• La théologie chrétienne est devenue si variée et si enchevêtrée qu'elle apparaît comme une forêt obscure. Osera-t-on encore s'y aventurer ? L'esprit d'aventure est un esprit d'abréviation, de concentration sur le mouvement épuré et sur la tension simplifiée. Il ne s'empêtre pas dans les sédiments historiques, les drames de la liberté, dans le jeu complexe de la volonté ferme et des nécessités de la vie, des émotions et des habitudes dérobées, des inclinations imperceptibles ou de la stratégie des censures. L'esprit d'aventure donne l'audace de parler autrement de l'ineffable ; non seulement de s'adresser à Dieu dans la prière, mais d'oser franchement parler de lui, alors qu'il ne vient au concept qu'à partir d'une assurance filiale confirmée, celle de l'Avent ! Aventure qui retrouve le consentement fraternel à la lumière et aux étoiles sauvages, au souffle des vents, à l'eau des mers et des fleuves, au feu des orages et des volcans, à la terre secouée et aux îles. Aventure qui se risque à faire confiance à ceux qui frayent les voix du verbe premier. Certes, l'aventure peut se montrer cruelle comme l'enfance, jusque dans une certaine insouciance face à la mort, la sienne et celle des autres. C'est un usage simple de la vie qui rompt avec l'existence asservie à l'efficacité et à la procédure sans exception décisive, et voit son accomplissement dans la charité aventurière. Toutefois, pour que la théologie appartienne à l'aventure, il faut qu'une telle audace devienne une expérience véritable, une réception intérieure capable d'épouser son mouvement et sa tension, mais sans prétendre tout épuiser de sa hardiesse inventive.

  • Une enfance sortie de la peinture de genre illustrant l'âge d'Or des Pays-Bas, la formation implacable chez les jésuites de Gand, une jeunesse erratique, l'entrée chez les franciscains, l'initiation au Couvent. Soudain, le cordelier Pierre Cordé se voit confier une mission d'espionnage au profit de l'Angleterre et de la France face aux Provinces néerlandaises dont l'hégémonie économique universelle étonne et inquiète.

  • Deleuze a contribué à mieux nous faire entendre la puissance affirmative du désir et la portée métaphysique des hallucinations et délires. Une logique de la folie qui excède la question du langage et des choses... Cet essai prolonge une intuition restée en friche : la prise au sérieux de la dimension " théologique " des délires dont la catégorie psychiatrique obsolète des " délires mystiques " est une occultation au lieu d'être l'explication, le dépliement qu'elle aurait pu suggérer.

  • Le rythme n'est pas seulement une harmonie générale - cosmique, corporelle, sociale -, une esthétique en somme ; il n'est pas les rythmes séparés du monde actuel. Le rythme est un flux, un ondoiement, sans se départir d'une forme saisissable, d'une mise en ordre variable mais compréhensible des événements. L'élucidation des comportements singuliers n'est pas seulement générale. Elle se dit aussi à ceux qui sont mis à l'écart et son adresse se fait alors plus intérieure. C'est ce que l'on nomme ici un idiorythme. La théologique est une recherche idiorythmique de la vérité.

  • Cette histoire en trois volumes, dont le second paraîtra à la fin de 2018, entend redonner la parole à tout un secteur occulté de la pensée occidentale, issue de l'ancienne Lotharingie (Lorraine) qui ne se voulait ni de France ni de Germanie, mais de l'une et de l'autre. Espace où s'est articulée la première pensée européenne, dès avant l'époque carolingienne. Ce n'est pas un pur hasard si le Pays de Liège a préparé le lieu où allait se signer, en 1992, le Traité si controversé de l'Union européenne. Traité qui dépassait le plan économique et se donnait une vocation politique, mais également éducative et intellectuelle.

  • Le renouveau de la pensée, de portée européenne, manifesté au Pays de Liège sous forme de la pensée inclusive durant tout le XIe s., s'est confirmé au siècle suivant, mais en perdant sa position centrale. Au douzième siècle, la volonté d'intégration de la tradition littéraire, philosophique et religieuse antique à la connaissance prophétique et intellectuelle chrétienne, très active aux siècles antérieurs dans les écoles liégeoises, semble se confirmer. La période couverte par ce volume manifeste, de manière singulière, une pensée de l'intégralité (par la constitution de nombreuses encyclopédies théologiques, de sciences naturelles, astronomiques et musicales) et des limites touchant certaines expériences du corps et du coeur.

  • Après le grand Sac par le Téméraire et la guerre civile, un renouveau se fait jour en Principauté de Liège. Elle devient un refuge pour les sciences, les arts et les lettres latines. L'articulation théâtrale et musicale de la réalité se traduit par l'importance qu'elle prend avec l'histoire nationale. La théologie et la morale cherchent à mieux répondre à la complexité moderne des situations. Les Lumières anglo-américaines jouent un rôle notable dans l'évolution de la pensée politique et économique du pays.

  • Après la perte de son indépendance, la Principauté de Liège ménagea un nouvel essor de la pensée en se fixant d'abord sur la question du language - en lien avec l'apprentissage chez les sourds et muets, la naissance du comparatisme en philologie, et la formation d'un pays neuf : la Wallonie. La création de l'Université donna l'occasion d'inviter des penseurs comme Schmerling qui, le premier, découvrit l'homme de Néandertal élargissant ainsi considérablement l'histoire humaine, ou comme Schwann qui venait d'établir la nature cellulaire de tout vivant.

  • Veut démontrer l'influence d'Henry sur l'évolution de la pensée de Lévinas.

  • Cet ouvrage constitue le premier tome d'une théologique de la folie qui se veut distincte de la théologie, que de la philosophie. Sa contingence se différencie non seulement de la nécessité et du hasard, mais du dosage artificiel de l'un par l'autre, comme mode de production d'une aventure.

  • Comment un jeune-homme s'oriente-t-il, à un moment donné de sa vie, depuis le profond jadis des premiers éveils de l'esprit, vers la philosophie et celle d'Emmanuel Lévinas en particulier ? C'est une telle question délicate que ce livre s'efforce d'aborder par des voies différenciées et qui recoupent d'autres urgences de la pensée - susceptibles d'interpeller la liberté de chacun et d'appuyer sa capacité de tenir bon face à la terreur. Il s'agit moins ici de déployer un système de pensée que de témoigner, après une longue relation philosophique, de l'exigence d'un style de vie déportée.

  • Le lien étroit entre théologie et guérison n'étonne guère si l'on songe à l'importance des dieux guérisseurs et de la charité hospitalière. Mais la théologique pense qu'aucune guérison, même supposée divine, n'est jamais accomplie. Toute guérison reste à guérir, en appelle à la libre puissance d'aller dans un sens ou dans un autre. C'est à cela que veille la provocation prophétique ou exorciste de l'esprit et sa guérison qui l'interprète ou l'effectue autrement.

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