• « La chaleur devenait presque intolérable. Le sol chauffait comme une tôle rougie. Le ciel déversait des fleuves de feu. Les rayons du soleil blessaient les yeux comme des lames. Les vêtements collaient à la peau. L'eau du fleuve rafraîchissait à peine. C'était la période la plus dure de l'année au Tchad... » Mais deux êtres ignoraient ces rigueurs de la nature. Une série de circonstances les avait réunis. Libres pour quelques semaines de leurs attaches habituelles, dégagés de la plupart de leurs obligations, ils vivaient un grand amour éperdu et magnifique dans ce pays où « le climat libérait le corps en même temps que l'esprit ». Et ils s'aimaient avec passion, avec tendresse, avec toutes leurs forces, sans souci des contingences ou des entraves coutumières. Leur joie était immense et complète... Et cependant, ils savaient qu'un jour, bientôt, ils devraient se quitter. Il faudrait qu'elle retourne vers son mari, lui vers sa femme et ses enfants. Mais sciemment, avec lucidité, ils avaient accepté cette souffrance à venir, aussi intolérable puisse-t-elle être, pour vivre pleinement, avec intensité, ces heures que l'existence et le destin, pour une fois indulgents et généreux, leur offraient.

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