• Illustrant et animant des textes universitaires, nombreux et d'opinions variées, un choix de documents, de la Déclaration des droits de l'homme aux comptes rendus des premières élections libres du printemps 1990 en Europe orientale, vient ponctuer ces 200 années d'histoire de la délicate et résistible progression de la démocratie en Europe.

  • « Le fait d'épuiser ma marche, et de demeurer pourtant au coeur du mouvement, me transforme en profondeur. Mes pensées se perdent moins, je surplombe moins les choses. Je me focalise sur le troupeau qui avance devant moi. Je suis porté par sa puissance. »

    De juin à octobre, randonner dans les Alpes du Sud signifie marcher en compagnie des moutons : aujourd'hui encore plus de trois cent mille bêtes se retrouvent chaque année dans les alpages d'estive.
    Antoine de Baecque est parti sur les traces du parcours millénaire des bêtes et des hommes, cette transhumance traditionnelle disparue dans les années 1950. Il a cheminé sur les anciens sentiers de la transhumance par des voies oubliées, serpentant au milieu d'un paysage que le passage des moutons a façonné. Il a inauguré la Routo, cet itinéraire de randonnée bientôt homologué GR qui chemine sur plusieurs centaines de kilomètres à travers les Alpes, de la plaine de Crau en Provence jusqu'au Piémont italien.
    Ce récit voyageur d'un parcours montagnard, où la quête de la mémoire d'une transhumance millénaire accompagne la mémoire intime du marcheur, résonne comme un hommage au lien entre hommes et bêtes.

  • En 1868, Michelet publie La Montagne, dont l'écriture est influencée par son épouse, Athénaïs, femme sensible aux beautés de la nature et amie des animaux. À la faveur d'un séjour alpestre, le grand historien romantique se livre à la contemplation d'un milieu a priori hostile, mais qui lui permet de penser la réconciliation entre l'homme et la création. Superbes descriptions du Mont-Blanc - « cet illustre solitaire » -, randonnées en Suisse et autour de ses lacs, détours par les Pyrénées et escapades jusqu'aux pôles ou encore à Java... Dans ces pages, les montagnes de glace des icebergs croisent les volcans. Empruntant à l'essai scientifique, lorsqu'il s'intéresse aux périodes glaciaires, à l'effet de foehn ou encore à la botanique, ce livre est surtout un hymne à la grandeur de la nature, où la montagne, géante apparemment immuable, apparaît sous les traits d'un être vivant, traversé par mille et un bouleversements - nuages restant accrochés aux crêtes, fonte des neiges, torrents. Avec Michelet, « la montagne est une initiation ».

  • Le 6 septembre 2009, Antoine de Baecque se lance sur le GR5, pour une 'Grande Traversée' solitaire des Alpes, depuis le lac Léman
    jusqu'à la Méditerranée. De cette aventure, il a tiré un essai d'histoire marchée, mêlant des études savantes sur les Alpes et l'aménagement de la montagne, et une recherche personnelle, 'par les pieds', attentive au corps. Cet exercice d'histoire expérimentale
    plonge dans l'histoire même de ce sentier, dans les strates séculaires laissées par les circulations alpines passées, tantôt chemin de pèlerinage, tantôt sentier commercial ou de contrebande, draille de la transhumance ou voie militaire.
    Il montre comment ce sentier s'est constitué en emblème, remontant à ses pionniers randonneurs, suivant ses 'aménageurs', proposant une typologie de ses usages et une sociologie de ses usagers. Ainsi permet-il au lecteur lui-même de suivre, au rythme de la marche, le chemin qui va dans la montagne.

  • Antoine de Baecque raconte ici un moment historique de notre culture, celui où bien manger est devenu un trait spécifique de l'identité des Français. La gastronomie française est née à Paris à la fin du XVIIIe siècle. En quelques décennies, elle a conquis le monde. Avec l'invention du restaurant en 1765, puis son essor au XIXe siècle, une partie de l'identité française tient désormais à la nourriture. Chacun sait, sur la planète, que le Français aime manger, qu'il mange bien et qu'il adore en parler. Et chacun sait que c'est à Paris que cela se passe. En 9 chapitres fluides et vivants, Antoine de Baecque nous fait rencontrer Mathurin Roze de Chantoiseau, le premier restaurateur ; La Reynière, le premier grand critique gastronomique ; Antoine Carême, le premier cuisinier vedette ; Brillat-Savarin, le premier grand intellectuel de la table ; ou encore Escoffier, le premier chef moderne de la cuisine française ; et nos apprend une foule de choses, par exemple sur la première bière pression (vendue chez Bofinger en 1870), sur l'association d'Escoffier et de César Ritz qui va révolutionner la cuisine et l'hôtellerie, sur les premiers "gourmets", ou encore sur le "procès de la sauce poulette", qui permit aux restaurateurs de gagner contre les traiteurs et les aubergistes la bataille de Paris.

  • Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo déambulant sur les Champs-Élysées dans À bout de souffle, Jean-Pierre Léaud fuyant son enfance délinquante sur une plage de Normandie dans Les Quatre Cents Coups : autant d'images qui incarnent la mythologie de la Nouvelle Vague.
    La liberté scandaleuse de Brigitte Bardot dans Et Dieu créa la femme avait ouvert la voie en 1956. Entre 1959 et 1962, de jeunes cinéastes - François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol, Éric Rohmer... - changent le visage du cinéma français. Ils imposent à l'écran, stylisés, des gestes, des attitudes, des apparences, des manières d'être, d'aimer, dans lesquels se reconnaissent d'emblée les spectateurs de leur génération.
    Mouvement de cinéma, mouvement de jeunesse : c'est ce moment unique de l'histoire culturelle française que retrace et analyse Antoine de Baecque.

  • En partenariat avec France Culture, la première histoire de la marche, par un auteur -historien et journaliste- dont la surface médiatique n'est plus à prouver. Des pèlerinages aux randonnées, des drailles transhumantes aux manifestations politiques, il n'y aura guère eu d'interruption dans la pratique de la marche. La circulation pédestre fait l'homme. Elle est une activité constitutive de l'être humain. Pour en faire l'histoire, Antoine de Baecque part à la rencontre de toutes les formes de marches, et des hommes qui les pratiquent : les peuples et les métiers dont l'identité même semble nomade et pédestre, des Lapons aux Sioux, des colporteurs aux bergers ; les pèlerins, selon toutes les traditions, ceux qui remontent aux sources du Gange ou empruntent le Tôkaidô, comme les marcheurs de Compostelle et de La Mecque. Et si la marche a quasiment perdu ses professionnels, elle a inventé ses praticiens du week-end, ses usagers du temps libre, les randonneurs. Mais l'on chemine aussi en ville, depuis l'apparition des promenades urbaines du XVIIe jusqu'aux " manifs " les plus récentes. Qu'elle permette de mieux vivre, de survivre ou qu'elle soit le support incarné de revendications, la marche a une histoire. Antoine de Baecque, nourri aux sources les plus diverses, déploie ses talents d'historien et de conteur pour offrir un livre profondément original et vivant.

  • Sur invitation du romancier Patrick Deville et emmenés par l'historien Antoine de Baecque, des historiens, des chercheurs et des auteurs de tous horizons - Michelle Perrot, Nicole Le Douarin, Pierre Nora, Michel Winock, Jacques Revel, Pierre Birnbaum, Chantal Thomas... - conversent. Ils se sont réunis pour échanger autour - et en présence - de l'historienne Mona Ozouf.
    Avec complicité, les historiens dialoguent, abordant avec Mona Ozouf son ancrage breton, ses années étudiantes et ses amitiés («la bande à Furet», «les dames du Femina»...). Ils retracent aussi son parcours intellectuel : la Révolution française et sa descendance politique, le féminin et le littéraire, la nation et l'école de Jules Ferry... Autour de ces thèmes majeurs de la vie et de l'oeuvre de Mona Ozouf se tressent débats, échanges scientifiques et souvenirs émaillés d'anecdotes.
    De ces rencontres est né ce livre en forme de conversation - à moins que ce ne soit l'inverse. Plus encore que la richesse et la fécondité d'une oeuvre, et la place profondément originale qu'elle occupe au carrefour de l'histoire, de la littérature et des idées en France, c'est en effet l'amitié qui cimente ce portrait d'une historienne emblématique de la vie intellectuelle française.

  • « Une métamorphose de mon être, soit la vraie expérience de la transhumance. Le fait d'épuiser ma marche, et de demeurer pourtant au coeur du mouvement, me transforme en profondeur. Mes pensées se perdent moins, je surplombe moins les choses. Je me focalise sur le troupeau qui avance devant moi. Je suis porté par sa puissance.»
    De juin à octobre, randonner dans les Alpes du Sud signifie marcher en altitude en compagnie des moutons, aujourd'hui encore plus de trois cent mille bêtes se retrouvent chaque année dans les alpages d'estive. Ce moutonnement des troupeaux accompagne le marcheur comme une respiration vivante de la montagne.
    Antoine de Baecque est parti sur les traces du parcours millénaire des bêtes et des hommes, cette transhumance traditionnelle disparue dans les années 1950. Il a cheminé sur les anciens sentiers de la transhumance par des voies oubliées serpentant au milieu d'un paysage que le passage des moutons a façonné. Il a inauguré la Routo, cet itinéraire de randonnée bientôt homologué GR qui chemine sur plusieurs centaines de kilomètres à travers les Alpes, entre la plaine de la Crau en Provence jusqu'au Piémont italien.
    Ce récit voyageur d'un parcours montagnard, d'une quête de la mémoire millénaire d'une transhumance accompagnant la mémoire intime du marcheur, raisonne comme un hommage au lien entre hommes et bêtes, au bonheur de reprendre le cours d'une vie vécue dans et par la nature.

  • « Crétin des Alpes ! » Avant d'être l'une des insultes préférées du capitaine Haddock, l'expression désigne un état prononcé de dégénérescence physique et mentale, éradiqué depuis les années 1920.
    Le crétinisme est l'objet d'un débat de santé publique essentiel au XIXe siècle, suscitant une « science de l'Alpe » qui pose exemplairement la question du « grand renfermement des corps » hantant le travail de Michel Foucault. Le crétin est aussi une victime, dont le sacrifice est un scandale silencieux. Il devient le cobaye de toute sorte d'expériences, pédagogiques et chirurgicales, généralement inutiles, et a été longtemps laissé dans un état débile et difforme.
    Sa revanche - une forme étonnante de fierté crétine - advient peu à peu par le travail de l'imaginaire collectif, qui en fait désormais l'un des emblèmes paradoxaux de l'identité alpine. C'est ainsi que les crétins ont, de multiples façons, tendu un miroir à la bien-pensance, ce que dévoile ce brillant essai d'histoire sur le pathétique ordinaire des « anormaux ».
     
    Antoine de Baecque, professeur à l'Ecole normale supérieure, a publié récemment La Traversée des Alpes (Gallimard), Les Godillots (Anamosa, Prix Lucien Febvre 2017) ou En d'atroces souffrances. Pour une histoire de la douleur (Alma).

  • Dans la presse, en octobre 1789, on peut lire : « Jean Jacob, le bon vieillard, s'est présenté ; les membres de l'Assemblée nationale se sont levés et cet homme extraordinaire (proche de 120 ans), qu'on peut appeler le doyen des hommes, qui a vu trois règnes si différents - ceux de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI -, est venu s'asseoir au milieu des législateurs. »

    Cet étonnant destin exigeait une enquête historique. Retrouver les empreintes laissées par l'existence de Jean Jacob. Retracer sa vie d'infortune et de providence par les monts et les vallées du Jura. Comprendre comment s'est fabriquée sa célébrité et pourquoi il s'est soudain trouvé à Paris. Éclairer la portée symbolique d'une telle cérémonie du grand âge en politique.

    Mais ce « supercentenaire » n'échappe pas à ces interrogations : Jean Jacob a-t-il vraiment vécu 120 ans ? Est-il un vénérable phénomène ou un imposteur ? L'enquête ici déployée au plus près des archives y répond. Car si l'on connaît l'usage politique que fit la Révolution de Jean Jacob, « doyen du genre humain », les faits n'en possèdent pas moins une implacable vérité.

  • Ils ont été des milliers, chaque année depuis le Moyen Age, à répondre à la voix de Compostelle. Et chaque année depuis le Moyen Age, il s'en trouve un ou deux pour raconter, étonnés d'avoir eu le courage d'aller jusqu'au bout, anxieux de transmettre les petits secrets du chemin et leur découverte du grand mystère. Leur voix est pleine de poésie, ou bien d'humour, d'autodérision ou de sagesse. Antoine de Baecque, à la fois historien et randonneur,a réunies ces voix avec art et passion pour qu'elles composent, toutes ensemble, un guide pratique et spirituel destiné à tous les amateurs de randonnée, pèlerins d'un jour ou d'un mois.
    Au sommaire, 65 textes réunis, présentés par Antoine de Baecque.

    Guides des chemins de Compostelle Récits et témoignages des pèlerins Variations sur un triomphe pédestre: chants, fictions, poèmes...

  • Une caricature paraît en 1794 : Robespierre ne serait qu'un tyran obsédé par la mort jusqu'à vouloir " se décapiter lui-même après avoir guillotiné le dernier des Français ". La France selon Robespierre, République de la Terreur, ressemble dans ces images traumatisantes

    Une caricature paraît en 1794 : Robespierre ne serait qu'un tyran obsédé par la mort jusqu'à vouloir " se décapiter lui-même après avoir guillotiné le dernier des Français ". La France selon Robespierre, République de la Terreur, ressemble dans ces images traumatisantes à un immense cimetière où se déversent des fleuves de sang. Le cadavre envahit les représentations.

    Étudier ce moment politique saisi par la terreur, voici le sens de cet ouvrage, qui réunit une dizaine d'études d'Antoine de Baecque. En observant les diverses formes de violence symbolique, physique ou mise en scène qui envahissent alors l'espace politique, l'historien fait une place à l'Hercule, cette Force armée de sa massue qui s'impose comme nouvelle allégorie de la France, prenant une place aux côtés de la déesse Liberté. Car il s'agit de donner corps à la République et d'impressionner ceux qui l'attaquent, tout en créant un corps colossal qui puisse légitimement combattre le géant monarchique en terrorisant les ennemis du peuple.

    Ce livre propose de relire et de repenser la Terreur, en montrant que la présence concrète des cadavres et la puissance de l'imaginaire morbide permettent aux révolutionnaires de prendre la (dé)mesure de la violence des bouleversements qu'ils engendrent, et justifier ainsi leur politique d'effroi.

  • Le 3 juin 1950, Maurice Herzog accomplit l´exploit historique d´atteindre un sommet de plus de 8 000 mètres. Gravée dans la conscience collective grâce à son livre au succès planétaire Annapurna Premier 8000, cette victoire détermine son existence, guidée par une volonté et un courage exceptionnels. De ses souffrances - il revient amputé après avoir frôlé la mort -, il puise une force incroyable et va connaître un destin hors du commun. Cet ancien résistant assume d´éminentes responsabilités au plus haut niveau : secrétaire d´État à la Jeunesse et aux Sports dans les gouvernements du général de Gaulle, député, maire de Chamonix, grand patron d´industrie, membre du CIO, il est témoin et acteur de l´évolution de la société pendant plus d´un demi-siècle.
    Catherine de Baecque le rencontre en 1994 et elle devient l´une de ses proches. Elle découvre « un homme d´une humanité rare, d´une sensibilité extrême », et grandit en elle la volonté de raconter l´existence de ce pionnier, dont aucun livre n´a jusqu´ici dévoilé l´intimité. Ce récit consacre l´un des derniers grands aventuriers du XXe siècle.

  • Meilleure performance française au lancer du marteau en 1991, Catherine Moyon de Baecque est sexuellement agressée par ses collègues masculins de l'équipe de France lors d'un stage organisé par la Fédération d'athlétisme. Des faits de cette nature ne sont pas nouveaux dans cet univers calfeutré mais, pour la première fois, la loi du silence ne s'impose pas, la jeune femme porte plainte. Dans ce livre, elle raconte son calvaire : les outrages subis, et, peut-être pire encore, la volonté de faire passer avant tout l'intérêt des institutions. Au lieu de tout mettre en oeuvre pour aider la victime, on tente de la faire taire. Tandis que le pouvoir sportif laisse les agresseurs se pavaner aux Jeux olympiques, leur souffre-douleur est privé des installations de l'Institut national des sports. L'autorité de tutelle, bien qu'exercée par des femmes, ne cherche qu'à étouffer le dossier. La socialiste Frédérique Bredin comme la RPR Michèle Alliot-Marie privilégient la « raison d'État » au détriment de la justice et du droit individuel. Rédigé sur le ton syncopé d'une femme encore sous le choc, ce témoignage met en lumière les coulisses, souvent hypocrites, du sport de haut niveau.

  • Les Godillots

    Antoine De Baecque

    • Anamosa
    • 30 Mars 2017

    Par un grand conteur, historien et marcheur, la micro-histoire d'un objet, prise comme un révélateur d'époques, de destins et de cultures, mêlant histoire des techniques, histoire politique et histoire culturelle. On y croisera des soldats et des paysans, des randonneurs, des artistes, des comiques troupiers, des hommes politiques et... des chaussures ! Marcheur au long cours, Antoine de Baecque propose, avec le talent de narrateur et le sens de l'enquête historique qu'on lui connaît, de se pencher sur un objet a priori dérisoire : les godillots, ces chaussures solides initialement conçues pour l'armée. Ce mot que tout le monde croit connaître, au point que, comme la " poubelle ", il ait largement échappé à son concepteur du milieu du XIXe siècle, l'entrepreneur Alexis Godillot, est devenu un mot commun. Il reste pourtant singulièrement polysémique. Ses circulations et ses acceptions multiples ouvrent, sur un siècle et demi, à l'étude de milieux, de contextes, d'usages, de discours, extrêmement divers et révélateurs. Plusieurs traditions techniques, esthétiques, politiques, culturelles, s'y croisent et s'y combattent. Le godillot cristallise ainsi des représentations aussi diverses que polémiques et stimulantes. Cette micro-histoire d'un objet est un révélateur d'époques, de destins, de cultures, et permet de mettre à nu une forme de politisation qui fait du godillot un symbole méconnu de la sensibilité politique française. On y croisera des soldats et des paysans, des randonneurs, des artistes, des comiques troupiers, des hommes politiques et... des chaussures !

  • La prise de la Bastille, la tentative de fuite de Louis XVI, sa déchéance, l'avènement de la République, la Terreur... Tout cela est bien su. Pourtant, que connaissons-nous de l'histoire du roi cochon et de celle du géant Iscariotte ? Des culottes de peaux humaines qu'aurait portées Robespierre et du sort réservé aux vainqueurs de la Bastille ? Du rire des députés à l'Assemblée et de l'histoire du tutoiement ? Du langage du père Duchesne et du célèbre « Ça ira ! » ? Enfin des mots inventés par ces hommes qui ne rêvèrent que de régénération et de renouveau ?
    Joyeux, moqueur parfois, mais toujours rigoureux dans ses propos, Antoine de Baecque nous offre, comme sur une scène de théâtre, une farandole de mots et d'expressions, de représentations de l'événement, regard neuf et souvent bien éloigné des poncifs.

  • Comment tirer profit des embouteillages forcés à Paris ? L'auteur propose une visite guidée des axes les plus embouteillés. Les chapitres sont ponctués d'encadrés utiles : si vous vous mettiez au vélo ? 10 excuses pour arriver en retard, comment ne pas perdre son temps dans sa voiture...

  • Maurice Pialat, mort en janvier 2003, demeure comme le plus grand cinéaste français de la fin du XXe siècle. Nous en sommes sûrs désormais. Ses dix films n'ont d'ailleurs jamais autant été vus, de L'Enfance nue à Van Gogh, de La Maison des bois à Loulou ou À nos amours.
    Le Dictionnaire Pialat propose, en deux cents entrées qui tentent de dire au plus près qui il était et ce qu'est son oeuvre, une manière originale, ludique et fétichiste d'explorer l'univers du cinéaste. Un monde parcouru de figures familières, de rencontres, d'acteurs et de personnages, de répliques, de récompenses ou de projets non tournés, d'obsessions, d'intérêts et de goûts, d'amitiés, de rivalités et de collaborations orageuses, de coups de gueule revenant de film en film ou passant de la vie dans le cinéma, et du cinéma dans la vie.
    Cet outil offre d'indispensables repères pour voir et revoir ses films. Mais c'est également une ouverture vers l'imaginaire et la rêverie qui rend justice au talent singulier de Pialat, à son art unique d'imposer avec des vies ordinaires le roman vrai, foisonnant et vital, de notre temps, sa comédie humaine.

  • La douleur individuelle se formule mal comme en témoigne Alphonse Daudet dans La Doulou ou Joë Bousquet dans Le Bréviaire bleu. A l'inverse, lorsqu'elle devient un phénomène collectif, les écrits fleurissent. Des dizaines de traités ont été consacrés à la souffrance depuis l'antiquité par Epicure ou Cicéron, Rilke, Eluard, Pavese, Duras, Bourdieu ou Pontalis.
    Comment une époque appréhende, comprend et respecte la douleur ? C'est à cette question que l'historien répond dans cet essai écrit d'une plume alerte et très sérieusement documenté.
    Passant en revue les différents " usages " de la douleur (mystique, judicaire, pénitentiel, médical, sentimental, sexuel et créateur) Antoine de Baecque nous propose une dizaine d'études historiques précises portant sur la sanctification de Catherine de Sienne, le supplice du régicide Robert-François Damien, l'extase selon Leopold von Sader Masoch, ou l'invention de l'anesthésie.
    Passionnant, sourcé, ce livre est d'autant plus utile que la révision de la loi Léonetti relance la question de la gestion de la douleur.

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