• À la recherche du temps perdu  est l'un des plus grands livres du XXe  siècle. De Proust on a dit qu'il était toute la littérature, comme Bach était toute la musique. Pourtant, nombreux sont encore ceux qu'il intimide ou qu'il déconcerte. Cette introduction a été composée à leur intention par l'un des meilleurs connaisseurs de son oeuvre, Bernard de Fallois, qu'une savante publication universitaire, la revue  Genesis, qualifie de «?proustien capital?». Mais que l'on se rassure. Peu soucieux d'en imposer par le poids de l'érudition, Bernard de Fallois vise surtout la limpidité, la concision, la clarté qui n'exclut pas, bien au contraire, la densité de son propos. Il parvient à mettre à la portée de tous l'essentiel de ce qu'il faut savoir pour lire intégralement cette oeuvre capitale, pour admirer sa nouveauté, mesurer sa grandeur qui va de pair avec un génie comique rarement égalé depuis Molière.
    Cette introduction est également complétée par un précieux recueil de maximes et de pensées glanées au cours des pages de la  Recherche. Elles rappellent que notre plus grand romancier fut aussi le plus parfait  continuateur  des moralistes du Grand Siècle.

  • Bernard de Fallois a tenu chaque semaine de 1959 à 1962, sous le pseudonyme de René Cortade la chronique cinématographique de l'hebdomadaire  Arts, dirigépar Jacques Laurent, puis celle du  Nouveau Candide. D'autres collaborations avaient auparavant précédé cette activité.
    Environ 150 films sont ici présentés, analysés et jugés dans leurs principales composantes?: scénarios, distribution, dialogues, musique - exercice hebdomadaire périlleux puisqu'il s'agissait d'aller vite à l'essentiel, de séduire le grand public et de contenter les doctes?; exercice redoutable, Bernard de Fallois ayant été précédé dans ce magistère  par François Truffaut.
    Il a suffi de rassembler ces chroniques aujourd'hui pour composer tout naturellement un panorama du 7eArt en son Âge d'or, c'est-à-dire en un temps où il était dominé par les maîtres qui demeurent nos classiques: d'Hitchcock à Fellini, de Buñuel à Bergman, de René Clair à Jacques Tati - pour s'en tenir à quelques noms. On voit poindre également les étoiles montantes?; on suit les courants et les modes.
    Très vite les chroniques de Bernard de Fallois s'imposèrent par leur vivacité et  leur élégance, par leur densité aussi, lorsque la matière s'y prêtait.
    Une égale allégresse dans le dithyrambe et dans l'éreintement conserve à ces textes les couleurs de la vie.
    On y retrouve les paysages, les saisons et les rêves d'un temps où l'industrie de l'image n'avait pas encore dévoré le cinéma d'auteur.

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