de lettres, L. Feuchtwanger, W. Hasenclever, F. Hessel, E.M. Landau, G. Mann, E.E. Noth..., une cinquantaine de peintres, M. Ernst, H. Bellmer, Gus, R. Liebknecht, M. Lingner, Wols, etc. En juin 1940 d'autres camps (Montargis, Montbard, Dijon, Arandon, Chambaron, Loriol, etc.) sont repliés aux Milles. Le « train-fantôme » sauve plus 2 000 internés du danger à travers tout le Sud-Ouest. Le camp des Milles devient un camp de transit pour 27 nationalités, mais 1 928 juifs, dont 23 enfants, sont livrés par Vichy et déportés à Auschwitz en août 1942. Le pasteur Manen, un gardien, Boyer, quelques internés des Brigades Internationales, sauvent beaucoup de vies humaines. Des scènes déchirantes sont décrites dans des documents originaux de survivants, dont quelques enfants orphelins.

  • Ce livre est l'histoire du camp d'internement des Milles, où l'on détient systématiquement à la déclaration de guerre tous les Allemands, Autrichiens, Tchèques réfugiés : deux Prix Nobel, de nombreux savants, près d'une centaine d'hommes de lettres, L. Feuchtwanger, W. Hasenclever, F. Hessel, E.M. Landau, G. Mann, E.E. Noth..., une cinquantaine de peintres, M. Ernst, H. Bellmer, Gus, R. Liebknecht, M. Lingner, Wols, etc. En juin 1940 d'autres camps (Montargis, Montbard, Dijon, Arandon, Chambaron, Loriol, etc.) sont repliés aux Milles. Le « train-fantôme » sauve plus 2 000 internés du danger à travers tout le Sud-Ouest. Le camp des Milles devient un camp de transit pour 27 nationalités, mais 1 928 juifs, dont 23 enfants, sont livrés par Vichy et déportés à Auschwitz en août 1942. Le pasteur Manen, un gardien, Boyer, quelques internés des Brigades Internationales, sauvent beaucoup de vies humaines. Des scènes déchirantes sont décrites dans des documents originaux de survivants, dont quelques enfants orphelins.

  • Toute évocation de Mai 68 est empreinte de jugements particuliers. Parmi ceux qui ont connu les événements, ces jugements reflètent, pour les uns, leur malaise vis-à-vis de ceux qui s'en prenaient à leurs privilèges, pour les autres une nostalgie de ces tumultueuses journées de fraternité, dont les plus militants faisaient les hirondelles d'un printemps socialiste. Ceux qui ne les ont pas connus en restent aux idées reçues du monde présent où les privilégiés rejettent cet héritage dont ils sont les bénéficiaires. Qu'est donc Mai 68 ?

  • La Fontaine s'est généreusement inspiré des sources les plus variées : les sujets de ses
    Fables sont tirés d'Ésope, Phèdre, Abstemius ou Pilpay, et les thèmes de ses
    Contes d'Ovide, l'Arioste, Rabelais, Marguerite de Navarre...
    Cette édition présente, pour la première fois, les
    Fables et les
    Contes accompagnés des textes de leurs sources. Par ces rapprochements, non seulement nous mesurons ce " miracle de culture " dont parle Gide, mais surtout nous pénétrons dans le laboratoire poétique de La Fontaine : la comparaison nous fait saisir au vol l'imagination qui arrive, la philosophie qui s'introduit, la gaieté qui s'insinue, l'originalité qui fleurit...
    Son oeuvre se déploie à travers mille façons de raconter des histoires cocasses, des drames, des contes scabreux, des fables narquoises et des aventures érotiques. Dans un style tour à tour tendre, grivois, enjoué, rêveur, enthousiaste, mélancolique, complice, insouciant ou âprement critique. " La Fontaine est notre Homère, a écrit Taine, nous n'en avons point d'autre. Et ses
    Fables sont notre épopée. " Épopée dans laquelle le conteur fait vivre des hommes, des dieux, des animaux et la société du temps avec ses rois, ses riches, ses misérables, chacun dépeint dans son état, trivial ou noble : La Fontaine n'écarte aucune face de la condition humaine.
    Si elle permet de suivre la progression de l'oeuvre à travers ses modèles, cette édition célèbre surtout le créateur de l'une des langues les plus libres de notre littérature.
    Ce volume contient :
    Fables -
    Contes -
    Le Songe de Vaux -
    Relation d'un voyage de Paris en Limousin -
    Poème du Quinquina -
    Lettres -
    Pastiches.

  • Comment parler de cinéma sans en venir un jour à aborder le territoire de tous les spectres et fantômes qui le hantent ? Ce numéro de 24 images s'attaque à la grande diversité des modes d'apparition fantomatique dont est chargée l'histoire du cinéma. Qu'il s'agisse de films hantés par d'autres films (le spectre de Louis Feuillade; le cinéma de Jesús Franco), de films de fantômes (la tradition asiatique et l'oeuvre de Kioyoshi Kurosawa), de films hantés par l'Histoire (Godard, Fassbinder, Nicolas Klotz et Élisabeth Perceval), ou de la pratique expérimentale du found footage (Apitchatpong Weerasethakul), nombreuses sont les ombres qui hantent l'image cinématographique. Des analyses des oeuvres de Buñuel, Hitchcock et Tourneur complètent ce dossier ponctué d'images évocatrices et poétiques. Le DVD du film Que ta joie demeure de Denis Côté accompagne cette édition.

  • Le travail de l'acteur a quelque chose de foncièrement mystérieux et insaisissable. Comment parler de ce qui relève d'une pure présence, d'une énergie vitale ou d'une aura que seule la rencontre féconde d'un cinéaste et de l'acteur qu'il a choisi saura laisser rayonner? Dans le cadre d'un dossier sur les acteurs, les collaborateurs de 24 images nous partagent leurs coups de coeur pour des scènes marquantes du jeu d'acteur dans le cinéma contemporain (Suzanne Clément dans Laurence Anyways, Christopher Waltz dans Django Unchained, Owen Wilson dans The Royal Tenenbaums, entre autres). La revue nous fait aussi découvrir une perception du métier vue de l'intérieur en laissant la parole aux interprètes Emmanuel Schwartz, Sophie Desmarais, Gabriel Arcand, Ève Duranceau, Marie Brassard et Marc-André Grondin qui commentent le travail de leurs pairs.

  • Certains films plus que d'autres ont le pouvoir d'habiter nos rêves et nos pensées bien au-delà de leur vision. L'espace de liberté que quelques-uns portent en eux nous aide à repenser constamment le cinéma, et à penser avec lui. Les films de Jean-Luc Godard sont de ceux-là, et le choc ressenti devant Adieu au langage a suscité un ensemble de textes conçus à la lumière de ce film et des horizons qu'il ouvre. Partant de ce film d'une richesse fabuleuse, ce numéro de 24 images a aussi tenté de voir comment d'autres cinéastes actuels affrontent la question du langage au cinéma, notamment grâce aux analyses de quelques films présentés cet automne : Atlas d'Antoine D'Agata, Journey to the West de Tsaï Ming-liang et Still the Water de Naomi Kawase, entre autres.

  • En ce début d'année, 24 images nous présente un bref retour sur le cinéma de 2014, évitant - comme à son habitude - les critères consensuels, d'où le caractère éclaté de leurs choix. La revue amorce également l'an nouveau en ravivant l'esprit libre et tellement vital du cinéma de Maurice Pialat, auquel la Cinémathèque québécoise consacre une rétrospective, en publiant le texte du cinéaste Philippe Lesage qui nous rappelle toute la force de ce cinéma. Le nouveau film de Rodrigue Jean, L'amour au temps de la guerre civile, fait couverture. Une analyse du film et un entretien avec le réalisateur sont au sommaire. Donigan Cumming, dont les films A Prayer for Nettie et Erratic Angel figurent sur le DVD accompagnant ce numéro, est interviewé par Philippe Gajan.

  • Le cinéma, faut-il le rappeler, a été musical avant d'être parlant. Il a intégré le rythme de la musique à son propre mouvement. Mais par-delà la trame sonore, manifestation la plus visible (ou plutôt audible) de cette relation, comment se tisse cette fréquentation harmonieuse ? Évidemment, il était impossible d'inventorier les multiples rapports qui unissent la musique à l'image au cinéma. C'est pourquoi nous avons plutôt choisi d'aborder sous des angles inusités ce lien par ailleurs essentiel. Ce numéro explore, entre autres, la musicalité des dialogues chez les frères Coen et celle du suspense chez Carpenter, la rébellion formelle de Sogo Ishii découlant de la culture punk, ainsi que le rapport sensoriel qui unit le cinéma de Claire Denis à l'univers musical du groupe Tindersticks.

  • Sous le signe de la Shéhérazade des Mille et une nuits de Miguel Gomes, le numéro 175 de 24 images nous propose un bilan mi-décennie pour accompagner et réfléchir les changements d'un art, le cinéma (sous toutes ses formes), qui évolue à toute vitesse. Fin de la distribution traditionnelle, nouveau rôle des festivals, enjeux de la diffusion en ligne, impasse de la critique, naissance du vulgar auteurism, évolution du transmédia, triomphe du cinéma de la franchise, etc. Ce riche dossier est complété par un palmarès des incontournables de 2010 à 2015. On retrouve aussi dans ces pages un hommage à l'immense Chantal Akerman, sans oublier des entretiens avec Rabah Ameur-Zaïmeche ainsi qu'avec Guy Maddin et Evan Johnson.

  • L'accueil complètement délirant qu'a reçu au dernier Festival de Cannes le premier film de Julia Ducournau, Grave, a inspiré à la rédaction de 24 images un grand dossier consacré au cinéma de genre au féminin. Portraits, rencontres et textes de réflexion tracent la route ce ces réalisatrices qui ont choisi des genres longtemps méprisés, et encore parfois marginalisés, autant par la critique que par l'industrie. Des pionnières (Ida Lupino) aux « Hollywoodiennes » (Kathryn Bigelow) en passant par les sensations actuelles Marina de Van, Lucile Hadzihalilovic ou Andrea Arnold, ces créatrices certes très différentes partagent un même but : questionner et défier les catégorisations. La vitalité du cinéma de genre inspire d'ailleurs une bonne partie du contenu de ce numéro qui propose une entrevue avec le maître japonais Takashi Miike (Audition) et revient sur plusieurs films vus cet été lors du festival Fantasia. Pour couronner les tout, un hommage à la carrière inestimable du regretté Abbas Kiarostami.

  • Pour son numéro d'été, 24 images va à la rencontre de l'art contemporain. Dans son éditorial, le rédacteur en chef Bruno Dequen plaide pour « un cinéma ouvert au monde, nourri de multiples formes d'expressions artistiques qui se le réapproprient tour à tour ». Intitulée « Le cinéma en partage », la publication donne la parole à de nombreux artistes : photographes, concepteurs d'installations, sculpteurs et performeurs. Charles Guilbert, Geneviève Cadieux, Raymonde April ou encore Martha Towsend prennent la plume pour expliciter les liens entre le cinéma, les autres arts et leurs pratiques personnelles. Outre ce grand dossier, le numéro propose également un article de fond sur l'oeuvre du controversé danois Nicolas Winding Refn ainsi que des entretiens avec le réalisateur indépendant américain Whit Stillman à propos de son oeuvre et de son plus récent opus Love & Friendship et avec le vidéaste Mathieu Jacques, membre du duo son-image Organ Mood.

  • Ce numéro de printemps fait état d'une embellie du cinéma québécois. Plusieurs réussites sont à célébrer : en film immersif, en documentaire (Combat au bout de la nuit de Sylvain L'Espérance, Gulîstan, terre de roses de Zayne Akyol), en ovni historique (Le Cyclotron d'Olivier Asselin), sans oublier la fresque-événement de Mathieu Denis et Simon Lavoie Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau. Également au menu, un portrait et entretien avec le cinéaste israélien Nadav Lapid et l'inauguration d'une nouvelle chronique pour 2017 : Montréal et cinéma, carte blanche pour célébrer le 375e anniversaire de la ville. Le numéro est accompagné d'un DVD rassemblant sept des courts-métrages québécois les plus marquants des deux dernières années, aussi réunis en table ronde. Peut-être la meilleure façon de faire connaissance avec les créateurs de la relève de notre septième art?

  • Une monographie de Vrécourt, village des Vosges, publiée en 1922 et rédigée par celui qui en fut le curé et ne cherchait au départ que des détails sur ses prédécesseurs. Un ouvrage riche grâce à de nombreux témoignages sur l'ancien Vulferticurtis signalé dans un titre de l'an 1033 donné en faveur de l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon, par Gérard d'Alsace, premier duc héréditaire de Lorraine.

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