• "C'était déjà la féminisation de la pauvreté, l'insécurité sexuelle et la montée des intégrismes qui avaient motivé, la première édition de ce recueil. Le constat négatif que je faisais alors, loin d'être obsolète, est plus que jamais d'actualité. Les nouveaux textes de cette réédition attestent une régression, une contre-libération menaçantes. [...] Libérer à sa source la libido creandi des femmes, c'est lancer un défi permanent à cette guerre et s'ouvrir à la géni(t)alité des deux sexes. Se souvenir que le premier environnement de chaque humain est un corps vivant, parlant ; se souvenir qu'on naît d'une femme (et aussi d'un homme) et en éprouver de la gratitude, c'est abolir un ordre symbolique, tyrannique, hégémonique ; c'est vaincre l'addiction spéculaire de Narcisse, s'évader des dogmes et des illusions des religions du Livre ; c'est stopper la spéculation du Tout-marchandise, du Tout-profit ; mais c'est aussi, sans doute, commencer à penser.
    La gestation, hospitalité psychique autant que charnelle, comme paradigme de l'éthique, de la responsabilité et du don ?
    Génitrices, généalogistes, archéologues, archives et archivistes de l'espèce humaine, des femmes ont commencé à vivre leur nouvelle "condition historique", à inscrire la genèse d'une modernité tardive.
    C'est l'hypothèse positive que réaffirme cette nouvelle édition." Antoinette Fouque.

  • « Au début, cette voix, je ne l'avais pas bien perçue, tant elle était couverte par le bruit des campagnes et des polémiques. Mais depuis ma première lecture de Il y a deux sexes, je l'ai constamment entendue, plus nette, plus audible que les autres. C'est une voix à la fois insistante et retenue, chargée de passion, pleine d'une imagination créatrice, et révélatrice de secrets, une voix que je n'ai trouvée que dans Rimbaud... Ce que j'essaie de dire ici va beaucoup plus loin que reconnaître l'importance d'une des tendances du féminisme ; il s'agit de percevoir le passage, faut-il dire la mutation, d'une culture à une autre, dans laquelle ce nouveau féminisme a joué un rôle central. » A.T.
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    Ces essais de féminologie reprennent les motifs les plus marquants d'un travail théorique engagé depuis 1968 et largement diffusé dans les débats, colloques et publications du MLF et de Psychanalyse et Politique.

  • « La pensée qui m'a poussée à agir, en créant le Mouvement de libération des femmes en octobre 1968 avec Monique Wittig et Josiane Chanel, questionne depuis quarante-quatre ans [...] la compétence de procréation de toute femme comme productrice de richesse, comme moteur de l'évolution de l'Homo erectus à aujourd'hui. On vient de retrouver une petite Vénus paléolithique : la plus ancienne représentation du corps féminin connue, jumelle d'une oeuvre de Louise Bourgeois, antérieure à sa mise au jour. J'ai plus de souvenirs que si j'avais 35 000 ans... Mémoire, archive, archéologie, histoire vivante, la gestation comme expérience biopoétique. Libérer la libido creandi de chaque femme, c'est donner sens, signification et orientation, à ce qui vient, à l'Avenir. Du creux du corps à la sculpture la plus accomplie, de l'oeuvre d'être à l'oeuvre d'art, la génésique, à la fois nature et culture, transcende la capacité spécifique des femmes en compétence symbolique, en mouvement de civilisation. » A.F.

  • Le Bon Plaisir d'Antoinette Fouque a été diffusé pour la première fois en juin 1989. D'une voix chaleureuse, elle dit ses passions, ses engagements, sa vie. Elle parle du MLF, ce mouvement de civilisation qu'elle affirme irréversible, de l'impérieuse nécessité d'une « révolution du symbolique », seule à même de faire accéder les femmes à la souveraineté de leur libido propre. Elle évoque quelques-uns des motifs principaux de sa pensée, les raisons pour lesquelles elle a créé les éditions Des femmes comme « lieu transitionnel », et La Bibliothèque des voix, qui « réconcilie l'oral et l'écrit »... Autour d'elle, avec elle, en échos complices ou en témoignages : Catherine Deneuve, Gisèle Freund, Marie Susini, Nathalie Sarraute, Madeleine Chapsal, Hélène Cixous, Françoise Verny, Serge Leclaire, Michèle Montrelay, Françoise Barret Ducrocq, Simone Veil, Maria de Lourdes Pintasilgo... Mais aussi des musiques, des lieux : Marseille, Paris, la Corse, le Sud.

  • Dans cette série de cinq entretiens diffusés pour la première fois sur France-Culture du 7 au 11 janvier 2013, Virginie Bloch-Lainé évoque avec Antoinette Fouque le parcours fécond de femme de pensée et d'action de cette dernière depuis son enfance à Marseille jusqu'à aujourd'hui. Toujours aussi passionnée et engagée, Antoinette Fouque nous fait partager, de sa voix chantante qui a gardé le Sud en elle, l'élaboration d'une pensée subtile qui s'articule autour de ce qu'elle appelle la libido creandi, le désir de procréer et de créer, que partagent les femmes et les hommes et grâce à laquelle le XXIe siècle pourrait être génital. Cinq entretiens de 30 mn chacun sur les thèmes suivants : Fille de sa mère Le MLF La psychanalyse et les femmes Accueillir l'autre en soi La politique

  • « Restituer le corps vocal, le corps chantant du texte,
    c'est redonner du corps au texte, du corps vivant, parlant,
    c'est rendre du texte au corps,
    c'est mettre en echo » A. F.

    Avec cet enregistrement, les éditions des femmes retournent aux sources en publiant un « livre parlant » de référence : « De la voix ». Ce recueil de textes d'Antoinette Fouque sur les thèmes qu'elle a toute sa vie mis en travail théorique et pratique, oral et écrit, lecture et écriture, corps et texte... est l'occasion d'une nouvelle rencontre de voix. On y entend l'autrice-éditrice, enregistrée lors d'émissions et d'entretiens, ainsi que des lectures par des actrices amies : Fanny Ardant, Ariane Ascaride et Lio.

  • « Cofondatrice du Mouvement de libération des femmes, Antoinette Fouque apparaît également aujourd'hui comme une théoricienne exceptionnelle.
    En liant pensée et action, inconscient et histoire, psychanalyse et politique, elle a donné à ce mouvement une dimension philosophique, quand d'autres le réduisent à une revendication sociale.
    Au-delà du féminisme dont elle fait une critique radicale, Antoinette Fouque place la procréation au coeur de l'éthique et de la libido des femmes et en tire toutes les conséquences politiques, philosophiques, humaines, etc.
    Ces entretiens permettent de découvrir ou de redécouvrir une des pensées contemporaines les plus anticonformistes et les plus créatrices sur le rôle des femmes dans le monde actuel et l'alternative dont elles sont porteuses. » C. B.

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